jeudi 31 décembre 2009

Pirar, expirar

Que tal uma casinha na beira do rio? Porta vermelha. Vento horizontal e forte. Que tal um jogo de palavra que se torna jogo de vida real? Caças ao tesouro. Chicletes coladas. Beijinhos escondidos. Carros andando na cidade. Que tal uma troca sempiterna de mensagens na madrugada escura? Dedos doendo e mentes doidas e cigarros ilegais. Que tal uma manhã de dezembro, fria e azul, a última do ano? Acontecimentos. Folhas cor-de-rosa sob a neve. Olhadas num barzinho.

Tá cantando, garoto. Tá maluco, rapaz. Tá escrevendo em códigos, velho. Tá falando em línguas, cara.

Beleza.

E feliz ano novo.

mercredi 30 décembre 2009

Torride Anus

J'ai souvent parlé de ça avec mon ami Phil, de l'évolution des bands. Phil disait que les derniers albums de Modest Mouse, ça suckait comme ton cul. Pis je répondais que non, c'était un changement normal, une évolution nécessairement intéressante parce que ça serait fucking plate s'ils faisaient toujours la même chose. Je disais à Phil que moi, ma manière d'écouter de la musique était plus, comme, affective, une sorte de respect pour le cheminement créatif de gars et de filles que j'aime. Comme Modest Mouse justement, ou Radiohead, ou Blonde Redhead, ou Sonic Youth, ou Wilco. Je suis prêt à les suivre dans leurs explorations, pas à les devancer dans mes expectatives.

Ben, je suis d'accord avec lui pour une personne: esti que Tori Amos elle est poche maintenant. Elle suck comme ton cul. Pis c'est vraiment dommage parce que j'ai TELLEMENT écouté Tori Amos dans ma vie. Jusqu'à FROM THE CHOIRGIRL HOTEL, ça rockait en criss. BOYS FOR PELE est un des meilleurs albums du monde. Mais depuis quelques années: beurk.

Je pense à ça parce que mon ipod, cette machine géniale, vient de me garrocher dans les oreilles "Raspberry Swirl". Et quand vers la fin, Tori a comme un orgasme, j'ai souri. Pis j'ai viré nostalgique 1998.

Auto-julgamento

Mon directeur de thèse m'a donné un "A" d'avertissement, dans le cadre de son séminaire sur la Bombe Atomique. Mon travail final est décevant, en comparaison à l'exposé présenté en classe. Plein de marques d'oralité et de réflexions non-explicitées. Dans un long courriel, il me dit, perspicace, déceler en moi une propension à la facilité et à la familiarité qui pourrait me nuire éventuellement si je ne suis pas prudent. Il m'écrit que ma participation en cours était excellente, mais que l'attitude parfois trop décontractée que je prends est un symptôme de ce qu'il perçoit dans ma personnalité. Il écrit: "C'est quand je t'ai entendu dire "criss" durant une de tes interventions. J'ai toujours trouvé que le milieu intellectuel, au Québec, virait trop vite au "tout le monde ami-ami, à la bonne franquette. Je voulais juste te dire de faire attention à ça." Il a raison dans la mesure où je suis facilement à l'aise en groupe et comme j'ai de la difficulté avec le milieu académique, je cabotine. Il a raison dans la mesure où j'opte souvent pour la solution facile (en l'occurrence ici, "ah! j'ai pas besoin de faire un chef-d'oeuvre, c'est JF de toute façon, c'est mon directeur...") , ce qui est une très mauvaise idée une fois rendu au doctorat.

Il n'y a rien de pire en études supérieures que de décevoir son directeur dans une de ses classes, surtout si une relation personnelle s'est tranquillement tissée entre lui et toi. Ça l'oblige à agir comme un ami et à te dire tes quatre vérités, et ça c'est pas la job d'un prof. Tu devrais toujours être au-delà de ses attentes, pas en-deçà. Tu devrais toujours être au-delà des attentes dans la vie en général, de toute façon.

mardi 29 décembre 2009

Personnes du singulier

Moi j'aime ben ça les affaires avec des JE pis des TU. Je connais une place chill où le schéma narratif a été tout chamboulé dernièrement, les pronoms se sont comme rencontrés. À défaut de.

Ça me rappelle une criss de bonne vieille toune de Malajube qui s'appelle LE JUS DE CITRON, et qui explore exactement ça, en relation grammaticale parfaite. En miroirs égocentriques, genre.

J'ai pas l'temps d'penser à toi
Ma tête est pleine sans toi
Je sais je pense juste à moi

J'veux pas savoir pourquoi
Ta tête est pleine sans moi
Je sais je pense juste à toi

Mais qu'est-ce que tu viens faire ici ?
Je comprends rien, tu m'avais pourtant dit
Mais qu'est-ce que tu penses de ta vie ?
Tu comprends rien tu m'étourdis

J'peux très bien danser sans toi
Sans mettre mes pieds dans tes plats
Je sais tu penses juste à moi

J'veux pas savoir pourquoi
Ta tête est pleine sans moi
Je sais tu penses juste à toi

Mais qu'est-ce que tu viens faire ici ?
Je comprends rien, tu m'avais pourtant dit
Mais qu'est-ce que tu penses de ta vie ?
Tu comprends rien tu m'étourdis


Ipod

Des fois ton ipod sur random te pitche comme juste les bonnes affaires au bon moment, tellement. Stie que t'aimes ça la bonne musique. Tu t'en vas à l'épicerie et...

-Ella Fitzgerald, Summertime.

-Eleni Mandell, Make-Out King.

-Cat Power, The Greatest.

-Bon Iver, Skinny Love.

-Neutral Milk Hotel, King Of Carrot Flowers, Part One.

Tu capotes. Pis tu fais des mini-rebounds dans tes Converse.

Pis tu trouves ça tellement beau:

When you were young
You were the king of carrot flowers
And how you built a tower tumbling through the trees
In holy rattlesnakes that fell all around your feet

And your mom would stick a fork right into daddy's shoulder
And dad would throw the garbage all across the floor
As we would lay and learn what each other's bodies were for

And this is the room
One afternoon I knew I could love you
And from above you how I sank into your soul
Into that secret place where no one dares to go

And your mom would drink until she was no longer speaking
And dad would dream of all the different ways to die
Each one a little more than he could dare to try...

Pis là tu t'en vas à la BNQ.

lundi 28 décembre 2009

Porcaria

La toune que j'ai eu le plus souvent dans la tête, dans ma vie, fouille-moi pourquoi, c'est la toune cachée sur DOOKIE de Green Day.

Quelque chose du genre, I was alone, I was all by myself, all by myself, I went to your house, I was all by myself, all by myself, I went into your room, but no one was there, I was all by myself, all by myself, I had an erection, I was all by myself, all by myself, etc., tout ça chanté avec une voix de puceau. Édifiant.

Hier, j'ai fumé comme un défoncé parce que j'étais stressé, parce que j'avais un plan pis je voulais que ça fonctionne. Surtout la gomme, fallait que la gomme reste collée. Mais comme je suis un non-fumeur en constante rechute, j'ai pas de cendrier, faque je botch mes clopes dans un fond de verre d'eau pis c'est dégueulasse en esti. Édifiant.

Je viens d'aller boire trois pintes et un scotch avec un esti de beau gars plus grand que ta soeur, que toutes les filles regardaient pis, ben, j'aime pas ça le scotch. Mais lui y était cool. Même si y est vraiment plus séduisant que moi. Il a été gentil, amène, j'ai été éloquent, un peu trop bavard et on a bu à la santé du couple en date qui se frenchait comme des malade juste en arrière. Édifiant.

And by the way

Who the fuck is Sheyla!!!

Une Pin Up trop bien raquée qui cite du Radiohead.

Une ancienne flamme mienne avec qui j'ai fait 69 choses cul par dessus tête.

La meilleure amie de ma mère.

L'espace vide entre les mots "masturbation" et "intellectuelle".

Ça commence à être pas mal le fun être Clarence L'inspecteur.
(Dixit Will: "Caliss man, faut que tu m'expliques ce qui se passe!")

Dans le vestibule

La première chose que j'ai faite en me levant, y a quelqu'un qui sait c'est quoi. Faisait longtemps que ça m'était pas arrivé.

J'ai pas mis de chauffage dans mon bureau faque, étrangement, j'ai la main gauche chaude pis la main droite froide. C'est-tu normal que gauche/chaude pis droite/froide, ça rime comme quasiment?

J'ai regardé 500 DAYS OF SUMMER pis je peux dire en toute bonne foi que je suis en amour avec Zooey Deschanel, comme je suis en amour avec Faye Dunaway dans BONNY AND CLYDE pis avec Scarlett Johansson dans LOST IN TRANSLATION pis avec Marion Cotillard dans JEUX D'ENFANTS pis avec Maggie Cheung dans IN THE MOOD FOR LOVE. Etc.

Ah, pis Zooey Deschanel dans YES MAN, avec Jim Carrey. Tabarnack. Probablement que dans la vraie vie je me serais sauvé en courant, parce que je suis loin d'être un yes man, mais dans le lointain d'un écran, ouf.

Tsé, t'as pas le monopole de la langue, c'est juste que tes idées sont géniales. T'as une tête qui fonctionne cent mille fois plus vite que la mienne. Pis j'ai juste voulu aider. C'est pas parce que t'as fait douze cours de grammaire que ça donne automatiquement des syllogismes faciles, du genre: j'ai poché mon 436 donc c'est normal que, ici, 2+2, ça fasse 5. La différence entre le grammaticalement correct et le grammaticalement incorrect est mince, parfois. Dire que 2+2=5, ce n'est pas la même chose que d'écrire deux plus deux égale cinq. Le premier c'est une erreur, le deuxième c'est des mots. J'aime tellement ça ce que tu écris, je te l'ai déjà dit souvent, je veux pas que tu me boudes. C'est pour ça que j'écris ça sur mon territoire, pour pas empiéter sur tes affaires, je sais que t'haïs ça.

dimanche 27 décembre 2009

Dit-il

T'aimes-tu ça la vie?

Aujourd'hui, moi j'aime ça pas pire.

Communication muette

Même si tu comprends pas tout, tu peux jouir du son des mots. Non, je parle pas à toi, je parle à l'autre.

Le 14 février 1970, jour de la Saint-Valentin, dans le Journal du Brésil (Jornal do Brasil), paraissait ce court texte de Clarice Lispector:

A COMMUNICAÇÃO MUDA

O que nos salva da solidão é a solidão de cada um dos outros. Às vezes, quando duas pessoas estão juntas, apesar de falarem, o que elas comunicam silenciosamente uma à outra é o sentimento da solidão.

samedi 26 décembre 2009

Some fancy shit

One two three
She's a real left winger 'cause she been down south
And held peasants in her arms
She said "I could tell you a story that could make you cry"
"What about you?"
I said "Me too"
"I could tell you a story that will make you cry"
And she sighed "Ah"
I said "I wanna be a singer like Lou Reed"
"I like Lou Reed" she said sticking her tongue in my ear
"Let's go, let's sit, let's talk"
"Politics go so good with beer"
"And while we're at it baby, why don't you tell me one of your biggest fears?"
I said "Loosing my penis to a whore with disease"
"Just kidding" I said
"Losing my life to a whore with disease"
She said "Excuse me please?"
I said "Losing my life to a whore with disease"
I said "Please... I'm a humble guy with a healthy desire"
"Don't give me no shit because... I've been tired"

-THE PIXIES, I've Been Tired

Je sais pas pourquoi j'avais ça en tête aujourd'hui en allant magasiner. Peut-être juste parce que c'est fucking bon pis que moi avec j'ai envie d'être Lou Reed desfois. Pis ça fait un criss de bout qu'on m'a pas mis une langue dans l'oreille. À la place je vais au Boxing Day.

Donc, 150 piasses de carte-cadeau au Chapters au coin de Ste-Catherine et Stanley, ça donne ça. Je mentionne que tous les hardcovers étaient à 30% de rabais et que j'ai payé 2,03$ de ma poche, ouais.

1. Joyce Carol Oates, EXPENSIVE PEOPLE, qui commence de même:
"I was a child murderer. I don't mean a child-murderer, though that's an idea. I mean child murderer, that is a murderer who happens to be a child, or a child who happens to be a murderer. You can take your choice."

2. Henry Miller, THE AIR-CONDITIONNED NIGHTMARE, qui commence de même:
"It was in a hotel in Pittsburgh that I finished the book on Ramakrishna by Romain Rolland. Pittsburgh and Ramakrishna - could any more violent contrast be possible? The one the symbol of brutal power and wealth, the other the very incarnation of love and wisdom."

3. Cormac McCarthy, NO COUNTRY FOR OLD MEN, qui commence de même:
"I sent one boy to the gaschamber at Huntsville. One and only one. My arrest and my testimony. I went up there and visited with him two or three times. Three times. The last time was the day of his execution. I didn't have to go but I did. I sure didn't want to."

4. Dashiell Hammett, THE CONTINENTAL OP, STORIES, qui commence de même:
"It started in Boston, back in 1917. I ran into Lew Maher on the Tremont Street sidewalk of the Touraine Hotel one afternoon, and we stopped to swap a few minutes' gossip in the snow. I was telling him something or other whan he cut in with: "Sneak a look at that kid coming up the street. The one with the dark cap."

5. Vladimir Nabokov, THE STORIES, qui commence de même:
"I was pensively penning the outline of the inkstand's circular, quivering shadow. In a distant room a clock struck the hour, while I, dreamer that I am, imagined someone was knocking at the door, softly at first, then louder and louder. He knocked twelve times and paused expectantly."

6. Don DeLillo, THE BODY ARTIST, qui commence de même:
"Time seems to pass. The world happens, unrolling into moments, and you stop to glance at a spider pressed to its web. There is a quickness of light and a sense of things outlined precisely and streaks of running luster on the bay."

7. Lorrie Moore, A GATE AT THE STAIRS, qui commence de même:
"The cold came late that fall and the songbirds were caught off guard. By the time the snow and wind began in earnest, too many had been suckered into staying, and instead of flying south, instead of already having flown south, they were huddled in people's yards, their feathers puffed for some modicum of warmth. I was looking for a job."

8. Leonard Cohen, THE NOVELS: BEAUTIFUL LOSERS and THE FAVOURITE GAME, qui commence de même:
"Breavman knows a girl named Shell whose ears were pierced so she could wear the long filigree earrings. The punctures festered and now she has a tiny scar in each earlobes. He discovered them behind her hair."

Je veux dire, je suis la dernière personne à faire des paraboles et des métaphores avec sa propre vie, mais je pense que j'aime peut-être un peu trop les débuts d'histoires.

vendredi 25 décembre 2009

Fuck that

Il faudrait que le verbe envisager retrouve son sens original pour que je puisse te regarder sans te dévisager et sans imaginer plein d'affaires qui sont pas là.

Le réveillon en 24 points

JE LANCE UNE TAG
(pour ceux qui sont pas en vacances totales genre à Titicaca
et qui ont un peu de temps à perdre...)

1. Comme fond ambiant mon père a mis la scène de la course de chevaux dans BEN HUR, faque on entendait les cris de la foule et les clairons mélangés avec l'accent british d'un riche marchant Juif de la Palestine, pendant qu'on déballait.

2. J'aime ça aller chez mes parents à Noël parce que je bois des Motts piquants alcoolisés pis parce que ma soeur pis son chum recoivent toujours des cadeaux de loup ou de huskies. Des sous-verres de loup, des serviettes de huskies, des bibelots de loup, de la bouffe pour husky.

3. J'ai lu mon texte de blogue sur l'escapade newyorkaise de Jubby et moi, pis je voyais du coin de l'oeil mon père être un peu déçu de mon utilisation effrontée de sacres et d'expressions idiomatiques. Ma mère m'a arrêté: C'est quoi une slut?

4. Jubby avait sur le dos son t-shirt du métro de New York. Moi j'ai encore fait l'erreur de mettre un t-shirt trop tight qui m'empêche d'être bien dans ma peau après avoir mangé cinquante mille tonnes de cochonneries avant même de souper.

5. À un moment donné je me dis arrête de manger des cochonneries tu vas exploser, faque je mange cinquante mille tonnes de brocolis pis de choux-fleurs slash trempette à la place.

6. Chez nous c'est le fun parce qu'on a comme un esprit des fêtes de retardés. C'est quoi un esprit des fêtes de retardés? C'est quand quelqu'un dit (habituellement moi) genre à 9h: Bon on les déballe-tu ces esties de cadeaux-là? Ça va être faite.

7. J'ai réussi à réutiliser tous les vieux sacs d'épiceries qui traînaient dans mon armoire de cuisine comme papier de soie pour emballer. Ça fait le même bruit quand tu y touches.

8. J'ai encore fait soupirer tout le monde avec mes phrases en portugais. Mon père parle un peu, il utilise sa base d'espagnol et change toutes les finales de mots: Yo hablo español devient Yu habliu portuguiu.

9. Ma soeur est comique, elle a un attention span d'environ un tiers de seconde. Tu lui parles et tout à coup elle est déjà en train de coloniser la lune, de planter des drapeaux pis toute, d'écrire la constitution.

10. On a écouté le premier épisode de Pyramide où mon cousin Jérôme a fait fureur. Il est resté le maximum de temps, a battu genre 4 records, a gagné le plus gros montant d'argent de l'histoire de l'émission, plus 5 prix de "7 sur 7". Tout ça avec un léger zézaiement pas du tout désagréable.

11. Jubby a pas dit un esti de mot de toute la soirée, parce qu'on l'énerve quand on est tout le monde ensemble. On fait encore des études de comportements à son sujet qui sont out of date depuis 2002, quand il mangeait pas de légumes.

12. Il nous a surpris en donnant un cadeau communautaire, six films, qu'il fallait s'échanger et se voler et se reprendre en se basant seulement sur des catégories vagues, style "comédie classique des années 80", "film de guerre". J'ai fini avec "film musical, classique en devenir". J'espérais ACROSS THE UNIVERSE mais c'était DREAMGIRLS.

13. Ma mère, cette année, avait pas acheté les petits chocolats que j'aime, comment ça s'appelle déjà, ceux en forme de coquillages pis d'hippocampes, qui sont marbrés?

14. Mon père était content de recevoir le seul "cadeau newyorkais": une paire de sneakers Levi's sur le modèle des bons vieux Converse All Star. Bleus Jeans. Il va pogner avec ça. Et comme il aime prendre des marches, on lui a acheté un podomètre pis un lecteur MP3.

15. J'ai dit à mon père ça me dérange pas que tu mettes le poste du feu de foyer d'Express Vue, mais fait donc mute sur les putains de cantiques.

16. On a presque réussi à éviter les discussions politiques, chaque fois que mon père faisait un commentaire ironique sur Barack Obama, ou sur la gagauche du plateau on changeait de sujet.

17. J'ai reçu de ma mère un toutou de raie manta. Au début j'ai pas cliqué, mais tout le monde a catché avant moi et on est partis à rire: un souvenir de l'été 1990, à Wells, quand j'avais traîné une raie morte sur quasiment un kilomètre de plage, parce que maudit que c'était cool de traîner par la queue une raie morte sur la plage, en speedo, histoire d'épater la gallerie.

18. Pis 150 piasses chez Chapter's. Tchèque-moi ben aller magasiner de la grosse littérature américaine demain.

19. Pendant le souper ma soeur a dit à ma mère est-ce que je peux lui dire ce que tu avais pensé lui acheter? Elle a dit oui. Ma soeur a dit on avait pensé t'acheter un chaton. J'étais ému. Et là on a parlé de Machado. Il est où mon petit Machado?

20. J'ai donné deux billets pour le show d'André Sauvé à ma mère en lui disant avec des italiques grosses comme le bras tu peux y aller avec qui tu veux, tsé.

21. Moi je suis toujours le Père Noël désigné pis ma mère celle à qui on pitche les choux pis les papiers d'emballage froissés en boules, en essayant de viser sa craque de seins.

22. Vers minuit j'étais tellement gonflé que j'avais l'impression que mon nombril me regardait en pleine face. On a jasé.

23. À un moment donné Jubby a dit ah pis de la marde pis y est allé se coucher.

24. En sortant dehors, ma soeur a failli se péter la yeule sur les marches glacées, mais elle était correcte, parce qu'elle a atterri sur sa couverte de loup.

mercredi 23 décembre 2009

13 heures de route, 26 heures de Manhattan

Moi je viens d'arriver de New York. Pis toi?


(fait frette en criss dans mon appart)

lundi 21 décembre 2009

Nouveau blogue full postmoderne

Raymond Bock et Clarence L'inspecteur ont maintenant un nouveau blog d'excuses: RÉDEMPTION EN BAS DE LA TRACK. Parce qu'ils trouvent que dans la vie on ne s'excuse déjà pas assez souvent de même.

Comme le disait un ami de MJ un moment donné, en parlant du blogue de Mélodie Nelson (je paraphrase): "On lit de quoi pis tout à coup y a une graine qui rentre dans un anus pour aucune raison apparente". Je cite cette phrase juste pour préciser que le ton de RÉDEMPTION EN BAS DE LA TRACK sera un peu différent de celui de MARTINI À LA VANILLE, SODOMIE ET VIBRATEUR.

Pis si y en a qui ont quelque chose à se faire pardonner, faites-nous signe, on va vous donner de l'espace.

dimanche 20 décembre 2009

O instante não ficou

Fumei pirei encontrei dancei mal e ela me encarou como se eu fosse uma besteira ambulante, como se eu fosse um rapaz bêbado bem ordinário que o tempo todo se olhasse sim, olhasse si mesmo sim, se olhasse tão obrigatoriamente quanto uma máquina fabricando milhões de espelhos sim. Como se eu fosse uma coisa que quisesse superficialmente ser e não só essencialmente estar, ela me encarou e parei de dançar de fumar de pirar pois seus olhos estavam escuros e donos do som ambiente e da atmosfera pesada que nos cercavam. Ela me encarou e me reconheceu, soube de repente quem era eu. Gostei dela nesse momento, gostei do seu jeito incrível irresistível irrepressível de se tornar o lugar esgotado e fechado e ao mesmo tempo o mundo inteiro là fora ao nosso redor. Já apaixonado, me vi nos seus olhos, me vi parecer até louco, me vi olhâ-la de súbito não olhar pra mim, não mais me ver e sair de pálpebras como luzes, apagadas.

Rebound littéraire (2ème essai)

C'est dimanche c'est fucking plate et je me rends compte que j'ai rien d'autre à offrir que des phrases même pas les miennes des phrases tellement idiosyncratiques que si tu les comprends t'as accès à quelque chose de tellement beau que tu meurs esti que si tu les comprends tu comprends que les meilleurs sont ceux qui ont un monde tellement clos et autarcique que seulement quelques uns quelques unes se mettent eux-mêmes sur la guest list parce qu'ils ont eu un glimpse de ce que ça veut dire dire vases communicants.


Lolita, light of my life, fire of my loins. My sin, my soul. Lo-lee-ta; the tip of the tongue taking a trip of three steps down the palate to tap, at three, on the teeth. Lo. Lee. Ta.
She was Lo, plain Lo in the morning, standing four feet ten in one sock. She was Lola in slacks. She was Dolly at school. She was Dolores on the dotted line. But in my arms she was always Lolita.
-Vladimir Nabokov, LOLITA

These thoughts, these flashes of light, that innocent winsome gesture, this Japanese car - all more or less appropriate to the landscape.
I hit the switch, lowering the windows, and saw mountains reared near Mexico, lyrical in themselves and beautifully named, whatever their names, because you can't name a mountain badly, and I looked for a sign that would point me home.
-Don DeLillo, UNDERWORLD

Et j'ai recommencée à être une personne que je n'avais jamais été. J'ai recommencée à avoir ce que je n'avais jamais eu: seulement deux jambes. Je sais que c'est seulement avec deux jambes que je peux marcher. Mais cette absence inutile d'une troisième me fait tomber et m'effraie, c'était elle qui faisait de moi une chose concevable pour moi-même, et sans même avoir besoin de me chercher.
-Clarice Lispector, LA PASSION SELON G. H.

There are many that I know and they know it. They are all of them repeating and I hear it. I love it and I tell it. I love it and now I will write it. This is now a history of my love of it. I hear it and I love it and I write it. They repeat it.
-Gertrude Stein, THE MAKING OF AMERICANS

Toutefois, c'était un mot dont la compréhension éclatait comme si d'un moment à l'autre il allait se mettre à chanter son propre sens.
-Clarice Lispector, LE LUSTRE

Lundi: moi. Mardi: moi. Mercredi: moi. Jeudi: moi.
-Witold Gombrowicz, JOURNAL 1953-1958


Estie que j'haïs ça la poésie. Tout ça c'est tellement beau, tellement prosaïque.

Au pire

It's 4h11.
This is gonna be self-deprecating.

I'm a fucking loser.

samedi 19 décembre 2009

Awkwardness



Napoleon Dynamite et moi, même combat.


Hier soir avec Silvia, jolie femme en couple, devant deux caipirinhas à 10 piasses
:

Elle: Mais t'as pas peur de t'exposer comme ça sur le blog? Moi je serais jamais capable de faire ça.
Lui: Non, c'est seulement des mots, l'idée c'est de jouer sur la ligne fine entre la réalité et la fiction. Le fait d'avoir un personnage me permet d'être moi et quelqu'un d'autre en même temps.
Elle: Hm.
Lui: Et ça fait partie de ma personnalité de m'étaler comme ça, mon égocentrisme viscéral. C'est la seule chose que j'ai trouvée à raconter qui pouvait avoir de l'intérêt. Chaque fois que je dis quelque chose sur moi, il y a une voix qui dit le contraire et vice-versa, pour rectifier le tir, ou mettre les choses au clair, ou mentir, ou embellir, tu vois.
Elle: Hm. (sipp)
Lui: Et c'est paradoxal dans la mesure où la seule chose que j'ai l'impression d'être capable de communiquer dans l'écriture c'est cette idée d'être quelqu'un de totalement centré sur soi-même. (sipp)
Elle: En tous cas moi je serais jamais capable d'écrire des affaires de même.
Lui: Mais c'est super facile. Moi je suis pas gêné pour parler, mais demande-moi pas de danser par exemple.
Elle: Mais non, danser c'est facile, c'est naturel.
Lui: Je suis beaucoup trop self-conscious pour ça. J'admire les gens qui se dén...
Elle: Self quoi? (sipp)
Lui: Je me regarde trop aller. Moi, je trouve que c'est beaucoup plus facile de se dénuder avec les mots que de se dénuder (sipp) physiquement.
Elle: (sipp)
Lui: (sipp)
Elle: ...
Lui: Je veux dire.
Elle: Hm.

Un peu plus tard, chez Alexie et Max, chips au ketchup , cole slaw exquise et Dão ta face:

Rose: Faque comment il s'appelle ton mot?
Dan: Ben, en théorie il s'appelle awkward, mais moi je préfère de loin ukulélé.
Rose: Non. Comment il s'épelle.
Dan: A-W-K-W-A-R-D. Awkward.
Rose: Faque si j'ai bien compris c'est genre malaisant.
Dan: Genre. Bancal. Situation bancale, malaisante. Oh that was really awkward. Tsé.
Rose: Hm.
Dan: Intraduisible.
Rose: Ah ok. Je pense que je vois le genre. Comme si mettons je suis dans mon cours et la personne fait un exposé et à un moment donné elle déroule un long tapis pis elle dit là-dessus il y plein d'art de places en Afrique...
Dan: Pis là il y a un silence.
Rose: Pis là personne dit rien.
Dan: Awkward moment.
Rose: Ouais.
Dan: Pis là y'a quelqu'un qui ouvre la porte de la classe, idéalement un anglais avec un accent du je sais pas du Yorkshire qui dit "Awkward moment", pis y sort.
Rose: Ouais. Ouais. Je vois.
Dan: Donc, dans une situation normale, dans une soirée comme des fois avec du monde qui se connaissent pas super bien, tu vois, comme tout à l'heure par exemple, quand on parlait de l'anecdote avec Jonathan pis Rosalie pis là... Ahh, y va-tu arrêter de chialer Éloi, faites-le taire c'te bébé-là... Il m'a fait perdre mon fil. Qu'est-ce que je disais.
Rose: ...
Will: ...
Alexie: ...
Rosalie: ...
Max: ...
Anne-Marie: ...
Émilie: ...

Jonathan: ...

Etc.


(Je vous aime: merci pour le taxi.)

vendredi 18 décembre 2009

Whore dialogue (Pittsburgh)

-The fuck are you wearing?
-The fuck do you mean? It's a leather dick. It's a fucking strap on.
-I know it's a strap on, the fuck are you wearing a strap on for?
-I'm fucking working.
-I know you're working, but the fuck are you wearing it now?
-The fuck do you mean? I just told you. I'm working.
-I knoooow you're working baby, fuck, but, I mean, you're not ACTUALLY working.
-The fuck is that supposed to mean?
-Ok. Fuck, soorry, I mean, forget it, I.
-And what the fuck are YOU wearing?
-Where?
-There.
-The fuck do you mean? You mean my earrings?
-Yeah, what the fuck are they?
-What the. What do. Fuck, ok yeah, ok, they're dicks, but, I mean.
-Aren't you working?
-Baby.
-Just answer me, are you fucking working or are you fucking not?
-I mean. Fuck.
-It's a simple question.
-Ok. Yeah I'm working.
-You're fucking working.
-I'm fucking working.
-Am I right?
-You're right.
-Fuckin'A.
-Yeah. Right. Fuckin'A.

WHORE DIALOGUE (BALTIMORE)

WHORE DIALOGUE (MONTRÉAL)

jeudi 17 décembre 2009

Desculpe pela boca suja mas, porra, tô com tesão

OF MONTREAL
Gallery Piece

I wanna be your love
I wanna make you cry
And sweep you off your feet

I wanna hurt your pride
I wanna slap your face
I wanna paint your nails
I wanna make you scream
I wanna braid your hair
I wanna kiss your friends
I wanna make you laugh
I wanna dress the same
I wanna defend you
I wanna squeeze your thighs
I wanna kiss your eyelids
And corrupt your dreams

I wanna crash your car
I wanna scratch your cheeks
I wanna make you sick
I wanna sell you out
Want to expose your flaws

I wanna steal your things
I wanna show you off
I wanna tell you lies
I wanna write you books
I wanna turn you on
I wanna make you come
200 times a day

I wanna dry your tears
Every time you're sad
I wanna be what's happening
I wanna be your only friend
I only go all the way

This time I'm not pretending
I can't take the trash
Your trashy friends are spreading about us
They got like fifty personalities
Oh girl, that's so messed up
You see that sculpture on the hill
That's where she queered me out
Forever
They're monitoring my self conscious massacres, I know
Bringing it closer to the surface so it's easily pervertable

I want to be a beast
I want to make you proud
And play with your head
I want to take you out
Make you feel adored
And buy you everything
I want to hurt you bad
Make you paranoid
And say the sweetest things
I want to help you grow
And for eternity
I want to be your what's happening
What's happening

Wow, y en a qui ont plus de vie que moi.

Beautiful Clarice Lispector


TABARNACK! Clarice, Clarice, Clarice...

Tu sais que ce que tu lis c'est fucking bon quand la réflexion qui te vient en tête ressemble à: "Écrire, c'est ça." Ou: "À quoi ça me sert d'avoir des velléités d'écriture si je suis pas capable de faire mieux?"

(-Velléités? T'as-tu vérifié avant de l'écrire celui-là?
-Non, je suis pas mal sûr de mon affaire.
-T'es-tu sûr d'être un esti de snob aussi?
-Quoi?
-Laisse faire.)

Donc, écrire, c'est ça:

"Ele se tornou o centro do grande círculo e o começo arbitrário de um caminho."
He turned himself into the center of a large circle and the arbitrary beginning of a path.

"É que, vinda de parte nenhuma, a ameaça da seca se aproximava, rodeando-os de calor brilhante."
C'est que, venue de nulle part, la menace de la sécheresse s'approchait, les entourant d'une chaleur brillante.

-Clarice Lispector
A MAÇÃ NO ESCURO, 1961
("La pomme dans le noir")

Tu capotes.

mercredi 16 décembre 2009

B-52 et pneumatique

Je viens de retrouver ça dans mes vieux documents Word. C'est comme un peu bon pis un peu poche en même temps, je sais pas quoi dire...

Albert Beauport aurait aimé être un homme comme les autres. Il aurait aimé être présent le 22 janvier 1941, le jour du huitième anniversaire de son fils Thomas. Ce dernier, entouré d’amis, loin du plafond de bombes et du tapis de flammes qui recouvrait Londres, avait reçu quatre numéros de Captain America manquants à sa collection, un camion de construction métallique, brillant, un paquet de cartes de baseball contenant une des dernières copies de la carte de recrue de Moe Berg, en uniforme des Dodgers de Brooklyn et un gâteau en forme de B-52 que sa mère avait eu toutes les peines du monde à mouler correctement.
Albert Beauport aurait aimé ne pas recevoir, de son côté de l’océan, au même moment, c’est-à-dire six heures plus tard, à deux heures du matin, le pneumatique qui l’appelait à Cologne, en plein territoire Nazi, profond. Il aurait aimé être un homme comme les autres, un homme marié, avec cinq mille enfants, occupé, malgré la guerre, à argumenter avec le boucher Juif de la rue Saint-Laurent sur le prix d’une escalope de veau et sur la valeur des tickets de rationnement. Il aurait aimé être un père de famille ordinaire, au lieu d’être un homme hors du commun, au lieu d’être un héros. Mais qu'est-ce que tu veux. Il boutonna le haut de sa chemise et partit tuer Hitler.

mardi 15 décembre 2009

Pis là

Je corrigeais cet aprèm les textes de mes étudiants en français (niveau débutant) et je suis tombé sur la plus nice faute depuis longtemps:

Dans mon pays était plus chaud. Je neigeais avec les dol fins.

Je suis comme ému.

Game

Je suis en train de me demander si je suis cap' d'inventer un nouveau genre littéraire: le résumé de livre qui existe déjà. C'est plus un exercice de style qu'autre chose, mais bon, ça me trotte dans la tête.
Je me dis, est-ce que c'est possible de faire de ton résumé une œuvre en soi? Comme un petit texte indépendant et beau? Comme une courte nouvelle où la seule chose que tu inventes ce sont les mots pour la raconter. Parce que l'histoire a déjà été écrite par un autre. Ça impliquerait de raconter le début, de raconter le milieu, de gâcher le punch et d'être une voix séparée de celle de l'auteur original.
Idéalement ça serait des classiques, pour ne pas empiéter sur la création d'un écrivain récent.
Par exemple, est-ce que je serais cap' de résumer OF MICE AND MEN de John Steinbeck, en une ou deux pages, m'en servant comme tremplin vers une voix.

William, est-ce que tu serais cap' (veux-tu ben me dire pourquoi j'écris "cap'"?) de résumer THE CATCHER IN THE RYE?

Alexie?
Maxime?

J'ai peut-être trop de temps à perdre aussi.

lundi 14 décembre 2009

L'évidence même

Pour ceux (et celles) qui doutent encore de l'éminente supériorité esthétique de la sonorité du portugais brésilien sur l'espagnol même le plus chaud, voici un extrait du spectacle de Maria Bethânia durant lequel elle lit un texte de Clarice Lispector et chantonne un poème de Jards Macalé, intitulé MOVIMENTO DOS BARCOS. Je veux dire, les "r" grasseillants au début des mots et devant une consonne, les nasales (eh ouais), les abréviations, les shhh finaux (très Rio de Janeiro)... You gotta love this.

Bon, je suis incapable de mettre un vidéo sur ce blog. Le lien est juste là. Et je traduis un peu plus bas. Le texte de la chanson commence après qu'elle ait prononcée cette belle phrase d'une femme se regardant dans le miroir: Olha pra mim, e me ama, não, tu olhas pra ti, e te amas, é o que está certo. "Tu me regardes, et tu m'aimes, non, tu te regardes et tu t'aimes, c'est ça qui est certain."

Um pouco melancólico, claro, mas lindo.

Movimento dos barcos


Estou Cansado E Você Também
Vou Sair Sem Abrir A Porta
E Não Voltar Nunca Mais
Desculpe A Paz Que Lhe Roubei
E O Futuro Esperado Que Nunca Lhe Dei
É Impossível Levar Um Barco Sem Temporais
E Suportar A Vida Como Um Momento Além Do Cais
Que Passa Ao Largo Do Nosso Corpo
Não Quero Ficar Dando Adeus
As Coisas Passando
Eu Quero É Passar Com Elas
E Não Deixar Nada Mais Do Que Cinzas De Um Cigarro
E A Marca De Um Abraço No Seu Corpo
Não, Não Sou Eu Quem Vai Ficar No Porto Chorando
Lamentando O Eterno Movimento Dos Barcos.

Je suis épuisé et toi aussi
Je vais sortir sans ouvrir la porte
Et ne reviendrai plus jamais
Je suis désolé pour la paix que je t'ai volée
Et pour le futur que je ne t'ai jamais donné
C'est impossible de prendre la mer sans tempête
Et supporter la vie comme un moment loin du quai
Qui passerait au large de notre corps
Je ne veux pas rester ici à dire adieu
À des choses qui passent
Ce que je veux, c'est passer avec elles
Et ne laisser rien d'autre que les cendres d'une cigarette
Et la marque d'une accolade sur ton corps
Non, non ce ne sera pas moi qui resterai au port, pleurant
Lamentant l'éternel mouvement des bateaux.

dimanche 13 décembre 2009

Souvenir fièvreux de la crise du verglas, juste avant un attentat terroriste

Quand j’ai connu Mathilde, on est sorti du café avec le peu de mots importants qu’on venait de se dire et juste en face, au milieu du boulevard, les fils électriques se sont mis à délirer, un transformateur, et puis vingt autres après, ont explosé, nous aveuglant, projetant dans le ciel une myriade d’étincelles dorées et rouges. C’est à cet instant qu’on est tombé amoureux, que je suis tombé amoureux, qu’elle est tombée amoureuse. Mathilde s’est placée devant moi pour me protéger et j’ai senti le contact de ses vêtements sur mes vêtements. Peut-être qu’elle portait des mitaines. Un peu plus tard on s’est embrassé dans une rue glacée, il ne faisait pas vraiment froid, sauf quand on était à l’intérieur des maisons où on avait envie d’avoir chaud. L’idée c’était de sortir le plus souvent possible, pour profiter de l’absence de tout le monde, des rues désertées et des lampadaires éteints. Il y avait cette ambiance dont j’essayais de me souvenir. Une ambiance que je voulais capturer, cette sorte de plaisir qui voulait à tout prix sortir et s’allumer parce qu’on savait qu’on était braves, qu’on était ces jeunes qui restaient dans l’orage, à travers la tempête, pour se frencher en dessous des bancs de neige en forme de vagues. J’ai passé ma main sous son manteau, enfoncé mon index dans son nombril qui n’était pas percé à cette époque là. J’ai redescendu ma main vers la boucle de sa ceinture, il ne faisait pas vraiment froid, je poussais ma langue dans sa bouche je plaçais mon nez autour du sien, d’un côté puis de l’autre, j’inclinais ma tête d’un bord puis de l’autre et nos mouvements étaient synchronisés, on ne se cognait pas les dents, je léchais l’intérieur de sa bouche, je voulais sentir les petites ondulations de son palais, sentir et goûter ses gencives, ma main travaillait sur la fermeture éclair de son pantalon, je n’étais pas vierge, je voulais réussir à l’entrouvrir sans cesser de bouger la tête et la langue, je voulais faire plusieurs mouvements en même temps, comme taper sur mon crâne et me flatter le ventre en cercles, simultanément, ma main a défait sa ceinture et je suis parvenu tant bien que mal à défaire son zipper et mes yeux étaient ouverts tout le temps parce que je voulais voir son visage, je voulais voir ses paupières, je voulais voir de très proche les subtilités de sa peau, ce grain de beauté recouvert de légers poils blonds, presque transparents, qui la rendait encore plus attirante, la blancheur presque livide du cuir chevelu visible sous la séparation en biais, la ligne d’eyeliner, foncée, juste au dessus du cil, j’ai senti le tissu de sa petite culotte de garçon, l’élastique frisotté, et j’ai voulu y entrer et glisser ma main entre ses jambes et sentir la moiteur chaude et mettre mon doigt tremblotant entre les lèvres, sentir son corps et son intelligence corporelle se refermer sur moi, mais elle a comme vieilli en une fraction de seconde et sa peau est devenue molle et des rides sont apparues et elle s’est transformée en sirène bruyante, des écailles, la sensation des écailles sur son épiderme sous la pression de mon toucher et, comme j’allais enlever mes mains par un réflexe de répulsion incontrôlable, la fenêtre du Starbuck’s a éclaté et je n’ai rien entendu, mais ça a dû faire un bruit inimaginable parce que j’ai eu des akufens, aigus, stridents, quand je me suis relevé.

vendredi 11 décembre 2009

É isso

Aujourd'hui, j'ai été pogné avec mon vieux discman, parce que mon ipod m'a lâché. J'ai redécouvert ce que c'était d'écouter un disque au complet, sans la fonction "random"... C'était bon. Of Montreal, Eleni Mandell, Marie-Pierre Arthur, sur Sainte-Catherine, vers le Apple Store.

Je suis un peu saoul en ce moment. Après un million de fautes niaiseuses, à backspacer sans arrêt, j'arrête tout de suite.

mercredi 9 décembre 2009

Top 20 de la décénnie 00 (Re: Bestov)

La liste de William:

1. The Unicorns "Who Will Cut Our Hair When We're Gone" 2003
2. Wilco "Yankee Hotel Foxtrot" 2002
3. Eels "Blinking Lights And Other Revelations" 2005
4. Iron & Wine "Our Endless Numbered Days" 2004
5. Radiohead "Hail To The Thief" 2003
6. Elliott Smith "From A Basement On The Hill" 2004
7. The Strokes "Room On Fire" 2003
8. Sufjan Stevens "Illinoise" 2005
9. Broken Social Scene "You Forgot It In People" 2002
10. Badly Drawn Boy "The Hour of Bewilderbeast" 2000
11. Devendra Banhart "Cripple Crow" 2005
12. Jean Leloup "La vallée des réputations" 2002
13. TV On The Radio "Desperate Youth, Blood Thirsty Babes" 2004
14. Wolf Parade "Apologies To The Queen Mary" 2005
15. Death Cab For Cutie "Plans" 2005
16. Bruce Springsteen "Devils & Dust" 2005
17. Emily Haines & The Soft Skeleton "Knives Don't Have Your Back" 2006
18. Arcade Fire "Funeral" 2004
19. Bon Iver "For Emma, Forever Ago" 2008
20. Clap Your Hands Say Yeah "Clap Your Hands Say Yeah" 2005

La mienne, parce que c'est vrai que c'est le fun, finalement.

1. Modest Mouse, "The Moon And Antartica" 2000
2. Of Montreal, "Hissing Fauna, Are You The Destroyer, 2007
3. Wilco, "Yankee Hotel Foxtrot", 2002
4. Animal Collective, "Merriweather Post Pavillion", 2009
5. Arcade Fire, "Funeral", 2004
6. Bright Eyes, I'm Wide Awake, It's Morning, 2005
7. Deerhunter, "Microcastle", 2008
8. Malajube, "Trompe-L'oeil", 2006
9. Radiohead, "Kid A", 2000
10. The Falming Lips, "Yoshimi Battles The Pink Robots", 2002
11. Grizzly Bear, "Veckatimest", 2009
12. Karkwa, "Le Volume Du Vent", 2008
13. Godspeed You! Black Emperor, "Lift Your Skinny Fist Like Antennas To Heaven", 2000
14. Nick Cave And The Bad Seeds, "Abattoir Blues/The Lyre Of Orpheus", 2004
15. The Roots, "Phrenology, 2002
16. Sonic Youth, "Murray Street", 2002
17. TV On The Radio, "Return To Cookie Mountain", 2006
18. Why?, "Alopecia", 2008
19. Yo La Tengo, "I'm Not Afraid Of You And I Will Beat Your Ass", 2006
20. Feist, "Let It Die", 2004

Bon. Pour l'instant c'est ça.





On peut toujours faire une discussion sur le hipster, mais c'était pas ça le but... yo




Je crois qu'il y a confusion. J'ai peut-être trop insisté sur le mot hipster. Ça donne l'impression que je veux créer un archétype ou quoi. Non, ma description de départ n'a rien d'une définition, c'est simplement celle d'un gars qui est vraiment branché sur le milieu artistique (témoignent ses vinyles et ses DVD), qui connaît à peu près tout ce qui se fait en cinéma et en musique depuis 1935, mais dont la culture littéraire se résume à quelques icônes. Parce que la littérature est un peu le seul art populaire aujourd'hui que tu peux te permettre de ne pas fréquenter et être cool quand même. Tu vas au cinéma, tu vas dans les clubs, tu vas dans les shows, tu vas au musée d'art contemporain, mais tu lis pas vraiment, sauf des magazines urbains sur le night life à Montréal. T'as pas le temps pour autre chose.

C'est juste que j'ai rencontré tellement de gens comme ça qui peuvent me citer n'importe quelle réplique des frères Coen, mais qui pensent que la littérature américaine se résume à ON THE ROAD et FIGHT CLUB. Ce que je voulais dire, c'est que ça s'adonne qu'ils ont étrangement tous à peu près la même bibliothèque, ces gens-là. Parce que ce sont des livres cool en soi, qui montrent tout de suite que t'es pas n'importe qui. Avoir un Jack Kerouac, quelque part au milieu d'un mur de films, et d'affiches de bands punks allemands des années 70, ça dit quelque chose sur toi. Tu es à la fois cultivé et tough.

mardi 8 décembre 2009

Liste Hip définitive

Il va sans dire que j'ai adoré ce get-together dans Saint-Henri, auquel à peu près tout le monde qui me lit a participé. Je suis d'accord avec toutes les propositions, mais le problème, c'est que mon hipster commence à avoir un peu trop de livres. Bon, résumons, alors, et sélectionnons. J'ai pas le choix de retenir ceux qui me semblent les plus réalistes. D'abord, pour faire plaisir à MJ, c'est clair que le gars est fucking beau et qu'il soigne son apparence, y a pas de doutes là-dessus, sinon on l'écouterait même pas quand, entre deux chansons à la Rockette, ou au Salon Officiel, il crie son amour pour Nietzsche. Un hipster c'est beau, par essence. Ensuite, je tiens à préciser pour cet ou cette "Anonyme" que je sais pas c'est qui, que tous les livres énumérés dans les commentaires sont effectivement très bons, je veux dire, c'est pour ça que mon hipster les possède. Il est pas cave, mon hipster, il a juste l'impression de tout connaitre parce qu'en-dessous de sa TV il y a une quinzaine de monuments. Et Will, mon hipster est en effet vraiment snob, donc il n'a pas DA VINCI CODE, ni L'ALCHIMISTE. Peut-être LA PROPHÉTIE DES ANDES, par contre, ouais, je le vois bien avec ça. Il a, définitivement, les livres suivants:

-L'ÉCUME DES JOURS.
-SIDDARTHA ou LE LOUP DES STEPPES. (J'arrive pas à me décider)
-ON THE ROAD.
-1984.
-THE NAKED LUNCH.
-LES FLEURS DU MAL.
-LE GRAND CAHIER.
-L'INSOUTENABLE LÉGÈRETÉ DE L'ÊTRE. (Vraiment plus que LE LIVRE DU RIRE ET DE L'OUBLI, Alexie, parce que faut pas oublier qu'il est probablement cinéphile et qu'il a vu le film)
-CENT ANS DE SOLITUDE.
-L'AVALÉE DES AVALÉS.
-SLAUGHTERHOUSE FIVE.
-THE CATCHER IN THE RYE.
-AMERICAN PSYCHO.
-FIGHT CLUB.
-THE OLD MAN AND THE SEA.
-FUCKING BILBO LE HOBBIT.
-AINSI PARLAIT ZARATHOUSTRA.
-THE OLD MAN AND THE SEA.
-LA VIE DEVANT SOI.


Man... j'arrête pas d'en trouver d'autres... Bobin, lequel de Bobin? Ou un Baricco? Ou genre le premier tome de L'HOMME SANS QUALITÉ? Ou FICTIONS...

Pis avec tout ça je me rends compte qu'il lit juste des hommes c't'estie-là.

Liste Hip

Je parlais avec mon ami Maude, l'autre soir au Nacho Libre, et on se disait qu'un des clichés des personnes vraiment trop cool qui se trouvent particulièrement lettrés, ce sont les livres qu'ils ont dans leur "bibliothèque". C'est fucking toujours les mêmes. Ces gens-là ont toujours un million de vinyles plus obscurs les uns que les autres, dans un million de boîtes éparpillées... Et une quinzaine de bouquins sur la tablette en dessous de la télé. On a fait une liste des romans incontournables que tu dois posséder et avoir lus et auxquels tu dois faire référence le plus souvent possible parce que tu es un hipster intello:

-ON THE ROAD, Jack Kerouac.
-FIGHT CLUB, Chuck Palaniuk.
-1984, George Orwell. (ANIMAL FARM, en option)
-BRAVE NEW WORLD, Aldous Huxley.
-LES FLEURS DU MAL, Baudelaire.
-L'ÉTRANGER, Albert Camus. (Ta vieille version de secondaire IV)
-NEW YORK TRILOGY, Paul Auster.
-N'importe quel livre de Carlos Castaneda, genre VOIR ou LE VOYAGE À IXTLAN.
-L'AVALÉE DES AVALÉS, Réjean Ducharme.
-Un recueil de poèmes de Jacques Prévert.
-L'ÉCUME DES JOURS, Boris Vian.
-UNE SAISON EN ENFER, Rimbaud.
-L'EXISTENTIALISME EST UN HUMANISME, Jean-Paul Sartre. (Ou LA NAUSÉE)
-LE PETIT PRINCE, Antoine de Saint-Exupéry.

Quels autres...?

Anne-Marie me fait penser:
-THE CATCHER IN THE RYE, J. D. Salinger.

Ah, et peut-être:
-THE GREAT GATSBY, F. Scott Fitzgerald.
-Au moins un Hemingway... LE VIEIL HOMME ET LA MER.

Ouais.

dimanche 6 décembre 2009

Pra você me julgar

Te inventei de novo. Fui te ver, fiquei lá num canto, calado. Foda. Tá bonita. Tentei te compor alguma cançãozinha. Porra. Que beleza. Nunca escrevi poesia em francês. Odeio poesia, cê sabe. Romantismo nojento do caralho, como disse uma vez um amigo meu, antes de se jogar pela janela do quinto andar. Mas não, tô de sacanagem. Tô delirando. Não acredite em uma só palavra. Minto.

De repente, pôs sua mão sobre minha caneta, falou: deixa, vem cá, descança, vou te mostrar o que é não inventar.

I invented you again. Went to see you, stayed there in a corner, silent. Fuck. You're pretty. Tried to write you a song. Shit. What beauty. I never wrote poetry in French. I hate poetry, you know that. Fucking corny romanticism, like a friend of mine once said just before jumping from the fifth story window. No, just kidding you. I'm raving. Don't believe a word I say. I lie.

Suddenly, you put your hand on my pen, you said: leave it, come here, relax, let me show you what it means not to invent.

samedi 5 décembre 2009

Intermède

Pis estie de toune de Manu Chao qui me sort pas de la tête, yo me fui a trabajar, pis j'ai une haleine de shish taouk depuis ce midi, tu veux juste pas que je rote, pis mon chat, criss y est où mon chat, pis moi j'ai pas de voisine qui me met des cartes postales dans la fenêtre, pis j'haïs ça avoir des nouveaux souliers, j'ai quasiment aveuglé mon ami avec leur fucking blancheur de conception, l'autre jour, en sortant de McGill, pis des fois je m'écoute parler pis je me dis ta yeule, ta yeule, tu peux-tu te la fermer deux secondes, pourquoi t'es pas juste un beau ténébreux comme l'autre qui reste dans le coin pis qui a pas besoin d'avoir toute l'attention sur lui tout le temps, pis tout de suite après la première chose que je fais c'est de m'ouvrir la yeule pour dire à tout le monde à quel point j'ai toujours rêvé d'être un silencieux, du type silencieux, pis d'un autre côté je viens d'apprendre qu'Oliver Jones c'était un ti-cul de St-Henri, pis ça c'est nice en criss.

vendredi 4 décembre 2009

Dialogue de sourds

L’horloge dans ma cuisine indiquait cinq heures quarante-cinq quand j’ai décroché le téléphone et la voix de Camille est entrée dans mon oreille comme une dose de barbituriques. Mon ventre s’est mis à gargouiller et j’ai pensé que la seule façon de me débarrasser d’elle c’était de prétendre que j’étais en train de souper.
-Je suis en train de souper je peux-tu te rappeler?
-Ça sent pas.
-Comique.
-Menteur, tu soupes jamais à cette heure-là.
-Qu’est-ce tu sais de l’heure que je soupe?
-Fabrice, y est même pas cinq heures.
-Quoi tu parles, y est six heures moins quart.
-Y est quatre heures quarante-cinq.
-Y est six heures moins quart ici, dans ma cuisine.
-Ben ton horloge est kapout parce que.
-C’est du quartz.
-Quoi?
-C’est du quartz.
-Quoi du quartz.
-Mon horloge. C’est du quartz. Je sais pas trop ce que c’est, mais ça se trompe pas du quartz.
J’ai entendu un soupir distorsionné par le courant téléphonique, prisonnier d’un voyage aller-retour vers un satellite minuscule, perdu dans le ciel au-dessus du Colorado ou de l’Alaska. Camille a soupiré comme en mettant son nez directement sur le combiné, à la place de sa bouche.
-Ouvre ta télé.
-Camille, je peux-tu te rappeler, je suis en train de souper là.
-Ouvre ta télé pis arrête de mentir à bouche que.
-Tu cherches l’expression.
-À bouche que.
-Veux-tu.
-À bouche que veux-tu. Fabrice, on peux-tu arrêter de niaiser pis se parler normalement, comme des adultes.
-J’ai jamais parlé autrement que comme un adulte.
-Pourquoi tu m’appelles jamais?
-Parce que je pense à Mathilde.
-Elle est morte.
Dans ma tête j’ai clairement articulé la phrase : Va chier esti de criss de grosse conne, et c’était un cri beaucoup plus qu’un murmure. Mes narines se sont dilatées. J’ai pensé au fusil. Je n’ai rien dit. Un crépitement d’ondes de cellulaire.
-Excuse-moi. Je sais plus ce que je dis. Je. Je veux dire, je sais que tu sais qu’elle est morte, je sais que ça te fait de la peine.
-Parles-moi pas comme si j’étais ton fils. J’ai pas besoin de tape sur l’épaule, j’ai pas besoin que tu me réconfortes.
-Qu’est-ce que tu veux dire ? Tu veux dire que t’as zéro besoin de moi, que t’as pas envie de me voir ? T’aurais pas envie qu’on se voie ? Tu penses pas que ça te ferait du bien ?
-Non.
-Pourquoi?
-Je sais pas.
-Tu sais pas.
-Non.
-Bon.
-Bon.
-Ok.
-Ouais. Ok.
-Ok, bye Fabrice.
-Bye.
Ce n’était pas la première fois de ma vie que j’avais une discussion aussi vide de sens, mais c’était la première fois que j’avais le sentiment que ce vide était également synonyme de vérité ; que ce vide, ce néant, était proche d’une réelle communication. J’avais le sentiment d’avoir dit quelque chose à Camille, quelque chose qu’elle ne pouvait pas ne pas avoir compris, qu’il lui était impossible de ne pas comprendre. Je venais de la bannir de mon existence, cavalièrement, sans compromis. Je venais de lui dire qu’elle n’avait plus sa place et que tout ça avait été une erreur, une erreur monumentale. En raccrochant j’ai dit à haute voix, tout seul assis sur le comptoir de ma cuisine : Va chier esti de grosse conne de caliss je te tue pis je tue ta mère pis je te pisse dans l’œil.

jeudi 3 décembre 2009

Phoniness et légèreté

Parlant de phoniness, j'ai déjà écrit quelque part que "L’écriture de Clarice Lispector, d’une certaine façon, est à l’opposé d’une dualité structuraliste parce qu’elle cherche, phrase après phrase, à redéfinir ce que veut dire l’idée, le mot, la chose, le concept de se positionner, en tant que sujet, à la frontière exacte entre la réalité et ce qu’on nomme la réalité : là où poser la différence entre le langage et le monde n’a pas de sens, là où percevoir l’inadéquation est seulement une étape vers l’adéquation". T'as-tu déjà écrit ça toi? Ben moi oui. Tu peux lever un sourcil, juste un. Pis former le mot bullshit avec tes lèvres.

Parlant de bullshit, ca m'est déjà arrivé d'applaudir trop fort et trop longtemps tout en me disant que j'étais viril. Que mes paumes avaient une résonance virile.

Parlant de virilité, j'ai déjà taxé un déficient intellectuel, il me semble. Une calotte des Raiders de Los Angeles, mais je lui ai redonné tout de suite après. C'était juste pour le gosser.

Parlant de gosser, il y a trois choses qui m'énervent dans la vie: 1-les gens résolument moins cool que moi (cf: les imbéciles qui partent du cinéma durant la projection de THE ROAD parce qu'il n'y a pas eu d'explosion après une heure), 2-les gens résolument plus cool que moi (cf: le show de LA PATÈRE ROSE, la semaine passée, dans la loge, Fanny pis sa gang avec leurs moustaches pis leurs skinny jeans pis leurs capteurs de rêves pis leurs plumes) 3-les gens qui hochent de la tête en soupirant en signe d'évidence calme et retenue chaque fois que quelqu'un fait un commentaire grossièrement, bêtement, typiquement anti-américain (cf: mon séminaire sur la bombe atomique encore une fois, entre THE CLASH et Ibuse Masuji). Le reste ça peut aller.

Parlant d'y aller, je suis majeur et vacciné depuis 5h cet après-midi. Il paraît qu'on dit ça desfois, cette expression-là, il paraît qu'on l'utilise.

Parlant d'utiliser le langage, ça me fait penser. Quand j'avais vingt ans, j'écrivais fucking mal. Il me semble que la seule figure que je connaissais c'était le calembour. Pis une autre affaire que je faisais tout le temps, c'était de mettre des substantifs dans une forme verbale (mais pas "vadge", c'était bien plus noble): "Tombe et te crevasse, ne crains rien, que je te falaise d'en bas..." YEAH. "Cratère-moi dans le dos avant que je ne rive la lune amarrée..." YEP. Ça marchait comme surtout à l'impératif et aux deux premières personnes du singulier.

Parlant de personne singulière (ouffff...), j'ai, depuis des années, une collection de ce que j'appelle des faux souvenirs d'enfance que je colporte à droite et à gauche et que ma mère n'a de cesse d'infirmer. Genre que je suis né par le cul, je veux dire, dans le mauvais sens, en commençant par le cul et pas par la tête. Je sais pas pourquoi j'ai absolument l'impression d'être né par le cul. Genre que j'avais tellement les oreilles décollées que ma mère me les scotchait sur les tempes. Genre que j'avais un Big Wheel de Darth Vader pis que je savais faire des one eighty's pis des kick flips en skate bien avant mon frère, alors j'avais le feeling d'être super famous.

mercredi 2 décembre 2009

Souper dans Saint-Henri

Pour Anne-Marie, la pauvre: un extrait de notre soirée.


Will: Mais, métaphoriquement, tu le mettrais-tu comme à la forme verbale?
Alexie: Moi je dis que oui. C'est vraiment le genre d'affaire qui se fait.
Dan: Moi j'aurais pas de problème, ouais.
Raymond: Ça dépend si c't'une croche ou une ternaine.
Dan: Une quoi?
Alexie: J'aurais rajouté de la kikoman.
Will: Ouais, ou du persil, à la limite, comme saupoudré.
Éloi: Ta yeule.
Raymond: Ah... psrrssstt, proouut, bébé, vrrrrrrrrr, ouuiiiiii.
Alexie: Au subjonctif en tous cas ça sonnerait ben en criss.
Dan: Que je vadge? Que tu vadges?
Alexie: Il faudrait que je t'en vadge une.
Will: Ouais. Ça sonne indeed. Tu mets un peu de banjo là-dessus, un overdub de voix pis.
Dan: Martin Deschamps fait la job en sacraman, Raymond. Il sent, il goûte, il s'infiltre dans toute, comme, le quoi, le parfum.
Raymond: Ouais, mais je suis un peu perplexe. Non, je trouve ça bon. Mais c'est comme diffus.
Dan: T'es trop collé dessus parce que c'est toi qui l'a cuisiné.
Will: Hier, j'ai vadgé en criss.
Dan: Raymond, fais-moi donc un triolet avec ça.
Éloi: 'Sti d'whack.
Alexie: Ohhh. Ti cul. Frouuubbbssstt. Kirrrppllssst. Mon fils.
Raymond: Estie qu'on a fait des assiettes trop grosses.
Will: Trop de nouilles.
Dan: Sélectionne.
Alexie: Sécrectionne.
Dan: Secreção.
Will: Bon, une nasale pour Dan.
Dan: Ão, ãe, om, im, em.
Alexie: Ok. C'est beau.
Dan: Vajão.
Will: Vajão?
Dan: Vadge. En portugais.
Alexis: Non...
Raymond: Probablement pas.
Dan: Non. Indeed. C'est pas ça. Je dis n'importe quoi. C'est probablement vagina.
Will: Mais ça sonne ben. Comment t'as dis ça? Vajao?
Dan: Non. Vajão. Avec le ~. Nasale. Tellement.
Raymond: Non. J'exagère. C'est quand même bon.
Alexie: Huile de sésame. Toute la différence.
Will: Pis un verbe en portugais, ça marcherais-tu?
Dan: Why not? Eu estou vajando. Vajando o que? Não sei, cara, vajando você. Ouais, ça marche. Je vadge quelqu'un ou je vadge tout court?
Alexie: Moi je dis que tu vadge quelqu'un. Ou quelque chose.
Raymond: Moi, j'ai vagdé mon mur de chambre.
Éloi: What the fuck is that supposed to mean?
Raymond: Ooohhhh..... Mon enfant. Carllliiippppprrrouuttt. Frroolllhnnnntttt. Prprprprprpr. Oui.
Will: En tous cas, moi je trouve ça fucking meilleur que mes sandwichs au beurre de pinote confiture que je me fais pour la job.
Dan: Aucun doute là-dessus.
Alexie: En tous cas, c'est meilleur que se crisser en bas des marches par inattention.
Will: ...
Dan: ...
Raymond: ...
Alexie: Un peu de coriandre ça aurait pas été méchant.
Dan: Tellement.
Will: J'vais appeler ma blonde je pense.
Dan: A va mieux?
Will: Pas pantoute, ça empiré depuis cet aprèm.
Alexie: Knock out.
Raymond: Knockée.
Dan: Vadge out of order.
Éloi: Bon, ça c'était de trop.
Dan: J'adore les cachous. Ça me donne comme une récompense à chaque bouchée. Non, c'est fucking bon Raymond. Well done boy.
Will: Ouais.
Alexis: Ouais.
Raymond: Ouais.
Éloi: Fuck off.

mardi 1 décembre 2009

Plaies de lit

Comme on peut pas monter le mont Sutton chaque semaine, mon petit frère et moi on a décidé de se la couler douce alors on s'est loué, samedi dernier, deux DVD de HEROES, saison 3, et on a écouté tous les épisodes, genre 8, devant un deux litres de Dr Pepper et des chips all dressed. Je pense que notre intervenante, la jolie Émilie, serait pas fière de nous. J'ai dit à Nathan, le ventre gonflé et des miettes de chips pognées dans la barbe, man, sti qu'on est vegdes (non, c'est pas vrai, j'ai pas sacré, je fais attention, quand même), il m'a répondu, tellement. Pis on est parti à rire. Pis on a changé de position sur le divan parce qu'on commençait à faire des plaies de lit.

Mais qu'est-ce que tu veux, HEROES c'est fucking bon quand tu l'écoutes avec un ti-cul de treize ans qui capote à chaque twist de l'intrigue. Et en plus, il y a deux comédiens de THE WIRE qui sont là, on dirait juste pour moi, dans la saison 3. Le gars qui joue Marlo Stanfield et l'autre qui joue Bubbles.

La semaine prochaine on ira faire du kayak sur le canal Lachine, ou du parapente dans les Townships, la semaine prochaine on aura l'air d'une pub des Grands Frères, croqués sur le vif à Arbre-en-Arbre. La semaine prochaine. Ouais. Notre problème, à Nathan et moi, c'est que quand on monte le mont Sutton, on essaie de pas salir nos Nike...