Hier soir en revenant d'une soirée entre amis, mh et moi on a été témoins d'un sérieux accident de voiture juste à côté de chez moi, en dessous du viaduc du chemin de fer sur Notre-Dame. On venait de passer sous le pont quand on l'a entendu s'en venir, le gars, vraiment trop vite. Au début c'était juste comme un crissement de pneus, et soudainement on a vu la voiture arriver, au fond de la rue, et s'engager en zigzaguant dans la pente sous le viaduc et on s'est tout de suite pris le bras parce qu'on a vraiment eu l'impression qu'elle s'en venait vers nous. Le gars a complètement perdu le contrôle, il a percuté une des grosses poutres de béton du viaduc presque en face-à-face, presque perpendiculairement. Il y avait quelques personnes qui se suivaient de près sur Notre-Dame, on sortait du même dernier métro. On s'est tous garrochés sur nos cellulaires pendant qu'une courait vers la caserne de pompiers juste à côté et que d'autres allaient vérifier si le gars était encore en vie.
On a eu de la difficulté à s'endormir. Ça m'a rappelé mon propre accident il y a quelques années, qui n'avait pas été aussi violent, mais qui nous avait brassé en esti, la fille qui conduisait et moi. La nuit dernière j'ai été frappé par la même impression qu'après mon accident, une impression étrange d'immobilité solennelle qui suit la perte de contrôle, l'extrême rapidité des mouvements et la violence d'un impact. La réalité se met subitement à bouger à une vitesse absolument incontrôlable, folle, comme fluide, te faisant perdre toute notion du temps, et une fraction de seconde plus tard plus rien ne bouge, tout est arrêté, stoppé par le choc extrême du monde physique. Reste juste à vérifier si t'es mort ou vivant.
samedi 31 juillet 2010
vendredi 30 juillet 2010
jeudi 29 juillet 2010
Ma mère et ma chatte
L'autre jour je suis allé acheter une petite chatte vraiment mignonne à la SPCA avec ma mère pis quand la fille qui travaillait a dit que la petite chatte vraiment mignonne allait avoir ses premières chaleurs probablement bientôt ma mère a fait une blague super awkward, elle a dit, comme j'ai une nouvelle amoureuse, elle a dit, comme j'ai une fille dans ma vie, elle a dit, comme je ne suis plus seul maintenant, elle a dit, comme je suis amoureux, elle a dit bon ben ça va te faire deux chattes en chaleurs dans l'appart.
AWKWARD
(écrit en caractères qui bougent pis en couleurs comme sur les billets de Patty,
mais j'ai pas de budget
pis j'habite dans un quartier prolétaire
faque je peux juste me payer une certaine boldness)
mais j'ai pas de budget
pis j'habite dans un quartier prolétaire
faque je peux juste me payer une certaine boldness)
Cette petite chatte vraiment mignonne s'appelle Gertrude, mais comme elle a un pouce sur la patte droite, on a le droit de l'appeler simplement Puss.
***
Trop top cool! Patty vient de m'envoyer un truc chose qui bouge......
***
Trop top cool! Patty vient de m'envoyer un truc chose qui bouge......
mercredi 28 juillet 2010
À l'oreille
Simon: N'est-il pas venu le temps où la littérature québécoise doive, dusse, se doive de, ait, se dusse d'avoir une réflexion profonde sur l'oralité?
Clarence: Oui Simon, tu as tout-à-fait raison, car, me semble-t-il, nous avons de la misère en titi à bien rendre le discours oral dans les dialogues.
Simon: Ah! Comme tu dis vrai! C'est texactement ça, Clarence, mon cher.
Clarence: Tout cela est si artificiel, ne trouves-tu pas?
Simon: Sans aucun doute. Il y a dans tout cela un goût de plasticité insupportable. Et pourtant les écrivains québécois se posent la question depuis il y a belle lurette au moins.
Clarence: Oui Simon, c'est vrai ce que tu avances, comme argument.
Simon: Ah! Moi ils me font chier avec leur ne ne ne.
Clarence: Veux-tu dire leurs négations?
Simon: Oui Clarence, leur ne ne ne à n'en plus finir lorsqu'un personnage dit je n'ai pas faim ou je ne veux plus manger de ce plat.
Clarence: Et que dire de l'orthographe discutable de certains mots zé expressions zargotiques!
Simon: Ah là là! Cela me donne le goût de chier dans ma culotte.
Clarence: Si cela n'était juste que de moi, je ferais le grand ménage là-dedans que cela ne serait pas long.
Simon: Je leur en crisserais une bonne de ces taloches qu'ils s'en souviendraient pour tout l'or du monde.
Clarence: Et je pisserais dans leur jeu de quille que ça les ferait voir de quel bois je me chauffe.
Simon: Esti de gang de taouins que je sais pas trop comment ça s'écrit mais fuck off.
Clarence: Fuck off.
Simon: On vas-tu péter des yeules de ti-culs obèses?
Clarence: Mouais, why not.
Clarence: Oui Simon, tu as tout-à-fait raison, car, me semble-t-il, nous avons de la misère en titi à bien rendre le discours oral dans les dialogues.
Simon: Ah! Comme tu dis vrai! C'est texactement ça, Clarence, mon cher.
Clarence: Tout cela est si artificiel, ne trouves-tu pas?
Simon: Sans aucun doute. Il y a dans tout cela un goût de plasticité insupportable. Et pourtant les écrivains québécois se posent la question depuis il y a belle lurette au moins.
Clarence: Oui Simon, c'est vrai ce que tu avances, comme argument.
Simon: Ah! Moi ils me font chier avec leur ne ne ne.
Clarence: Veux-tu dire leurs négations?
Simon: Oui Clarence, leur ne ne ne à n'en plus finir lorsqu'un personnage dit je n'ai pas faim ou je ne veux plus manger de ce plat.
Clarence: Et que dire de l'orthographe discutable de certains mots zé expressions zargotiques!
Simon: Ah là là! Cela me donne le goût de chier dans ma culotte.
Clarence: Si cela n'était juste que de moi, je ferais le grand ménage là-dedans que cela ne serait pas long.
Simon: Je leur en crisserais une bonne de ces taloches qu'ils s'en souviendraient pour tout l'or du monde.
Clarence: Et je pisserais dans leur jeu de quille que ça les ferait voir de quel bois je me chauffe.
Simon: Esti de gang de taouins que je sais pas trop comment ça s'écrit mais fuck off.
Clarence: Fuck off.
Simon: On vas-tu péter des yeules de ti-culs obèses?
Clarence: Mouais, why not.
mardi 27 juillet 2010
Preciso Me Encontrar
Je sais pas pour toi, mais moi j'écoute James Brown en traduisant du français vers l'anglais des documents sur le budget et l'économie familiale destinés aux nouveaux arrivants et la toune de James Brown vient de se terminer et c'est Cartola qui commence et je suis amoureux alors que Cuba coule en flamme au milieu du Lac Léman et que je descends, bon, tu vois le genre.Je sais pas non plus, mais l'instrument de musique typiquement brésilien qui s'appelle la CUÍCA il y en a vraiment beaucoup dans la samba de Cartola et je me posais sincèrement la question et Guga m'a confirmé que cuíca c'est aussi un verbe genre on peut cuícar mais pas seulement dans le sens de jouer de la cuíca tsé dans le sens de cuícar une fille, bon, tu vois le genre.
lundi 26 juillet 2010
Résolution adolescente

Hier aprèm je faisais du break dance au Forum pis elle s'est genre pointée, la plus belle fille de la poly, avec sa gang de crêpées pis son chum que j'y casserais les dents de même, ben non c't'une joke, il y avait juste le chapeau reviré de bord sur le plancher du centre-d'achat, avec rien dedans comme d'habitude, sauf peut-être un estie de postillon en plâtre du gars en plâtre qui crie comme un malade dans les les les les gradins, ben non j'te niaise, je fais même pas de break dance, j'ai juste un chapeau pour donner l'impression que je suis plus chill pis pour empêcher la lumière trop fucking forte de me rentrer dans les yeux quand je marche à côté du trottoir proche de la place Alexis Nihon ou que je fais des grinds au skate park à Brossard, ben non c'pas vrai, j'ai-tu l'air d'un gars qui chill à Brossard, fuck off, man, bon qu'est-ce qu'on fout, tu te branches-tu?
Virtude Virtual
Je me suis ouvert une page Facebook, finalement. On m'a fait tellement de pression. Et dans le métier c'est monnaie courante maintenant. Le seul problème c'est que leur analyseur ou je sais pas quoi leur système automatique d'intelligence artificielle ou quoi a refusé mon nom de famille. L'INSPECTEUR. Peut-être à cause de l'apostrophe. Ça me fâche un peu parce que le nom le plus proche que j'ai trouvé ressemble encore plus au nom de cette fille brésilienne qui écrivait dans les années cinquante. CLARENCE LISPECTEUR/CLARICE LISPECTOR. Pure coïncidence, comme dirait l'autre.
Si tu veux ouvrir un dossier, tu viens, on fait ça entre amis: Je accepte tout le monde et n'importe qui.
Je me suis fait prendre en photo par ma secrétaire. Elle était en sous-vêtements quand elle a pointé l'objectif vers moi. Je faisais semblant de lire et je la regardais du coin de l'œil.
Si tu veux ouvrir un dossier, tu viens, on fait ça entre amis: Je accepte tout le monde et n'importe qui.
Je me suis fait prendre en photo par ma secrétaire. Elle était en sous-vêtements quand elle a pointé l'objectif vers moi. Je faisais semblant de lire et je la regardais du coin de l'œil.
dimanche 25 juillet 2010
En trois lignes
Gustavo était le genre de gars à qui tu racontais une histoire triste et des fois juste des fois pas tout le temps quand même il devenait rouge et il pouvait pas s'empêcher de glousser comme.
samedi 24 juillet 2010
Claustration
Depuis qu'une certaine Marie-Pierre a menacé Simon de lui rentrer la bite à Éric Lint dans l'anus, et que la même fille est sûrement responsable de la panne centrale de Blogger il y a une semaine, j'ai peur d'écrire tout ce que je veux. Ça m'a profondément affecté. Je suis constamment en train de me censurer, même sur Second Life. C'est insupportable parce que je ne sais pas jusqu'à quel point cette Marie-Pierre est dangereuse, même si tout le monde s'entend pour dire qu'elle nous connait probablement tous personnellement et qu'elle est extrêmement déterminée. J'ai entendu dire qu'elle avait souillé certains billets de Mélodie Nelson avec du foutre et des sécrétions et plein de jurons de français de France, mais ça reste à confirmer. Une chose est sûre, je ne suis plus en sécurité, ni dans la blogosphère, ni dans Saint-Henri. Je suis sorti sur la rue Notre-Dame hier soir, pour aller acheter du café, j'ai pilé dans un étron humain clairement en forme de
M
Pour l'instant je suis cloîtré. J'ai fermé toutes les fenêtres, même itunes. Je suis à l'affut, on m'a souvent parlé de ses chevaux de Troie.
M
et en revenant à l'appartement j'ai aussi remarqué qu'on avait craché dans ma mouture expresso. Une source confidentielle m'a révélé aussi qu'il pensait l'avoir aperçue glissant dans la fente de son inbox la fameuse missive anonyme qui a fait tant de vague sur laquelle était écrit dans la plus pure tradition ariale, manuscrite, sans-serif
Pour l'instant je suis cloîtré. J'ai fermé toutes les fenêtres, même itunes. Je suis à l'affut, on m'a souvent parlé de ses chevaux de Troie.
vendredi 23 juillet 2010
Postmodern cell phone publicity
Text is unlimited. Text is self-sustained. Text doesn't require a signature because Author is inherent. Text is light information that travels well in time and space. The meaning of Text never alters, only fluctuates. Relations between sender and receiver are private, intimate and intricate. Text is code friendly and text is comprehensive. Emoticons are included.
jeudi 22 juillet 2010
mercredi 21 juillet 2010
Grosse plot(t)e
À cause de ça, j'ai tellement du monde qui arrive ici en ayant googlé "plote" ou une variation de. Mon meilleur jusqu'à maintenant: "Fourre ma plote."
Nice.
Nice.
(pis là je me suis fourré dans mon tableau de bord,
j'ai posté ce billet dans mon All American Locker,
où je tape mes citations pour ma thèse)
j'ai posté ce billet dans mon All American Locker,
où je tape mes citations pour ma thèse)
My father went out one morning to buy a pack of Lucky Strike...
Je termine ce matin ma lecture du dernier roman de Siri Hustvedt, THE SORROWS OF AN AMERICAN. C'est un livre qui s'intéresse avec élégance et profondeur à des questions de filiation, de génération et qui explore la figure du père, thème central, jugulaire, aortique, de la littérature américaine. Je relève la tête, stoppant ma lecture, et je m'adresse à ma bonne compagnie, en train de plier son linge dans la cuisine parce que c'est agréable quand elle fait son lavage chez-moi. Je lui dit que je crois que je viens de comprendre en quoi je suis un AMÉRICANISTE et que ça me semble important dans l'optique de l'introduction de ma thèse, dans l'optique d'une orientation méthodologique. Elle s'approche, un drap dans les bras, me regarde dans les yeux, me demande de lui expliquer. Je réponds, en essayant de formuler de façon éloquente, de terminer mes phrases, je lui réponds que je crois que je suis un AMÉRICANISTE parce que je suis incapable de penser le livre de Siri Hustvedt, tout indépendant et souverain soit-il en tant qu'œuvre d'art, en dehors d'un réseau extrêmement complexe de thèmes, de symboles et de mythes qui se déploient à travers l'élaboration d'un imaginaire national. Quand je lis THE SORROWS OF AN AMERICAN, je ne pense pas qu'il y aurait une belle thèse à faire à propos de la figure du père et de l'obsession des racines chez Siri Husdvedt, mais bien qu'il y aurait une thèse magnifique à faire sur les ramifications de la figure du père dans la littérature américaine, de Nathaniel Hawthorne jusqu'à Don DeLillo, en passant par Paul Auster et THE INVENTION OF SOLITUDE, et par la signature de la Déclaration d'Indépendance, et par l'arrivée du Mayflower à Plymouth. Je suis incapable de penser le roman américain autrement qu'en termes de constellations, de maillons, de chainons. J'ai déjà parlé de ça avec Messire William, mais ce matin ça me semble clair et précis. Elle me demande pourquoi je ne prends pas ça en note immédiatement, pour ne pas l'oublier. Je me lève et je me dirige dans Saint-Henri et je note et j'essaie de rajouter un peu de style à travers tout ça.Après ça, là maintenant, je me lève et je vais l'embrasser.
mardi 20 juillet 2010
Powème
dans deux
jours ça va être ma fête
je vais
avoir
trente ans
je vais penser
que
ça va être le temps
de parler au futur proche
jours ça va être ma fête
je vais
avoir
trente ans
je vais penser
que
ça va être le temps
de parler au futur proche
lundi 19 juillet 2010
La mort d'un soubresaut (IX)
La fille est sortie de mon bureau. Mèches de travers. Une fine pellicule de sueur la recouvrant. Elle en a laissé en suspension derrière elle. Mèches emmêlées. J'ai attrapé la boîte de mouchoirs à portée de main. Entre mes doigts elle avait perdue un cheveu. Je me suis essuyé et reboutonné le pantalon. Elle sentait encore. Je pouvais la sentir encore. J'enroulais et je désenroulais son cheveu. Elle est sortie du bureau pleine de mèches rebelles. On lui avait recommandé de venir me voir. J'ai fumé. En sortant elle a prononcé son nom. Deux syllabes et un nombre incalculable de sentiments mélangés. Il ne m'avait pas parlé d'elle. J'ai sorti le dossier. La fumée dans mon œil. Hortense. Sur le dessus de la pile il y avait le transcript que j'avais fait de sa dernière entrevue. Les murs de mon bureau renvoyaient la fumée en angles droits. Le rayon de soleil pénétrait et coupait la sueur en tranches. Je me suis souvenu de sa bouche à lui. Le zippo sur ma table est tombé. J'ai cru entendre un bruit sous mes acouphènes. Sa bouche. Hortense n'avait pas pleuré devant moi. Il n'y avait pas de place pour ça. Le dossier était presque aussi épais que son premier roman. Ma note initiale remontait à 1998. 27 rue de Fleurus Paris 6e. J'enroulais le cheveu entre mes doigts. J'ai fumé. J'ai relu l'entrevue. Quelque chose. Je sentais son odeur à lui. Quelque chose. Je voyais sa bouche. Quelque chose me tracassait. Elle était entrée pour me demander de faire mon métier. Sa bouche à elle. Elle était entrée pour m'engager. On lui avait dit de venir me voir. Qui? Ça n'a pas d'importance. Tout en a. Tout avait de l'importance. J'ai remis le zippo debout. J'ai fumé des centaines de cigarettes en écumant mes notes. Entre temps je suis sorti dîner. Entre temps j'ai découvert des choses. Entre temps j'ai revu Hortense plusieurs fois. Elle ne pleurait jamais. Elle était la fille de Rizzano et je lui ai demandé des détails. On baisait souvent à des heures étranges. Il lui avait posé des questions sur son père. Trop de questions. Des questions sur la famille de son père à Naples. Il lui avait posé des questions sur les opérations familiales. Il était souvent impertinent. J'ai relu mon dossier pendant un an. J'ai relu ses romans. J'ai fumé avec lui mais sans lui en me souvenant de sa bouche. Toute cette merde à propos de la mafia. Sa grandiloquence à la télévision. Son arrogance et sa bouche entre mes cuisses. En 2009 j'avais griffonné il s'arrange pour se faire descendre. Hortense ne pleurait pas et moi non plus. On baisait. J'astiquais mon revolver. Il y avait une ville à l'extérieur. Elle est sortie de mon bureau et nous avions déjà commencé une aventure. Elle était féroce et irrésistible. Ses cheveux teints. Il était mort maintenant et elle était encore une chose que je lui devais. On baisait à des heures étranges et j'étais amoureux. Leurs visages se mélangeaient dans mon esprit. J'avais toujours un fusil sous la main. Il y avait une villa à explorer à Capri.
J'ai dit:-Je pense que j'ai peut-être trouvé qui l'a fait tuer.
-Qui?
-Ça n'a pas d'importance.
-Tout en a, c'est toi-même qui l'a dit.
-Elle s'appelle Hortense.
LA MORT D'UN SOUBRESAUT (I)
LA MORT D'UN SOUBRESAUT (II)
LA MORT D'UN SOUBRESAUT (III)
LA MORT D'UN SOUBRESAUT (IV)
LA MORT D'UN SOUBRESAUT (V)
LA MORT D'UN SOUBRESAUT (VI)
LA MORT D'UN SOUBRESAUT (VII)
LA MORT D'UN SOUBRESAUT (VIII)
LA MORT D'UN SOUBRESAUT (ANNEXE I: TRANSCRIPT DE LA DERNIÈRE ENTREVUE)
LA MORT D'UN SOUBRESAUT (ANNEXE II ET III: AVIS DE DÉCÈS ET LETTRE MANUSCRITE)
O Mundo é Assim
Pour ceux qui aiment bien BEIRUT, jetez un œil à cette cool petite valse d'un chanteur brésilien que je viens de découvrir: BRUNO MORAIS.
O Mundo é Assim
En plus, les paroles sont bien, à la fois naïves et doucement sarcastiques:
O dia se renova todo dia
Eu envelheço cada dia e cada mês
O mundo passa por mim todos os dias
Enquanto eu passo pelo mundo uma vez
A natureza é perfeita
Não há quem possa dúvidar
A noite é o dia que dorme
E o dia é a noite ao despertar
Le jour se refait chaque jour
Moi je vieillis chaque jour et chaque mois
Le monde passe en moi tous les jours
Alors que je passe par le monde une seule fois
La nature est parfaite
Il n'y a personne qui puisse en douter
La nuit c'est le jour qui dort
Et le jour c'est la nuit qui s'éveille
O Mundo é Assim
En plus, les paroles sont bien, à la fois naïves et doucement sarcastiques:
O dia se renova todo dia
Eu envelheço cada dia e cada mês
O mundo passa por mim todos os dias
Enquanto eu passo pelo mundo uma vez
A natureza é perfeita
Não há quem possa dúvidar
A noite é o dia que dorme
E o dia é a noite ao despertar
Le jour se refait chaque jour
Moi je vieillis chaque jour et chaque mois
Le monde passe en moi tous les jours
Alors que je passe par le monde une seule fois
La nature est parfaite
Il n'y a personne qui puisse en douter
La nuit c'est le jour qui dort
Et le jour c'est la nuit qui s'éveille
dimanche 18 juillet 2010
samedi 17 juillet 2010
Free style proustien
C'est con mais de la voir comme ça tellement triste en train de brailler comme une madeleine ça m'a rappelé mes années de médecine et cette classe horrible d'anatomie et dissection humaine quand c'est le cadavre de mon père qui est apparu sur la table devant moi, comment tu dis, par, par, par inadvertance. J'avais le bistouri dans la main gauche et malgré la débarbouillette que le technicien avait placé sur son visage je reconnaissais très bien mon père, son pénis et tout, son grain de beauté hyper gros en-dessous du mamelon. Il était mort une semaine plus tôt, personne ne m'avait dit qu'il avait offert son corps à la science, personne ne m'avait averti. Ma mère ne m'avait rien dit. Ma mère ne me dit jamais rien, c'est pour ça que ce matin en la voyant brailler de même je n'ai rien dit et elle n'a rien dit non plus et on ne s'est rien dit parce qu'on ne se dit jamais rien et j'ai seulement pensé à cette fois terrible, ce matin terrible quand tout allait mal dans ma vie, vraiment mal, mon père venait de mourir d'un effroyable et, quoi, foudroyant infarctus et ma blonde venait de me laisser pour Pierre Lapointe, en me disant qu'elle était sûre sûre sûre de pouvoir le faire virer de bord, mais tu l'as jamais rencontré, tu fais juste triper sur sa musique et sa voix gutturale, et en plus il est gay comme Crésus, et elle m'avait répondu on s'en fout on s'en fout on s'en fout comme ça plusieurs fois d'affilée, en claquant la porte de mon appartement aux résidences, et je m'étais pointé ce matin-là à la classe de dissection comme essoufflé de la vie. J'étais sur le point de dire fuck off à l'ensemble futur de ma carrière de médecine quand le glas a sonné, non, la cerise sur, quand la goutte a débordé du vase: le technicien a poussé la civière dans la salle, en sifflotant la mélodie du colombarium et s'est arrêté juste en face de moi. Il m'a souri sans malice et j'avais le bistouri dans la main gauche et malgré la débarbouillette qu'il avait placé sur son visage j'ai reconnu mon père immédiatement et le dos de ses mains était poivre et sel et il avait une cicatrice de vasectomie près du nombril et ses orteils ratatinées et ses genoux comme des nœuds coulants me sautaient aux yeux. Fuck off. J'ai quitté la salle et je suis devenu romancier.vendredi 16 juillet 2010
Whore dialogue (Seattle)
-Well.
-Well what?
-Guess.
-Guess what?
-Well well well.
-Aw fuck off.
-I'm in love.
-You're in what?
-I'm in love.
-You're what?
-I'm in love man.
-Bull sheet.
-Is true.
-Bull sheet.
-Is true man.
-You fuckin wiff me.
-I woudhunt.
-You what?
-I woudhunt.
-You would "hunt"?
-What?
-What the fuck did ya say?
-When?
-Just a second agow.
-I said I'm in love, man.
-No, the other thing, 'bout huntin.
-Didn't say nothin about huntin man, I said I'm in love.
-You in love.
-I'm in love deep man.
-Wiff what?
-What you mean wiff what, wiff, wiff a person.
-Wiff a person.
-Wiff a man.
-Wiff a man.
-Yeah, wiff a man, o'course wiff a man.
-Could've been a animal.
-A what?
-All that stuff 'bout huntin.
-What?
-Could've been a animal.
-The fuck you talkin 'bout a animal?
-I'm just sayin.
-What stuff 'bout huntin?
-I'm just sayin.
-Never said nothin 'bout huntin no fuckin animal.
-I'm just sayin.
WHORE DIALOGUE (PORTLAND)
WHORE DIALOGUE (PITTSBURGH)
WHORE DIALOGUE (BALTIMORE)
WHORE DIALOGUE (MONTREAL)
-Well what?
-Guess.
-Guess what?
-Well well well.
-Aw fuck off.
-I'm in love.
-You're in what?
-I'm in love.
-You're what?
-I'm in love man.
-Bull sheet.
-Is true.
-Bull sheet.
-Is true man.
-You fuckin wiff me.
-I woudhunt.
-You what?
-I woudhunt.
-You would "hunt"?
-What?
-What the fuck did ya say?
-When?
-Just a second agow.
-I said I'm in love, man.
-No, the other thing, 'bout huntin.
-Didn't say nothin about huntin man, I said I'm in love.
-You in love.
-I'm in love deep man.
-Wiff what?
-What you mean wiff what, wiff, wiff a person.
-Wiff a person.
-Wiff a man.
-Wiff a man.
-Yeah, wiff a man, o'course wiff a man.
-Could've been a animal.
-A what?
-All that stuff 'bout huntin.
-What?
-Could've been a animal.
-The fuck you talkin 'bout a animal?
-I'm just sayin.
-What stuff 'bout huntin?
-I'm just sayin.
-Never said nothin 'bout huntin no fuckin animal.
-I'm just sayin.
WHORE DIALOGUE (PORTLAND)
WHORE DIALOGUE (PITTSBURGH)
WHORE DIALOGUE (BALTIMORE)
WHORE DIALOGUE (MONTREAL)
Pel Mel
Personnellement, je me suis toujours pris pour Melville, chacun ses goûts. J'ai un petit penchant pour l'écriture raffinée, grammaticalement impeccable, à la limite vieillotte; l'écriture fixée dans l'époque, qui vient avec un signet intégré dedans, un ruban de soie rouge ou bleu que tu glisses de page en page. J'ai le tour avec les images, avec les figures, avec les descriptions en amont. J'utilise le point-virgule à bonnet sciant et jamais il ne me viendrait à l'idée de me raser la barbe ou de changer quoi que ce soit pour qu'on me trouve plus accessible. J'ai toujours manifesté mon intérêt digne pour les structures alambiquées. Mes mains tachées d'encre, tu ne peux pas les appeler des menottes, parce qu'elles ont salement vécues.
jeudi 15 juillet 2010
Les Aventures de Messire William
Perché sur le sommet d'une haute colline au plus profond de la forêt de Hante Sique, Messire William portait à l'occasion un épais gant de cuir lui montant jusqu'au coude, où se posait son fidèle aiglon. Quand on les regardait de profil, c'était un tableau vivant, le bec et le nez se dessinant dans l'air, découpant l'horizon, ennoblissant l'espace, se jouant de la perspective. Messire William tendait le bras et son fidèle aiglon s'envolait en poussant un cri qui perçait l'aquarelle. Déployant ses ailes qui déchiraient la nature morte, il disparaissait au loin, ciblé dans le point de fuite.
Messire William avait un valet nain qu'il appelait Clarence qui lui filait des métaphores.
mercredi 14 juillet 2010
La fois où j'ai pris mes désirs pour des réalités

La fois où j'ai pris mes désirs pour des réalités je me suis penché en avant pour ramasser mon savon et une voix vraiment virile dans ma tête a mis le mot savon au féminin et ça a fait savonnette et j'ai glissé sur le pain en déplaçant mon pied et j'ai culbuté dans ma douche au point d'éclabousser le rideau et le mur de sang en arabesque et toute ma mâchoire a compris soudainement qu'elle existait et sur le bord le rebord la bordure du bain j'ai eu l'air en une fraction de seconde de cette scène horrible dans american history x quand il lui plante la plante du pied derrière le crâne alors que ses dents d'en haut sont appuyées sur la chaîne de trottoir vas voir le clip sur youtube et
et juste à peine plus à gauche où plus à droite et je me cassais la moelle épinière ou quelque chose et je me suis pris le pommeau l'affaire que l'eau sort de dans le dos parce que j'ai rebondi et j'ai fait tellement de vacarme que ma mère a appelé le 911 avant même que de venir voir ce qui se passait mais bon c'est pas ça qui est important l'important c'est que dans l'ambulance la fille l'infirmière la paramédic m'a tellement fait de l'œil que j'ai pas pu m'en empêcher avec son uniforme et tout et ses seins gros comme le bras et son parfum comme un lever de soleil magnifique sur les collines du nord de l'europe lointaine et elle m'a fait un clin d'œil tout en me tenant en me retenant la mâchoire en place du bout de ses doigts elle m'a tellement fait de l'œil tellement un clin un subtil clin que j'ai tendu la main j'étais certain de ne pas voir flou ou de ne pas loucher ou de ne pas me faire des idées et j'ai grôpé son sein gauche et je l'avais dans la paume comme si dans ma tête j'avais le droit.
mardi 13 juillet 2010
Cash
Hier, par la poste, j'ai reçu un chèque du Renaud-Bray, où j'ai travaillé comme libraire en 2007. 124, 85$ rétroactif à cause de la loi sur l'équité salariale.
Mais je ne suis pas une femme!!! (me suis-je dit dans ma tête, avec la négation pis toute)
Eh bien, sachez que la loi sur l'équité salariale s'occupe de l'équité non pas des femmes elles-mêmes, mais de tous les employé(e)s occupant des postes à prédominance féminine. Ça a l'air qu'y a plus de libraire-E que de libraire-Tout-Court.
En attendant, moi, quand je reçois des chèques inattendus comme ça, je m'achète des livres, pis j'ai du fun en criss, même si je trouve le fait de pouvoir profiter cette loi un peu bizarre.
Achats:
-IMPERIAL BEDROOMS, de Bret Easton Ellis.
-WINESBURG, OHIO, de Sherwood Anderson
-THE NIGGER FACTORY, de Gil Scott-Heron (que Simon et moi sommes allés voir en show dans le cadre du FIJM et, fuck, la définition même du soul).
Mais je ne suis pas une femme!!! (me suis-je dit dans ma tête, avec la négation pis toute)
Eh bien, sachez que la loi sur l'équité salariale s'occupe de l'équité non pas des femmes elles-mêmes, mais de tous les employé(e)s occupant des postes à prédominance féminine. Ça a l'air qu'y a plus de libraire-E que de libraire-Tout-Court.
En attendant, moi, quand je reçois des chèques inattendus comme ça, je m'achète des livres, pis j'ai du fun en criss, même si je trouve le fait de pouvoir profiter cette loi un peu bizarre.
Achats:
-IMPERIAL BEDROOMS, de Bret Easton Ellis.
-WINESBURG, OHIO, de Sherwood Anderson
-THE NIGGER FACTORY, de Gil Scott-Heron (que Simon et moi sommes allés voir en show dans le cadre du FIJM et, fuck, la définition même du soul).
lundi 12 juillet 2010
Ambition
L'envie me prend de me remettre à écrire avec une longue haleine. En même temps que la thèse, je me lancerais un défi de taille. Je pense que j'ai peut-être un projet secret, qui demande réflexion, qu'il faudrait creuser pas pour l'enterrer et qui inclurait probablement:
-Un magnétophone old school.
-Un grand-père qui fait shhssssssss à toute occasion en aspirant la salive dans sa bouche.
-Au moins une traversée transatlantique.
-Une scène d'insolation sur la Route des Larmes.
-Des paragraphes courts, qui commencent tous par les trois premiers mots en majuscules, séparés par un double interligne, comme ça:
-Un magnétophone old school.
-Un grand-père qui fait shhssssssss à toute occasion en aspirant la salive dans sa bouche.
-Au moins une traversée transatlantique.
-Une scène d'insolation sur la Route des Larmes.
-Des paragraphes courts, qui commencent tous par les trois premiers mots en majuscules, séparés par un double interligne, comme ça:
MON PÈRE M’A toujours raconté que la première fois qu’il a lu Une vie en colimaçon, il n’a pas fait le lien entre les Calvert que Pierre-Jean DesForest décrit et les parents adoptifs d’Aimée. Et que quand il a finalement voulu contacter l’auteur, il était mort. Mon père était un homme particulier. Il savait tellement de choses, il connaissait tellement de secrets qui lui étaient parvenus par le biais de sa famille ou qui avaient atterris dans ses oreilles par un contact ou un autre, qu’il a attendu des années avant de révéler le premier secret qu’il découvrait par lui-même. Il a attendu ma naissance avant de s’ouvrir d’abord à son père, puis à ses frères, puis aux frères de son père. Jusqu’à ce que l’ouverture soit juste assez grande pour laisser passer cet être tout en nœuds et en croupissements qu’était devenu Aimée Beauport-Calvert quelques années avant de mourir.
L'IRONIE DANS TOUT ça, bien sûr, c’est qu’Aimée a lancé sa dernière bombe sur son lit de mort. À 93 ans, il était peut-être noueux, mais il était encore capable de surprendre sa progéniture. J’avais à peine six ans, je ne me souviens de rien sauf d’un grand lit et d’une odeur d’ammoniaque. D’après les récits, Aimée a fait appeler son fils Simon, mon grand-père, et lui a demandé de faire appeler son fils Albert, mon père, et lui a demandé de faire appeler son fils Thomas, moi. Une fois tous réunis, les uns après les autres, au pied du lit dans lequel il avait conçu Simon plusieurs, plusieurs, plusieurs années auparavant, il nous a dit quelque chose du genre : « En passant, DesForest a tout faux : Calvert ne m’a pas abandonné, c’est moi qui a foutu le camp. J’ai détalé j’avais six ans. J’ai revu le pauvre homme des années plus tard, c’était en 82, je crois. J’avais quatre enfants, je voulais les lui montrer. Si vous croyez que je n’étais pas au courant de ma propre enfance avant qu’un idiot de scribouillard ne vienne vous éclairer la lanterne, vous vous fourrez le doigt dans l’œil. Je ne suis pas fou, je connais l’identité de ma mère depuis des lustres. Je sais même qui était mon père. Mais je vais vous laisser là-dessus, dites à cet imbécile de Premier Ministre qui n'a de royal que le nom qu’il fait l’erreur de sa vie et qu’il ferait mieux de se casser sa boule de cristal sur la tête plutôt que de se mêler des affaires des grands. » Et il est mort tout de suite, avec la bouche dans la forme du mot « grands ». Après ça, la Deuxième Guerre Mondiale a commencée.
-Plein de gens bilingues.
-Un cheeseburger vraiment bon qui s'appelle le "MOUNT-ROYAL."
-Une ambiance que Ira Glass ne renierait pas.
-De l'humilité à revendre.
L'IRONIE DANS TOUT ça, bien sûr, c’est qu’Aimée a lancé sa dernière bombe sur son lit de mort. À 93 ans, il était peut-être noueux, mais il était encore capable de surprendre sa progéniture. J’avais à peine six ans, je ne me souviens de rien sauf d’un grand lit et d’une odeur d’ammoniaque. D’après les récits, Aimée a fait appeler son fils Simon, mon grand-père, et lui a demandé de faire appeler son fils Albert, mon père, et lui a demandé de faire appeler son fils Thomas, moi. Une fois tous réunis, les uns après les autres, au pied du lit dans lequel il avait conçu Simon plusieurs, plusieurs, plusieurs années auparavant, il nous a dit quelque chose du genre : « En passant, DesForest a tout faux : Calvert ne m’a pas abandonné, c’est moi qui a foutu le camp. J’ai détalé j’avais six ans. J’ai revu le pauvre homme des années plus tard, c’était en 82, je crois. J’avais quatre enfants, je voulais les lui montrer. Si vous croyez que je n’étais pas au courant de ma propre enfance avant qu’un idiot de scribouillard ne vienne vous éclairer la lanterne, vous vous fourrez le doigt dans l’œil. Je ne suis pas fou, je connais l’identité de ma mère depuis des lustres. Je sais même qui était mon père. Mais je vais vous laisser là-dessus, dites à cet imbécile de Premier Ministre qui n'a de royal que le nom qu’il fait l’erreur de sa vie et qu’il ferait mieux de se casser sa boule de cristal sur la tête plutôt que de se mêler des affaires des grands. » Et il est mort tout de suite, avec la bouche dans la forme du mot « grands ». Après ça, la Deuxième Guerre Mondiale a commencée.
-Plein de gens bilingues.
-Un cheeseburger vraiment bon qui s'appelle le "MOUNT-ROYAL."
-Une ambiance que Ira Glass ne renierait pas.
-De l'humilité à revendre.
dimanche 11 juillet 2010
I love cheese
Je me promène dans la ville, et je remarque un graffiti qui semble vouloir se multiplier, surtout dans le coin du Guetto McGill et les environs.

J'adore.

L'as-tu déjà vu? Je veux dire, c'est irrésistible. Même si perso je tripe pas sur le fromage.

Et est-ce que tu sais d'où ça sort?
Man, got to love this city.

J'adore.

L'as-tu déjà vu? Je veux dire, c'est irrésistible. Même si perso je tripe pas sur le fromage.

Et est-ce que tu sais d'où ça sort?
Man, got to love this city.
samedi 10 juillet 2010
Exercice d'admiration
Voici une courte citation tirée du roman THE TENANTS de Bernard Malamud, pour ceux qui, comme moi, aime l'anglais, le son de l'anglais, les possibilités de l'anglais, la profondeur de l'anglais et les potentialités de l'anglais. C'est un paragraphe qui, d'après-moi, frôle la perfection, jouant avec les mots et les sonorités, avec la musique et le rythme du langage, faisant subtilement passer la langue et les allitérations du W au S, les déplaçant dans l'espace du texte, jouant sans frivolité, tout en laissant poindre un sentiment d'urgence, et surtout, un sentiment de nécessité interne.
Willie kept staring, then seemed to give up, as though whatever he was looking for wasn't there, if he were looking. What was there - or what there was, was in this room. In the room, whatever he was he wasn't exactly. But after a while he was with Lesser, in his study, sitting like an ebony statue in the straight-back chair, and nobody, his presence stated, was his Pygmalion. He had sculpted himself.
Willie kept staring, then seemed to give up, as though whatever he was looking for wasn't there, if he were looking. What was there - or what there was, was in this room. In the room, whatever he was he wasn't exactly. But after a while he was with Lesser, in his study, sitting like an ebony statue in the straight-back chair, and nobody, his presence stated, was his Pygmalion. He had sculpted himself.
(p. 70)
L'écrivain Willie (W) observant par la fenêtre et observé par l'écrivain Lesser (double S).
L'écrivain se sculptant lui-même en même temps que la phrase se déroule, en auto-suffisance et auto-réflexion constante.
Je pourrais écrire là-dessus mille ans.
Je crois que Gertrude Stein aurait été fière de ce passage.
L'écrivain se sculptant lui-même en même temps que la phrase se déroule, en auto-suffisance et auto-réflexion constante.
Je pourrais écrire là-dessus mille ans.
Je crois que Gertrude Stein aurait été fière de ce passage.
jeudi 8 juillet 2010
Horaire
6h30
Il faisait tellement chaud que les multiples volutes de fumée de clope lui retombaient dessus comme des confettis ou des pellicules, je veux dire, la fumée s’élevait et mourait et retombait inerte sous son propre poids mort.
12h
Il faisait tellement chaud que tu te demandais si on n’était pas en train de faire un exercice de feu qui aurait mal tourné, tu vois, du genre faites sortir tout le monde et c’est la troisième fois en une semaine alors personne ne sort et finalement ils y restent.
18h30
Il faisait tellement chaud que j’avais la sensation d’être un ours en hibernation qui a fait des réserves de graisse en prévision d’un long hiver qui ne se serait jamais pointé.
22h45
Il faisait tellement chaud encore que tu avais l’impression que le soleil te faisait une farce, qu’il avait seulement mis une grosse cape en sortant de la douche, je sais pas, je veux dire tu aurais dit que le soleil riait de toi en te faisant croire qu’il était ailleurs, ou même à la limite qu’il n’avait rien à voir là-dedans, qu’on lui disait quoi faire, sous la menace d’un gun.
Il faisait tellement chaud que les multiples volutes de fumée de clope lui retombaient dessus comme des confettis ou des pellicules, je veux dire, la fumée s’élevait et mourait et retombait inerte sous son propre poids mort.
12h
Il faisait tellement chaud que tu te demandais si on n’était pas en train de faire un exercice de feu qui aurait mal tourné, tu vois, du genre faites sortir tout le monde et c’est la troisième fois en une semaine alors personne ne sort et finalement ils y restent.
18h30
Il faisait tellement chaud que j’avais la sensation d’être un ours en hibernation qui a fait des réserves de graisse en prévision d’un long hiver qui ne se serait jamais pointé.
22h45
Il faisait tellement chaud encore que tu avais l’impression que le soleil te faisait une farce, qu’il avait seulement mis une grosse cape en sortant de la douche, je sais pas, je veux dire tu aurais dit que le soleil riait de toi en te faisant croire qu’il était ailleurs, ou même à la limite qu’il n’avait rien à voir là-dedans, qu’on lui disait quoi faire, sous la menace d’un gun.
mercredi 7 juillet 2010
Indie Rock
J'ai entendu à la radio la nouvelle chanson des Emily's Dicks and Sounds.
Tiny Boat shined
On a gracy Morn'
Thine rocked fine
And certainly did Mine
Lust was It
On a glassy Night
The aforementioned
Entered my Mansion
Flight
Plight
Light
Peek and peek and Coal and Grams
Flight
Plight
Height
Peek and peek and Cold and Rams
Shall thou arrive
On a gloomy Day
Heretofore absently
Pass'd by my chimney
Hast to make Haste
On a glossy Noon
God's Peed in those Eyes
Gold and Showers are Mine
Flight
Plight
Light
Peek and peek and Coal and Grams
Flight
Plight
Height
Peek and peek and Cold and Rams
Tiny Boat shined
On a gracy Morn'
Thine rocked fine
And certainly did Mine
Lust was It
On a glassy Night
The aforementioned
Entered my Mansion
Flight
Plight
Light
Peek and peek and Coal and Grams
Flight
Plight
Height
Peek and peek and Cold and Rams
Shall thou arrive
On a gloomy Day
Heretofore absently
Pass'd by my chimney
Hast to make Haste
On a glossy Noon
God's Peed in those Eyes
Gold and Showers are Mine
Flight
Plight
Light
Peek and peek and Coal and Grams
Flight
Plight
Height
Peek and peek and Cold and Rams
mardi 6 juillet 2010
Je Je Je
Je me suis commandé un nouveau t-shirt de McSweeney's, qui tarde à arriver.
Je suis déjà tanné de la chaleur pour deux raisons:
1-Tout le monde en parle sur fucking Facebook, tout le monde y va de sa petite perle rhétorique sue la chaleur, la suffocation, le mal, etc.
2-J'ai l'impression qu'il ne peut plus faire juste chaud sans qu'un environnementaliste vienne me voir pour me dire, me rappeler, me souligner, m'étamper dans la face ou quoi, que c'est pas normal, que ça a rapport avec la pollution et BP et Katrina et les glaciers et l'économie de marché et George Bush.
Je viens de voir un reportage sur la disparition des abeilles, sur CTV, et on aurait dit une pub pour Häagen-Dazs. La journaliste goûtait des crèmes glacées et demandait au contremaitre de la chaîne de montage si cette saveur aussi allait disparaître, advenant...
Je suis déjà tanné de la chaleur pour deux raisons:
1-Tout le monde en parle sur fucking Facebook, tout le monde y va de sa petite perle rhétorique sue la chaleur, la suffocation, le mal, etc.
2-J'ai l'impression qu'il ne peut plus faire juste chaud sans qu'un environnementaliste vienne me voir pour me dire, me rappeler, me souligner, m'étamper dans la face ou quoi, que c'est pas normal, que ça a rapport avec la pollution et BP et Katrina et les glaciers et l'économie de marché et George Bush.
Je viens de voir un reportage sur la disparition des abeilles, sur CTV, et on aurait dit une pub pour Häagen-Dazs. La journaliste goûtait des crèmes glacées et demandait au contremaitre de la chaîne de montage si cette saveur aussi allait disparaître, advenant...
lundi 5 juillet 2010
Construção (Chico Buarque)
Cette chanson est géniale pour plusieurs raisons. Tu peux juste te laisser convaincre par ce qui arrive à 1min57.
Et les paroles, mon dieu... les paroles...
Amou daquela vez como se fosse a última
Beijou sua mulher como se fosse a última
E cada filho seu como se fosse o único
E atravessou a rua com seu passo tímido
Subiu a construção como se fosse máquina
Ergueu no patamar quatro paredes sólidas
Tijolo com tijolo num desenho mágico
Seus olhos embotados de cimento e lágrima
Sentou pra descansar como se fosse sábado
Comeu feijão com arroz como se fosse um príncipe
Bebeu e soluçou como se fosse um náufrago
Dançou e gargalhou como se ouvisse música
E tropeçou no céu como se fosse um bêbado
E flutuou no ar como se fosse um pássaro
E se acabou no chão feito um pacote flácido
Agonizou no meio do passeio público
Morreu na contramão atrapalhando o tráfego
Amou daquela vez como se fosse o último
Beijou sua mulher como se fosse a única
E cada filho seu como se fosse o pródigo
E atravessou a rua com seu passo bêbado
Subiu a construção como se fosse sólido
Ergueu no patamar quatro paredes mágicas
Tijolo com tijolo num desenho lógico
Seus olhos embotados de cimento e tráfego
Sentou pra descansar como se fosse um príncipe
Comeu feijão com arroz como se fosse o máximo
Bebeu e soluçou como se fosse máquina
Dançou e gargalhou como se fosse o próximo
E tropeçou no céu como se ouvisse música
E flutuou no ar como se fosse sábado
E se acabou no chão feito um pacote tímido
Agonizou no meio do passeio náufrago
Morreu na contramão atrapalhando o público
Amou daquela vez como se fosse máquina
Beijou sua mulher como se fosse lógico
Ergueu no patamar quatro paredes flácidas
Sentou pra descansar como se fosse um pássaro
E flutuou no ar como se fosse um príncipe
E se acabou no chão feito um pacote bêbado
Morreu na contra-mão atrapalhando o sábado
Por esse pão pra comer, por esse chão prá dormir
A certidão pra nascer e a concessão pra sorrir
Por me deixar respirar, por me deixar existir,
Deus lhe pague
Pela cachaça de graça que a gente tem que engolir
Pela fumaça e a desgraça, que a gente tem que tossir
Pelos andaimes pingentes que a gente tem que cair,
Deus lhe pague
Pela mulher carpideira pra nos louvar e cuspir
E pelas moscas bicheiras a nos beijar e cobrir
E pela paz derradeira que enfim vai nos redimir,
Deus lhe pague
***
Il a aimé cette fois comme si c’était la dernière
Il a embrassé sa femme comme si c’était la dernière
Et chacun de ses enfants comme s’il était unique
Et il a traversé la rue de son pas timide
Il est monté sur le chantier comme s’il était une machine
Il a dressé sur le palier quatre murs solides
Brique après brique en un dessin magique
Ses yeux aveuglés par le ciment et les larmes
Il s’est assis pour se reposer comme si c’était samedi
Il a mangé du riz et des haricots comme s’il était un prince
Il a bu et hoqueté comme s’il était naufragé
Il a dansé et ri comme s’il entendait de la musique
Et il a trébuché sur le ciel comme s’il était ivre
Et il a flotté dans l’air comme s’il était un oiseau
Et il a fini par terre en un paquet flasque
Il a agonisé au milieu de la voie publique
Il est mort en sens interdit embarrassant le trafic
Il a aimé cette fois comme s’il était le dernier
Il a embrassé sa femme comme si elle était unique
Et chacun de ses enfants comme s’il était prodigue
Et il traversa la rue de son pas ivre
Il est monté sur le chantier comme s’il était solide
Il a dressé sur le palier quatre murs magiques
Brique après brique en un dessin logique
Ses yeux aveuglés par le ciment et le trafic
Il s’est assis pour se reposer comme si c’était un prince
Il a mangé du riz et des haricots comme si c’était le top
Il a bu et hoqueté comme s’il était une machine
Il a dansé et ri comme s’il était le prochain
Et il a trébuché sur le ciel comme s’il entendait de la musique
Et il a flotté dans l’air comme si c’était samedi
Et il a fini par terre en un paquet timide
Il a agonisé au milieu de la voie naufragée
Il est mort en sens interdit embarrassant le public
Il a aimé cette fois comme si c’était une machine
Il a embrassé sa femme comme si c’était logique
Il a dressé sur le palier quatre murs flasques
Il s’est assis pour se reposer comme s’il était un oiseau
Et il a flotté dans l’air comme s’il était un prince
Et il a fini par terre en un paquet ivre
Il est mort en sens interdit embarrassant le samedi.
(traduction pêchée ici)
La dernière partie, DEUS LHE PAGUE, est en fait une autre chanson que Chico a décidé d'intégrer à CONSTRUÇÃO. En français, sans les jeux sur les mots évidemment, ça donne à peu près ça:
Pour ce pain à manger, pour ce sol où dormir
Pour le certificat de naissance et le droit de sourire
Pour me laisser respirer, pour me laisser exister
Dieu te bénisse
Pour cette cachaça gratuite qu'on doit avaler
Pour la fumée et la misère qu'on doit tousser
Pour les poutres d'échafaudages d'où ont doit tomber
Dieu te bénisse
Pour la femme en deuil qui nous louange en crachant
Et pour les mouches noires qui nous embrassent en nous couvrant
Et pour cette paix ultime qui va enfin nous racheter
Dieu te bénisse
Et les paroles, mon dieu... les paroles...
Amou daquela vez como se fosse a última
Beijou sua mulher como se fosse a última
E cada filho seu como se fosse o único
E atravessou a rua com seu passo tímido
Subiu a construção como se fosse máquina
Ergueu no patamar quatro paredes sólidas
Tijolo com tijolo num desenho mágico
Seus olhos embotados de cimento e lágrima
Sentou pra descansar como se fosse sábado
Comeu feijão com arroz como se fosse um príncipe
Bebeu e soluçou como se fosse um náufrago
Dançou e gargalhou como se ouvisse música
E tropeçou no céu como se fosse um bêbado
E flutuou no ar como se fosse um pássaro
E se acabou no chão feito um pacote flácido
Agonizou no meio do passeio público
Morreu na contramão atrapalhando o tráfego
Amou daquela vez como se fosse o último
Beijou sua mulher como se fosse a única
E cada filho seu como se fosse o pródigo
E atravessou a rua com seu passo bêbado
Subiu a construção como se fosse sólido
Ergueu no patamar quatro paredes mágicas
Tijolo com tijolo num desenho lógico
Seus olhos embotados de cimento e tráfego
Sentou pra descansar como se fosse um príncipe
Comeu feijão com arroz como se fosse o máximo
Bebeu e soluçou como se fosse máquina
Dançou e gargalhou como se fosse o próximo
E tropeçou no céu como se ouvisse música
E flutuou no ar como se fosse sábado
E se acabou no chão feito um pacote tímido
Agonizou no meio do passeio náufrago
Morreu na contramão atrapalhando o público
Amou daquela vez como se fosse máquina
Beijou sua mulher como se fosse lógico
Ergueu no patamar quatro paredes flácidas
Sentou pra descansar como se fosse um pássaro
E flutuou no ar como se fosse um príncipe
E se acabou no chão feito um pacote bêbado
Morreu na contra-mão atrapalhando o sábado
Por esse pão pra comer, por esse chão prá dormir
A certidão pra nascer e a concessão pra sorrir
Por me deixar respirar, por me deixar existir,
Deus lhe pague
Pela cachaça de graça que a gente tem que engolir
Pela fumaça e a desgraça, que a gente tem que tossir
Pelos andaimes pingentes que a gente tem que cair,
Deus lhe pague
Pela mulher carpideira pra nos louvar e cuspir
E pelas moscas bicheiras a nos beijar e cobrir
E pela paz derradeira que enfim vai nos redimir,
Deus lhe pague
***
Il a aimé cette fois comme si c’était la dernière
Il a embrassé sa femme comme si c’était la dernière
Et chacun de ses enfants comme s’il était unique
Et il a traversé la rue de son pas timide
Il est monté sur le chantier comme s’il était une machine
Il a dressé sur le palier quatre murs solides
Brique après brique en un dessin magique
Ses yeux aveuglés par le ciment et les larmes
Il s’est assis pour se reposer comme si c’était samedi
Il a mangé du riz et des haricots comme s’il était un prince
Il a bu et hoqueté comme s’il était naufragé
Il a dansé et ri comme s’il entendait de la musique
Et il a trébuché sur le ciel comme s’il était ivre
Et il a flotté dans l’air comme s’il était un oiseau
Et il a fini par terre en un paquet flasque
Il a agonisé au milieu de la voie publique
Il est mort en sens interdit embarrassant le trafic
Il a aimé cette fois comme s’il était le dernier
Il a embrassé sa femme comme si elle était unique
Et chacun de ses enfants comme s’il était prodigue
Et il traversa la rue de son pas ivre
Il est monté sur le chantier comme s’il était solide
Il a dressé sur le palier quatre murs magiques
Brique après brique en un dessin logique
Ses yeux aveuglés par le ciment et le trafic
Il s’est assis pour se reposer comme si c’était un prince
Il a mangé du riz et des haricots comme si c’était le top
Il a bu et hoqueté comme s’il était une machine
Il a dansé et ri comme s’il était le prochain
Et il a trébuché sur le ciel comme s’il entendait de la musique
Et il a flotté dans l’air comme si c’était samedi
Et il a fini par terre en un paquet timide
Il a agonisé au milieu de la voie naufragée
Il est mort en sens interdit embarrassant le public
Il a aimé cette fois comme si c’était une machine
Il a embrassé sa femme comme si c’était logique
Il a dressé sur le palier quatre murs flasques
Il s’est assis pour se reposer comme s’il était un oiseau
Et il a flotté dans l’air comme s’il était un prince
Et il a fini par terre en un paquet ivre
Il est mort en sens interdit embarrassant le samedi.
(traduction pêchée ici)
La dernière partie, DEUS LHE PAGUE, est en fait une autre chanson que Chico a décidé d'intégrer à CONSTRUÇÃO. En français, sans les jeux sur les mots évidemment, ça donne à peu près ça:
Pour ce pain à manger, pour ce sol où dormir
Pour le certificat de naissance et le droit de sourire
Pour me laisser respirer, pour me laisser exister
Dieu te bénisse
Pour cette cachaça gratuite qu'on doit avaler
Pour la fumée et la misère qu'on doit tousser
Pour les poutres d'échafaudages d'où ont doit tomber
Dieu te bénisse
Pour la femme en deuil qui nous louange en crachant
Et pour les mouches noires qui nous embrassent en nous couvrant
Et pour cette paix ultime qui va enfin nous racheter
Dieu te bénisse
Souvenir de lecture
Je me souviens d'un dialogue dans un roman de Don DeLillo, il me semble que c'est dans WHITE NOISE, où un couple discute au lit, et la femme se plaint des images et des métaphores utilisées pour parler de l'acte sexuel. Elle ne veut rien savoir des verbes "pénétrer", "entrer", comme si on pouvait se blottir à l'intérieur et faire des choses de la vie quotidienne, signer des chèques, recevoir du monde, servir des canapés. Elle n'aime pas du tout non plus les métonymies du style "toi" pour ton pénis et "moi" pour mon vagin.
"J'entre en toi", ce n'est pas le genre de trash talk qu'il faudrait lui faire. Si je me souviens bien elle s'appelle Babette.
"J'entre en toi", ce n'est pas le genre de trash talk qu'il faudrait lui faire. Si je me souviens bien elle s'appelle Babette.
samedi 3 juillet 2010
Mes mésaventures avec les Mexinains
Je m'en souviens comme si c'était hier...
Pablo. Les deux autres avaient pour noms Rodrigo et Carlo. Pas plus d’un mètre vingt, aucun. Je veux dire, dans une situation normale, j’aurais pu lui casser la gueule à Pablo, je n’aurais pas été effrayé, ni par sa moustache tombante, ni par son odeur de piment rouge. Mais ce n’était pas une situation normale, c’était tout sauf normal, c’était dégoulinant d’étrangeté et de malaise de part et d’autre de la grande salle vide. Malgré le noir, l’absence de source de lumière, je pouvais situer du coin de l’œil des silhouettes qui bougeaient, qui s’affairaient autour de moi. J’étais assis. J’étais attaché, ligoté. Je devais être sur une chaise, et ça devait être de la corde, parce qu’en tous cas ce n’étaient pas des menottes.
La course dans le coffre m’avait éreinté, et, les reins me faisaient mal...
Autour de moi je pouvais scruter le noir et situer des silhouettes, j’avais un loop dans la tête qui me répétait Pablos’s gonna play games with you, dans un anglais qui ne m’appartenait pas, un peu comme ces voix d’acteurs qu’on entend parfaitement entre les deux oreilles et qu’on se dit qu’on va les imiter mais ça sort tout croche par la bouche. Je n’étais même pas capable de parler en anglais comme ça. Je savais que j’étais assis, qu’on m’avait assis sûrement avec force, mais je n’avais pas le souvenir d’avoir été inconscient, à aucun moment.
Une forme est apparue devant moi, à peu près à la hauteur de mes yeux, à la bonne hauteur pour qu’on se parle dans le blanc. J’ai pensé au mot hangar en me disant que ce genre d’endroit servait exclusivement à tuer des personnes, à s’en débarrasser dans le noir, à mettre un silencieux sur un gun pour ne pas se faire briser le tympan par les répercussions de l’écho du son sur les murs en métal. Je réfléchissais que toutes les fois dans ma vie où j’étais entré en contact avec le mot hangar, c’était dans une situation de meurtre ou de règlement de compte, dans les films ou dans les livres.
Un hangar, et, aussi peut-être que j’allais mourir.
Je me faisais des liens de cause à effet purement grammaticaux, et qui me semblaient par le fait même d’autant plus réels. Je ne me souviens plus de l’odeur, je ne me souviens que d’une sensation d’odeur très forte dans mon nez. Je n’ai jamais été très bon pour reconnaître et associer des odeurs, mais je savais que ça sentait quelque chose de diffus et de pas vraiment présent. Ce que je sais, c’est que ça ne sentait pas Pablo, pas le piment, pas encore. Je ne pouvais pas vraiment bouger, mais je pouvais respirer, par le nez ou par la bouche.
La forme humaine a fait un pas ou deux vers moi, sûrement deux, je ne suis pas certain, mais c’est plus plausible. Je pouvais entrapercevoir, à travers un filtre de lumière qui venait de nulle part, un commencement de traits et de lignes dans son visage. J’avais mal aux reins d’avoir été traîné dans le coffre d’une voiture pendant un temps indéterminé mais long, long je me disais, assez long pour avoir des images de diligences et d’indiens fous et de shérif et de poussière de désert et aussi des images de goudron et de plumes. On m’avait trimballé à travers le canton de Zurich, peut-être jusqu’à l’autre côté du lac, je n’en avais aucune idée. Peut-être qu’on était tout près aussi, de chez Ursula et de son bloc d’habitations. Je n’avais aucune idée claire, je me faisais penser à un homme torturé en pleine guerre civile mexicaine, j’allais voir débarquer Pancho Villa. C’est sûrement parce que je n’avais pas l’air blessé que je pensais à ça, que je me permettais de.
Dans un déclic foudroyant, qui a fait éclater toute l’ambiance, qui l’a métamorphosé en autre chose, un spot s’est allumé au fond de la salle. Et à contre-jour j’ai vu, je me suis retrouvé assis, bien ligoté, en face de Pablo. Écoute. C’était trop clair, comme une lumière divine, je me suis vu en Goliath et David devant moi, minable, sans sa fronde, mais avec un fusil pointé sur mon front.
La première fois que j’ai vu un déficient intellectuel, j’ai pissé dans mes culottes tellement c’était drôle de le regarder faire comme s’il jouait au hockey. Fuck, ça fait longtemps. Sébastien et moi on s’était plié en deux, je veux dire, devant ces tentatives d’êtres humains et je sais que je ne devrais pas dire ça, mais c’est vrai pareil, on était si jeunes et si stupides. Et je sais aussi que je ne devrais pas dire ça non plus, mais c’était la même chose, semblable, que j'ai ressentie, quand Pablo m’est apparu : une tentative, mais d’une certaine façon vraiment épeurante, comme ultimement effrayante. Il était une tentative ratée d’être humain, comme ses deux frères, qui se tenaient un peu en retrait. Il y avait des petits pénis gravés partout sur des poignets, sur des bases de cous, je me rendais compte graduellement qu’ils étaient au moins une douzaine dans la grande salle vide.
Je me tenais assis au milieu, entouré d’agents des Mexinains, encerclé par les Mexinains eux-mêmes, figures du mal incarné, incarnées. J’ai sué et j’ai eu peur, Pablo me renvoyait en enfance, il me coupait du monde réel pour me renvoyer dans un monde où il y avait des monstres dans la garde-robe. Il portait un petit poncho fait comme sur mesure et il était à la tête d’un immense réseau de pornographie illégal basé en Suisse, ce pays où tout arrive. Il était en face de moi et au loin je constatais la présence transparente de Rodrigo et de Carlo.
Je ne pouvais absolument pas bouger, je ne pouvais qu’attendre qu’il se décide à parler, je veux dire, à faire ce qu’il avait à faire. Je me suis dit c’est sûrement Pablo, c’est sûrement lui qui va jouer à des jeux, dans une traduction pas vraiment fidèle de l’original.
Pablo. Les deux autres avaient pour noms Rodrigo et Carlo. Pas plus d’un mètre vingt, aucun. Je veux dire, dans une situation normale, j’aurais pu lui casser la gueule à Pablo, je n’aurais pas été effrayé, ni par sa moustache tombante, ni par son odeur de piment rouge. Mais ce n’était pas une situation normale, c’était tout sauf normal, c’était dégoulinant d’étrangeté et de malaise de part et d’autre de la grande salle vide. Malgré le noir, l’absence de source de lumière, je pouvais situer du coin de l’œil des silhouettes qui bougeaient, qui s’affairaient autour de moi. J’étais assis. J’étais attaché, ligoté. Je devais être sur une chaise, et ça devait être de la corde, parce qu’en tous cas ce n’étaient pas des menottes.
La course dans le coffre m’avait éreinté, et, les reins me faisaient mal...
Autour de moi je pouvais scruter le noir et situer des silhouettes, j’avais un loop dans la tête qui me répétait Pablos’s gonna play games with you, dans un anglais qui ne m’appartenait pas, un peu comme ces voix d’acteurs qu’on entend parfaitement entre les deux oreilles et qu’on se dit qu’on va les imiter mais ça sort tout croche par la bouche. Je n’étais même pas capable de parler en anglais comme ça. Je savais que j’étais assis, qu’on m’avait assis sûrement avec force, mais je n’avais pas le souvenir d’avoir été inconscient, à aucun moment.
Une forme est apparue devant moi, à peu près à la hauteur de mes yeux, à la bonne hauteur pour qu’on se parle dans le blanc. J’ai pensé au mot hangar en me disant que ce genre d’endroit servait exclusivement à tuer des personnes, à s’en débarrasser dans le noir, à mettre un silencieux sur un gun pour ne pas se faire briser le tympan par les répercussions de l’écho du son sur les murs en métal. Je réfléchissais que toutes les fois dans ma vie où j’étais entré en contact avec le mot hangar, c’était dans une situation de meurtre ou de règlement de compte, dans les films ou dans les livres.
Un hangar, et, aussi peut-être que j’allais mourir.
Je me faisais des liens de cause à effet purement grammaticaux, et qui me semblaient par le fait même d’autant plus réels. Je ne me souviens plus de l’odeur, je ne me souviens que d’une sensation d’odeur très forte dans mon nez. Je n’ai jamais été très bon pour reconnaître et associer des odeurs, mais je savais que ça sentait quelque chose de diffus et de pas vraiment présent. Ce que je sais, c’est que ça ne sentait pas Pablo, pas le piment, pas encore. Je ne pouvais pas vraiment bouger, mais je pouvais respirer, par le nez ou par la bouche.
La forme humaine a fait un pas ou deux vers moi, sûrement deux, je ne suis pas certain, mais c’est plus plausible. Je pouvais entrapercevoir, à travers un filtre de lumière qui venait de nulle part, un commencement de traits et de lignes dans son visage. J’avais mal aux reins d’avoir été traîné dans le coffre d’une voiture pendant un temps indéterminé mais long, long je me disais, assez long pour avoir des images de diligences et d’indiens fous et de shérif et de poussière de désert et aussi des images de goudron et de plumes. On m’avait trimballé à travers le canton de Zurich, peut-être jusqu’à l’autre côté du lac, je n’en avais aucune idée. Peut-être qu’on était tout près aussi, de chez Ursula et de son bloc d’habitations. Je n’avais aucune idée claire, je me faisais penser à un homme torturé en pleine guerre civile mexicaine, j’allais voir débarquer Pancho Villa. C’est sûrement parce que je n’avais pas l’air blessé que je pensais à ça, que je me permettais de.
Dans un déclic foudroyant, qui a fait éclater toute l’ambiance, qui l’a métamorphosé en autre chose, un spot s’est allumé au fond de la salle. Et à contre-jour j’ai vu, je me suis retrouvé assis, bien ligoté, en face de Pablo. Écoute. C’était trop clair, comme une lumière divine, je me suis vu en Goliath et David devant moi, minable, sans sa fronde, mais avec un fusil pointé sur mon front.
La première fois que j’ai vu un déficient intellectuel, j’ai pissé dans mes culottes tellement c’était drôle de le regarder faire comme s’il jouait au hockey. Fuck, ça fait longtemps. Sébastien et moi on s’était plié en deux, je veux dire, devant ces tentatives d’êtres humains et je sais que je ne devrais pas dire ça, mais c’est vrai pareil, on était si jeunes et si stupides. Et je sais aussi que je ne devrais pas dire ça non plus, mais c’était la même chose, semblable, que j'ai ressentie, quand Pablo m’est apparu : une tentative, mais d’une certaine façon vraiment épeurante, comme ultimement effrayante. Il était une tentative ratée d’être humain, comme ses deux frères, qui se tenaient un peu en retrait. Il y avait des petits pénis gravés partout sur des poignets, sur des bases de cous, je me rendais compte graduellement qu’ils étaient au moins une douzaine dans la grande salle vide.
Je me tenais assis au milieu, entouré d’agents des Mexinains, encerclé par les Mexinains eux-mêmes, figures du mal incarné, incarnées. J’ai sué et j’ai eu peur, Pablo me renvoyait en enfance, il me coupait du monde réel pour me renvoyer dans un monde où il y avait des monstres dans la garde-robe. Il portait un petit poncho fait comme sur mesure et il était à la tête d’un immense réseau de pornographie illégal basé en Suisse, ce pays où tout arrive. Il était en face de moi et au loin je constatais la présence transparente de Rodrigo et de Carlo.
Je ne pouvais absolument pas bouger, je ne pouvais qu’attendre qu’il se décide à parler, je veux dire, à faire ce qu’il avait à faire. Je me suis dit c’est sûrement Pablo, c’est sûrement lui qui va jouer à des jeux, dans une traduction pas vraiment fidèle de l’original.
vendredi 2 juillet 2010
Copa do mundo
Je peux même pas dire le Brésil est mort vive le Brésil.
C'était trop poche.
E assim se acabou o sonho de todos os meus amigos Aureverdes de ver a seleção subir e vencer. Um "PORRA" sem fim na boca em slow motion do Robinho, um cartão vermelho na cara do Melo e um casaco feio nos ombros do Dunga.
C'était trop poche.
E assim se acabou o sonho de todos os meus amigos Aureverdes de ver a seleção subir e vencer. Um "PORRA" sem fim na boca em slow motion do Robinho, um cartão vermelho na cara do Melo e um casaco feio nos ombros do Dunga.
jeudi 1 juillet 2010
Coppertone II
-Allo?
-Salut mon grand.
-M'man?
-Comment tu vas?
-M'man, parle plus fort je t'entends mal.
-Simon?
-Tapeu j'entends rien.
-Simon?
-M'man?
-C'est ta mère.
-M'man? Tu m'entends-tu?
-Oui oui.
-M'man je peux-tu te rappeler là, c'est parce qu'on est dans un parc là pour la St-Jean pis y'a un show pis y'a plein de monde pis j'entends mal.
-M'entends-tu là?
-Oui.
-Comment tu vas mon grand?
-Ben super bien pis toi?
-Super bien. Eille faut que je te raconte de quoi.
-Quoi?
-Eille, faut que je te.
-Non, quoi? Quoi? Qu'est-ce qui faut que tu me racontes.
-Ah. C'est parce que tu me disais que tu m'entendais mal. J'ai.
-Non non, là j'entends full bien. Je voulais juste dire quoi, qu'est-ce que tu voulais me raconter.
-Oui oui. Faut que je te raconte. Imagine-toi donc.
-Esti j'haïs ça quand tu dis ça.
-De quoi?
-Imagine-toi donc.
-T'haïs ça?
-C'est laitte.
-De quoi c'est laitte?
-C'est laitte cette expression-là. C'est pas flasheux pantoute.
-Bon. Ok. En tous cas. Écoute. Ima... Ben comment tu veux ben que je commence mon histoire sans cette expression-là?
-Ben tu peux dire plein d'autres variantes. Genre.
-Genre?
-Genre tu me croiras pas mais, genre euh.
-Bon ben tu me croiras pas mais je suis allée me faire bronzer au parc Jarry hier après-midi pis dans le métro je me suis fais stalker par un beau jeune homme de ton âge qui arrêtait pas de me.
-Euh, genre, ouach.
-Quoi?
-Euh, genre que je veux full pas le savoir.
-Écoute, tu me croiras pas.
-Euh.
-Il faisait semblant de pas me regarder mais il me lançait des œillades pas subtiles du tout pis dès que je le fixais en retour ses yeux descendaient sur mes seins pis sur mes cuisses.
-Euh, m'man! Qu'est-ce que tu me racontes, là? P'pa y'est où?
-P'pa. P'pa. Y'est pas là p'pa. Y'est ché pas où ton père. Y doit être au dépanneur où ché pas où. Pourquoi tu me demandes ça?
-Ben là.
-Ben là quoi?
-Ben là, j'ai pas envie d'entendre parler de tes seins pis de tes cuisses.
-Non, mais attends, c'est parce que tu me laisses pas finir.
-...
-Allo? Simon?
-Hum.
-T'es là?
-Eille je peux-tu te rappeler là m'man, c'est parce que je suis avec des amis là pis y'a un super bon show qui va commencer.
-Laisse-moi donc finir de te raconter ça va prendre deux secondes.
-Hum.
-Bon, ben le jeune homme ben il m'a suivi du métro Jarry jusqu'au parc pis là je suis allée m'installer près du terrain de soccer comme d'habitude pis je sais pas ce qui m'a pris, j'ai commencé à enlever mes vêtements de façon vraiment comme langoureuse et.
-Euh, genre, je sais vraiment pas où tu veux en venir, mais tu peux comme trop arrêter genre là.
-Ben non, c'est drôle. Tu trouve pas ça drôle?
-Euh, genre, pas pantoute. Je suis complètement traumat. En plus je viens de voir quelqu'un se faire casser la yeule d'aplomb pis là toi qui.
-Quoi? Je t'entends pas là Simon. Parle plus fort Simon.
-Laisse faire. Tu m'entends-tu là?
-Oui, là c'est bon ok je t'entends. Ben imagine-toi donc que j'ai fini par reconnaître le petit vlimeux qui m'espionnait.
-Tu le connaissais?
-Non, mais toi oui!
-Moi?
-Tu me croiras pas, un de tes vieux amis d'enfance. Clarence.
-Clarence??
-Qui se tâtait le bout en me zyeutant de loin, de derrière un bosquet.
-T'es sûre?
-100%
-Clarence L'inspecteur?
-C'est ça son nom de famille?
-Bah, non, pas vraiment, c'est genre un nom littéraire de péteux de snob qu'y s'est donné depuis qu'y blogue.
-Qu'il quoi?
-Laisse faire. Pis qu'est-ce qui s'est passé après?
-Yé rendu pas mal cute ton ami Clarence, il a embelli avec l’âge…
-Maman! Come on! Je le vois tout le temps ce gars-là, on a des cours ensemble! Dis pas ça!
-Ben quoi, c’est vrai…
-Bon. Faque qu'est-ce qui s'est passé après?
-Ben là, c'est là que ça devient intéressant, imagine-toi donc que j'ai commencé à me taponner les seins en me mettant de la crème coppertone pis en le regardant pis.
-...
-Simon?
-...
-Simon?
-Salut mon grand.
-M'man?
-Comment tu vas?
-M'man, parle plus fort je t'entends mal.
-Simon?
-Tapeu j'entends rien.
-Simon?
-M'man?
-C'est ta mère.
-M'man? Tu m'entends-tu?
-Oui oui.
-M'man je peux-tu te rappeler là, c'est parce qu'on est dans un parc là pour la St-Jean pis y'a un show pis y'a plein de monde pis j'entends mal.
-M'entends-tu là?
-Oui.
-Comment tu vas mon grand?
-Ben super bien pis toi?
-Super bien. Eille faut que je te raconte de quoi.
-Quoi?
-Eille, faut que je te.
-Non, quoi? Quoi? Qu'est-ce qui faut que tu me racontes.
-Ah. C'est parce que tu me disais que tu m'entendais mal. J'ai.
-Non non, là j'entends full bien. Je voulais juste dire quoi, qu'est-ce que tu voulais me raconter.
-Oui oui. Faut que je te raconte. Imagine-toi donc.
-Esti j'haïs ça quand tu dis ça.
-De quoi?
-Imagine-toi donc.
-T'haïs ça?
-C'est laitte.
-De quoi c'est laitte?
-C'est laitte cette expression-là. C'est pas flasheux pantoute.
-Bon. Ok. En tous cas. Écoute. Ima... Ben comment tu veux ben que je commence mon histoire sans cette expression-là?
-Ben tu peux dire plein d'autres variantes. Genre.
-Genre?
-Genre tu me croiras pas mais, genre euh.
-Bon ben tu me croiras pas mais je suis allée me faire bronzer au parc Jarry hier après-midi pis dans le métro je me suis fais stalker par un beau jeune homme de ton âge qui arrêtait pas de me.
-Euh, genre, ouach.
-Quoi?
-Euh, genre que je veux full pas le savoir.
-Écoute, tu me croiras pas.
-Euh.
-Il faisait semblant de pas me regarder mais il me lançait des œillades pas subtiles du tout pis dès que je le fixais en retour ses yeux descendaient sur mes seins pis sur mes cuisses.
-Euh, m'man! Qu'est-ce que tu me racontes, là? P'pa y'est où?
-P'pa. P'pa. Y'est pas là p'pa. Y'est ché pas où ton père. Y doit être au dépanneur où ché pas où. Pourquoi tu me demandes ça?
-Ben là.
-Ben là quoi?
-Ben là, j'ai pas envie d'entendre parler de tes seins pis de tes cuisses.
-Non, mais attends, c'est parce que tu me laisses pas finir.
-...
-Allo? Simon?
-Hum.
-T'es là?
-Eille je peux-tu te rappeler là m'man, c'est parce que je suis avec des amis là pis y'a un super bon show qui va commencer.
-Laisse-moi donc finir de te raconter ça va prendre deux secondes.
-Hum.
-Bon, ben le jeune homme ben il m'a suivi du métro Jarry jusqu'au parc pis là je suis allée m'installer près du terrain de soccer comme d'habitude pis je sais pas ce qui m'a pris, j'ai commencé à enlever mes vêtements de façon vraiment comme langoureuse et.
-Euh, genre, je sais vraiment pas où tu veux en venir, mais tu peux comme trop arrêter genre là.
-Ben non, c'est drôle. Tu trouve pas ça drôle?
-Euh, genre, pas pantoute. Je suis complètement traumat. En plus je viens de voir quelqu'un se faire casser la yeule d'aplomb pis là toi qui.
-Quoi? Je t'entends pas là Simon. Parle plus fort Simon.
-Laisse faire. Tu m'entends-tu là?
-Oui, là c'est bon ok je t'entends. Ben imagine-toi donc que j'ai fini par reconnaître le petit vlimeux qui m'espionnait.
-Tu le connaissais?
-Non, mais toi oui!
-Moi?
-Tu me croiras pas, un de tes vieux amis d'enfance. Clarence.
-Clarence??
-Qui se tâtait le bout en me zyeutant de loin, de derrière un bosquet.
-T'es sûre?
-100%
-Clarence L'inspecteur?
-C'est ça son nom de famille?
-Bah, non, pas vraiment, c'est genre un nom littéraire de péteux de snob qu'y s'est donné depuis qu'y blogue.
-Qu'il quoi?
-Laisse faire. Pis qu'est-ce qui s'est passé après?
-Yé rendu pas mal cute ton ami Clarence, il a embelli avec l’âge…
-Maman! Come on! Je le vois tout le temps ce gars-là, on a des cours ensemble! Dis pas ça!
-Ben quoi, c’est vrai…
-Bon. Faque qu'est-ce qui s'est passé après?
-Ben là, c'est là que ça devient intéressant, imagine-toi donc que j'ai commencé à me taponner les seins en me mettant de la crème coppertone pis en le regardant pis.
-...
-Simon?
-...
-Simon?
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