vendredi 1 mai 2009

Quand même...

Cette semaine marque le retour à l'école très attendu de plusieurs miliers d'étudiants de l'UQAM. On a parlé à nos profs, ils sont à la fois soulagés et un peu amers, comme après n'importe quel conflit de travail long, harassant et pénible. D'un côté ils ont obtenu ce qu'ils voulaient, d'un autre côté ils n'ont rien obtenu du tout. Tout est une question de perspective. Je veux dire, c'est pas comme se dealer un tapis dans un marché public à Casablanca.

J'ai regardé SAGAN, un film sur la vie de l'écrivaine française Françoise Sagan, auteure de BONJOUR TRISTESSE et UN CERTAIN SOURIRE. Le film est assez lourd, l'actrice qui jour le rôle titre (Sylvie Testud) est juste, mais les dialogues sont un peu artificiels. Plusieurs scènes jouent de façon assez réussie sur le mode de l'ironie, ce qui désamorce des situations particulièrement pathétiques, tout en les rendant encore plus tristes, rétrospectivement. Je pense entre autre à un moment précis où la femme de chambre de Sagan lui apporte son "dessert"... un petit miroir, une paille et beaucoup de poudre. Sagan a été une grande dame de la littérature française, éloquente, vivace, et surtout extrême, complètement prisonnière de ses pulsions et de ses envies. Elle a passé toute sa vie sous le signe du vivre et laisser vivre. Ne me faites pas chier et je ne vous ferai pas chier. Comme je ne donne de leçons à personne, je n'ai de leçon à recevoir de personne.
Je n'ai jamais lu ses romans, mais ça m'a donné envie d'aller voir de plus près. Elle a dit un jour: "Écrire, c'est inventer ce que l'on connaît déjà."

Je commence à penser que je n'aurai peut-être pas mes bourses.

Il fait encore froid.

Aujourd'hui je suis fatigué comme jamais.

J'essaie de lire et je cogne des clous automatiquement.

J'ai vraiment mal dans le haut du dos. Je suis un jeune vieillard.

Guga a publié sur son blog (dirtysheep.wordpress.com) un petit vidéo d'animation très bon sur la force de caractère, l'ambition et l'obsession mortelle: un kiwi qui veut absolument voler et qui réussit, mais à quel prix...

J'ai terminé mon premier roman en portugais. Et là je fais une rechute, encore, avec Clarice Lispector, essayant de brûler les étapes de mon apprentissage, essayant de la lire dans le texte, essayant de la côtoyer dans son écriture difficile, idiosyncrasique et belle.

Je lis le portugais de Clarice Lispector à haute voix le plus possible, comme je lis l'anglais de Gertrude Stein à haute voix le plus possible, comme je lirai bientôt le français de Françoise Sagan à haute voix le plus possible. Ça m'oblige à être seul quand je les lis, pour ne pas avoir l'air d'un idiot. Mais c'est de la langue pure, alors lis-là en utilisant ta langue, pas seulement tes yeux et ton cerveau.

1 commentaires:

  1. L' expression en latin pour ce post "sine cera".

    Oui... tu vais brûler des étapes de ton apprentissage si tu essayer le bloc 5 sans finir le bloc 2. Mais une autre fois je te dis ce qui a dit Shakespeare "Give me that man that is not passion's slave.", and Clarice, my friend, is your passion. Donc ce n'est pas vraiment brûler, c'est ta motivation.

    Estou com saudades do ju-jumelage...

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