mardi 7 décembre 2010

Billet sur un pavé

Je viens de m'acheter un livre qui tient debout tout seul. Il est bleu, rouge et argent. Il fait mille pages, mille trente pour être exact. Il est juif-américain, et ceux qui me connaissent savent ce que je pense de l'imaginaire juif-américain. La première phrase c'est: "Benji Nakamook thought we should waterboard each other, me and him and Vincie Portite."Il est publié chez McSweeney's et ceux qui me connaissent savent ce que je pense de McSweeney's, moi qui possède cinq ou six t-shirts de la petite maison d'édition californienne. Il est écrit par un jeune homme qui s'appelle Adam Levin. La deuxième phrase c'est: "We would'nt count the seconds to see who was bravest or whose lungs were deepest - this wasn't for a contest." J'ai lu une critique ce matin sur Salon.com, par hasard, en surfant, et j'ai tout de suite vérifié la disponibilité au Indigo sur Ste-Catherine. Il me le fallait immédiatement. Même si j'ai mille livres à lire avant. La troisième phrase c'est: "We'd each be held under til the moment the possibility of death became real to us, and in that moment, according to Benji, we'd have to draw one of the following conclusions: "My best friends are about to accidentally drown me!" or "My best friends are actually trying to drown me!"" En 1955, William Gaddis a publié un gigantesque roman qui s'appelle THE RECOGNITIONS. En 1997, Jonathan Franzen a publié un gros roman qui s'appelle THE CORRECTIONS. Et nous voilà en 2010 avec  cet énorme roman de Adam Levin, THE INSTRUCTIONS. Ça ne veut rien dire. La quatrième phrase c'est: "The point was to learn what it was we feared more: being misunderstood or being betrayed." Ceux qui me connaissent savent ce que je pense de l'idée de créer des liens, des ponts, des constellations entre les oeuvres du corpus américain. Ici c'est seulement une question de similarité dans les titres et dans l'ampleur matérielle du texte. Il n'y a rien de plus pour l'instant, mais je ne peux pas m'en empêcher, le roman sera peut-être mauvais, je ne sais pas, mais de par sa seule existence, pour moi, il représente quelque chose, il est significatif, il ajoute. Trêve d'italiques, je m'enlise. La cinquième phrase c'est: ""This is so fucken stupid," Vincie Portite said."

       

4 commentaires:

  1. Wow... tu nous en donneras des nouvelles, on aime ça, les briques ! J'suis en train de lire le Franzen, justement...

    Pour rester dans McSweeney's; j'ai lu John Brandon cette semaine, et tu avais raison, il écrit bien en crisse. As-tu lu Citrus Country ?

    Ah oui, pis on peut tu savoir ce que tu penses de l'imaginaire juif américain... ?

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  2. Ahhh... pis c'est-tu parce qu'INFINITE JEST ne rime pas avec THE RECOGNITIONS pis THE CORRECTIONS que tu ne l'as pas fini ? Parce qu'elle représente, elle signifie, elle ajoute en tabouèrenaaah, cette brique.

    hihihi. Désolé, je pense que je t'en veux, Dagniel, d'avoir abandonné le meilleur livre que j'ai lu dans ma p'tite vie.

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  3. Sim, comme je te l'ai dit quand je t'avais recommandé John Brandon, j'ai trouvé Citrus County moins intéressant que Arkansas, superbe premier roman, d'après-moi. Si tu en veux un autre très bon dans le genre très McSweeney's, vas-y avec Vacation de Deb Olin Unferth.

    Pour ce qui est d'Infinite Jest, tu sais bien qu'il est là, dans ma bibliothèque, qu'il m'attend pour me donner une seconde chance. Mais si tu lis bien ce que j'ai écrit, je précise que le roman de Levin va peut-être s'avérer mauvais (s'avérer mauvais? ouach), mais qu'il "signifie" quelque chose par sa seule existence. Or, j'ai toujours dit la même chose d'Infinite Jest. Que je n'aie pas tripé et que ça aie changé ta vie, après ça, ce n'est qu'une question de sensibilité. L'œuvre est là, on est pas obligé de l'adorer pour la respecter au plus haut point.

    Ce que je pense de l'imaginaire juif-américain, ou judéo-américain, comme j'aurais plutôt dû écrire? Ça se résume assez bien avec des noms:
    -Woody Allen
    -Philip Roth
    -Bernard Malamud
    -Saul Bellow
    -Allen Ginsberg
    -Paul Auster
    -Jonathan Safran Foer
    -Nicole Krauss
    -Lenny Bruce
    -Andy Kaufman
    -E.L. Doctorow
    -Gertrude Stein
    -Bob Zimmerman Dylan

    En veux-tu plus?

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  4. Clarence, à toutes les quinze minutes après qu'il ait acheté The Instruction : « Est-ce que je t'ai parlé de mon nouveau livre? »
    :)

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