mercredi 1 septembre 2010

This is a Mad Men's World


L'autre jour, j'ai rencontré une fille qui m'a dit que MAD MEN, elle trouvait ça bof. Elle a dit je trouve ça bof. C'est pas mauvais, c'est juste bof. Je savais pas quoi dire, tellement j'étais subjugué. J'avais envie de lui crier des superlatifs par la tête, une série sans fin de superlatifs hyperboliques qui auraient été des arguments juste à cause de leur poids en décibels. C'est fou. Je sais que les goûts ça se discute pas, et ça, c'était une preuve de plus, flagrante. Je veux dire, moi, MOI, quand je m'installe devant un épisode de MAD MEN, n'importe lequel, il y a au moins deux ou trois moments - et par "moment" j'entends un jeu de comédien, une ligne de dialogue, un choix de plan de caméra, etc. - deux ou trois moments, donc, où je suis obligé de reculer dans ma chaise en me disant ça, c'est génial. GÉNIAL. Dans la retenue, la minutie, la lenteur, la pesanteur, la fumée, l'alcool. Mes deux moments du dernier épisode:
-Pete Campbell qui reçoit les félicitations de Peggy pour la grossesse de sa femme et qui se relève de son siège, un peu timoré, et on voit ses pantalons remontés presque par-dessus ses bas.
-Don Draper en train d'expliquer à la nouvelle fille du bureau qu'il s'ennuie de ses enfants mais que dès qu'il sont avec lui il pense au moment où il va pouvoir les ramener à leur mère.

8 commentaires:

  1. Faisons un peu de sociologie à 5 cennes:

    Je pensais à ça l'autre jour, et je me demandais s'il n'y aurait pas un lien entre la masculinité représentée (avec toutes ses failles) dans Mad Men et la popularité récente du poker chez les hommes dans la vingtaine. Je vois une quantité de gars de 25 ans qui fument des cigares entre chummies, qui boivent du cognac ou du scotch, et qui parient leur paie, et qui aiment peut-être le poker plus parce que c'est une occasion pour eux d'entrer en contact avec leur côté ultraviril, bluffer, etc. Vois-tu ce que je veux dire? La quantité de Sébasse qui habitent encore chez leurs parents, ou qui habitent avec leur blonde dans un 3 et 1/2 sur Cartier, et qui canalisent le mâle archétypal, froid, pragmatique et évasif qui sommeille en eux par l'entremise d'une quantité de cartes entre leurs mains et d'un visage impénétrable...

    Le poker est le Dongeons & Dragons des gars qui jouaient au football et au hockey au secondaire. Au lieu de faire semblant d'être un paladin avec +8 de dextérité, t'es Al Capone avec une Royal Flush, pis tu won't take no bullshit from nobody, a'ight?

    ++++

    Cela dit j'adore Mad Men (et Deadwood) pour exactement le contraire: c'est de voir l'échec de ce modèle de masculinité, cette société comme un immense "boys' club". L'équilibre est particulier, entre attraction et répulsion, en fait. J'admire en quelque sorte l'attitude "no non-sense" de Don Draper, jusqu'à ce qu'elle devienne la preuve même de l'échec du modèle de ces mad men, dans la société en pleine transformation des années 60.


    ++++

    Cela dit, je compte m'y remettre durant le congé de paternité, j'ai arrêté au milieu de la deuxième saison.


    ++++

    Dernière affaire:

    L'autre jour, j'ai rencontré un gars qui m'a dit que DEADWOOD, il trouvait ça bof. Il a dit je trouve ça bof. C'est pas mauvais, c'est juste bof. Je savais pas quoi dire, tellement j'étais subjugué...

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  2. AHAHAHA! Will, bien envoyé, comme d'habitude. Tu remets toujours mes envolées superlatives en perspective.

    Ça ne se discute vraiment pas les goûts, hein? Ceci dit, la fille elle continue à écouter MAD MEN, mais moi, DEADWOOD, j'ai fait ah! pis d'la marde...

    ++++

    Il me semble que le poker chez les jeunes hommes, ça a toujours existé... ceux qui jouent au poker maintenant, ce ne sont pas nécessairement ceux qui jouaient au football, ou à D&D, mais ceux qui se réunissaient autour de la table de la café de la poly pour faire une bonne vieille game de trou d'cul.

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  3. Ouin, étant moi-même un joueur de poker, j'ai du mal à voir le lien avec l'espèce d'expérience collective d'une virilité qu'on se confirme autour d'un scotch. Je veux dire, je joue le plus souvent en ligne, devant mon ordi, et ce que j'aime, c'est l'aspect stratégique du poker. C'est un jeu de hasard complexe qui demande un très bon sens de l'observation, de la patience, du calme... Comme la chasse! Finalement, tu as raison William, c'est une affaire de mâle alpha. pouhahaha.

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  4. Et tu vois, moi j'ai aucune difficulté à imaginer Simon autour d'une game de trou d'cul.

    Donc, ma théorie marche.

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  5. Bah, j'ai rien contre les joueurs de poker (ou du trou d'cul) en général, je fais plus référence à un joueur de poker dans ma tête, nourri des milles préjugés que j'entretiens: je vois plus comme un proto-douchebag qui s'adonne au poker.

    Ah, laissez don' faire.


    +++++


    Pis, ben, je sais pas pour le parallèle entre joueurs de trou d'cul et le joueur de poker. Ça doit dépendre de ton école parce qu'à Granby, les joueurs de cartes quelconques se rassemblaient plutôt au local de pastorale. Tandis que l'image que je me fais du joueur de poker dans la vingtaine (avec le lot de préjugés que ça implique) me rappelle plus ceux qui, comme moi, faisaient pas grand-chose d'autre que glander, à la récré... Comme l'ex-joueur de football, de hockey, de basket, par exemple...

    Genre que de jouer au trou d'cul, à Granby, serait peut-être trop wack pour être acceptable comme glandage...

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  6. Pis où est-ce que tu places le Roi de la montagne, dans ton rigoureux tableau sociologique? Ou bien ça aussi c'était trop wack pour Granby?

    (Et j'ai de la difficulté à imaginer un proto-douchebag en train de s'identifier à Don Draper...)

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  7. Ah. Laisse don' faire, Émile Durkheim. ;-)



    Envoueille dans l'métro, tu vas être en retard!

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