La fois où je t'ai quasiment culbutée dans une ruelle, t'étais mûre pour ça. T'étais plus capable d'attendre après lui pis ses fucking scrupules, ça te prenait un vrai gars. Ça faisait des siècles que je t'avais spotté au Café Céramic, quand tu faisais la cuisson des tasses pis des petites figurines des Simpson's dans l'arrière-boutique. Je pouvais te voir à travers la vitre pis chaque fois que tu te penchais dans ton gros four tes skinny jeans te craquaient sur le cul pis des fois même tu portais des pantalons de lin genre beige pis je voyais full ton dji. Lui il venait te chercher après la job pis j'étais obligé de partir, parce que tu venais me voir pis la seule chose que tu me disais c'était faut que je fasse mon close pis esti que j'haïssais ça le feeling que je ressentais de tellement aimer ça que tu me parles pis en même temps de tellement détester ça qu'il soit là juste derrière à fumer une clope quand tu me parlais. On pouvait fumer dans ce temps-là, dans les places de même. Je venais pour boire du café, pour fumer, pour faire semblant de lire pis pour rire des estis de taouins en train de décorer des tasses avec un logo des Canadiens ou avec des citations quétaines de Paulo Coelho. Je te regardais dans ta petite pièce dans le fond du magasin, mettre les pièces de céramique dans un liquide genre rose pis après ça les shaker fort pis tes seins en-dessous du tablier tout crotté pis ton bras sur ton front pour essuyer une goutte du liquide rose pis après ça ton cul quasi dans ma face tellement tight pis après ton esti de chum pas déniaisé qui se pointait toujours, toujours. J'écrasais ma dernière clope pis je me disais la prochaine fois je te cruise, tellement, la prochaine fois je te cruise pis t'auras juste jamais vu ça. Pis cette fois-là il s'est pas pointé, demande-moi pas pourquoi, mais il s'est pas pointé faque j'ai sauté sur l'occasion même si à ce moment-là j'avais fumé vingt cigarettes de trop déjà pis mes mains suaient comme en compétition l'une contre l'autre pis mon cœur se battait contre quelque chose de fucking plus gros que lui pis je savais absolument pas quoi dire. Faque j'ai dit une niaiserie pis t'as trouvé ça drôle d'une manière qui m'a donné le goût d'en dire une deuxième pis il y avait personne d'autre que nous dans le café faque t'as ri vraiment fort en me disant criss t'es ben drôle toi c'est quoi ton nom t'es toujours rendu ici pis je sais même pas comment tu t'appelles pis je t'ai dit mon nom pis tu m'as dit le tien mais fuck je le savais déjà depuis longtemps ton nom qu'est-ce tu penses. Tu t'es assis, ze, assise, en face de moi pis on a commencé à jaser pis je sais pas trop pourquoi je te raconte ça criss t'étais là encore plus que moi, moi j'étais profond de même dans la graisse de bine, sûrement parce que d'une certaine manière c'est cool de m'en rappeler même si t'es vraiment plus là depuis longtemps. Pis l'autre moron était pas là pis je sentais que tu t'en câlissais qu'il soit pas là, que t'étais vraiment avec moi, pis on a fumé des clopes dans ton café closé après que tu sois allée compter ta caisse pis tu me faisais déjà confiance ou bien t'étais juste careless mais juste de penser que tu comptais des centaines de piasses juste à côté de moi qu'une heure avant tu connaissais même pas je me disais wow la fille est trop in love genre elle capote sur mon cas. T'es revenue pis on a parlé encore avec du café frais pis des clopes pis je t'allumais avec mon zippo pis avec mes yeux bleus tachés pis mon look un peu fatigué style Village des Valeurs slash H&M section enfant. L'autre cave était complètement pas là pour te sauver de mon charisme, il était tellement pas là pour te sauver que j'ai compris que tu voulais décrisser avec moi, genre t'enfuir, changer de vie, t'épanouir. Quand on est sortis du café je t'ai regardé barrer la porte pis de l'autre œil je jugeais les voitures qui défilaient sur Saint-Denis pis le monde aussi pis ils étaient tellement jaloux de moi que j'en pouffais de rire tout seul je veux dire juste le fait de m'allumer une clope c'était comme un geste de provocation tellement je le faisais bien. Pis ce soir-là tu portais des bobettes bleu foncées de chez GAP que j'ai juste eu le temps d'entrevoir une fraction de seconde avant que tu me crisses une claque dans face pis que tu te pousses en me traitant d'épais pis que j'entende tes pas résonner dans ma tête pis sur l'asphalte mouillé de la ruelle pis j'ai remis ma langue dans ma bouche un peu lentement comme on fait quand on est humilié pis je suis plus jamais retourné dans ton esti de café de wack.
mardi 9 novembre 2010
La fois où je t'ai quasiment culbutée dans une ruelle
La fois où je t'ai quasiment culbutée dans une ruelle, t'étais mûre pour ça. T'étais plus capable d'attendre après lui pis ses fucking scrupules, ça te prenait un vrai gars. Ça faisait des siècles que je t'avais spotté au Café Céramic, quand tu faisais la cuisson des tasses pis des petites figurines des Simpson's dans l'arrière-boutique. Je pouvais te voir à travers la vitre pis chaque fois que tu te penchais dans ton gros four tes skinny jeans te craquaient sur le cul pis des fois même tu portais des pantalons de lin genre beige pis je voyais full ton dji. Lui il venait te chercher après la job pis j'étais obligé de partir, parce que tu venais me voir pis la seule chose que tu me disais c'était faut que je fasse mon close pis esti que j'haïssais ça le feeling que je ressentais de tellement aimer ça que tu me parles pis en même temps de tellement détester ça qu'il soit là juste derrière à fumer une clope quand tu me parlais. On pouvait fumer dans ce temps-là, dans les places de même. Je venais pour boire du café, pour fumer, pour faire semblant de lire pis pour rire des estis de taouins en train de décorer des tasses avec un logo des Canadiens ou avec des citations quétaines de Paulo Coelho. Je te regardais dans ta petite pièce dans le fond du magasin, mettre les pièces de céramique dans un liquide genre rose pis après ça les shaker fort pis tes seins en-dessous du tablier tout crotté pis ton bras sur ton front pour essuyer une goutte du liquide rose pis après ça ton cul quasi dans ma face tellement tight pis après ton esti de chum pas déniaisé qui se pointait toujours, toujours. J'écrasais ma dernière clope pis je me disais la prochaine fois je te cruise, tellement, la prochaine fois je te cruise pis t'auras juste jamais vu ça. Pis cette fois-là il s'est pas pointé, demande-moi pas pourquoi, mais il s'est pas pointé faque j'ai sauté sur l'occasion même si à ce moment-là j'avais fumé vingt cigarettes de trop déjà pis mes mains suaient comme en compétition l'une contre l'autre pis mon cœur se battait contre quelque chose de fucking plus gros que lui pis je savais absolument pas quoi dire. Faque j'ai dit une niaiserie pis t'as trouvé ça drôle d'une manière qui m'a donné le goût d'en dire une deuxième pis il y avait personne d'autre que nous dans le café faque t'as ri vraiment fort en me disant criss t'es ben drôle toi c'est quoi ton nom t'es toujours rendu ici pis je sais même pas comment tu t'appelles pis je t'ai dit mon nom pis tu m'as dit le tien mais fuck je le savais déjà depuis longtemps ton nom qu'est-ce tu penses. Tu t'es assis, ze, assise, en face de moi pis on a commencé à jaser pis je sais pas trop pourquoi je te raconte ça criss t'étais là encore plus que moi, moi j'étais profond de même dans la graisse de bine, sûrement parce que d'une certaine manière c'est cool de m'en rappeler même si t'es vraiment plus là depuis longtemps. Pis l'autre moron était pas là pis je sentais que tu t'en câlissais qu'il soit pas là, que t'étais vraiment avec moi, pis on a fumé des clopes dans ton café closé après que tu sois allée compter ta caisse pis tu me faisais déjà confiance ou bien t'étais juste careless mais juste de penser que tu comptais des centaines de piasses juste à côté de moi qu'une heure avant tu connaissais même pas je me disais wow la fille est trop in love genre elle capote sur mon cas. T'es revenue pis on a parlé encore avec du café frais pis des clopes pis je t'allumais avec mon zippo pis avec mes yeux bleus tachés pis mon look un peu fatigué style Village des Valeurs slash H&M section enfant. L'autre cave était complètement pas là pour te sauver de mon charisme, il était tellement pas là pour te sauver que j'ai compris que tu voulais décrisser avec moi, genre t'enfuir, changer de vie, t'épanouir. Quand on est sortis du café je t'ai regardé barrer la porte pis de l'autre œil je jugeais les voitures qui défilaient sur Saint-Denis pis le monde aussi pis ils étaient tellement jaloux de moi que j'en pouffais de rire tout seul je veux dire juste le fait de m'allumer une clope c'était comme un geste de provocation tellement je le faisais bien. Pis ce soir-là tu portais des bobettes bleu foncées de chez GAP que j'ai juste eu le temps d'entrevoir une fraction de seconde avant que tu me crisses une claque dans face pis que tu te pousses en me traitant d'épais pis que j'entende tes pas résonner dans ma tête pis sur l'asphalte mouillé de la ruelle pis j'ai remis ma langue dans ma bouche un peu lentement comme on fait quand on est humilié pis je suis plus jamais retourné dans ton esti de café de wack.
Inscription à :
Publier les commentaires (Atom)
J'adore.
RépondreSupprimerJ'aime ce texte. Comme, hautement. Comme, intensément. Faque wow. ;)
RépondreSupprimerMerci! C'est quand j'écris des affaires de même que j'ai l'impression que Saint-Henri (me) sert à quelque chose. Le problème c'est que j'ai décidé il y a longtemps d'écrire chaque jours, donc parfois (souvent) je me retrouve à faire des "billets du quotidien" pseudo-autobiographique et je me trouve plaaaaatttteeeee. Je pense que je fonctionne bien quand j'ai des concepts récurrents, comme mon hommage à Anne-Marie Losique ou ces textes qui racontent tous "La fois où..."
RépondreSupprimerC'est un titre pas mal gai, ça... Selon les règles du participe, j'entends.
RépondreSupprimerOh God, le café Céramique!! Ah pis pas de majuscule, ce n'est pas mérité...
RépondreSupprimerOh God, le café céramique!! Voir que le monde place fièrement leur "création" (pas de "s" parce que je ne peux pas croire qu'il y a du monde qui y vont deux fois là!!!)à la meson en disant à tout le monde: c'est moi qui l'ai fait!!! Nan... laitte de même je m'en doutais pas pentoute!
Ah oui... excellent texte!
RépondreSupprimer@Marie: hahahahahahahaha!!! Tu sais pas la meilleure? J'ai travaillé là pendant 5 ans!!! Oui, t'as bien lu: 5 ANS!
RépondreSupprimerOupssssss... C'est tout moi ça!
RépondreSupprimerUne fois, j'ai cassé le «bol à café» d'une belle-mère qui n'était pas une vraie belle-mère, parce que j'étais juste «en attendant» dans le lit de sa fille qui me remplacerait bientôt, mais je ne le savais pas.
RépondreSupprimerDonc après avoir cassé le bol, (qui a glissé entre le poêle et le comptoir), bol bleu comme un ciel de Provence et qui devait venir de Bretagne, je me suis senti mal.
Je suis allé en faire un quétaine... au Café céramique. J'ai même manqué un cours pour ça (innocent), j'ai laissé un poème sur la table, relatant l'incident, avec le bol. La belle-mère était HYPER-CONTENTE!
Tellement, qu'elle semblait préférer son nouveau
bol à café. La fille, elle, n'a pas aimé.
Anyway, votre histoire est VRAIMENT BONNE, j'espérais une belle fin, tant pis.
Autre anecdote du même genre, j'accompagne une fille sur le Mont-Royal (promener son chien), je l'avais aidé à faire son «close», c'est clair qu'on allait quelque part sans petite culotte, mais au fil de la nuit, j'ai compris que je devais la prendre sur la mont, ou au moins commencer. Malheureusement, son chien s'est roulé dans le caca de cheval est venu vers nous avec son odeur horrible.
Je ne voulais pas que mon «french» sente le fumier. J'ai laissé faire.
Je le regrette encore!
Le premier commentaire d'anonyme m'a fait peur, comme.
RépondreSupprimerC'est du Clarence en grande forme, ça. Il est crissement bon ton texte. Ça a du rythme, la syntaxe est parfaite.
RépondreSupprimerJe vais me permettre une critique : je ferais sauter ce bout-là, qui fit pas tellement avec le reste, je trouve :
«que veux-tu ben me dire pourquoi ça prend un h ce mot-là?»
Sinon c'est de la bombe. J'espère retrouver autant de vie dans ton livre, man.
@Simon: Excellent lecteur, comme d'habitude! J'ai hésité avant de laisser cette phrase, qui détonne, en effet. T'as raison. Je l'enlève.
RépondreSupprimerJ'aime vraiment ça -- le rythme, ça se lit tout seul, c'est juste parfait.
RépondreSupprimer@Amélie: Eille! Cool! Ça faisait longtemps qu'on t'avait pas vue ici!
RépondreSupprimerLe café Céramique, c'est le genre d'affaire que tu trouves vraiment nice quand t'habites à Sherbrooke. Tu te promets d'y aller 3 fois par semaine une fois arrivée à Montréal, mais finalement non.
RépondreSupprimerExcellent texte : )
hahaha!
RépondreSupprimer(en retard)
RépondreSupprimerAprès une longue discussion grammaticale avec Raymond Bock, au Saint-Bock, je me suis laissé convaincre d'ajouter un "e" au participe passé du verbe "culbuter", qui s'accorde avec le "t" apostrophe mis à la place de la fille dans l'histoire, dans le titre de ce billet.
RépondreSupprimerExcellent! Maintenant tu vas pouvoir en rajouter un dans la première phrase aussi!
RépondreSupprimerbeer and love
rb
en passant, je suis pas chiant de même en vrai. c'est juste mon avatar.
RépondreSupprimer