dimanche 28 février 2010

Wasps and I

Je viens de penser à un truc qui me fascine et sur lequel je veux écrire depuis longtemps. Ça m'a frappé quand j'écoutais SIX FEET UNDER, et je viens de lire un article sur internet qui y faisait référence.

Ça fait vraiment partie de la culture anglo-saxone de se passer la soie dentaire de façon ultra-régulière, genre que si tu le fais pas deux fois par jour la fille va te crisser là. Je veux dire, ça m'est arrivé très souvent de même pas me brosser les dents avant d'aller me coucher parce que j'étais trop fucking lazy pis que mon lit était trop attirant, je peux même pas m'imaginer en train de me passer la soie dentaire par habitude sanitaire. Chaque fois que je me passe la soie dentaire je saigne des gencives. Chaque fois que je me passe la soie dentaire c'est pour enlever un grain de popcorn ou une mini pelure de pomme pognée entre mes dents et que ma langue a été incapable de déloger. Fuck, dans SIX FEET UNDER, ils se passent la soie dentaire à tout bout de champs, dans SEX AND THE CITY aussi, c'est une routine quotidienne.

Je me dis que c'est peut-être juste une question de vocabulaire. En anglais ils ont un verbe pour ça: "flossing". Si on disait "soidenter", "se soidenter", ça deviendrait peut-être une obligation.

Pis ça, c'est sans parler de la scène dans SEX AND THE CITY, où Charlotte couche avec son premier gars "non circoncis". Elle dit: "It was ok. I mean, it kind of looked like a sharpei". Pis toutes les filles, même Samantha, sont impressionnées. À ce moment là, j'ai vraiment senti un écart, un comment tu dis, un trou, se creuser entre mon monde et le leur.

(ps.: merci à "Anonyme" [je pense que c'est Peanuts], qui m'a rappelé la vraie comparaison de Charlotte dans l'épisode en question: un sharpei et non un chow, comme je l'avais écrit initialement)

samedi 27 février 2010

Aula de português, nivel básico

Água é feminino, mas todas as coisas que contenha-a não são.

Copo.
Poço.
Rio.
Mar.
Oceano.

Portanto pode-se concluir que o contéudo sempre é feminino mas as delimitações sempre são masculinas.

Bijoux de prose

Ok, je reproduis ici quelques phrases du LIVRE DE L'INTRANQUILITÉ, parce que c'est trop bon, faut que je le partage.

A literatura, que é a arte casada com o pensamento e a realização sem a mácula da realidade, parece-me ser o fim para que deveria tender todo o esforço humano, se fosse verdadeiramente humano, e não uma supefluidade do animal. Creio que dizer uma coisa é conservar lhe a virtude e tirar lhe o terror. Os campos são mais verdes no dizer-se do que no seu verdor. As flores, se forem descritas com frases que as definam no ar da imaginação, terão cores de uma permanência que a vida celular não permite.
Mover-se é viver, dizer-se é sobreviver.
(Trecho 27)

La littérature, qui est l'art marié avec la pensée et la réalisation sans la tache de la réalité, me semble être la fin vers laquelle devrait tendre tout effort humain, s'il était vraiment humain, et non une extension superflue de l'animal. Je crois que dire une chose, c'est en conserver la vertu et en tirer la terreur. Les champs sont plus verts dans la parole que dans leur verdeur. Les fleurs, si elles sont décrites en des phrases qui les définissent dans l'air de l'imagination, auront des couleurs d'une vigueur que la vie cellulaire ne permet pas.
Bouger c'est vivre, dire c'est survivre.
(Extrait 27)

Pedi tão pouca à vida e esse mesmo a vida me negou. Uma réstia de parte do sol, um campo próximo, um bocado de sossego com um bocado de pão, não me pesar muito o conhecer que existo, e não exigir nada dos outros nem exigirem eles nada de mim. Isto mesmo me foi negado, como quem nega a esmola não por falta de boa alma, mas para não ter que desabotoar o casaco.
(Trecho 6)

J'ai demandé si peu à la vie et même cela m'a été refusé. Un infime rayon de soleil, une campagne à proximité, un morceau de tranquillité avec un morceau de pain, ne pas m'enfoncer sous le poids de savoir que j'existe, ne rien exiger des autres et qu'ils n'exigent rien de moi. Même cela m'a été refusé, comme quelqu'un qui refuse de faire la charité non pas par manque d'une bonne âme, mais pour éviter d'avoir à déboutonner son manteau.
(Extrait 6)

É humano querer o que nos é preciso, e é humano desejar o que não nos é preciso, mas é para nós desejável. O que é doença é desejar com igual intensidade o que é preciso e o que é desejável, e sofrer por não ser perfeito como se se sofresse por não ter pão. O mal romântico é este: é querer a lua como se houvesse maneira de a obter.
(Trecho 53)

C'est humain de vouloir ce dont on a besoin, et c'est humain de désirer ce dont on n'a pas besoin, mais qui nous apparaît désirable. Ce qui est nocif, c'est désirer avec la même intensité ce qui est nécessaire et ce qui est désirable, et souffrir de ne pas être parfait comme on souffrirait de ne pas avoir de pain. Le mal romantique, c'est ça: c'est vouloir la lune comme s'il était possible de l'obtenir.
(Extrait 53)

***

Et une dernière, que je ne traduis pas, parce que c'est surtout pour le rythme et la sonorité qu'elle m'a frappé:

Mas não há sossego - ah, nem o haverá nunca! - no fundo do meu coração, poço velho ao fim da quinta vendida, memória de infância fechada a pó no sótão da casa alheia.
(Trecho 41)

FERNANDO PESSOA, LIVRO DO DESASSOSSEGO.

vendredi 26 février 2010

Saudade

Je viens de terminer un bouquin de l'extraordinaire et sous-estimée Shirley Jackson, LIFE AMONG THE SAVAGES, petite plaquette autobiographique racontant ses déboires domestiques, entre ses ambitions littéraires, ses quatre enfants, son mari, ses angoisses monétaires, une fournaise brisée, des allés-retours à l'hôpital pour accoucher, une maison qui craque et qui gémit, et une voiture qui refuse systématiquement de démarrer. Tout ça dans le monde révolu des années cinquante où on laissait les kids partir tous seuls pour la première journée d'école, où on fumait une clope pour relaxer entre deux contractions, où on tapait des petites fesses en public plus pour humilier l'enfant que lui faire mal.

Et j'ai ressenti une soudaine nostalgie de cette époque qui avait d'autres certitudes que les nôtres. Cette époque où si t'aimais pas l'hiver et qu'il y avait un hiver chaud, tu pouvais ouvertement manifester ta joie sans avoir l'air de te crisser du sort de la planète. Cette époque où au dépanneur tu pouvais acheter des bonbons en fucking forme de cigarette, avec même le petit bout rose allumé. Cette époque où quand un monsieur d'un certain âge s'approchait de ton kid pour te dire qu'il était mignon, tu pensais pas tout de suite à la liste des prédateurs sexuels. Cette époque où personne te jugeait si tu voulais utiliser des couches jetables et où tout le monde faisait wow en regardant passer ton esti de grosse Buick avec le nuage de boucane noire en arrière.

Pis quand tu voyais un hipster, genre beatnick ou orientaliste, tu lui criais que le patchouli ça pue.

Ça, ça a pas changé.

jeudi 25 février 2010

Grand frère

Quand je suis né, en juillet 1998, mon frère avait déjà seize ans. Il m’a souvent raconté que l’hiver de cette année-là avait été le plus beau, le plus heureux de sa vie. Parce que les conséquences avaient été mineures, parce que l’ambiance était à la fête, parce que la télé était non disponible et que tout le monde s’était réuni pour fumer des joints pendant que les parents se sauvaient au Nord, dans le vrai froid où la pluie et la glace n’étaient pas un souci. Il m’a souvent raconté que les plus belles soirées de sa vie avaient été passées dans la maison familiale, notre maison, avec ses amis, avec sa blonde, alors que ma mère s’était finalement résolue à le laisser s’occuper de couper l’eau et à ne pas oublier de fermer la trappe de la cheminée une fois le feu éteint, pour prendre la voiture, toute enceinte de moi qu’elle était, et s’envoler vers Chicoutimi, là où sa propre mère l’attendait avec des attentions et sans doute des petits oignons. Elle avait fait promettre à mon frère que tout allait bien se passer, qu’il n’allait pas faire de folies et qu’il n’allait pas oublier de toujours avoir plusieurs personnes pour dormir emmitouflées toutes ensemble.
Il me racontait la Crise du Verglas comme à la fois cet instant de sa vie où elle avait pour la première fois pris un sens pour lui et cet instant aussi où, en voyant ma mère s’éloigner, il avait pris conscience de ma prochaine arrivée. Mon père devait être quelque part en Afghanistan, cet hiver-là, à tenter pour le compte du gouvernement canadien de discuter de façon rationnelle avec des Talibans, bien avant qu'on entende parler d'eux. Je n’ai jamais été particulièrement au courant de ses allées et venues, pas parce que ça ne m’intéressait pas. Parce que ça ne me concernait pas. Ça ne concernait personne en fait, même pas ma mère. Ça concernait peut-être certains fonctionnaires haut placés et certains cadres qui savaient garder la bouche close. Mon père courait sur des avions et sur des jets du gouvernement pour remplir ce qu’il appelait des « mandats », des mandats outre-mer et des mandats internationaux de diplomatie et d’autres termes savants qui sonnaient dans mes oreilles d’enfant comme un q-tip me perforant la cire pour aller directement faire vibrer quelque chose d’inconnu, de très profond. J’étais un enfant qui avait souvent la bouche ouverte, dans une moue d’étonnement, je ne dirais pas de fascination, plus d’étonnement, face aux incompréhensibles orbites de mes parents et de mon frère. Je veux dire, mon père absent, qui apparaissait subitement et qui faisait basculer notre vie quotidienne, mon père absent qui un matin est revenu pour de bon, pour on aurait dit ne plus jamais repartir, voire ne plus jamais sortir.
Mon frère était ce que j’appelais, à cette époque, un adulte. Avec ce que ça comportait d’autorité de sa part et de respect de ma part. Il se pointait dans la cuisine et me faisait à manger. Il disait simplement un peu fort : « Fabrice, c’est prêt ». Et il n’avait pas remarqué que j’étais déjà assis à ma place, pratiquement les ustensiles dans les mains, ma moue d’étonnement sur la gueule. Je l’ai appelé papa une fois. Il n’a rien dit. Ses sourcils sont remontés sur son front. Ses iris se sont promenés dans ses globes oculaires. Il a fixé un point juste à côté de moi, comme dans le vide à côté, un vide qui aurait pu contenir mon ami imaginaire ou je ne sais pas, et il m’a pointé du pouce en fixant ce vide rempli d’une présence anonyme, et il a fait ce geste dont je me souviendrai tout le temps, en fixant ce point mort juste comme décalé de moi de deux centimètres, trois, il a fait ce geste universel qui décrit quelqu’un de fou, de débile, d’épais : en regardant tout droit dans mon ami imaginaire, il a fait tourner son index autour de son oreille.

mercredi 24 février 2010

Men at work




Je me suis constitué un corpus préliminaire pour ma thèse. Ce sont tous des romans américains qui mettent en scène de près ou de loin, plus de près que de loin, une figure de romancier. Le but n'est pas d'en faire des analyses métatextuelles, ou autotéliques, mais bien de les utiliser à la manière de prismes reflétant certaines postures et attitudes d'écrivains, fictifs et réels, au cours de l'histoire littéraire des États-Unis, de manière à illustrer le statut fluctuant des romanciers et le rôle qu'ils ont joué dans la formation de l'imaginaire national. Je m'intéresse particulièrement aux stratégies intellectuelles, éthiques, biographiques, employées par les romanciers pour arriver à s'écarter (symboliquement ou physiquement) de la nation afin de la "faire parler" et, en retour, à l'emprise de l'idéologie américaine sur leurs proses et leurs vies.
Ces romans n'appartiennent pas tous au "canon officiel", mais ils sont représentatifs soit d'une posture précise (comme celle de l'expatrié, de Henry James à Gertrude Stein), soit d'un moment historique important (comme l'entre deux-guerre et la "lost generation", de Hemingway à Fitzgerald, en passant par Faulkner).

Pour l'instant j'en ai 13. En ordre chronologique ça donne:

1852, PIERRE OR THE AMBIGUITIES, de Herman Melville.

1868, LITTLE WOMEN, de Louisa May Alcott.

1901, THE OCTOPUS, de Frank Norris.

1938, THE GREAT AMERICAN NOVEL, de Clyde Brion Davis.

1940, YOU CAN'T GO HOME AGAIN, de Thomas Wolfe.

1962, ANOTHER COUNTRY, de James Baldwin.

1968, EXPENSIVE PEOPLE, de Joyce Carol Oates.

1971, THE TENANTS, de Bernard Malamud.

1978, THE WORLD ACCORDING TO GARP, de John Irving.

1979, THE GHOST WRITER, de Philip Roth.

1979, LETTERS, de John Barth.

1991, MAO II, de Don DeLillo.

1995, INDEPENDENCE DAY, de Richard Ford.

Évidemment, la grande période de la métafiction américaine (circa 1960-1980) est particulièrement féconde (proportionnellement aux autres "périodes historiques") en termes de romanciers protagonistes et de récits sur l'écriture, mais mon hypothèse de base prétend tout de même que la fiction américaine s'est tenue assez loin de ce type de narration, contrairement aux grandes traditions littéraires européennes (française et anglaise surtout) qui, depuis le Nouveau Roman, abondent en romans de romanciers, en récits enchâssés, en histoires de pannes d'écrivains, etc.

Tout ça commence à se placer dans ma tête de thon.

mardi 23 février 2010

1970, gols e pontapés

O ano em que meus pais saíram de férias video

Probablement un des meilleurs films brésiliens des dernières années. 1970 vue à travers les yeux d'un jeune garçon qui attend le retour de ses parents partis "en vacances", au milieu d'un Brésil déchiré entre l'euphorie de la Coupe du Monde et l'oppression de la dictature militaire. C'est beau, c'est subtil, c'est complexe, c'est profond.

lundi 22 février 2010

Hiatus

J'ai rien à dire, faque je vais juste citer plein d'affaires pis ça va me donner l'impression d'être capable de m'effacer pis d'être, comme, en retrait.

Ce site est en reconstruction.

Nombre de personnes qui m'ont fortement conseillé d'aller consulter dans la dernière année: 6.

Nombre de fois où j'ai acquiescé silencieusement sans prendre aucune initiative: 6.

vendredi 19 février 2010

Falei palavrão

Útaki Pariu era Brasileira, da segunda geração, de mãe Japonesa e de pai Francês. Morava no Rio de Janeiro desde sempre, com os pais, um gato taciturno chamado Cara de Pau e dois passarinhos que nunca cantavam chamados Tanto Faz e Tanto Fez. Fora ela quem escolheu os nomes dos animais, depois de um sonho horrível que a deixara toda em suada, e amedrontada. Gostava dos pais, mas nem um pouco dos bichos. Até ficava enojada ao olhá-los. Útaki nunca pedira por nenhum bichinho, mas seus pais acharam bom que ela tivesse uns amigos, apesar deles serem miseráveis e desgraçados.
A mãe de Útaki se chamava Éguaki. Fora ela quem colocou o nome da filhinha, em homenagem à própria avó, morta havia muito tempo no Japão Imperial. Cuidara bem da sua filha, tinha grandes esperanças por ela. De noite, na cama, ao lado do marido, se perguntava: será que minha Utakinha se tornará artista, cantora, escritora, doutora? Adormecia enumerando destinos bons após destinos bons.
O pai de Útaki tinha o nome de Léon. Fora ele quem deu o sobrenome à criança. Quando chegara o navio que o transportava para o novo país, ao desembarcar nos cais do Rio de Janeiro, Léon falara forte seu nome. O agente da imigração tinha mal ouvido o sobrenome francês: Parillaud. Léon aceitou o novo nome com certo prazer: Pariu era nome de Brasileiro, sim. Pois é, o erro soava bem, augurava bem pela sua existência renovada que se refletia nas águas lustrosas desta cidade maravilhosa. Ficou orgulhoso.
Éguaki fugira a terra natal logo depois da faculdade. Cansara-se dos soldados americanos lhe oferecendo chiclete nas ruas e do perpetual estado de urgência de Tókio. Comprara uma passagem de avião para os Estados Unidos com escala inexplicável em São Paulo e se apaixonou pelo Brasil. Permaneceria lá para viver. Descobriu a comunidade japonesa da metrópole. Soube de súbito que não poderia aguentá-la e mudou-se para o Rio. Ficou encantada.
Léon era filho de industriais, último herdeiro numa longa linha de produtores eficientes de produtos indispensáveis. Ele gostava muito de se descrever assim: sou filho de industriais. Bem. Já que como todos estavam mortos, aqueles industriais haviam-lhe deixado uma pequena riqueza graças a qual ele decidiu mudar de vida, de país, de nome. O Brasil sempre o atraíra e então não foi difícil tomar a decisão. Adorava Fernando Pessoa, Diego Rivera e tal.
Os dois jovens imigrantes se conheceram numa loja no centro da cidade, pouco tempo depois das suas respectivas chegadas ao Rio. Aconteceu o seguinte. Tentando pagar pelas suas compras, Léon falou assim:
-Obrigada, não, quero dizer, por favor, a senhora posso repetar quando, euh, money, hum, o preço...
E Éguaki, quem estava atrás dele na fila, se adiantou para ajudá-lo. Ela riu, ele riu também, constrangido. Num português fraco, mas melhor do que o dele, ela conseguiu tratar com a mocinha que estava esperando no balcão. Depois saíram juntos, riram de novo e nunca mais se separaram.
Útaki nasceu em 1980, alguns anos depois do casamento. Cresceu devagarinho, até ficar pequenininha. Não era grande não, mas a voz e o olhar dela compensavam pela pequenez. Uma voz forte, segura, um olhar claro, resolvido. Um jeito que revelava profunda inteligência. Profunda inteligência, sim.
Não precisou mais que um dia de escola para a menina compreender que o nome dela não dava. Aconteceu o seguinte. Durante o recreio, seu nome fez o torno da turma, as crianças gritaram-no sem parar, daram gargalhadas nas suas costas. Isso não deixou de irritá-la. Mais tarde, andando pelos corredores, procurando desesperadamente o banheiro, ela escutou mais uma vez seu próprio nome. Parando em frente da porta da sala do diretor da escola, Útaki escutou atentamente. Parecia que alguém a chamava. Lá dentro da oficina, uma voz, quase um grito, ia repetindo:
-Puta que pariu, Ângela, não faça isso não, puta que pariu, deixa minha mulher fora desse negócio, porra, tu não vai falar nada pra ninguém, viu, porra, escuta aí, Ângela... Não, é você quem vai se calar, puta que pariu, cala essa boca que vou te matar, caralho!
De repente, Útaki Pariu soube que sua vida não seria um conto de fadas de princesa lusófona.

(Ce texte n'a pas encore été corrigé, il est donc sujet à changements)

jeudi 18 février 2010

Trafic

Ricardo est revenu de Brasília la semaine dernière. Il m'a ramené deux choses que je lui avais demandé et un cadeau. Un fucking cadeau.

Les commandes:

-LE LIVRE DE L'INTRANQUILITÉ, de Fernando Pessoa. (O LIVRO DO DESASSOSSEGO). Je veux le lire depuis des années, et quoi de mieux que lire dans le texte.

-Une paire de gougounes brésiliennes top cool. (Havaianas). Cet été je regarde tous les matchs de la coupe du monde avec ça dans les pieds, tellement. Même dans la famille italienne d'Anna Oh!

Le cadeau:

-La traduction en portugais de la dernière biographie de Clarice Lispector, publiée aux États-Unis l'année dernière sous le titre WHY THIS WORLD? et signée par Benjamin Moser. Le titre de l'édition portugaise est trop malade: CLARICE,

Clarice, vírgula.

J'aime trop mon réseau de trafic de livres entre le Brésil et Montréal.

mercredi 17 février 2010

Clarence L'inspecteur et Twist 'n' Serve

Je passe des commandes à Will, de Twist 'n' Serve. Il les remplit. Je lui ai demandé un compte-rendu de lecture de them de Joyce Carol Oates, que je lui ai donné pour sa fête. Il m'a rendu le dialogue suivant, dans lequel mes interventions sont entre parenthèses.

WHAT WE TALK ABOUT WHEN WE TALK ABOUT THEM

DÉBUT DU TRANSCRIPT

Twist’n’serve
: Haha! Pas pire, l’idée de l’intrusion.
Clarence L’inspecteur : Non, t’es plus comme un artiste invité. T’es pas un intrus, tu fais un cameo.
T’n’s : OK. Je suis le Timbaland de ton blogue. Ou le Mary-Lou Harris masculin.
CL : Euh, je pense que tu veux dire Emmylou Harris.
T’n’s : Ouan, c’est ça. Je suis Emmylou Harris.
CL : Fait que comment t’as trouvé ça, them?
T’n’s : Hey « Emmylou ». Faut-tu être redneck en crisse pour nommer ta fille Emmylou? C’est une Émilie version country.
CL : Hehe, mais elle chante comme une déesse bluegrass. Tu l’as entendue sur la soundtrack d’O Brother, Where Art Thou? Trop nice, sa voix. (Incongruité: je n'aurais pas pu dire la dernière réplique, n'étant pas au courant de sa présence sur le soundtrack d'O Brother... Et moi j'aurais dit LE soundtrack. LA soundtrack, ça sonne comme quelqu'un qui dit MA caisse de guit.)
T’n’s : En français, ça sonne trop mongol. Je veux dire, on accepte « Marie-Lou » n’importe quand parce que c’est un ajout, genre « Marie + quelque chose ». Mais Emmylou, tu peux pas le dire tout seul, faut dire « Harris » après, sinon ça sonne comme un surnom.
CL : … (C'est rare que je reste muet de même, Will veut sûrement dire avec ce signe orthographique que je bredouille, ou bafouille quelque chose d'inintelligible)
T’n’s : Mon ex m’appelait « Willou », ostie que j’haïssais ça.
CL : On parle-tu de them?
T’n’s : Ben, premièrement, merci pour le cadeau de fête. T’es ben blode.
CL : Il te reste Gaddis à lire, là. J’ai hâte! (Je tape dans mes mains, en gardant les paumes collées, en tapant seulement les doigts, comme une otarie)
T’n’s : Gaddis, je le réserve pour plus tard, peut-être en voyage. Je suis en manque de récits touchants, là. J’espérais que le nouveau Foer me satisfèze, satisfaille, satisfasse, mais crisse, c’est un essai sur le végétalisme.
CL : J’en déduis que them, ça t’a pas touché outre-mesure…
T’n’s : « Outre-mesure », c’est-tu une autre façon de dire « en bas de la ceinture »?
CL : … (Je bafouille encore, je fais une nasale compliquée en portugais, sur la défensive)
T’n’s : Bof, si tu trouvais touchante l’impossibilité d’échanger entre Jules et ses différentes amoureuses, comme une sorte d’indicateur de fucked-upness, de désoeuvrement; je veux bien. Mais, en gros, ça m’a pas bouleversé. En fait, non. Ça m’a bouleversé autrement, plus comme. J’ai, il y a des moments où, tsé, j’ai l’impression que le livre est reste eurgh…
CL : Attends, là. Fais don’ une phrase complète. (estie... : "fais donc une phrase complète, estie)
T’n’s : Ça fait partie de la catégorie de romans dont la fin nous réconcilie avec tout le reste.
CL : La fin? Pourquoi?
T’n’s : Les trois premiers quarts du roman sont bien écrits, mais le ton et la façon dont ça saute d’un personnage à l’autre aléatoirement me donnaient l’impression d’accumuler beaucoup beaucoup de back-story pour une histoire qui est toujours sur le bord de commencer. L’avoir loué à la bibliothèque, je l’aurais sûrement pas fini.
CL : Ah oui, c’est vrai, tu fais ça, toi : pas finir des livres. (Je juge Will en disant ça. J'ai un sourire comment t'appelles ça? Narquois)
T’n’s : Mais la fin sauve la donne parce qu’on voit les personnages sortir un peu de l’univers clos de la famille. Il y a même de la mise en abîme. C’est comme si l’écriture se dynamisait tout d’un coup et quittait le cadre rigide du récit naturaliste-réaliste à la Stephen Crane ou Émile Zola, pour répondre à des exigences langagières plus grandes. Ce que j’ai aimé en fait, c’est l’idée de départ. C’est-à-dire que si on décide de pas trop croire au récit paratextuel – comme quoi Oates aurait connu bien ou moins bien connu Maureen Wendall.
CL : « Répondre à des exigences langagières plus grandes »… FUCK! (Je fais semblant de juger Will, mais au fond j'aimerais donc ça parler comme lui, dire des trucs comme "cadre rigide" ou "écriture dynamisée")
T’n’s : Oh, shut your face.
CL : D’ailleurs, je sais pas si t’as lu la postface. Oates dit que c’est drôle que son roman ait été d’abord reçu comme dans son contexte littéraire d’origine, où le récit postmoderne permettait des croisements et des mises en abîme qui étaient largement perçus comme de l’artifice et qu’il était maintenant reçu dans le contexte littéraire des années 1990 et 2000, comme de la nonfiction, de l’autofiction, etc. (Incongruité: si on avait eu cette discussion deux jours après ma lecture du roman j'aurais pu effectivement sortir quelque chose du genre, mais là, plusieurs mois après... pfffff)
T’n’s : Oué, mais, tu vois, j’ai cru au paratexte au début, pour ensuite essayer de lire en l’ignorant, en le voyant justement comme de l’artifice. Et je me suis rendu compte qu’on pouvait facilement voir le roman comme une grosse bulle que l’auteure a voulu créer à partir d’une petite lettre qu’elle aurait peut-être reçu, peut-être pas reçu.
CL : … (Je fais semblant de savoir de quoi il parle)
T’n’s : Ça m’a donné envie de sortir la vieille pile de lettres qu’Anne et moi on a trouvées dans le recyclage de quelqu’un quand j’habitais dans Hochelag. C’était une correspondance entre une femme qui s’appelait Nancy et qui était en centre de désintox ou pour femmes battues, quelque chose comme ça, et son chum Michel qui était en tôle. Les lettres étaient adressées à Bordeaux, me semble.
CL : C’est ben nice! (C'est ben nice!)
T’n’s : On a juste les lettres de Nancy à Michel, fait que ça devait être le recyclage de Michel. On a facilement une douzaine de lettres.
CL : Il les jetait?
T’n’s : C’était dans une pile d’affaires, comme après un gros gros ménage.
CL : Pis vous les avez gardées?
T’n’s : Ben certain. On est même allés prendre un café pas loin pour les lire, après les avoir trouvées.
CL : C’est ben malade! Ça disait quoi?
T’n’s : Ça vacille entre le très pathétique et le très émouvant, ça dépend ton degré de cynisme. Certaines sont un peu cochonnes, d’autres parlent de la vie « en-dedans », d’autres de l’espèce de rapport étrange avec la belle famille de Nancy qui exerçait un contrôle un peu weird sur le couple et qui leur avait visiblement prêté du cash à un moment donné avant la séparation. On les a prêtées à plusieurs de nos amis, à l’époque. On trouvait ça trop intense.
CL : C’est tellement voyeur! Je serais curieux de lire ça, par exemple. ("Je serais curieux de lire ça, par exemple"... hum... Ça dépend du ton de voix, quel ton de voix j'emprunte ici, Will?)
T’n’s : Le plus cool, c’est qu’Anne et moi, on a décidé de poursuivre la correspondance : elle devenait Nancy et moi Michel. C’était avant qu’on emménage ensemble, on s’envoyait des choses par la poste des fois. C’était plus une joke qu’autre chose, mais bon.
CL : Tout ça pour dire que them t’a fait penser à ça? (J'ai l'air du gossant qui veut toujours tout ramener à them, mais criss, c'est pour ça qu'on s'est rencontré, ça me rappelle les dîners avec mon directeur JFC, quand on est supposés parler de ma thèse pis qu'on finit toujours par prendre le sujet avec des pincettes pis le circonvol... ciru... cirque... )
T’n’s : Oui! C’était surtout le choc de la rencontre avec un peu le même genre de « them », tséveudire? De la grosse misère, elle en centre de désintox, lui en prison, et tout ce monde-là qu’on a ouvert ensemble, Anne et moi, deux enfants de classe moyenne se dirigeant vers des carrières libérales, parce qu’on y a généralement accès juste à la télé, genre dans la série sur les Lavigueurs. J’ai peur que ça sonne extrêmement con et naïf et snob de dire ça – c’est d’ailleurs exactement ce qu’Oates veut défaire ou décrire en soulignant le regard ingénu condescendant vis-à-vis de la classe ouvrière très pauvre –, mais en vérité, la découverte des lettres a plus été une trouvaille poétique et amoureuse, parce qu’on a fait ça ensemble, Anne et moi, que sociologique ou socio-économique. Et puis, je suis convaincu que n’importe qui, de n’importe quelle classe sociale, aurait eu notre réaction devant la même pile de lettres tapissées de cœurs et de dessins de dauphins… tu les ramasses pis tu les lis pis t’espères découvrir des choses bizarres, drôles, intrigantes, merveilleuses, sur l’expérience humaine. La fin de mon histoire est vraiment weird, écoute ça : on s’est écrit peut-être cinq ou six lettres sous les noms de Michel et Nancy, puis on a arrêté, j’ai déménagé chez Anne sur Christophe-Colomb, et je retournais juste dans Hochelag pour aller au Jardin botanique. À peu près un an plus tard, notre amie Catherine nous appelle tout énervée. Elle avait pris l’autobus je ne sais plus trop où, mais je pense que c’était dans l’Est, et elle avait entendu une femme parler d’un Michel avec qui elle, la femme, avait vécu et qui avait fait de la prison.
CL : OK…
T’n’s : Pis elle donnait toutes sortes de détails par rapport à sa belle-famille, au temps qu’elle avait passé en centre.
CL : OH SHIT! Tu penses que c’était Nancy? (J'essaie de me claquer l'index sur le majeur, comme les cools brésiliens ou mon frère, mais chui pas capable)
T’n’s : On le saura jamais. Catherine nous a ensuite conté qu’elle a fait un crisse de saut quand elle a entendu la femme expliquer comment elle trouvait ça difficile depuis le décès de Michel.
CL : Genre que le recyclage de Michel, c’était peut-être le proprio qui clairait l’appartement dans lequel Michel était mort!
T’n’s : Tu vois, t’es pas tout seul avec tes histoires d’Amélie Poulain… C’est juste que nous, c’était la version Elvis Gratton. Ça fait Amélie Gratton.
CL : Oué, c’est ça, Le Fabuleux Destin d’Emmylou Gratton! (En fait c'est Will qui sort cette dernière réplique, mais pour respecter l'enchaînement en dialogue il me la chippe. Voici la version réelle:
T’n’s : Tu vois, t’es pas tout seul avec tes histoires d’Amélie Poulain… C’est juste que nous, c’était la version Elvis Gratton. Ça fait Amélie Gratton.
CL : ...
T'n's: Oué, c’est ça, Le Fabuleux Destin d’Emmylou Gratton
!
CL : ...
T'n's : ...
CL : ...)

FIN DU TRANSCRIPT

mardi 16 février 2010

Demorar

Ao escrever-se, minha língua se revolta. Ela se torna torta, torcida, sem me convidar. Ao pensar-se, minha língua se atrapalha. Ela se volta sete vezes na boca sem me consultar. Ao descrever-se, minha língua se quebra. Ela se atira nos dentes sem me avisar. Ao falar-se, minha língua se cala. Ela se refoge na garganta sem me aconselhar.

O mundo se torna cada vez mais nítido, sou só eu que o vejo turvo.

lundi 15 février 2010

Palmarès

Ok, palmarès des plus gros livres qu'on achète parce qu'on est des freaks pis qu'on fait des doctorats sans trop savoir où on s'en va avec ça pis qu'on commande avec la carte de crédit avec le "buy in one click" parce qu'on a trop un compte tout programmé pis que quand on les reçoit dans des boîtes d'Amazon.com on jubile, ouaip, pis on appelle nos amis pour leur dire eille man, je viens de recevoir un FUCKING GROS LIVRE DE 900 PAGES!!!!!

-THEORY OF THE NOVEL, Micheal McKeon, éd. (968 fucking pages)

-2666, Roberto Bolaño (1136 fucking pages)

-INFINITE JEST, David Foster Wallace (1104 fucking pages)

J'en connais une qui a une image de moi dans un divan rouge, là.

dimanche 14 février 2010

L'encyclopédique

Quand tu penses que Flaubert est mort avant d'avoir complété BOUVARD & PÉCUHET, on dirait que ça remet les choses en perspectives, quant à la création et au travail intellectuel. Il a commencé à écrire le roman vers 1874 et est mort en 1880, après avoir rédigé neuf chapitres et demi, soient environ 400 pages.

B & P raconte la rencontre et l'amitié qui s'en suit de deux losers un peu excentriques qui décident, après leurs retraites respectives, de se lancer dans mille et un projets, accumulant les connaissances scientifiques, les réflexions littéraires et les échecs fracassants. Ils achètent une ferme et tentent de l'exploiter, ils deviennent médecins et anatomistes amateurs, géologues, archéologues, historiens et romanciers, astronomes, ils transforment leur maison en musée, en cabinet de curiosités, l'un est encore vierge, l'autre est gros.

Flaubert avait 53 ans au moment où il a commencé à faire des recherches bibliographiques afin d'organiser et divulguer la quête de savoir encyclopédique et boulimique de deux personnages qu'il avait envie de ridiculiser. On dit qu'il a lu plus de 1500 livres sur des sujets aussi éloignés que la médecine expérimentale et la paléontologie pour construire sa narration.

C'est fascinant de penser à cet homme qui s'est tué à petit feu en tentant d'absorber toute la science et la connaissance de son époque simplement en vue d'écrire un bouquin qui se moque de cette même ambition. B & P est un anti-discours jouissif sur les limitations du savoir, sur la stérilité des livres qui théorisent et qui pontifient, sur la préciosité d'une certaine culture bourgeoise et littéraire, mais c'est aussi une contradiction dans les termes, dans les fins et dans l'effort et la passion que son auteur y a investi.

Un peu comme Cervantès, qui n'a pas réussi à détester Don Quichotte bien longtemps, Flaubert aussi s'est vite laissé charmer par ses deux losers. Un peu comme Don Quichotte, Bouvard et Pécuchet sont d'irrésistibles illuminés. Tu les regardes, tu pouffes de rire et tu leur demandes bientôt de te traîner avec eux, entre un traité de phrénologie et un roman de Walter Scott.

It's Time To Train Yourself

Comme c'est la Saint-Valentin, Anna a posté un "Love Poem" de Richard Brautigan sur son blogue. Comme elle m'a copié hier en reprenant mon titre, je fais la même chose aujourd'hui en reproduisant ici un autre poème de Brautigan.


It’s time to train yourself
to sleep alone again
and it’s so fucking hard.

(LOADING MERCURY WITH A PITCHFORK,
Richard Brautigan, 1976)

Joyeuse Saint-Valentin.

vendredi 12 février 2010

Coisinhas e tal

J'ai finalement acheté le Folio de BOUVARD ET PÉCUCHET de G. Flaubert. Ça fait des années que je veux lire ce bouquin, mais que je suis trop occupé avec d'autres choses plus modernes, plus américaines, plus Coca-Cola et plus Winchester. On va bien voir, comme dirait MJ avant un show de Bernard Adamus.

Le fait d'écrire sur les New Kids On The Block, hier, et de regarder le vidéo Youtube de TONIGHT envoyé par Anna, m'a donné le goût en criss de mettre l'album STEP BY STEP au complet sur mon Ipod. C'est pas comme si je manquais de place et que j'avais à faire des choix difficiles. Putain, il me reste plus que 80 G d'espace sur cette machine.

Ce qui me fait penser : arrête-toi donc deux secondes sur l'expression "avoir l'embarras du choix", pis dis-moi ce que t'en penses. Moi je trouve ça cool comme une métaphore filée dans un roman de Henry James.

Je m'en vais de ce pas concocter un tartare de thon au pamplemousse et feuilles de roquette, parce que mes anciens collègues de travail organisent un Potluck ce soir pis ils sont fucking fancy. Toutes les esties de fois, François arrive avec genre un pâté de fois gras qu'il a fait lui-même et on s'obstine pour savoir s'il n'a pas mis trop de sel. Martine a répondu la première à la chaîne de emails, elle a écrit: Je m'enligne sur un gravlax.

Un gravlax, fuck. Faut que ça marine pendant deux jours, un gravlax. Je suis mieux de pas me pointer avec de la piquette.

jeudi 11 février 2010

Vieillir

Hier soir je suis allé chiller une heure ou deux avec mon frère chez son ami Marc, qui habite dans Saint-Henri, sur la même rue que moi. Mon frère a vingt-cinq ans, il est coach de volleyball et il a une foule d'amies qui sont ses joueuses et qui ont vingt ans et qui sont donc nées en fucking 1989 ou 1990, pis c'est vraiment traumatisant de se rendre compte soudainement que tu parles avec une fille qui était même pas née quand t'as commencé à bander. Bon, c'est peut-être juste moi qui est bizarre.

Fuck, elles étaient même pas capable de nommer trois tounes des New Kids.

Pis elles sont persuadées d'avoir activement participé à la renaissance de "Coeur de Loup".

Wow. Talk about credentials.

mercredi 10 février 2010

Guga Gessullo

Gustavo vient de perdre sa job dans une agence de pub de marde qui fait des compressions budgétaires de marde. Ils l'ont fait venir dans le bureau de marde, lundi après-midi, à la fin du quart de travail pour le virer en lui donnant des raisons de marde. Dans sa tête il se disait oh! yes!
Il est fou comme de la marde.
Il vient de se mettre sur le chômage et Luciana, sa blonde, vient de commencer une job dans un petit café brésilien et il va pouvoir écrire durant tout le mois de février et peut-être le début de mars pour finir un recueil de nouvelles qu'il traîne dans sa tête depuis bien avant son arrivée à Montréal et son embauche dans une entreprise de marde.
Gustavo est fou comme de la marde. Il va écrire et peut-être se trouver une job dans la restauration parce que dans la vie il veut juste écrire et fouetter des œufs dans un bol, fort, pour faire lever la crème.
Il m'appelle Danny Boy pis on fume des Marloros sur ma varandinha pis il me dit c'est la meilleure chose qui pouvait m'arriver. J'haïs ça les réunions corporatistes. J'aime mieux écrire des histoires de gangsters en slang brésilien.
Il trippe sur Tarantino, Bukowski, Edward Bunker.

Moi je trippe sur lui, c'est mon ami, esti.

vendredi 5 février 2010

Pastorale

Parfois c'est difficile de concevoir qu'il y a vraiment eu une personne qui s'appelait Walt Disney. Un enfant qui jouait dans la rue et qui se faisait crier WALT, supper's ready! Un enfant assis à un pupitre et qui attendait sagement qu'on prononce DISNEY pour répondre présent. Une personne qui habitait dans un monde où tu disais MICKEY MOUSE! et ça voulait dire Mickey, there's a mouse right there, do something for Christ's sake. Kill it.

jeudi 4 février 2010

mercredi 3 février 2010

Le Montréal de Cohen

Lu dans le premier roman de Leonard Cohen, THE FAVOURITE GAME, publié en 1963, alors qu'il n'avait même pas encore commencé sa carrière musicale:

Some say that no one ever leaves Montreal, for that city, like Canada itself, is designed to preserve the past, a past that happened somewhere else.
This past is not preserved in the buildings or monuments, which fall easily to profit, but in the minds of her citizens. The clothes they wear, the jobs they perform are only the disguises of fashion. Each man speaks with his father's tongue.
Just as there are no Canadians, there are no Montrealers. Ask a man who he is and he names a race.
So the streets change swiftly, the skyscrapers climb into silhouettes against the St. Lawrence, but it is somehow unreal and no one believes it, because in Montreal there is no present tense, there is only the past claiming victories.

J'ai comme envie de me lire ce passage en montant St-Laurent vers Sherbrooke, pas de cigarette dans la bouche, juste du Malajube fort dans les oreilles.

mardi 2 février 2010

Première phrase d'un roman, inspirée par William Faulkner

Or était venu le temps de parler de cette nuit d'orage où j'avais eu de la suie dans la tête, où Teller lui avait tout dit, entre une porte de grange et un feu de broussaille, très loin à l'horizon, presque perdu sous les nuées de sauterelles, où Tolder lui avait révélé ma grisaille, sans qu'elle ne les croit, ni l'un ni l'autre, juste avant que quelques heures plus tard je ne m'exécute d'un coup de tenaille brusque, lorsque d'un mouvement sec j'avais perdu le contrôle du volant, m'allant percuter un mur juste assez solide pour me confronter, juste assez solide pour la tuer, de cette nuit d'orage, en scansions bibliques, sortie tout droit d'un manuscrit échoué, noyé, noyée, cette nuit de mes dix-huit ans, à mon bord une jeune femme et des pensées glabres et romantiques, où j'avais tenu ma parole, moi qui jurais de l'emmener au septième ciel.