jeudi 18 juin 2009

É isso

O "JUMELAGE"
Rendez-vous brésilien-québécois nouvelle formule à quatre personnes. Nicholas et moi on s'obstine sur notre façon respective de prononcer les mots en français alors que Jaque et Adolpho s'obstinent sur l'usage précis, réel, efficace, de tudo et todo, en portuguais. Nicholas me dit qu'il s'efforce consciemment, dans la vie, en général, de parler un français international, correct, soutenu, il ne dit pas "ma pâ(ou)sse d'autobus, il dit "ma passe d'autobus". Jaque me fait remarquer que les québécois ne disent pas "la France", mais plutôt, "la Fran(ou)ce", et, je trouve ça très drôle, ne disent pas "deux", mais plutôt "deu(r)x, avec une espèce de minuscule et quasi invisible (pour nous, parce qu'on ne l'entend pas) "r" anglophone qui vient se glisser après le [ø]. Nicholas répond que non, lui, il dit "deux", et non pas "deu(r)x".
Jaque est tannée de ne pas pouvoir reproduire le son de la nasale "un", alors elle va arrêter complètement de dire "brun", pour elle tout va devenir "marron". Elle dit aussi que son professeur de phonétique québécoise lui a interdit de prononcer "in" comme les Français. Pendant qu'Adolpho nous explique que le portugais et l'italien, ce sont des langues "inutiles", jusqu'à un certain point, parce qu'on ne les parle qu'à l'intérieur de mondes clos sur eux-mêmes. Un argument qu'on comprend tous d'un point de vue anthropologique, en hochant la tête, mais que Nicholas a de la difficulté à encaisser parce qu'il apprend le portugais et que son nom de famille c'est Fizzano.

O TÍTULO
Je demande si mon titre de travail pour un article que je prépare est intéressant: "A barata no peito" (La coquerelle dans la poitrine), étant donné que, contrairement à Gregor Samsa (le protagoniste de LA MÉTAMORPHOSE de Kafka) qui se transforme en coquerelle, la narratrice de A PAIXÃO SEGUNDO G.H. de Clarice Lispector mange la coquerelle qu'elle a écrasé sur le mur de sa chambre après avoir médité longtemps sur le sens de sa vie. Je me dis, hum, ça doit être intéressant, hum, bon titre, hum, c'est profond, hum, genre la coquerelle est contemplée puis ingerée, elle est donc dans le corps au lieu d'être le corps mais elle reste le noyau de la transformation physique et psychique. Hum. Je mets des italiques en parlant pour accentuer la profondeur de mon argument.
Mais non, finalement, ils rient. Ça fait beaucoup trop penser à une vieille chanson kétaine des années 90, "A barata da vizinha"... Et en plus, "barata" veut aussi dire kétaine, cheap, poche, moche, tout ce que tu veux de pas bon à mettre dans un titre...

AS CORREÇÕES
Hier... J'écris une réponse au courriel de Jaque qui propose un rendez-vous pour le jumelage, je suis d'accord avec l'heure et le lieu proposé, donc j'écris "Accordo" (j'accorde). Elle me corrige tout de suite, dans un second courriel : "CONcordo" (je suis d'accord). Ok. Plus tard dans la soirée, j'écris quelque chose à Felipe sur Facebook et je veux terminer par une question: es-tu d'accord? J'écris donc "CONcorde?", et quelques minutes plus tard Jaque me corrige: "ConcordA?" (la bonne finale pour le "vous/tu" portugais). Ok. Je reprends mon clavier brésilien pour répondre illico, en blaguant, "ConcordA? ConcordO. Porra. Vou me tirar na linha verde (T'es d'accord? Je suis d'accord. Câliss. Je vais me sortir dans la ligne verte). Jaque, diplomate, m'envoie un courriel personnel, pour m'éviter l'humiliation d'une énième correction sur Facebook, à la vue de tous. Elle me corrige, en blaguant: "Então... vai te Atirar na linha verde" (Alors... va te lancer dans la ligne verte).
Humilité, c'est le mot à retenir pour aujourd'hui: "humildade". Oui.

A CONTINUAÇÃO
I should probably try to continue (and finish) the story I started earlier. Where was I? Oh yeah, the guy had just learned her name. She's called Eva, she's from Porto Alegre. She's learning French in ville St-Laurent and he just followed her there. Yeah. He's in the secretary's office, Suzi. I'm gonna try and find a "dénouement" (it's the kind of word that looks so much more "raffiné" in French, when you put it in quotation marks with your fingers. You put down your glass of wine and you make quotation marks with your hands around your head, as if your face was the word itself.) Yeah. Let's find a sweet "dénouement", shall we?

5 commentaires:

  1. dani, t'es vraiment drôle!

    dans le cas que tu mencione, tu pourrais dire aussi - eu estou de acordo. rs...

    (mencione exist en français?!?! ahahah)

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  2. ótimo texto!!! resumiu nossa semana de jumelage! eu ri muito com a conclusão do Nic! ehehehe

    Est-ce que tu pense que avec mon "deurx", mon "entaunde", ma "Fraunce", mon "einternational" et mon "marron" je peux changer de metier? Je veux quitter d'être sécretaire!!! hahahaha

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  3. Je suis un petit peu étonnée, puisque j'ai trouvé ici qlqs idées que j'avais eu, je les avais produit moi-même! L'idée d'essayer m'immerger en français international ici et consiemment de l'emprunter. L'idée de langue inutile que je parle et que personne ne utilise, etc., etc. après ce type de réflexions normalement je les considère comme les bêtises, parce que même si j'avoue à moi-même que je vais jamais parlé l'autre langue au niveau où je serais satisfait, je peux toujours lire la grande littérature russe en original et si bon que je la parle, cette belle et inutile de langue! :)
    bien sûr que ce sont des jeux de conscience, mais quand-même.

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  4. Je vois bcp de fautes mais je ne peux pas les corriger, j'écris de téléphone:)
    bien sûr, essayer DE
    je vais jamais parleR
    je serais satisfaitE
    etc etc
    Désolée! Vraiment:))

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  5. correções (não correcções)
    só vi agora!

    Se atire na linha verde!!!

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