samedi 7 mars 2009

Suite dans les idées

Tu termines Gogol et tu commences Axionov. C'est normal, c'est logique. J'avais déjà lu Lumineuse césarienne il y a longtemps, mais c'est différent quand on n'a pas l'intertexte des Âmes mortes en tête. Pour ceux et celles que ça intéresse (donc par définition: personne), il y a une puissance visionnaire palpable dans les dernières lignes du manuscrit de Gogol, dans cette loghorée stoppée net. Le texte s'arrête d'un coup, non-fini, in-fini, l'écrivain laisse tomber la plume, tombe mort, raide, le personnage cesse de parler, cesse de de discourir, cesse d'exprimer son souhait pour la Russie du futur. Une Russie débarassée de la corruption et de l'appât du gain.

"As a Russian, as one bound to you by ties of blood, of one and the same blood, I now adress you. I adress those of you who have at least some notion of what nobility of mind is. I invite you to remember the duty each man faces in any place. I invite you to consider your duty more closely, and the obligation of your earthly service, because we all have only a dim idea of it now, and we hardly..."

L'immense roman de Vassili Axionov s'ouvre sur une route secondaire au milieu d'un boisé, où une vieille Niva s'enfonce dans la boue de la perestroïka, alors que deux jeunes businessmen s'en vont faire la peau à un baron de la mafia russe. Chichikov, dans la Grande Rus de 1840, marchandait les âmes des serfs morts en prévision d'un capitalisme qui allait vite devenir l'ennemi officiel numéro 1, alors qu'Axionov joue (c'est le verbe au sens propre, premier, littéral) avec, sur, le bordel post-soviétique dans toute sa splendeur.

Quand tu peux pas en parler parce que tout le monde s'en fout, tu l'écris ici. Tiens, une bonne définition de ce blog. S'y retrouve, s'y retrouvera, ce qui n'intéresse personne dans la vraie vie, en tout cas dans la mienne, ma vraie vie.

J'ai l'air de lire de la littérature russe, mais pas vraiment en fait. J'ai un cours sur Philip Roth à préparer, il n'y a rien de moins russe que ça.
Américanité.
Judéïté.
Baseball.
Masturbation.
Banlieue.
Il faut que je pense à Philip Roth. Que je me questionne sur Philip Roth. Que j'envisage Philip Roth. Que lui et moi on discute sur un certain plan, sur un certain plateau où j'aurai crissement l'impression qu'il me répond pour vrai. Nice, Philip, thank you Philip. Civilités superficielles, certes, mais qui dissimulent tout ce qui bouillonne dans nos deux crânes à l'unisson, au diapason.

Demain je vais me présenter.
Et aussi, il y aura de la littérature encore, et une voix seconde, celle de la dissenssion, parce que si tu es quelqu'un qui a tendance à écrire au TU, la moindre des choses, c'est d'inclure ton propre principe de négation.
De te dire à toi même, par moment: WHY DON'T YOU SHUT THE FUCK UP.

Il faut que je parle de l'immigration.

1 commentaires:

  1. A imigração tem 2 pontos de vista: do país "acolhedor" e do imigrante.

    Falar sobre a imigração com incentivo governamental, não importa a época ou lugar a que se dirija, sempre tem uma conotação econômica, mesmo que mínima. Vejamos exemplos da própria URSS que incentivava (e porque não, obrigava)aos seus cidadãos a passar em um determinado período em vários de seus territórios. O Brasil, quando viu que a sua economia dependia do aumento de mão-de-obra para crescer, fez a propaganda de suas terras e as vendeu a preço baixo para atrair imigrantes europeus como trabalhadores assalariados nas fazendas.

    Até mesmo com a Segunda Guerra Mundial, a imigração vista como alternativa louvável para aqueles que encontravam-se em lamúria, sua chegada no país era vista como "porto seguro" pelo imigrante, mas pelo governo como manobra política perante os Estados e a ditadura do poder em meio à Comunidade Internacional. Um país que "acolhe" ganha status humanitário.

    Não que não haja pontos positivos... a imigração permite a movimentação e a integração de culturas distintas. E todo movimento causa uma turbulência inicial e após, acontece a comparação, a aceitação e depois um diálogo entre as diferenças. A chave principal está nesse diálogo.... é onde se criam novos conceitos (bons ou maus) mas é onde a imigração toma a forma e dimensão real. Deixa de ser assunto reservado aos homens do poder.

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