mercredi 28 octobre 2009

Double-rôle

J'ai un ami qui est écrivain et qui fait semblant de travailler dans une agence de pub. Il va au travail, se glisse dans la peau d'un employé, mais pense seulement à écrire, écrire, écrire. Écrire durant les réunions, écrire durant les pauses cigarettes, écrire durant les passages furtifs aux toilettes. Il se trouve que je suis son traducteur officiel. Papel nobre, uma real honra, meu velho. Voici ce petit paragraphe sans prétention qui lui est venu dans la tête et dans le bout des doigts quand je lui ai appris que mon chat avait disparu.

E mais um gato se foi. Os gatos simplesmente desapareciam, sumiam, sem explicação. Já era o terceiro gato em um ano, desaparecido no meio da noite ou do dia. E ele não entendia. Sempre tinham um nome, uma cama, um prato com leite e outro com comida, uma caixa com areia. Uma casa quente e confortável. Porque diabos então os gatos sumiam? Esperava um telefonema, alguém que o trouxesse à sua porta, mas eles nunca voltavam. E depois da perda e da tristeza e depois do hiato, um novo gato, que recebia um nome, uma cama, um prato com leite e outro com comida, uma caixa de areia, numa casa quente e confortável. E o gato ficava e rondava pela casa e mexia nas suas coisas. Dormia com ele. Acordava com ele, reclamava por ele. E o gato sentava com ele no sofá em frente à TV, a barriga ronronando e eles se conheciam, se delimitavam, se amavam, se estranhavam. E o gato passava a dormir fora do quarto, no espaço que agora era delimitado. E agora, de vez em quando ele até abria a porta da casa, o gato saia, infusões noturnas, conhecia outros gatos, outras mãos que passavam a mão. E o gato voltava. E quando ele convidava os amigos para irem à sua casa, o gato estava lá sempre escondido, embaixo da cama, do armário da cozinha, do sofá, tímido, com medo, mas depois ele vinha e ficava no meio de todos, quando menos se percebia já era um de nós. Mas a porta agora sempre tinha uma fresta. E o gato um dia não voltava mais. Talvez os gatos simplesmente fugissem. Assim como ele também fazia.

Et un chat de plus qui venait de partir. Les chats s'en allaient simplement, disparaissaient, sans explication. C'était déjà le troisième en un an, disparu au milieu de la nuit, ou au milieu de la journée. Et il ne comprenait pas. Ils avaient tous un nom, un petit lit, un bol de lait et un autre de bouffe, une litière. Une maison chaleureuse et confortable. Pourquoi diable les chats disparaissaient-ils alors? Il attendait un appel, quelqu'un qui l'aurait ramené devant sa porte, mais ils ne revenaient jamais. Et après la perte, et après la tristesse, et après le hiatus, un nouveau chat, qui recevait un nom, un petit lit, un bol de lait et un autre de bouffe, une litière, dans une maison chaleureuse et confortable. Et le chat restait et se promenait dans la maison et s'installait dans ses affaires. Dormait avec lui. Se réveillait avec lui, réclamait son attention. Et le chat se couchait avec lui dans le sofa en face de la télé, le ventre ronronnant et ils se connaissaient, se délimitaient, s'aimaient, s'étonnaient. Et le chat commençait à dormir en dehors de la chambre à coucher, dans l'espace qui lui était alloué. Et alors, de temps en temps, il allait jusqu'à ouvrir la porte de la maison, le chat sortait, expéditions nocturnes, il rencontrait d'autres chats, d'autres mains qui le caressaient. Et le chat revenait. Et quand il invitait ses amis à venir à la maison, le chat était là, toujours caché, sous le lit, sous un meuble de la cuisine, sous le sofa, timide, apeuré, mais un peu plus tard il venait les rejoindre et restait au milieu des gens, devenant rapidement un des leurs. Mais la porte maintenant était toujours entrouverte. Et un jour le chat s'en allait pour ne plus revenir. Peut-être que les chats fuyaient, tout simplement. Un peu comme lui aussi le faisait.


lundi 26 octobre 2009

La fin du monde ne s'est pas pointée...

Quelle belle chanson d'Assis Valente, chantée par Adriana Calcanhotto:


E O Mundo Não Se Acabou (Et la fin du monde n'est pas arrivée)

Anunciaram e garantiram/Ils ont annoncé, ils ont garanti
Que o mundo ia se acabar/Que la fin du monde arrivait
Por causa disso/À cause de cela
Minha gente lá de casa/Mes amis et moi, à la maison
Começou a rezar.../On a commencé à prier

E até disseram que o sol/Et ils ont même dit que le soleil
Ia nascer antes da madrugada/Allait se lever juste avant la nuit noire
Por causa disso nessa noite/À cause de cela cette nuit
Lá no morro/Là sur la colline
Não se fez batucada.../Ils n'ont pas dansé

Acreditei nessa conversa mole/J'ai cru à cette rumeur
Pensei que o mundo ia se acabar/J'ai pensé que la fin du monde arrivait
E fui tratando de me despedir/Et je me suis dépêché à faire mes adieux
E sem demora fui tratando/Et sans attendre je me suis occupé
De aproveitar.../À en profiter

Beijei a bôca/J'ai embrassé la bouche
De quem não devia/De qui je ne devais pas
Peguei na mão/Pris la main
De quem não conhecia/De qui je ne connaissais pas
Dancei um samba/Dansé une samba
Em traje de maiô/En costume de bain
E o tal do mundo/Et cette fameuse fin du monde
Não se acabou.../N'est pas arrivée

Chamei um gajo/J'ai appelé un gars
Com quem não me dava/Avec qui je ne m'entendais plus
E perdoei a sua ingratidão/Et je lui ai pardonné son ingratitude
E festejando o acontecimento/Et en fêtant notre réunion
Gastei com ele/J'ai gaspillé en sa compagnie
Mais de quinhentão.../Bien plus que cinq cents...

Agora eu soube/Maintenant j'ai appris
Que o gajo anda/Que le gars se promène
Dizendo coisa/Racontant des choses
Que não se passou/Qui ne se sont pas passées
E vai ter barulho/Et il va y avoir du vacarme
E vai ter confusão/Et il va y avoir de la confusion
Porque o mundo não se acabou.../Parce que la fin du monde n'est pas arrivée...

Anunciaram e garantiram/Ils ont annoncé, ils ont garanti
Que o mundo ia se acabar/Que la fin du monde arrivait
Por causa disso/À cause de cela
Minha gente lá de casa/Mes amis et moi, à la maison
Começou a rezar.../On a commencé à prier

E até disseram que o sol/Et ils ont même dit que le soleil
Ia nascer antes da madrugada/Allait se lever avant la nuit noire
Por causa disso nessa noite/À cause de cela cette nuit
Lá no morro/Là sur la colline
Não se fez batucada.../Ils n'ont pas dansé

Acreditei nessa conversa mole/J'ai cru à cette rumeur
Pensei que o mundo ia se acabar/J'ai pensé que la fin du monde arrivait
E fui tratando de me despedir/Et je me suis dépêché à faire mes adieux
E sem demora fui tratando/Et sans attendre je me suis occupé
De aproveitar.../À en profiter

Beijei a bôca/J'ai embrassé la bouche
De quem não devia/De qui je ne devais pas
Peguei na mão/J'ai pris la main
De quem não conhecia/De qui je ne connaissais pas
Dancei um samba/J'ai dansé une samba
Em traje de maiô/En costume de bain
E o tal do mundo/Et cette fameuse fin du monde
Não se acabou.../N'est pas arrivée

dimanche 25 octobre 2009

Sec

Je me sens comme la Mère Michèle. J'ai encore perdu mon chat. Je devrais écrire, j'ai encore perdu un chat, parce que c'est le troisième qui se perd, mais c'est la première fois que Machado se pousse. Collé des affiches. Me suis fait dire de décrisser par un gars de la ville. Non, j'exagère, il a été sympa, m'a juste dit que la moindre des choses aurait été de demander la permission avant de poser mon affiche. Il m'a dit au pire tu vas te faire dire non. J'étais frustré, et je déteste avoir tord, donc j'ai arraché mon affiche et j'ai décrissé.
C'est sûrement quelqu'un qui l'a ramassé. Je ne comprends pas ça. Le petit minou vient devant ta porte pour miauler quatre, cinq, six jours de suite, ok. Tu le laisses entrer. Il ne ressort pas et commence à se frotter sur tes mollets en ronronnant, ok. Tu le gardes. Mais si c'est la première fois que tu le vois se promener, même s'il a l'air un peu perdu, criss, laisse le tranquille. Surtout s'il est gentil et pas trop méfiant. Qu'est-ce que ça veux dire, d'après-toi? Peut-être que ça veut dire qu'il appartient déjà à quelqu'un, non?
Pour l'instant, je ne considère même pas l'idée qu'il se soit fait écraser ou quelque chose du genre. Non. Pas Machado. Ben trop cool pour ça.

Je lance ma propre TAG. Maximum dix lignes, une seule phrase avec la ponctuation que tu veux. Anglais ou français. Doit commencer avec "So, to make a long story short..." ou "Donc, pour faire une histoire courte..."

MAKE A LONG STORY SHORT
So, to make a long story short, we went to school together, I sat across from her in the laboratory, and we were married after four years of what, intense courtship, really young you know, and she took everything even the goddamn Aspirins in the cabinet but that I wouldn't even know because I got that restraining order and now here I am, nursing that headache, really nursing it, so don't give me that crap about any flu scares and vaccines cause there's nothing like the broken heart of a broken man.

Ouais, bon, je pense qu'on peut faire mieux que ça, mais tu vois le genre.

La TAG est lancée: C'est Will qui l'a pour l'instant.

lundi 19 octobre 2009

Whore dialogue (Baltimore)

-Shuuutttt up!
-I tell you.
-Shuuuttt uuuuppp!
-It's true man.
-You're fucking with me!
-No, I would never do that.
-And what was it like?
-You mean his dick?
-Yes, no, I mean, you know what I mean, the whole thing?
-Well first of all, I have to tell you about his dick.
-How's his dick?
-Man.
-No.
-Huge.
-No.
-Effing huge, my girl.
-You mean huge.
-I mean huge.
-You mean your huge here.
-I mean it.
-Like what.
-See that garbage truck there?
-Nooo.
-Yes man.
-You're fucking with me.
-Bigger even.
-And you went both ways?
-I did what he asked.
-Did it hurt? I mean, a garbage truck. It must a.
-We sure used a lot of vaseline.
-For sure.
-For sure.
-And what about the rest?
-You mean his balls?
-Yes, no, I mean, you know, the rest of the night.
-Well, right, but first let me tell you about his balls.
-Man.
-Oh yesss.
-Nooo.
-I'm serious.
-Shuuttt uppp!
-Incredible.
-Taste?
-Vanilla.
-Shhhuuuuuuuuuttttttt uuuuuppppp!
-Crazy, man. Tasted like a fucking ice cream cone.
-You've got to be fucking with me.
-Absotuletly not.
-What?
-Aspotu. Aps.
-What?
-Ah, fuck, you know, I'm not fucking with you.
-So.
-So yeah. Dick and balls in the face and it tastes like a effing ice cream cone and I'm like my fucking god this is so good and like, you know, give me more, man, and I'm paid for this shit? Wow, just, you know, let's do that again, mister big fucking garbage truck dick, and I'm like, licking and tasting and swallowing and spitting all at the same time, and.
-And.
-Yeah.
-You've got to be fucking kidding me.
-No.
-Shhhhhuuuuuttttttttttttttttt uuuuuuuuuuuuuuuuuuuupppppppppppppp!
-Crazy, this shit is crazy, man.
-Noooooo! Shut the fuck up!
-Serious as a doorbell, man.
-What?
-I'm serious as a doorbell, man.
-You're serious as a doorbell.
-Well, you know, I'm serious. Not joking. Not fucking with you. Never do that.
-And.
-Sweet as a candypop.
-No.
-As soon as I'm alive, man, sweet as a candypop. Right in my throat, straight as a cannonball or something.
-In the eyes?
-Don't remember, tasted too good.
-Wow.
-Just fucking wow.
-Candypop you say.
-Candypop.
-Right in the throat?
-Activated my yousofagus.
-Your. Yeah. Ok.
-Stimulated the peeristooltism.
-Yeah.
-Just like so fucking tasty.
-He's yours?
-He's mine.

mercredi 14 octobre 2009

Choses que je me promets de ne pas faire dans ma thèse

1. Trouver un titre vraiment insupportable qui est constitué d'une articulation en miroir de l'adjectif et du substantif, ou de deux substantifs, autour d'un "ou".
Exemples:
-Mark Twain, le passage déréalisé ou la déréalisation du passé.
-Michel Butor, l'obscurité des possibles ou les possibles de l'obscurité.

2. Continuer ce titre avec un sous-titre qui commence par "Pour" et qui inclus des mots comme "prolégomènes", "épistémocritique", "heuristique", "épilepsie".
Exemples:
-Pour une heuristique épidermique de l'étant sensible.
-Pour une herméneutique lacanienne de l'en-deçà du sous-jacent.

3. Utiliser des verbes à l'infinitif comme s'ils étaient des substantifs.
Exemples:
-C'était dans son dire qu'il se réalisait, délaissant son faire.
-Le sujet social n'a pas d'être-en-soi si son construire n'est pas en chantier.
-Il naviguait sur un prendre quand soudain son mordre lui sauta dans le savoir-faire.

vendredi 9 octobre 2009

Joies du jumelage

Adolpho et moi, cet après-midi, discutions sur le sujet de la complexité d'utilisation de certains verbes. Souvent on croit qu'apprendre une langue sera difficile à cause du grand nombre de mots inconnus qu'on aura à mémoriser, mais on s'aperçoit rapidement que ce sont les mots les plus simples qui nous posent des problèmes. Par exemple, en français, bien utiliser le verbe prendre, sous toutes ses formes, demande une certaine maîtrise et un certains sens de la langue parlée, de la langue de tous les jours. Nous nous sommes donc amusés à trouver des perles de phrases en portugais qui mettent en lumière les visages multiples d'un hostie de verbe bébéfafa comme dar (donner). Ça donne ceci:

Como Dada deu pra dar pra todo mundo, mas não se dá pra ninguém, não dá pra dar uma aliança pra ela.

(Comme Dada a commencé à s'offrir à tout le monde, mais sans se donner à personne, c'est pas possible de lui offrir une alliance.)
Ça ne fonctionne pas en français.

Ou encore, avec le verbe tomar (prendre):

Tendo tomado um tapa, por ter tomado do Tómas a coca que ele estava tomado, mandei-o tomar no cu.

(M'étant pris une tape, pour avoir pris à Thomas le coca qu'il était en train de prendre, je l'ai envoyé se la prendre dans le cul.)
Celle-ci fonctionne en français de France.

Et si quelqu'un nous pose la question, à savoir sur quoi on discute lors de notre jumelage linguistique, on va répondre qu'on essaie de régler le statut de la femme. Édifiant.


mercredi 7 octobre 2009

Colocar um título aqui

UN
Dans mon groupe de recherche sur l'imaginaire du contemporain, on a parlé d'un texte du philosophe allemand Sloterdijk qui s'appelle ÉCUME. À un moment donné, Bertrand Gervais a utilisé l'expression "Penser l'écume, c'est aussi penser le présent". J'ai noté dans mon cahier:

Penser l'écume ? ? ? ?

Je ne sais pas exactement pourquoi, mais il y a quelque chose de profondément dérangeant (pour moi, du moins) à entendre des phrases de ce genre autour d'une table de séminaire, quand tout le monde se met à hocher de la tête, comme s'il s'agissait d'une grande révélation. Penser l'écume. Fuck. J'avais envie, vraiment, de demander si Sloterdijk n'avait jamais pensé, au lieu de penser l'écume, à penser la masturbation intellectuelle.

DEUX
Je fume une cigarette. J'ai acheté un paquet. Je me fustige. C'est-tu pronominal ça?

TROIS
Il y a une conférence d'Albert Jacquard à l'UQAM qui s'intitule quelque chose comme "Le point de non-retour". Je m'excuse, mais quand tu as cent quatre-vingt-dix ans, il me semble que tu es mal placé pour percevoir correctement l'état de la société, de la planète, je sais pas. Dans ton temps, on faisait du feu avec des pierres. Ça me rappelle un livre d'Ernesto Sabato qui s'appelait AVANT LA FIN qui s'étendait amèrement sur la catastrophe à venir, l'apocalypse, tutti. Give me a break, dans ton temps on pensait que le feu avait été livré aux humains par un gars qui se faisait dévorer le foie quotidiennement.

QUATRE
Ça fait longtemps que j'ai pas parlé d'immigration ici, ce qui était le sujet initial de ce blog. Je me dis, bon, peut-être que tout ça c'est réglé dans ma tête. Bonne chose de faite, l'immigration est une affaire classée. Tudo bom. Bem bom.

CINQ
Je viens de finir un excellent roman de Jonathan Lethem: THE FORTRESS OF SOLITUDE, qui raconte la jeunesse d'un petit cul blanc dans le Brooklyn des années 70, au milieu des tensions raciales, du début du punk et des comic books. Un des aspects fascinants du livre est le fait que le jeune héros trouve un anneau qui lui donne des pouvoirs (voler, devenir invisible). Il tente évidemment de l'utiliser à bon escient en devenant Aeroman, un superhéros adolescent, ce qui ne l'empêchera pas de gâcher sa vie et de s'apercevoir que tout est beaucoup plus complexe dans la rue devant chez lui que dans les airs.
C'est drôle parce que j'ai écrit il y a plusieurs années un roman qui s'appelle UNE NOIRCEUR, qui raconte l'histoire de deux jeunes hommes ordinaires ayant des pouvoirs surnaturels. Bon. Mon truc était totalement inaboutie, mais certaines scènes de Lethem me rappelaient étrangement ma propre écriture.

"La cape de Ronald pendait dans son dos à cause de la stabilité de l’air. Elle était attachée à ses deux épaules par des boutons de métal bleu foncé. Tout son attirail était bleu foncé. À ça il n’y avait pas d’origine. Ronald se disait qu’il ne se souvenait pas du pourquoi ni du comment de la couleur, qu’il n’avait pas à se souvenir de ça. Ce n’était pas un détail important, en fait ce n’était justement qu’un détail. Qu’un détail perdu au milieu de l’immense étendue de sa personnalité, de son être profond. De cet être profond qu’il cherchait à comprendre depuis les tous premiers instants de sa métamorphose. Il se répéta le mot plusieurs fois pour en savourer l’intonation, l’inclinaison, la racine grecque. Ovide. Ses bras étaient enfermés dans des gants de métal bleu foncé et l’église au coin de deCastelnau et Lajeunesse était sûrement un des bâtiments les plus laids qu’il ait jamais vu. Aussi, le haut de son visage était masqué sous un loup bleu foncé et l’église portait une inscription généreuse et charitable qui invitait les croyants à se réjouir. Aussi, sa poitrine était marquée d’un grand R en times new roman et les deux silhouettes noires qu’il avait aperçues tentaient vainement de se dissimuler à son regard derrière l’église, derrière un mur, près de la ruelle."

Et ça continuait comme ça sur trois cent-cinquante pages. Il y avait des nazis, des agents secrets, des nains mexicains, une réincarnation de Maurisse Duplessis. Ouais.

SIX
Les histoires vraies sont attirantes parce qu'elles nous semblent inventées. Les histoires inventées sont attirantes parce qu'elle nous semblent vraies. Les histoires vraies nous semblent inventées parce qu'elles ont ceci de particulier d'être uniques et par conséquent ne se rattachent à aucune autre. L'effet d'invraisemblance. Les histoires inventées nous semblent vraies parce qu'elles ont ceci de particulier d'être universelles et par conséquent se rattachent à toutes les autres. L'effet de reconnaissance.
Dessine un arbre avec beaucoup de branches, tu vas comprendre.

Moi, je vais aller penser l'écume sur YouPorn.



dimanche 4 octobre 2009

Shore Leave (versão portuguesa)

Alors, comme je suis assez fier de ce petit texte en anglais qui s'appelle SHORE LEAVE (et que j'ai une légère obsession pour la langue portugaise, l'apprentissage et la maîtrise de cette dernière), je me suis amusé à le traduire. Version originale ici: sainthenri.blogspot.com/2009/09/shore-leave.html. Le texte portugais a été lu et révisé par mon ami Adolpho. Il m'a aidé à uniformiser le langage et à conjuguer correctement mes subjonctifs. Je suis content parce qu'il m'a dit, en lisant ma traduction pour la première fois, c'est excellent, il reste à paufiner (aparar as arestas...).
LA PONCTUATION EST VOLONTAIRE. Comme disait Clarice Lispector à ses correcteurs au Journal du Brésil: "Agora um pedido: não me corrija. A pontuação é a respiração da frase, e minha frase respira assim. E se você me achar esquisita, respeite também. Até eu fui obrigada a me respeitar."



Para Adolpho Faria


O Grande Romancista Americano entrou no bar e disse eu não vou tirar minhas botas. E então disse dá-me um scotch do Velho Mundo mas não me diga a idade dele porque não me importa não. O Grande Romancista Americano disse que ele era a Coisa Nova. O que é essa Coisa Nova eles perguntaram. É essa Coisa que não envelhece falou ele e tocou seu revólver. Disseram essa Coisa Nova tem que ser jovem e ele disse não mas tem que ser permanente. O barista serviu-lhe uma dose de scotch do Velho Mundo e o Grande Romancista Americano bebeu-a num grande gole. Ele disse dá-me mais um. Um dos clientes perguntou numa nuvem de fumaça por que ele falara aquela coisa das botas quando ele chegara e o Grande Romancista Americano disse que se sentia em casa e que não queria se comportar como um convidado. Disse que este lugar era seu porque ele estava aqui. O barista serviu-lhe mais uma dose de scotch cor de mel e o Grande Romancista Americano ergueu o copo e bebeu o líquido com grande concentração. Então tocou seu revólver mais uma vez e disse eu te respondi porém isso não quer dizer que a pergunta não tenha sido estúpida. E então disse na verdade acho que a próxima coisa que você dirá será uma besteira. Ele disse que besteiras o incomodavam demais e que não havia tempo para elas. Disse ao barista esse scotch é bom eles sabem fazer um bom scotch eles só não sabem escrever. Disse dá-me mais um e virou sua cabeça para a nuvem de fumaça. Disse fala logo. Disse não seja um covarde. O cliente na sua nuvem de fumaça disse não sou não. Disse eu só sou um cara normal. Disse não é covardia parar de falar com o senhor depois de o senhor ter me insultado. O Grande Romancista Americano respondeu que a covardia dele não tinha nada a ver com o fato de ter sido insultado ou não e que a covardia dele era fundamental e que ela tinha atravessado o mar com ele. Ele disse embora você não seja um covarde neste momento você o é essa é a sua definição. O barista serviu-lhe uma terceira dose de scotch do Velho Mundo e ele pegou o copo e olhou para ele como se tentasse compreender o sentido da cor. O cliente na sua nuvem de fumaça disse eu li seu livro. O Grande Romancista Americano disse todo o mundo leu meu livro. E então bebeu o scotch e bateu o copo sobre o balcão e tocou seu revólver. Disse eles o leram na Europa embora todos os Europeus sejam covardes nojentos como você o senhor teria que sabê-lo pois não é diferente. Disse isso com a mão no revólver e então disse ao barista que tal deixar a garrafa rapaz. O barista pegou a garrafa de scotch na prateleira e a botou sobre o balcão ao lado dum copo vazio. O Grande Romancista Americano serviu sua bebida e a engoliu com grande seriedade e então tomou seu revólver e atirou no centro da nuvem de fumaça. Disse que não tinha tempo para gastar com spicks e micks e polacks e kikes e niggers porque ele os tinha todos em si. Disse isso muito sério e então disse alguma coisa sobre ser a Coisa Nova e sobre Pintar a Cidade de Vermelho mas eu não pude ouvir nada porque minha mente estava indo rápido demais. Todo o mundo estava correndo para fora. Havia um caos no bar. Eu tinha o Grande Romance Americano na minha mochila e logo que tentei abrir caminho entre as mesas e as moças para fugir senti um frio na espinha. Eu soube que o Grande Romancista Americano tinha atirado em mim porque de repente o silêncio caiu. Ele disse mesmo depois de quatro copos ainda sou mais rápido que um Apache. Fingi-me de morto pois sabia que a bala estava no livro. Tinha ficado presa bem profundo nas suas oitocentos e cinquenta e nove exaustivas páginas.