dimanche 17 mai 2009

Sundance

Je commence en être un peu tanné de ces film américains indépendants que j'appelle le style "Sundance". Le dernier en date : RACHEL GETTING MARIED. Ça commence à sentir la recette. Voici les ingrédients:
-Une famille dysfonctionnelle.
-Une caméra instable.
-Des personnages de dépressifs attachants.
-Une certaine obsession pour tout ce qui est pathétique et "awkward" (pas de mot équivalent en français... le malaise?).
-Des acteurs hyper connus qui jouent sans maquillage pour prouver qu'ils sont vraiment bons et pas juste beaux.
-Un début et une fin en queue de poisson, parce qu'on est toujours dans la "tranche de vie".
-Des dialogues durant lesquels on raconte des anecdotes qui ne font pas partie de l'histoire du film.
-Des situations inusitées et imprévues, ce que j'appelle la "poésie du banal".
-La vie quotidienne de la Nouvelle-Angleterre.
-Au moins un discours anti-républicain et anti-guerre.
-Une famille dysfonctionnelle, ah je l'ai déjà dit ça.
Ma question c'est: est-ce que la nouvelle obsession du cinéma américain n'est pas en effet la famille? Bien plus que les relations amoureuses ou les relations entre amis, ce sont les relations père-fille, frère-soeur, mère-fils qui sont traitées, analysées, disséquées, déconstruites par ce cinéma "Sundance" qui, personnellement, me plaît de moins en moins. Pas parce que les films eux-mêmes sont moches, mais parce que ça commence à tourner à vide. Et en plus, quand on cherche à être trop original, on se retrouve à faire du sous-Charlie Kaufman. C'est pas tout le monde qui peut se permettre d'être Charlie Kaufman ou Wes Anderson... Et même Wes Anderson, il commence à s'auto-caricaturer d'après-moi.
Des exemples de films de style "Sundance": AMERICAN BEAUTY; THE SQUID AND THE WHALE; ME, YOU AND EVERYONE WE KNOW; MARGOT AT THE WEDDING; YOU CAN COUNT ON ME; JUNEBUG; THUMBSUCKER; GRACE IS GONE; LITTLE MISS SUNSHINE; JUNO; GHOST WORLD; THE ROYAL TENNENBAUMS; WELCOME TO THE DOLLHOUSE; RAISING VICTOR VARGAS; ALL THE REAL GIRLS; THE SAVAGES. Etc. (Si vous pensez à d'autres films, dites-le moi...)
D'ailleurs, parlant de THE SAVAGES, je me demande si Laura Linney n'est pas l'actrice officielle de ce type de cinéma.

Des fois la vie est bien faite. Comme je suis en train d'apprendre le portugais, je demande à Jaqueline, qui est allée faire un tour chez elle à Curitiba, de me ramener des romans de Clarice Lispector, Erico Verissimo et Chico Buarque. Eh ben, sais-tu c'est quoi la première phrase du roman BUDAPESTE de Chico? "Devia ser proibido debochar de quem se aventura em língua estrangeira" Il devrait être interdit de se moquer de qui s'aventure dans une langue étrangère. Tout à fait, comment dirais-je, approprié. Je suis d'accord, même si je suis très moqueur moi-même. C'est sûr que quand c'est de nous qu'on rit, on trouve toujours ça moins drôle.
Par ailleurs, je me dis de plus en plus que c'est une extraordinaire et sublime tâche que j'ai entrepris en "m'aventurant dans une langue étrangère". Apprendre une langue, c'est comme déballer un nouveau cadeau chaque jour, l'emerveillement est le même. Tu es continuellement dans la découverte et le dévoilement, dans l'ouverture et l'expansion du sens. Comme je plains les unilingues! Putain, ça doit être vraiment plate de ne parler qu'une seule langue.

T'as pas faim?
Estie, oui.

4 commentaires:

  1. Chui d'accord.... t'es très monqueur (muito debochado). Mais, maintenant tu m'as compris.

    É uma das mais ricas experiências culturais a que uma pessoa pode ser submetida, o aprendizado de uma língua estrangeira.

    Il faut que je recommence mes études de la langue québécoise!

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  2. T'es bien partie, garota! Lâche pas la patate esti.

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  3. Bah, j'enlèverais "Ghost World" de la liste: contrairement à la plupart des autres que tu nommes, l'angoisse n'a rien d'intellectuel, c'est plus comme "Breakfast Club" version Film Noir. C'est une adaptation d'une bédé qui se classe pas mal plus dans une frange cynico-anarcho-trash malgré son esthétique propre. Si tu veux rester dans la même famille, pour le genre "Sundance", je pense que "Art School Confidential" est un peu plus à-propos... (également par Daniel Clowes, bédéiste de "Ghost World")

    Je suis tout à fait d'accord, par contre, en ce qui concerne le genre "Sundance", et c'est peut-être une déformation académique, mais j'arrête pas de voir des influences de Salinger (Franny & Zooey, notamment) et de Roth partout là-dedans.

    As-tu pensé à "Sideways" aussi. C'est un pattern généralisé aux USA: Après la génération MTV, voici la génération HBO! ces démocrates qui trippent sur Curb Your Enthusiasm, Seinfeld, Arrested Development, les premières saisons de The Office (et la version brit), et Six Feet Under; ils écoutent ou produisent des films à anti-déploiement, anti-explosion, anti-grandiloquence.

    J'haïs pas ça, par contre.

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  4. Génération HBO, tu l'as dit! C'est exactement ça. Ça a peut-être quelque chose à voir avec les années Bush, aussi, on verra plus tard...

    Il y en a plusieurs dans ma liste qui sont un peu en marge, en effet, dans le genre VRAIMENT typique, je mettrais surtout genre Little Miss Sunshine et les film de Noah Baumbach (the squid and the whale et Margot at the wedding). Ce sont de bons films en soi, comme je disais, mais c'est en les mettant dans un ensemble que l'esthétique peut devenir agaçante, comme n'importe quelle esthétique...

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