jeudi 27 mai 2010
STEVIE
Will m'a prêté ce film en me disant on a pensé à toi en le voyant, Anne et moi, parce que c'est l'histoire d'un Grand Frère, mais je pense pas que ça soit même proche de ce que tu vis avec ton Petit Frère. C'est un peu hardcore, en fait.
STEVIE raconte en effet l'histoire d'un Grand Frère, Steve James, qui, plusieurs années après la fin de son jumelage, décide de retourner dans le sud profond de l'Illinois pour renouer avec Stevie, le petit garçon qu'il avait fréquenté alors que ce dernier avait 11 ans. Après avoir déménagé à Chicago, mettant fin au jumelage, Steve James a complètement perdu le contact avec Stevie, qui a été trimballé de famille d'accueil en famille d'accueil, de centre pour délinquant juvénile en maison de redressement. Au début du tournage, en 1995, Stevie est devenu un jeune homme de 24 ans, troublé, instable, dur. Le projet initial de James, de faire un film sur cette nouvelle relation qu'il désire construire avec son ancien Petit Frère, change dans les mois suivant, alors que Stevie est accusé d'agression sexuelle sur sa jeune cousine de huit ans. À partir de cet événement, on suit Stevie et ses proches au fil des années, alors qu'il attend son procès et sa sentence.
Vers la fin du film, dans un moment de réflexion sur l'expérience qu'il vient de vivre, James dit une phrase qui résume bien ses sentiments, et à laquelle il est facile de m'identifier: "When I first became a Big Brother, I wanted my efforts to pay off. For Stevie to become a better person, and making me feel like one too." Cette idée de se sentir une meilleure personne, quand on essaie d'aider les autres, dans une forme très subtile d'égocentrisme, il me semble qu'elle résume vraiment bien tout le projet du film, de poser les questions de la rédemption, du châtiment, de l'héritage, de la faute, des choix, de la responsabilité et surtout des liens à la fois ténus et incassables qu'on crée avec les gens dans la vie. James n'essaie pas d'absoudre Stevie en tournant un documentaire sur lui, et il n'a probablement pas réussi à faire de Stevie "a better person", malgré tout ses efforts de jeunesse et tous ces mètres de pellicule, mais il sera quand même là pour lui, en bout de ligne, parce que c'est ce qu'il lui reste à faire, une fois que la caméra s'arrête.
(Bon, ceci dit, Nat et moi, c'est pas mal plus chill que ça, tsé, genre on joue à GOD OF WAR pis on bouffe de la piz.)
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