mercredi 31 mars 2010

A caça do cego

Mais uma vez te invoquei por meio duma escrita alheia. Quis te beijar em frente do mundo inteiro pra te provar a imensidão do meu amor, mas a sua cara se escondeu no escuro da multidão. Perdi o olhar. Te busquei em vão e fiquei em pé no meio de uma vaidade impessoal, num eco eterno e circular de fala imprópria. Apesar de tudo te procurei. Tinha ao meu redor tantas pessoas sem fisionomia, sem destaque, que podia sentir sua presença como se fosse alguma coisa invisível à qual a gente se ata desesperadamente. A mera ausência de você me parecia subitamente a prova indiscutível da sua proximidade. Persegui essa ausência até me tornar um prisoneiro do sentido de falta. O que descobri nele não foi a saudade em si, que existe, mas a solidão encerrada numa palavra vazia.

mardi 30 mars 2010

Lisbonne 2010, Montréal 1989


Or donc, le 4 mai je prends l'avion pour Bruxelles. J'arrive le 5 à Louvain-la-Neuve, dont je n'ai entendu dire que du mal. Ville étudiante de béton sali par le vomi d'universitaires saouls. Le colloque aura lieu du 6 au 8, trois grosses journées à la fois ultra stimulantes et ultra épuisantes, je me vois déjà cogner des clous durant les communications sur la question auctoriale au Haut Moyen-Âge ou sur les rapports entre auto-fiction et mastur-bation. Le matin du 9, je prends le train pour Paris pour m'envoler vers Lisbonne, où je passerai une semaine. J'ai remis LE LIVRE DE L'INTRANQUILLITÉ, de Fernando Pessoa, sur mes tablettes, histoire de reprendre ma lecture là-bas, bien installé sur la terrasse du café A Brasileira, avec un expresso, ou dans la rue Douradores, où l'hétéronyme Bernardo Soares composait son "autobiographie sans événements" (autobiografia sem factos). En arrivant au Portugal, je vais recevoir l'accent en pleine face, et je vais demander sans arrêt aux gens de parler "bem devagar", doucement, doucement, pour que je puisse entrer dans leur univers. Ce sera ma première expérience d'immersion lusophone. Dommage que ça ne soit pas au Brésil, mais bon, avec Pessoa dans une poche et Saramago dans l'autre, je ne vais pas me plaindre. L'Europe, après tout, ce n'est qu'un point de départ vers le Nouveau-Monde, et de Lisbonne à Salvador de Bahia, ou Recife, ou Porto Alegre, il n'y a qu'un pas.

***

Hier soir, j'ai regardé/écouté pour la deuxième fois POLYTECHNIQUE. J'ai éteint les lumières, j'ai branché mes écouteurs dans le stéréo, j'ai posé mon paquet de cigarettes juste à portée de la main, je me suis enroulé dans ma couverte de la Croix Rouge, j'ai entendu le premier coup de feu, j'ai couru dans les couloirs en noir et blanc, j'ai sauté par une fenêtre éclatée, j'ai abandonné les filles à leur sort dans la salle de classe avec lui, j'ai évité ses tirs en me réfugiant dans un local enfumé où un party avait lieu, avec de la musique tellement forte que personne ne se rendait compte de ce qui se passait à l'extérieur, j'ai eu tellement peur de lui que je suis retournée me coucher à côté de mon amie en train de mourir en lui disant de faire la morte parce qu'il revenait, j'ai cru qu'il me tirait dessus mais c'était sur elles en fait, j'ai cru devenir sourd pendant deux minutes à cause du bruit de sa carabine, j'ai appliqué un bandage sur la plaie d'une fille couchée près de la photocopieuse, et je me suis rendu compte qu'elle perdait tout son sang par l'autre extrémité, j'ai essayé de croire ceux qui me disaient que je n'étais pas un lâche et je n'ai pas réussi, j'ai essayé de croire ceux qui me disaient que j'étais forte et j'essaie de réussir encore aujourd'hui, 2o ans après, j'ai pleuré pendant le In Memoriam, encore une fois, j'ai éteint la télé après une heure et dix minutes en me disant que c'est court pour un long métrage et en pensant aussi aux vingt minutes longues comme une vie que les étudiantes et étudiants de Polytechnique ont passé avec Marc Lépine, et je me suis dit comment ça se fait que je me rappelle de son nom à lui et pas de leur noms à elles.

lundi 29 mars 2010

Inquiétude

Amélie, qui signe CRAYON D'ARDOISE & PATTES DE MOUCHE, vit à Moscou et ce matin, à l'heure de pointe, deux bombes ont explosé dans le métro. Je l'ai jamais vu cette fille-là, mais je la lis, alors c'est comme si je la connaissais un peu.

Si quelqu'un a des nouvelles, envoyez-les.

dimanche 28 mars 2010

Moment fugace

Hier soir, j'ai eu un flash. La différence entre la plupart des gens et moi, par rapport à l'Amérique, c'est surtout une question de point de vue, et de télévision.

La plupart des gens adorent MADMEN et détestent ce que MADMEN montre, pour eux ça devient un moyen de parler de ce que l'Amérique était et est encore: l'enfer caché sous la promesse hypocrite. Ils oublient que MADMEN a été créé par les fils et les petits-fils des hommes qui y sont dépeints. Pour moi, l'Amérique c'est le point de rencontre exact entre ce que MADMEN montre et le fait que MADMEN existe: le paradis promis pendant 45 minutes.

samedi 27 mars 2010

Un samedi bien rempli

J'ai passé l'après-midi à me patanter un recueil de nouvelles avec mes meilleurs textes (certains remontent au bac, fuck, ça me rajeunit pas) et les meilleures affaires d'ici qui ressemblent à de la fiction... les dialogues, les monologues, les anecdotes, les portraits, les montées de lait.

Ça s'appelle :

MALGRÉ TOUT ON RIT À SAINT-HENRI.

En hommage à la chanson de Raymond Lévesque qu'on peut entendre dans le petit film de l'ONF narré par Hubert Aquin, À SAINT-HENRI LE 5 SEPTEMBRE.

Depuis que j'ai 18 ans, mes manuscrits de romans ont toujours été rejetés, parce qu'ils étaient poches. Dans vie, je pense que suis meilleur pour les affaires courtes.

Anecdote de cycle supérieur

C'est toujours les gays qui me disent que je suis beau. Je dois avoir une face que les hommes en particulier trouvent élégant, je sais pas, viril, ma mâchoire de Habsbourg, mon front fuyant, mes arcades sourcilières proéminantes.

Hum.

Eh ben, hier soir, j'ai eu une promotion: deux filles m'ont dit que j'étais beau, deux amies à moi qui sont en couple. Bon, je reste dans la communauté, mais au moins il y a une certaine sensibilité féminine qui me donne l'impression quet oun è pap erdu.

Criss, je comprends que j'étais beau, man, on était au 4e étage du St-Sulpice, une petite bande de littéraires en train de groover sur du Lady Gaga pis du Tribe Called Quest, pis j'avais mon t-shirt de Clarice Lispector, pis j'ai fait la danse de Napoleon Dynamite, pis j'ai même joué du piano les mains dans le dos sur Grace Kelly, en lançant des regards pseudo sulfureux vers une jolie fille qui m'a dit qu'elle m'imaginerait très bien chanter ça en caleçons, sautant sur mon lit. Qu'elle l'imaginerait très bien, si elle avait pas d'autres choses à faire, d'emblée.

Ha.

jeudi 25 mars 2010

Ti frère

Putain de merde, je viens d'apprendre que mon petit frère va probablement déménager à Ottawa avec sa mère genre au mois de juin ou juillet. Beurk. En espérant que tout continue à fonctionner.

Il vient d'avoir 14 ans. Pour sa fête je lui ai envoyé une revue Dofus (fuck, bientôt il va arrêter de lire ça, ces niaiseries-là), un DVD de Vampire Hunter D (fuck, c'est vraiment un classique de quand moi j'avais 14-15 ans) pis la traduction française de DES SOURIS ET DES HOMMES de Steinbeck (fuck, faut qu'il ait quelque chose à lire après les niaiseries de Dofus).

Haha, je viens de réécouter le début du film sur Youtube, j'aime encore ça. La musique est bonne pis l'ambiance est tellement eighties avec ces mélanges de ralentis/immobilité et de barres colorées en arrière-plan pour signifier l'extrême rapidité.

Whore dialogue (Portland)

-So I'm like just standing there and he's just fucking staring?
-Yeah?
-So I'm like what the fuck are you staring at?
-Yeah?
-So he's just like, not fucking moving? Just like emobile?
-Emowhat?
-Emobile? And I'm like just standing there, just like minding my own fucking business?
-Yeah?
-Just trying to make a little honest fucking money here?
-Yeah?
-And I'm like what the fuck you looking at me for?
-You says that?
-No, I'm like, I'm just looking at him and like just thinking it?
-Yeah?
-And he's just like, not moving or anything, not making no fucking move to wards me?
-Too what?
-To wards?
-What the fuck is warding?
-You know, he's like on the other side of that fucking street and he doesn't fucking move and I'm like man what the fuck you want from me?
-He's not crossing the street?
-He's not crossing the fucking street? And I'm like, you're killing my own fucking business, man, scram, just get the fuck off?
-Yeah?
-And he's like, just emobile, just fucking staring?
-And?
-And so I'm like what the fuck you standing there like that for, you creepy little piece of shit?
-You says it?
-No, I'm just like, giving him the eye, you know? Just like, smoking, just fucking trying to relax, you know, and he's like, watching me from that corner?
-Yeah?
-So I'm just like, saying to myself, man, that creepy fucker's killing my business?
-Yeah?
-So I leave?
-What?
-So I just fucking leave?
-You what?
-I like, fucking just leave that asshole there?
-What the fuck you mean you leave?
-I mean, like, I fucking leave that creep there?
-You leave?
-I like, walk a couple blocks south?
-You just fucking leave?
-I leave, like, fuck him, I walk two blocks south and mind my own fucking business?
-Wow?
-I know?
-Creepy stuff?
-You tell me?
-Fucking creepy stuff?
-Got a Naspirin?
-Yeah?
-My head's fucking killing me?
-Maybe we're gettin' old?
-Fuck yeah?
-Two blocks south?
-I leave him there, like, fuck off, fucking pussy?
-We're not getting any younger?
-What?
-I'm singing?
-Oh.
-Yeah.

WHORE DIALOGUE (PITTSBURGH)

WHORE DIALOGUE (BALTIMORE)

WHORE DIALOGUE (MONTREAL)

mercredi 24 mars 2010

Deux faces

Aujourd'hui j'ai écouté Big Brother, sur V, entre deux chapitres du livre sur le merveilleux monde des bibliothécaires de Marilyn Johnson, THIS BOOK IS OVERDUE! J'ai donc deux sortes d'informations à transmettre. D'abord, saviez-vous que Vincent était gay? Et qu'il l'a avoué à Fey et Marie-Élaine en croyant que ça allait les rendre empathiques, que ça allait lui faire gagner des points, mais que (grâce à un super montage en parallèle) on a vu que la réaction était toute autre. Elles l'ont traité d'estie de two-face de marde. Ensuite, saviez-vous qu'il y a une immense communauté de bibliothécaires professionnels (dans la vraie vie) et amateurs active sur SECOND LIFE? Ils sont en train de reproduire des villes entières avec des bibliothèques de référence et des bases de données sur mille et uns sujets allant des gender studies aux frontier narratives. Certains ont même reçu des subventions de leurs départements des finances (dans la vraie vie) pour créer des environnements virtuels complets avec ressources et catalogues interactifs. Fuck, moi qui pensait que SECOND LIFE c'était juste pour les pédophiles pis les loosers.

Texticules

Bon, je sais pas trop à qui je m'adresse, mais Guga et moi on a un nouveau blogue en portugais qui s'intitule TEXTÍCULOS PELUDOS, ou Texticules Poilus... des petits textes puérils et en chaleur. Des réflexions minuscules de Montréalais de mauvaise foi, de mauvais goût. On souhaite devenir la référence en matière de voix lusophone en ville... Pour casser la gueule de tous ces estis de blogues d'immigration qui parlent juste de comment faire faire sa carte d'assurance-maladie ou de comment naviguer sur le site d'Emploi-Québec.
Ben non, c'est pas vrai. Ça va raconter une histoire fuckée de meurtre, de sang pis de rédemption. Comme LOST, mais prononcé "Lostchi", avec un accent de São Paulo.


Je sais pas trop à qui je m'adresse, encore une fois, mais je fais quand même mon auto-promotion, parce que fuck, ça sert à ça, Saint-Henri.

lundi 22 mars 2010

Monstro sa(n)gra(n)do

Escrevi uns versinhos sem carinho, mais uma vez, sem calor nem sequer cor, plantei o lápis de madeira no meu papel de caderno e me entreguei à esperança da obra potencial, mais uma vez.

Até pensei em rasgar de novo. Pois não vale a pena, o esboço constrangido, o esforço grande que nem pode ultrapassar o estado de delineação turva. Será que vale?
Até pensei em arrancar de novo. Pois não dá certo, o passo tímido na estrada dos outros, o passeio meio vergonhoso que nem passa de ser corrida lenta sem rumo. Será que dá?

Afff... Bobagem. Me calei.

Fiquei um tempinho com as mãos no rosto, esfregando os olhos e me levantei, mais uma vez, tirei as raízes apodrecidas do meu papel de palhaço, bem determinado a me tornar um gênio, mais uma vez.

dimanche 21 mars 2010

L'oignon

Je suis tombé là-dessus ce matin et ça m'a fait rire tout seul. Surtout les premiers mots de Armstrong, à droite: "Holy living fuck!"

The Onion est un organe de presse satirique qui existe depuis 1988. Ils ont un site internet (avec sa propre télé, l'ONN), un journal, ils ont publié des livres, ils ont produit de faux documentaires. Ils ont des produits dérivés, aussi.

C'est souvent très drôle, comme cette infopub qui a fait ma journée il y a quelques mois.

L'humour de l'oignon est particulièrement réussi, évidemment, quand il joue sur la ligne très mince du plausible et que des gens se mettent à capoter, un peu comme quand Orson Welles avait lu des extraits de WAR OF THE WORLDS à la radio et que des émeutes avaient éclatées un peu partout.

Fucking sweet piece of shit.

samedi 20 mars 2010

Trouvaille

Il y a des journées comme ça où on fait des trouvailles.

Depuis que j'ai découvert Thomas Pynchon, je me suis toujours dit que ça serait vraiment intéressant de faire un album de musique avec les paroles de chansons qui apparaissent dans ses romans. Eh bien, ça existe! Et c'est TELLEMENT ce que j'avais en tête.

THE THOMAS PYNCHON FAKE BOOK.

Pour l'instant ils ont enregistré 3o chansons, dont une quinzaine est (sont) disponible sur le site, et une quarantaine de personnes a (ont) participé. (Je suis tout fourré ce matin avec ce genre de règle grammaticale...)

J'aimerais vraiment trouver un moyen de mettre ces chansons sur mon ipod. Quelqu'un sait comment faire ça?

vendredi 19 mars 2010

Que vergonha


Ben non, c'est n'importe quoi. C'est juste parce que je voulais faire une expérience. C'est juste parce que j'ai découvert la semaine passé cet outil fascinant et un peu traumatisant au début qu'est Google Analytics, qui te permet de voir le trafic sur une page donnée. Je dis traumatisant pas tant parce que moi je peux savoir qui est venu me voir et par quel chemin il est passé, mais surtout parce que ça me faisait me rendre compte que les autres savent toujours que moi je suis allé sur leur page. Je me suis rendu compte que ça doit fucking leur donner l'impression que je suis un débile des fois parce que (surtout quand j'écris un commentaire), j'ai tendance à revenir quinze mille fois sur la même page pendant une journée pour voir si la personne m'a répondu. Et en plus j'ai tendance, quand je travaille surtout, à faire ce que j'appelle une ronde compulsive de "mes" pages internet, où il y a une possible interaction en lien avec "moi", genre j'ouvre ma barre de favoris, je clique sur Yahoo, y a rien, je clique sur Facebook, y a rien, je clique sur Saint-Henri, y a rien, dans Saint-Henri, je clique sur deux trois affaires sur mon blogroll, y a rien. Dès que j'ai fini ma ronde... je la recommence, parce que ça a pris genre deux minutes et deux minutes c'est juste assez pour qu'un e-mail soit peut-être apparu dans mon inbox Yahoo. Tout ça pour dire que ça vient de s'ajouter à ma ronde, cet outil traumatisant qu'est Google Analytics, et je tchèque les graphiques et je tchèque les données (auxquelles je ne comprends rien, on s'entend, what the fuck is a "Taux de rebond"?), et soudainement je me dis oh! je pourrais tenter une expérience pour voir si ça fait une différence dans mes stats, je pourrais faire semblant que je déménage, que je mets fin à ce blogue, pour voir si ça fait exploser quelque chose, ne serait-ce qu'une logorrhée de messages me souhaitant bonne chance dans mon nouveau quartier, et tout. Mais ça a rien fait pantoute. Faque j'ai recommencé ma ronde, pis j'avais pas de nouveaux emails. Sauf un de Will se disant "intrigué" par cette soudaine décision. Faque j'ai écrit ça pis j'ai reconduit le bail. Pis je suis allé courir sur la piste cyclable du canal Lachine, en écoutant du Indochine pis du REM. De toute façon tu le savais que je niaisais, ça paraissait dans ma face.

jeudi 18 mars 2010

Que pena

C'est mon dernier post ici, je déménage.

À plus, j'espère.

Lettres américaines

Pour tous ces gens qui, à un moment ou à un autre, dans ma vie, dans la leur, m'ont demandé de leur dresser une liste des meilleurs romans américains, à lire, à déguster, à dévorer, sans avoir vraiment l'intention de l'utiliser, ou de la consulter, ou de la traîner sur soi, dans leur poche, dans leur blouson, dans leur sacoche, voici un palmarès, subjectif, affectif et complètement improvisé, en ce jeudi matin vraiment moins beau que le dernier et même l'avant-dernier.

BLOOD MERIDIAN, Cormac McCarthy.

TRUST, Cynthia Ozick.

UNDERWORLD, Don DeLillo.

AMERICAN PASTORAL, Philip Roth.

THEM, Joyce Carol Oates.

LOLITA, Vladimir Nabokov.

THE ADVENTURES OF AUGIE MARCH, Saul Bellow.

INVISIBLE MAN, Ralph Ellison.

U.S.A., John Dos Passos.

THE CATCHER IN THE RYE, J.D. Salinger.

THE CRYING OF LOT 49, Thomas Pynchon.

RAGTIME, E.L. Doctorow.

THE RECOGNITIONS, Wiliam Gaddis.

BABBITT, Sinclair lewis.

EAST OF EDEN, John Steinbeck.

PLAY IT AS IT LAYS, Joan Didion.

THE VIOLENT BEAR IT AWAY, Flannery O'Connor.

WE HAVE ALWAYS LIVED IN THE CASTLE, Shirley Jackson.

A HEARTBREAKING WORK OF STAGGERING GENIUS, Dave Eggers.

THE DEAD FATHER, Donald Barthelme.

INDEPENDENCE DAY, Richard Ford.

AMERICAN PSYCHO, Brett Easton Ellis.

GOING AFTER CACCIATO, Tim O'Brien.

SLAUGHTERHOUSE FIVE, Kurt Vonnegut.

THE ADVENTURES OF HUCKLEBERRY FINN, Mark Twain.

Est-ce que je continue?

LEVIATHAN, Paul Auster.

IN COLD BLOOD, Truman Capote.

THE GREAT GATSBY, Francis Scott Fitzgerald.

EXTREMELY LOUD AND INCREDIBLY CLOSE, Jonathan Safran Foer.

THE MALTESE FALCON, Dashiell Hammett.

THREE LIVES, Gertrude Stein.

CATCH-22, Joseph Heller.

TREE OF SMOKE, Denis Johnson.

THE PUBLIC BURNING, Robert Coover.

THE TUNNEL, William Gass.

WATER MUSIC, T.C. Boyle.

LIGHT IN AUGUST, William Faulkner.

THE HEART IS A LONELY HUNTER, Carson McCullers.

BELOVED, Toni Morrison.

En veux-tu plus?

THE FLOATING OPERA, John Barth.

O PIONEERS!, Willa Cather.

THE SWEET HEREAFTER, Russell Banks.

OPERATION SHYLOCK, Philip Roth.

EDWIN MULLHOUSE, Steven Millhauser.

SEXUS, Henry Miller.

TRUE GRIT, Charles Portis.

THE SECRET HISTORY, Donna Tartt.

WHITE NOISE, Don DeLillo.

DESPERATE CARACTERS, Paula Fox.

THE TENANTS, Bernard Malamud.

TROUT FISHING IN AMERICA, Richard Brautigan.

Ok, j'arrête.

Je mets en caractère gras ceux que t'es vraiment supposé avoir lu avant de mourir.

mardi 16 mars 2010

Baroque

Je commence, dans ma Toshiba, une rétrospective André Téchiné, que j'aime beaucoup, depuis longtemps. Ce soir j'ai regardé BAROCCO (1976), un de ses premiers films. Adjani superbe et chiante. Depardieu encore mince, deux fois plutôt qu'une. Évidemment, je n'ai pas reconnu le Téchiné que je connais, ni dans le style visuel, ni dans le discours, puisque je suis surtout familié avec les œuvres de sa période plus récente. Même la musique de Philippe Sarde fait plus penser à PIERROT LE FOU qu'à MA SAISON PRÉFÉRÉE ou ALICE ET MARTIN. Sorte de thriller existentialiste un peu encoigné entre Fritz Lang et Hitchcock, avec la lenteur et le flou typique de la Nouvelle-Vague. Film étrange, glauque, où une femme tombe amoureuse du tueur de son amant le lendemain de la mort de ce dernier (l'amant et le tueur sont tous deux interprétés par Depardieu, l'un blond, l'autre brun), où le spectateur doit accepter cet état de fait parce que ça montre une forme d'absolu qui n'est pas intelligible. Parce que ça s'oppose tellement au cinéma américain qui dit tout sans rien prouver, comme si de mettre des personnages dans des situations irréalistes renforçait automatiquement je ne sais trop quelle idée de vérité supérieure. Je suis un peu déçu, mais ça ne me dérange pas outre mesure, parce que je sais qu'à partir du milieu des années 1980, il est passé maître dans l'art des dialogues et des échanges entre les humains. De vrais échanges.

(Coudonc, j'écris donc ben comme un attardé depuis quelques semaines)

Prochaine séance : LES ROSEAUX SAUVAGES (1994). Un de ses meilleurs d'après-moi.

Escola

Il n'y a rien de confirmé pour l'instant, mais j'ai reçu une réponse (disons préliminaire) positive de la directrice de l'École Québec (Escola Québec), Catherine Potvin, qui cherche effectivement des gens compétents et stimulés comme moi pour travailler avec elle.

Je n'ai pas de détails pour l'instant, mais il se pourrait fort bien que je puisse aller enseigner le français à São Paulo ou à Rio de Janeiro pour un mois ou deux durant l'été.

Et ça, évidemment, c'est le fucking bout du bout du cool.

Tu m'imagines trop, en train d'expliquer la différence entre "ici" et "là" à des Brésiliens qui vont trop pas s'en rappeler quand ils vont arriver à Montréal.

Tu m'imagines trop, en train de leur expliquer pourquoi Malajube c'est vraiment meilleur que Les Cowboys Fringuants.

Tu m'imagines trop, en train de boire une bière dans un show de Thaís Gulin avec Cleber, Elisio, Dani e tal.

Si ça marche, l'été de mes trente ans sera évidemment le meilleur depuis longtemps, avec un voyage en Belgique et au Portugal en mai et un séjour au Brésil à partir de juin.

Puta que o pariu, vai ser demais.

lundi 15 mars 2010

Brainstorm 5

La maison où Bill Gray vit retiré du monde pour écrire son chef-d'œuvre n'est peut-être pas celle qui sert de musée à la mémoire de Nathaniel Hawthorne et son roman THE HOUSE OF THE SEVEN GABLES, à Salem, Massachussetts, mais elle en a l'architecture, dirait-on, psychologique. La fenêtre d'où Gray se place pour voir arriver la voiture de Scott et Brita n'est peut-être pas celle de la maison aux sept pignons, mais il est possible de s'imaginer la pauvre Hepzibah Pyncheon y attendant l'arrivée de son frère Clifford, quelques 150 ans auparavant. Il et elle sont les figures littéraires qui hantent Gray, le romancier américain trituré et opiniâtre qui dicte ses opinions sulfureuses sur le monde et l'art à un aide qui ne fait que les lui renvoyer, tel une machine, tel un miroir grossissant. Parce que le rôle de Scott est clair, dans la vie de Bill: être la conscience, être l'impossibilité de la mauvaise foi, de la paresse, de la procrastination. Son rôle est également clair dans la diégèse: être le castrateur et le chien fidèle à la fois, insupportable dans son efficacité et dans son infaillibilité. C'est de Scott et des fantômes de la littérature que Bill Gray s'enfuit. Mais c'est un autre fantôme qui hante le livre de DeLillo, et la maison du romancier, celui, bien réel parce que vivant et écrivant, du descendant des personnages de Hawthorne: Thomas Ruggles Pynchon Jr.
Bien sûr, la seule chose qui peut être attribuée directement et sans équivoque à Pynchon, dans MAO II, où plutôt, hors MAO II, est ce blurb qu'il signe sur la quatrième de couverture de l'édition originale, chez Viking: "This novel is a beauty. DeLillo takes us on a breathtaking journey, beyond the official versions of our daily history, behind all easy assumptions about who we're supposed to be, with a vision as bold and a voice as eloquent and morally focused as any in American writing." (4e de couv.) Venant d'un des hommes les plus mystérieux de la planète littéraire américaine, ce "easy assumptions about who we're supposed to be" est particulièrement intéressant, surtout quand on le lit comme un "nous" communautaire: NOUS les écrivains, par extension MOI l'écrivain qui sert de modèle fantasmatique à ce personnage troublé qu'est Bill Gray.
Bien sûr, c'est la seule chose qui peut lui être attribuée, mais son fantôme plane sur le livre, sa figure invisible sourd des marges et le lecteur est en constant dialogue avec lui. Bill Gray n'a rien à voir avec l'image qu'on se fait de Pynchon, qu'on a plutôt tendance à imaginer comme l'antithèse de ses propores personnages paranoïaques, mais il est, jusqu'à un certain point, ce qu'aurait été Don DeLillo s'il avait été Thomas Pynchon. Après tout, quel écrivain ne voudrait pas être Thomas Pynchon?
En 1982, dans un entretien offert au New York Times Book Review (10 octobre), DeLillo disait ceci: "Somebody quoted Norman Mailer as saying that he wasn't a better writer because his contemporaries weren't better. I don't know whether he really said that or not, but the point I want to make is that no one in Pynchon's generation can make that statement. If we're not as good as we should be it's not because there isn't a standard. And I think Pynchon, more than any other writer, has set the standard. He's raised the stakes." Dans une entrevue récente, accordée à Ed Ceasar, du London Sunday Times (21 février 2010), il affirmait ceci: "In the 1970s, when I started writing novels, I was a figure in the margins, and that's where I belonged. If I'm headed back that way, that's fine with me, because that's always where I felt I belonged. Things changed for me in the 1980s and 1990s, but I've always preferred to be somewhere in the corner of a room, observing."
MAO II est un de ces romans qui appartiennent à ces "eighties and nineties" qui ont changé les choses pour DeLillo, et ce n'est pas pour rien qu'il fait sortir Bill Gray de son univers clos et retiré, tout en laissant planer une ambigüité illocutoire, permettant au lecteur d'attribuer le récit à la plume de Gray, dans un enchevêtrement narratif sans solution. C'est un commentaire sur ce qu'il est devenu, sur ce qu'il n'a jamais été, et c'est aussi un commentaire sur la voix, l'autorité, l'attribution et l'inévitable besoin de créer des liens subjectifs entre le lecteur et l'écrivain, tous deux sous toutes leurs formes. L'hommage à Pynchon est partout et nulle part à la fois, un peu parce que Bill meurt dans des circonstances plus que pathétiques, un peu parce que Bill Gray est peut-être tout simplement en train d'écrire ce que l'on lit, et un peu parce que Bill Gray, comme dirait Don Foster, "[...] was not Pynchon and never pretended to be." (AU, p. 220)


Gaga

Viens de regarder le dernier clip de Lady Gaga, TELEPHONE, avec Beyoncé.

Besoin de temps pour m'en remettre.

Ouf.

9 minutes 30 de décapage visuel.

That girl rocks.

dimanche 14 mars 2010

Divagação


O projeto inicial foi de descrever a minha incursão lenta e difícil numa língua alheia. Descrever o jeito meu de cair sem medo no poço profundo duma outra realidade linguística.

Seja lá o que isso queira dizer.

Essa última frase não é minha, claro. Ela fica fora do meu alcance. Não possuo um português tão certo. Peguei imprestado dessa frase ao meu amigo Adolpho, cujo uso do subjuntivo é, por assim dizer, impressionante.
O que é natural numa pessoa sempre me impressiona, porque revela uma qualidade essencial que se afasta da personalidade construida. Os subjuntivos de Adolpho são como as minhas negações pronominais em francês. São naturais e instintivos, portanto maiores que qualquer esforço intelectual.

Na verdade, escrevi este textinho só pra usar aquela frase, que vou repetir imediatamente:

SEJA LÁ O QUE ISSO QUEIRA DIZER.

Acho que não somente é uma frase ao redor da qual revolvem as outras que acabei de escrever, mas, além disso, é uma frase que representa exatamente o que estou tendando fazer com a linguagem.

samedi 13 mars 2010

KICK

KICK, d'Étienne Lepage, c'est vraiment bon.

Le seul problème avec Étienne, c'est qu'il n'accepte jamais mes interprétations de ses textes. Il a pas encore compris que l'auteur est mort depuis genre 1968, et que l'interprétation du destinataire (moi, en l'occurrence) est foutrement plus importante que ce que lui-même pense de sa propre pièce. Chaque fois que je lui glisse un mot sur ma vision d'un personnage, ou d'un monologue, il se braque.

Remarque, il se défend bien, c'est pas comme s'il était un imbécile incapable de s'auto-analyser, mais disons qu'il est réfractaire, rébarbatif, ouais, à la moindre critique interprétative qui s'écarterait de son schéma créateur.

Je le connais depuis qu'on a douze ans. Il a toujours été suprêmement intelligent, baveux et irrésistible. L'adverbe "suprêmement", ici, s'accole bien sûr aux trois épithètes successives. Il a longtemps fait figure de surmoi, un peu, dans ma vie.

Je lui ai dit, mardi soir, à la première: Tu sais, je pense que la différence entre ROUGE GUEULE et KICK, c'est que dans ROUGE GUEULE tu as écrit des choses qui ne se disent pas, et que dans KICK, tu as écrit des choses qui se disent.

ROUGE GUEULE c'est une série d'aveux perturbants dans le confessionnal intime de chacun des personnages.
KICK c'est une série de vantardises adolescentes dans un party où on se rappelle avoir été invité en 1994.

Et il m'a répondu: Hum hum, je vois ce que tu veux dire, mais...

Et quand Étienne Lepage commence une phrase avec un Oui, mais... T'es mieux de mettre tes culottes et de sortir l'artillerie de ton argumentation sinon il va te kicker la gueule en sang avec une éloquence, comment, consommée.

Allez voir la pièce, c'est au théâtre Aux Écuries, jusqu'au 27 mars. Ça vaut fucking la peine. Pis en plus c'est un beau petit théâtre. Je le recommande surtout à ceux qui seraient tannés des niaiseries du Quat'sous.

Moi, quand je suis sorti de la salle, je l'ai serré dans mes bras pour lui dire bravo, sincèrement. Je veux dire il l'ont écrit dans le VOIR: C'est l'année d'Étienne Lepage.

Brainstorm 4

MAO II est-il "écrit" par Bill Gray? Poser la question, c'est y répondre, puisque l'hypothèse est incluse dans le texte, elle le sous-tend et le fait avancer. Après tout, le glissement qui s'opère dans le pacte de lecture, à partir du moment où on attribue à Gray les passages qui concernent l'otage, se fait presque automatiquement et, qui plus est, de façon tout-à-fait naturelle. Revenir sur le livre entier, c'est constater les failles légères mais fascinantes d'une trame qui ne serait pas dirigée, orchestrée par Bill Gray, dans une représentation littéraire de ses propres fantasmes non pas d'écrivain, mais d'homme de chair et d'os, à la fois citoyen agissant et amant charismatique. Deux facettes de lui-même auxquelles il a renoncé en se cachant pour ne plus participer à la vie sociale. À partir du moment où on accepte de lire MAO II comme une fantasmagorie, les éléments se replacent un à un, et on ne peut que constater qu'en fait, tout tourne autour de Gray et sa conception du monde, de son rôle dans ce monde et de son grand "retour" à la vie, en-dehors de l'écriture, contre l'écriture. Il cherchera à séduire Brita, photographe qui, invitée spéciale dans la retraite de Gray, représente son premier véritable contact avec le monde extérieur depuis des années. Il se sauvera de Scott, son secrétaire, sa Némésis, sa conscience, son fan castrateur. Il se libérera de ce rôle de fantôme et de mythe, qu'il n'a jamais vraiment voulu, en retrouvant le sens réel de l'engagement social: prendre part, participer. Et comme il ne croit plus à la littérature, ni au pouvoir du roman, il partira en quête du concret, des bombes, des complots, des terroristes et des machinations obscures.
Pour le lecteur attentif, la trame narrative de MAO II, surtout à partir de la fuite de Gray vers New York et Londres, se révèle bourrée d'indices qui déconstruisent le contrat de lecture "réaliste". Des indices textuels et narratifs qui donnent à voir une double-énonciation contradictoire. D'une part, la trame terroriste est fantaisiste, voire absurde, les motivations des terroristes sont pratiquement collées sur les idées que Bill a énoncé plus tôt dans le livre à propos du rôle social perdu de l'écrivain: celui d'être dangereux. D'autre part, que l'écrivain lui-même se retrouve quelques pages plus loin en plein complot terroriste, seul acteur social à pouvoir l'enrayer, témoigne pour le lecteur du fait que Bill est probablement en train de réaliser, en écriture, son propre désir d'être responsabilisé et indispensable.

Cela dit, cette double-énonciation, d'un narrateur omniscient typique de DeLillo et d'un narrateur qui serait la "voix" de Bill, est contradictoire dans la mesure où le lecteur, à partir du moment où il place le puzzle et se met à attribuer l'énonciation à Bill (ou du moins à sa plume fictive), oublie qu'il est en train de jouer sur deux plans en même temps: celui de l'autobiographie et celui du discours. Or, donner un caractère autobiographique au "discours" de MAO II, c'est reconnaître par le fait même qu'il ne saurait y avoir de discours autobiographique à l'intérieur d'un roman qui est signé par un autre (en l'occurrence l'auteur réel : Don DeLillo) et qui offre une narration continue, ne serait-ce que dans le principe de la "voix" delilienne, évoquée plus haut, stable, fixe, diamantaire. Si toute la narration est assumée par une "voix", comment attribuer celle-ci à Bill Gray, qui après-tout n'est rien d'autre qu'un personnage, raconté par cette même voix. Le lecteur veut donner la "trame" à Bill, parce qu'elle lui glisse des doigts dans son improbabilité, qu'elle est trop absurde pour être confiée (dans un contrat de lecture "réaliste", encore une fois) à l'architecte réel DeLillo, mais en opérant ce glissement énonciatif, il détruit lui-même les balises nécessaires à sa propre construction imaginaire: il n'y a pas de hors-texte qui puisse valider l'hypothèse autobiographique, Bill Gray est, et restera, une simple figure du texte, même si le texte semble défiler devant nos yeux comme une mise en scène de ses propres fantasmes.

Ce jeu paradoxal de DeLillo sur l'énonciation est d'autant plus intéressant qu'il oblige le lecteur à marcher sur le fil ténu de l'identification auteur-narrateur, tout en permettant à l'auteur réel de garder une distance confortable face au principe biographique: certes, Bill Gray et Don DeLillo sont écrivains, certes, certaines opinions émises par Bill Gray pourraient très bien être assumées par Don DeLillo, mais la posture de romancier qui est présentée dans MAO II, à travers la figure de Bill Gray, n'a rien à voir avec celle de DeLillo.

L'écrivain fantôme, ce n'est pas lui, c'est Thomas Pynchon. Et comme personne ne connaît Pynchon, il était tout-à-fait possible pour DeLillo de "créer" Bill Gray comme une forme d'hypostase de ses fantasmes et du mythe de l'écrivain invisible.

vendredi 12 mars 2010

Sigles

Ça fait longtemps que les occidentaux trippent sur les acronymes. Depuis des lustres on appelle les organismes locaux, régionaux, nationaux, internationaux, par leurs sigles. Il y a eu la SDN après la première guerre. Ensuite l'ONU, l'OTAN, l'OLP, les milliers de partis communistes qui s'appellent tous PC. Il y a eu et il y a encore la SAAQ, la SAQ, le MICC, le WWW, le PQ, le PLQ, l'ADQ.

Ce qui est drôle, c'est que les gens trippent tellement sur les acronymes que depuis quelques années, une nouvelle tendance a pris le dessus, celle de choisir le nom de l'organisme en fonction du sigle, pour que ça sonne bien, intello, profond, complexe, marketing, je sais pas. C'est particulièrement vrai dans le milieu académique, et c'est encore plus particulièrement vrai au quatrième étage du pavillon Judith-Jasmin, au département d'études littéraires de l'UQAM. On a plusieurs groupes de recherches avec des sigles comme:

Le SELECTIF : Savant et Espace du Laboratoire : Épistémo-Critique de Textes Irrigués par la Fiction.

ÉRIC LINT: Équipe de Recherche sur l'Imaginaire Contemporain. Littérature, Imaginaire et Nouvelles Textualités.

ARTHEMIS: Advanced Research Team on History and Epistemology of Moving Image Study.

Le CIRQUE: Centre Interdisciplinaire de Recherche sur la Quintessence Ethnolinguistique.

Le POST: Poste d'Observation Synchronique du Tangentiel.

Le CELAT: Centre Interuniversitaire d'Études sur les Lettres, les Arts et les Traditions.

L'ORIGAMI: Observatoire des Résurgences Interculturelles: Guinée-Bissau, Anse-aux-Chauvins, Marianopolis et Inversness.

L'AUDELA: Antenne Uqamienne sur la Diversité des Études en Littérature Américaine.

Ok, j'arrête de niaiser: le dernier, j'aimerais ça qu'il existe pour de vrai.

jeudi 11 mars 2010

En quelques lignes

Je ne prétendrai pas avoir des centaines de lecteurs, et je sais que je parle un peu dans le vide, mais je veux quand même me permettre de faire une petite pub en forme d'hommage à ce blogue merveilleux qu'est EN DEUX LIGNES.

Le sous-titre annonce "La fois où on était concises" et c'est en effet d'un effort de concision qu'il est question ici. Une phrase, deux phrases, lourdes de conséquences la plupart du temps, auto-référentielles, auto-dépréciatives, cabotines et provocatrices. Des histoires complètes de manques et de trahisons et autres petits bonheurs quotidiens, avec pour seule contrainte cette idée de ne jamais dépasser deux lignes de texte.

Ce sont trois filles, qui ont chacune une (des) personnalité(s) et une (des) voix bien différentes. Parfois ça joue sur le mélancolique, parfois c'est caustique. C'est presque toujours bon. Elles écrivent de façon sporadique, parfois trois nouvelles entrées en une semaine, parfois une seule en un mois. On se surprend à les attendre. Je ne suis pas sûr qu'elles se connaissent personnellement, qu'elles sont des amies, de toute façon on s'en fiche. C'est un espace de création et de réflexion en miniature qui me plaît et que je respecte au plus au point, parce que la littérature, d'une certaine manière, ce sera toujours ce que le texte ne dit pas. Et là, en deux lignes, on ne dit presque rien, on murmure quelque chose qui n'est pas vraiment de l'ordre de l'absolu et de la transcendance, mais qui se rapproche plus de la petite vérité ponctuelle, la seule valable, la seule qui soit préhensible.

La première intervention, en décembre 2008, est de Sara:

01

Les pieds prisonniers du béton frais
des fondations d'une maison.

La cent-seizième, en avril 2009, est d'Audrey:

116

pas vraiment hâte à plus tard, l'été me pue au nez
c'est con de même, mais je les aime, l'ici et le maintenant.

La dernière en date, la deux cents quarante-septième, de mars 2010, est de MJ:

247

Je suis comme la Root Beer.
Choisis pourquoi.

Et parlant de MJ, c'est aussi elle qui signe ce "blogue de marde", pour la citer, qui s'appelle LAVER SES CHOSES DANS UN ENDROIT CRADE, où desfois on retrouve ses interventions sur EN DEUX LIGNES, modifiées, ré-élaborées, pis d'autres fois non. Elle est probablement super chiante dans la vraie vie, mais elle a une plume vraiment efficace, surtout dans sa capacité justement, à jouer sur l'auto-ironie et le sarcasme cinglant. (Le sarcasme cinglant?) En plus, elle a une place réservée dans le parking à Saint-Henri parce que c'est la première personne que je ne connais pas personnellement, je veux dire une lectrice inconnue, donc une vraie lectrice, qui est venue se stationner ici.

Son commentaire sur ce post, si elle en fait un, va probablement ressembler à : "Ta yeule sti de whack."




mercredi 10 mars 2010

Brainstorm 3

C'est peu dire qu'il y a un problème d'énonciation dans MAO II. Le doute du lecteur s'installe à partir de la deuxième partie, qui s'ouvre sur un chapitre décrivant les tortures physiques et psychologiques subies par un jeune poète suisse dont on ne sait rien sauf qu'il aurait été kidnappé par un groupe de révolutionnaires libanais. La prise de parole, comme d'habitude chez DeLillo, se fait en mode de discours indirect libre, se mouvant constamment entre la voix trouble d'un narrateur hétéro-diégétique en focalisation interne et les pensées du personnage, ses impressions, ses jugements. L'écriture de DeLillo fonctionne toujours de cette façon, alors qu'elle empêche le lecteur d'attribuer concrètement les phrases, qui s'enchaînent les unes aux autres, à une instance précise. Est-ce le narrateur qui s'exprime, cette voix surpuissante, scripturale certes, mais trop incarnée, trop idiosyncratique pour être purement un "moyen de raconter", d'emmener le lecteur d'un point A à un point B, comme on parlerait d'un "moyen de transport"? Est-ce le jeune homme, souffrant, qui pense et s'exprime de cette manière littéraire, ciselée? À "qui" doit-on attribuer des phrases comme "Time became peculiar, the original thing that is always there." (p. 107)? Qui les pense? Qui les énonce? Comme d'habitude, chez DeLillo, cette "voix" est d'une profondeur infinie, et dans sa beauté esthétique, rythmique, et dans la complexité de son attribution. La différence, ici, dans ce passage particulier, c'est que MAO II est un roman d'écrivain. Un roman d'écrivain fantôme.
Bill Gray, une fois arrivé à Londres après avoir quitté pour la première fois en plusieurs années son repaire dans les bois, s'intéresse de plus en plus au jeune homme qu'on a enlevé. Après tout, il est ici pour lui, pour essayer de le sauver. Son ancien éditeur et ami, Charles Everson, qui appartient à un groupe de défense des droits humains, l'a convaincu d'embarquer avec lui dans une opération médiatique d'envergure qui sera la seule manière de libérer le prisonnier. Il explique à Bill: ce n'est qu'un échange de bons procédés, ils veulent de la publicité, nous en voulons aussi, nous allons parler d'eux parce qu'ils nous permettent de parler de nous. C'est simple, efficace, extrêmement tordu et construit comme une intrigue sortie tout droit... d'un roman de Don DeLillo.
La narration de la partie deux est surtout focalisée sur Bill et contient quelques passages centrés sur le jeune poète emprisonné. Ces passages sont particulièrement intéressants et problématiques dans la mesure où on lit quelque fois que Bill, à Londres et en Grèce ensuite, prend des notes mentales, qu'il essaie de décrire, d'écrire ce jeune homme. Le lecteur hésite à savoir si Bill lui-même n'est pas l'auteur de ces passages, à partir du moment où il lit, plusieurs pages plus loin, que l'écrivain "pense" à l'otage, de façon obsessive: "He tried to put himself there, in the heat and pain, outside the nuance of civilized anxiety." (p. 154).
Là où le bât blesse, c'est qu'à partir de là, comme la prose ne change pas, comme l'éloquence delilienne reste impeccablement stable, limpide, majestueuse, il n'y a qu'un pas à faire pour que l'édifice narratif en entier s'écroule, et qu'on se mette à assumer que le roman n'est "écrit" par nul autre que Bill Gray. Un Bill Gray qui fantasme sa propre vie de terroriste littéraire, cette vie qu'il aurait souhaité mener, lui qui a cette nostalgie d'un temps où l'écriture romanesque était dangereuse: "Years ago I used to think it was possible for a novelist to alter the inner life of the culture. Now bomb-makers and gunmen have taken that territory. They make raids on human consciousness. What writers used to do before we were all incorporated." (p. 41)

Lost in translation

Comme Will et moi sommes en train de traduire, pour des raisons académiques, un des textes les plus plates que j'ai jamais lu, je me suis mis évidemment à réfléchir à des questions d'adaptation, de mauvais choix de mots, de formules langagières irréconciliables.

Et je me suis souvenu de la pire traduction du monde (déjà deux superlatifs, mais bon), qui m'avait frappée quand j'étais plus jeune et que je ne lisais pas encore les romans américains directement en anglais.

Comme je voulais être certain de ne pas être en train de me forger un faux souvenir, je suis allé fouiller dans mon vieil exemplaire traduit du bouquin de Kurt Vonnegut, LES SIRÈNES DE TITAN, roman extraordinaire, comme tout les romans de cet auteur. Troisième superlatif, mais bon.

Le passage était toujours le même, inchangé, immanquable, étrange:

"Les hommes avaient défilé au son des tambours et les tambours scandaient:
Louer une tente, une tente, une tente
Louer une tente, une tente, une tente
Louer une tente!
Louer une tente!
Louer une, louer une tente."

Bon.

En lisant ça je m'étais dit, mais pourquoi diantre les tambours scandent-ils "louer une tente"? Je m'étais alors mis à réfléchir. À froncer les sourcils. À faire la face de Larry David dans CURB YOUR ENTHUSIASM quand il se méfie de quelqu'un et qu'il le soupçonne de lui mentir. Et soudainement j'ai compris. J'ai recréé dans ma tête le texte original. Qui devait être quelque chose comme ça:

"Rent a tent, a tent, a tent
Rent a tent, a tent, a tent
Rent a tent!
Rent a tent!
Rent a, rent a tent."

La traductrice, Monique Thies, avait traduit mot pour mot cette reconstruction phonétique du son des tambours par Vonnegut. "Rent a tent", comme rat-tat-tat, devenait donc "louer une tente".

Mon quatrième superlatif: c'était fucking la plus poche traduction de l'histoire.

mardi 9 mars 2010

Carente de mim

Faut que je me pousse d'ici.
Faut que je fasse un voyage.
Faut que j'aille voir là-bas si j'y suis.
Tout de suite.

Tenho que sair daqui.
Tenho que fazer uma viagem.
Tenho que ir pra ver se estou ali.
Logo de cara.

En trois lignes

Will était le genre de gars qui s'était inscrit dans un atelier du syndicat de la construction histoire de se faire des muscles pendant l'été et qui te parlait toujours de cette expérience en lien avec un estie de gros livre de David Foster Wallace.

Petit chef-d'oeuvre

Luciana vient de m'envoyer le lien vers un court métrage des Studios Disney, datant de 1942. Je l'avais déjà vu, mais ça vaut la peine de le savourer une fois de plus. On a toujours tendance à critiquer l'aspect conservateur et racoleur des grands films de Walt Disney, avec toutes ces princesses, ces grenouilles et ces valeurs morales claires, nettes, frettes, sèches, mais ça nous fait oublier toute la partie plus "abstraite" de son œuvre, ces petits bijoux pas nécessairement narratifs, hyper auto-réflexifs, dans lesquels il a vraiment défini le cinéma d'animation.
Et encore une fois, ça donne une certaine nostalgie de cette époque révolue où Donald Duck pouvait se permettre de prendre un shooter de cachaça et cracher du feu tellement c'est fort et allumer par la même occasion le cigare de son ami Zé Carioca, de l'autre côté de la table.

Pour ceux et celles qui sont des fans d'Alice Roby, vous allez reconnaître les mélodies.

Pis ça donne fucking le goût d'aller chiller à Copacabana.

Eis o Pato Donald com o Zé Carioca:


video

lundi 8 mars 2010

Gatinho

La semaine prochaine, mon petit frère pis moi, on va aller m'acheter un chaton. Encore un chaton, le quatrième en deux ans.

J'espère qu'il va pas mourir. D'aucune façon, de n'importe quelle façon.

Il va sûrement être rouquin, parce que c'est les plus cool. Pis il va s'appeler Walt.

Pour Walt Whitman.

Pis il va traverser l'Amérique en chantant SONG OF MYSELF.

I CELEBRATE myself, and sing myself,
And what I assume you shall assume,
For every atom belonging to me as good belongs to you.

dimanche 7 mars 2010

Rest In Peace

Encore un qui s'est suicidé. Mark Linkous. Le gars derrière SPARKLEHORSE, un band pas très connu mais qui mérite de l'être. C'était une mort annoncée, je pense qu'il avait déjà fait des tentatives et des overdoses entre guillemets.

Rien d'autre à faire que de se repasser ses disques, mélancoliques, d'une beauté étrange et apaisante à la fois, pis essayer de s'empêcher de trouver des signes annonciateurs dans ses paroles.

IT'S A WONDERFUL LIFE

I am

the only one
can ride that horse
th'yonder

I'm full of bees
who died at sea

it's a wonderful life
it's a wonderful life

I wore
a rooster's blood
when it flew
like doves
I'm a bog
of poisoned frogs

it's a wonderful life
it's a wonderful life

I'm the dog that ate
your birthday cake

it's a wonderful life
it's a wonderful life
it's a wonderful life

vendredi 5 mars 2010

Brainstorm 2

Si l'écrivain est la figure en creux du texte, comme l'écrit Maurice Couturier, cette instance invisible vers laquelle tend irrémédiablement la quête d'ordre du lecteur, dans un dialogue impossible, mais toujours soutenu par la confrontation des stratégies de lecture et des stratégies textuelles, que faire de l'homme réel qui se cache délibérément, non pas derrière un pseudonyme, mais derrière ce nom propre qui est la seule vérité à laquelle on puisse s'accrocher, engendrant le mythe par le vrai et l'inaccessible au lieu de l'alimenter par le fictif et le subterfuge biographique? C'est parce que Réjean Ducharme, Thomas Pynchon et J. D. Salinger portent leurs vrais noms qu'ils sont plus fascinants que Mark Twain ou Rosamond Smith. Ou du moins fascinants d'une toute autre manière.
Et comment évaluer correctement la part de fantasme et de jeu mimétique qui sous-tend la représentation même de cet homme dans le texte, par exemple chez Don DeLillo, dans MAO II, où Bill Gray vit au creux d'une forêt, planchant depuis dix ans sur son ultime roman, protégé du monde par un secrétaire fidèle qui s'occupe de ses affaires publiques, fantôme de chair et d'os, spectre écrivant enseveli sous des phrases qui sont plus que jamais les tenants et aboutissants de la signification, puisque le lien auctorial est rompu. L'image de l'écrivain fantôme, la posture de cet homme qui refuse de jouer le jeu de l'après-texte, qui refuse son autorité en s'effaçant, en se gommant littéralement du monde de la réception, devient la métaphore parfaite de la figure de l'auteur telle que décrite par Couturier, un actant envahissant dans le texte qui orchestre sans cesse sa fuite du lecteur. Mais une voix qui répète constamment "non, je ne suis pas là, c'est mon texte qui est là", n'est-elle pas aussi autoritaire que celle de Balzac?

L'Amérique et ses écrivains fantômes, brainstorm

D'entrée de jeu, c'est difficile de résister à la tentation de simplement raconter cette histoire, comme le ferait un détective à la retraite, devant un café, à la fin d'un roman de McCarthy, en laissant les faits parler d'eux-mêmes, démontrer, par leur simple existence, le sens qu'ils prennent à travers leur juxtaposition. De les placer les uns après les autres, de les superposer et de les intercaler, c'est un peu comme de céder à une astrologie trop fascinante en soi pour ne pas y croire ou vouloir y croire ne serait-ce qu'une seconde. L'histoire Américaine est non seulement pleine de ces coïncidences quasi mystiques, elle s'en nourrit, elle s'est pratiquement construite grâce à elles, sur les bases d'une numérologie occulte et de théories logarithmiques qui fonctionnent, qui disent des choses, parce que l'Amérique est une nation qui parle plus qu'elle n'écrit, qui s'est écrite en se parlant, et on sait tous que les paroles sont éphémères, malléables et surtout invérifiables. En Amérique, ce n'est pas simplement le tireur qui est remis en question, à cause de la complexité sans fin de l'évènement en direct, ce n'est pas seulement Oswald et Kennedy que l'on relie dans une boucle éternelle de complots et de conspiration qui mènent de Cuba à Langsley, VA, mais aussi des assassinats séparés par cent ans d'histoire, Kennedy et Lincoln, parce que n'est-il pas inquiétant et captivant de pointer les faits, irréfutables, les faits, les nombres, les chiffres, les concordances. Ils existent, ces faits, ils sont universels, indéniables. Les dire, les relier dans leur beauté pure d'abstractions pour en faire des équations en miroir, c'est les rendre Américains.
L'Amérique, c'est cette machine à transformer un fait en concordance. Mais en même temps, c'est presque impossible d'y résister. Comment résister à ça: Lincoln a été abattu dans un théâtre du nom de Ford. Kennedy a été abattu dans une Lincoln, voiture manufacturée par Ford. Oswald a tiré ses coups de feu à partir d'un entrepôt pour se réfugier ensuite dans un théâtre. Booth a tiré ses coups de feu dans le théâtre pour se réfugier ensuite dans un entrepôt. John Wilkes Booth, ce sont 3 noms composés de 15 lettres. Lee Harvey Oswald, ce sont 3 noms composés de 15 lettres. Le successeur de Lincoln à la Maison Blanche fut Andrew Johnson, né en 1808. Le successeur de Kennedy à la Maison Blanche fut Lyndon Johnson, né en 1908.
Pour un littéraire, ces données sont jouissives, parce qu'elles permettent de comprendre non pas une vérité spéciale de l'univers, une conjonction des planètes ou des astres, mais pourquoi les Américains sont de si bons romanciers. Elles sont l'extension sociologique d'une phrase sublime qu'on retrouvait dans THE CRYING OF LOT 49, de Thomas Ruggles Pynchon Jr., au milieu d'une série de phrases sublimes: "The reality is in this head. Mine. I'm the projector at the planetarium, all the closed little universe visible in the circle of that stage is coming out of my mouth, eyes, and sometimes other orifices also. "

My international self

J'ai reçu le programme provisoire du colloque sur les figurations de l'auteur, à Louvain, en Belgique, auquel je vais participer. Comme je trouve ça vraiment cool de voir mon nom comme ça, je le mets en copie ici. Je suis tout excité. C'est dans deux mois. Reste plus qu'à l'écrire, c'te communication.

« Figurations de l’auteur. L’écrivain comme ‘objet’ culturel »
UCL, 6-8 mai 2010 Louvain-la-Neuve, Collège Erasme, Salle du Conseil

Programme provisoire

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Jeudi 6 mai : Ancrages de la figuration
Matinée (9h-12h30)
1. David Martens (FNRS/UCL), Introduction
2. Michel Lisse (FNRS/UCL), « L’auteur en lecteur »
3. Jean Leclercq (UCL) & Nicolas Monseu (UCL & FUNDP), « Ce sont les philosophes qui font les écrivains" : Michel Henry le "postkafkaïen". »
4. Jean-François Chassay (UQAM), «Hérédité, gène, filiation: éternelle diffraction de la figure de l'écrivain »
Après-midi (14h-17h30)
5. Gisèle Sapiro (CNRS), titre à préciser
6. Sophie Marcotte (Concordia), « Gabrielle Roy posthume: (re)construction du mythe »
7. Kirby Joris (FNRS/UCL), titre à préciser
8. Jean-François Hamel (UQAM), « Mallarmé, la vieille taupe du texte »
Soirée (18h00)
9. Entretien avec Jean-Benoît Puech
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Vendredi 7 mai : Postures emblématiques
Matinée (9h-12h30)
10. Jérôme Meizoz (Lausanne), « Ceci est mon corps : Jean-Jacques Rousseau »
11. Geneviève Sicotte (Concordia), « Les maîtres du superflu. Luxe et économie chez les écrivains de la fin de siècle »
12. Olivier Odaert (UCL), titre à préciser
13. Sylvain David (Concordia), « "Le sceptique de service d'un monde finissant" : Cioran au propre comme au figuré »
Après-midi (14h-18h00)
14. Charline Pluvinet (Rennes II), titre à préciser
15. Clarence L'inspecteur (UQAM), « "It's Thomas Pynchon's House: Come On In". L'Amérique et ses écrivains fantômes
16. Simon Brousseau (Laval) : « Je est tout le monde et n'importe qui : représentations de l'écrivain dans Microfictions de Régis Jauffret »
17. Anouck Cape (Paris X) : titre à préciser
18. Serge Dupont & Nicolas Pinon (UCL) : « Figurations de l'écrivain et post-modernisme. Eclairage consubstantiel psychosocial et intrapsychique »
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Samedi 8 mai : Portraits imagés
Matinée au Centre audio-visuel (9h-12h30)
19. Philippe Marion (UCL), titre à préciser
20. Julien Milly (Paris III), « L’écrivain et ses ombres dans le cinéma contemporain »
21. Gilles Ménégaldo (Poitiers), titre à préciser (sur les figures d’écrivains dans le cinéma de Woody Allen)
22. Jean-Louis Tilleuil (UCL), « L’autofiction dans la BD contemporaine »
Après-midi (14h-18h)
23. Emmanuel Bouju (Rennes II), titre à préciser
24. Pablo Decock (UCL), titre à préciser
25. Mathilde Barraband (UQAM), « Figures de l'écrivain dans l'essai contemporain au Québec »
26. Natacha Levet (Limoges), « Qu’est-ce qu’un auteur de polar? Représentations et postures de l’auteur de roman noir »
27. Bertrand Gervais (UQAM), « L’entité sentinelle Chloé Delaume : avatars littéraires et formes d’extimité »


Il se pourrait fortement que dans les prochaines semaines, ce blogue se transforme en espace de réflexion personnelle qui me permettra de mettre en place un canevas pour cet article. Why not? À la place d'écrire des brouillons sur Word, écrivons des brouillons sur le net. Même pas besoin de sauvegarder.

mercredi 3 mars 2010

Jogging

Fuck, je suis allé courir hier midi, sans m'échauffer, me réchauffer, m'étirer, rien. Avec une patche de nicotine collée sur le bras gauche pis des plaques de neige molle sur la piste cyclable du canal. Après trois tounes de samba pis une complainte de Nina Simone, je suis rentré en marchant, en crachant des petits fuseaux de salive hyper compacte qui allaient loin, essoufflé comme le caliss, mais de bonne humeur.

Fuck, j'avais mal aux yeux tellement il faisait beau, le ciel était (comme dirait Annie Dulong) d'une pureté de 11 septembre. Le château St-Ambroise était à sa place habituelle, toujours en contraste orange avec le bleu. Quelques humains et des milliers de labradors et de golden retrievers. L'odeur de sapin comme sucrée quand... ah, ta yeule.

Mais fuck, là j'ai juste mal aux jambes pis il fait pas si beau que ça. Je me donne l'impression d'avoir cent deux ans, à m'aider d'une main avant de m'asseoir devant l'ordi. Pas grave, je me remonte le moral en me disant que j'ai déjà raconté des anecdotes auto dépréciatives dans des situations inusitées et périlleuses.

***

Le roman de Lorrie Moore, A GATE AT THE STAIRS, est pas si bon que ça, mais comme je finis les livres, moi, je vais le finir, moi.