Ma grand-mère a eu 90 ans cette semaine. Elle est belle, c'est une toute petite grande dame. Elle a un accent acadien de Caraquet, elle utilise de drôles d'anglicismes comme "convertible" au lieu de décapotable et "shoe-claque" au lieu de soulier. C'est ma marraine, elle me le répète en me regardant d'en bas. On est allé manger dans un buffet cheap à Trois-Rivières pour fêter ça. Tout le monde était là, presque. J'ai mangé comme un porc, et comme c'était un genre de brunch déjeûner-dîner en même temps, mes tranches de bacon trempaient dans la sauce brune du steak et j'avais une pince de crabe sur mes oeufs brouillés.
Parlant de manger comme un porc: avec les copains, samedi, on s'est payé la traite à la nouvelle cabane à sucre "high-class" de Martin Picard, le chef du restaurant LE PIED DE COCHON. Exquis. Même estie d'affaire qu'une cabane à sucre ordinaire, sauf que les bines sont au magret de canard, l'omelette est au maquereau, la soupe aux pois est au fois gras et les oreilles de christ sont servies en salade de cresson avec des noix de grenobles et une vinaigrette à base de sirop d'érable. On s'est régalé. On a fait descendre le tout avec beaucoup de cidre et VISA. Toute une expérience.
Parlant d'expérience: je suis allé voir WATCHMEN avec mon petit frère... Muito bom. Je me demande s'il a aimé ça. Il m'a dit que oui mais, fuck, il a douze ans, non, treize, je veux dire, qu'est-ce que tu comprends à cet âge-là? Ça dure trois heures, c'est complexe, tordu, très très ironique, et si vous avez aimé le dernier BATMAN, vous allez adorer.
Parlant d'adorer: un collègue à moi, de l'université, vient de publier un recueil de nouvelles intitulé TOWNSHIPS et je vous le recommande. C'est bien écrit et ça fait sourire plus souvent qu'autrement. Son nom c'est William. William S. Messier. Aux dernières nouvelles, le Archambault avait classé son livre dans la section des romans étrangers, j'espère pour lui que c'est reglé.
Parlant de reglé: la grève des professeurs de l'UQAM continue encore cette semaine. Le gouvernement vient d'envoyer le sous-ministre pour qu'il négocie le retour au travail. Il paraît que c'est un dur de dur. C'est lui qui s'est occupé de la grève des infirmières il y a quelques années et elles n'ont rien obtenu. Ça regarde mal, mais au moins le mouvement ne semble pas s'essoufler. Les profs ont voté à 91% en faveur de la continuation de la grève. É legal, ça ressemble encore à des pourcentages de vieux pays totalitaires où les élections sont bidons.
Parlant de vieux pays totalitaires: j'ai terminé ce matin un roman excellent de Javier Cercas sur l'histoire, les causes et les conséquences de la guerre civile espagnole, LES SOLDATS DE SALAMINE. C'est le récit d'un journaliste d'aujourd'hui qui essaie de raconter le mieux possible ce qui s'est vraiment passé le soir du 30 janvier 1939, à la toute fin de la guerre, quand un falangiste du nom de Rafael Sanchez Mazas a survécu miraculeusement à un peloton d'exécution de masse. Profitant de la panique générale créée par les coups de feu, il est disparu dans la forêt. Les soldats et les chiens se sont lancés à sa recherche et quelques minutes plus tard il s'est retrouvé nez à nez avec un jeune républicain. Ce dernier l'a regardé droit dans les yeux et a répondu aux cris de ses supérieurs qui lui demandaient s'il avait trouvé quelque chose: IL N'Y A PERSONNE ICI! Sanchez Mazas, après avoir rejoint les rangs de l'armée nationaliste, est devenu ministre sous Franco, puis milionnaire. Le narrateur est tellement fasciné par cette histoire qu'il essaie de retrouver la trace du jeune soldat communiste qui a sauvé la vie du vieux militant fasciste. Il devient obsédé par le symbolisme de l'anecdote, il y voit la vérité, l'essence de l'Espagne. Une Espagne tellement représentative de l'esprit européen de l'entre deux guerre, où on écrivait des choses comme : "Un jeune homme d'aujourd'hui peut être fasciste ou communiste, peu importe, l'important c'est qu'il ne soit pas démocrate". Un endroit où la PIRE chose en laquelle on pouvait croire, c'était la modération.
c'est pas correct... tu as fait un erreur. "Le nom est MESSIER. William S. Messier.", like BOND. James Bond.
RépondreSupprimerhuahuahua!
É o mesmo livro que vc me fez passar vergonha lendo em voz alta no café durante o jumelage, não?? O livro é bom, mas não para se ler em voz alta num lugar cheio...
J’aimais la façon en que tu as écrit ce blog!!! BRAVO!!!
RépondreSupprimerJ’aimais la liaison des paragraphes… Cet original quand je l’ai lu ça me ressemblé a une chanson!!!
LADY JOHANNA
Quand est-ce que la démocratie est devenue une autre chose différente à un modèle? Pourquoi on peut l'utiliser comme synonyme de justice? Quelqu'un peut m'expliquer la "modération" est partie des gouvernements démocratiques comme M. Bush (US) ou Fujimori (Pérou)?
RépondreSupprimerC'est toujours controversable les opinions politiques des bonnes écrivains.