mardi 31 août 2010

La fois où j'ai catapulté mon chat par-dessus la porte Saint-Louis


La fois où j'ai catapulté mon chat par-dessus la porte Saint-Louis, c'était juste pour t'impressionner, mais t'es comme restée froide même si je t'expliquais tout le fonctionnement en même temps que j'opérais l'affaire. T'es comme restée plantée là à taper du pied pis les bras croisés pendant que je t'expliquais que c'est fucking drôle parce qu'il fait toujours exactement le même miaulement, la même note, pis que tu l'entends s'éloigner Meooowwwwwwwwwwwwwwwwwwwwwwwwwwwww pis c'est genre trop rare là dans la vie que tu peux carrément avoir l'impression d'être dans un cartoon, mais là ce son-là c'est vraiment proche d'un cartoon faque écoute bien. 'Tension, t'es prête? Mais t'es restée là à même pas bailler, comme juste à regarder à peine à côté de moi, dans le vide, vers les Plaines. Juste avant de le shooter par-dessus la porte j'ai dit criss fais pas c'te face là, ça fait full fois que je le fais, y arrivera rien, c't'un chat esti.

lundi 30 août 2010

Quatre à Dunham


On est finalement arrivé à Dunham seulement couverts par les assurances de la petite Fiesta louée et pas par nos membres et notre sang et des éclats de vitre. C'est Hamel qui a fait la joke et je l'ai trouvée drôle en principe, même si j'avais peur chaque fois qu'un soubresaut faisait vibrer la voiture. J'ai peur en voiture, qu'est-ce que tu veux. J'aimerais pouvoir dire que c'est depuis que j'ai eu un accident, mais ça remonte à bien plus loin. L'accident ne m'a pas aidé à surmonter mes angoisses, mettons, mais ceci n'est pas relié à cela, enfin pas directement, comme dans un discours de Ban Ki-moon. Chaque fois que Brousseau se penchait vers la radio pour skipper de toune ou pour groover en même temps que Herbie Hancock, j'avais peur. C'est ma responsabilité. Je devrais la garder pour moi, m'en occuper. Mais comme le ton était à la fête, j'insistais pour comme crier en riant chaque fois que j'étais nerveux, ou stressé, genre Ah! là mon cœur vient de faire deux tours ou Ah! ça y est mon cœur me pompe la poitrine. MH m'a dit arrète-donc, c'est contagieux ton affaire.

Brousseau aussi dit "arrète". Hamel pis moi on dit "arrête". J'ai dit ben là on dit-tu "conquète", "quète", non, on dit "conquête", "quête", donc "arrête". Pis les deux on répondu ben là, conquête c'est une exception là franchement.

En arrivant à Dunham, on a demandé au premier tata qu'on a croisé, dans le noir de la rue principale, où c'était la Brasserie des trois frères ou quelque chose de même avec "frères" dedans. Il a indiqué le bar derrière-lui, qui s'appelait quelque chose comme Moima ou Moumia et je lui ai crié par la fenêtre de la Fiesta, coudonc t'es-tu en train d'essayer de nous vendre ton bar toi? Il a répondu non non c'est ici, c'est juste là, en arrière, je te jure. Je sais pas pourquoi je l'ai décris comme un tata. Il avait seulement une queue de cheval, c'est correct. Finalement il était super fin. On s'est stationné au fond d'un champ de gravelle pis on est finalement rentré dans un autre bar derrière le bar Moinma ou Moumo, pis on était crissement à la bonne place. Mais j'ai jamais vu le mot "frères" nulle part.

MH et Brousseau disent "halène" aussi. J'ai dit ben là, on dit-tu une "rène"? Non, on dit une "reine", donc une "haleine" pis une "baleine". Pis les deux ont répondu ben là, reine c'est une exception là franchement.

On était crissement à la bonne place pis William signait des exemplaires. Il était beau tout souriant pis occupé à dédicacer pis Anne aussi était belle toute enceinte pis occupée à ramasser nos vingt piasses pis les mettre dans la petite caisse. Il y avait plein de monde, des amis, de la famille, des collègues de Will. On a croisé les Morin-Bock, avec Éloi quasiment plus un bébé, qui étaient sur leur départ. Le ti-cul était toujours aussi fucking cute. C'est pro'a'b'ment le ti-cul le plus cute que je connaisse. En plus y pisse déjà dans' bol. On s'est acheté de la bière pis la fille au bar a répondu à ma question en disant c'est une IPA, amère en fin de bouche, avec une touche de pamplemousse, super bonne, pis j'en ai pris une pour me rendre compte qu'ils avaient pressé un pamplemousse au complet dedans. Brousseau m'a fait goûté à sa bière, lui aussi il avait de l'amertume en forme de pinte, mais c'était bon pareil.

Brousseau dit "la bus", mais pas MH. MH dit "le bus", sauf quand elle est down ou qu'elle a une attaque de nostalgie du quartier Montcalm parce que Montréal c'est donc sale. Elle dit "un fan", pour le ventilateur. Fucked up. C'est tellement "une fan" il me semble.

En m'installant au bar, le roux qui servait s'est retourné vers moi et il m'a tendu la main comme vraiment énergiquement en disant CLARENCE! Clarence L'inspecteur esti! Toi t'étais au cégep André-Laurendeau. J'ai fait une joke poche, comme je le reconnaissais vraiment pas, j'ai dit ben là, t'es ROUX, j'en ai pas connu vingt-cinq mille des roux, il me semble que je devrais te replacer. Je lui ai demandé son nom, il m'a dit Jean-Charles. Je lui ai demandé dans quelle gang il était, il m'a répondu Saubat, Fréchette, Schlegel, criss je suis même allé chez-vous. Chez-nous?! Installé au bar, avec mon pamplemousse à la bière, je me rappelais très bien de Saubat, de Fréchette et de Schlegel, mais Jean-Charles ne me disait rien. Mais vraiment rien. Je me suis rendu compte soudainement que ça le vexait en criss que je ne le reconnaisse pas. Je me suis évidemment senti super mal faque j'ai foutu le camp. Pis tout le reste de la soirée, quand il faisait sa tournée de verres vides sur les tables, il faisait exprès de me dire, ça va Clarence? tout est beau ici Clarence? besoin de rien d'autre M. L'inspecteur? Fuck. Je me suis blotti près de William, qui avait comme une aura protectrice autour de lui ce soir-là. On est partis pas trop tard, parce qu'on avait quand même une bonne heure de route à faire, entre les Townships pis Montréal. On s'est rendu compte que la Fiesta, ça s'appelait pas une Fiesta pour rien: aux jambes de Hamel, côté passager, tu pouvais changer les lumières de couleur, genre mauve, rose, rouge, vert, jaune. Pis c'était plus facile de faire ça que de trouver comment allumer les fucking lumières de sécurité du tableau de bord.

Tout ça pour dire que ce matin j'ai commencé le roman de William Messier, publié au Marchand de Feuilles, intitulé ÉPIQUE.

Pour l'instant, c'est l'histoire d'un gars qui tripe sur la fille au comptoir de l'agence d'emploi pis qui ramasse des carcasses d'animaux écrasés sur le bord des routes le long des Cantons-de-l'Est. Il paraît qu'il va y avoir un déluge.

dimanche 29 août 2010

Garanties, syndicats et télés plasma


Ce matin, en la déménageant, rendez-vous pris à 8h avec les gars de DÉMÉNAGEMENTS GAREAU. Sortis tout droit d'une autre époque, les trois gars sont descendus du truck avec une clope dans'yeule, pis on a eu droit à une bonne dose de sagesse ouvrière pendant deux heures.

Déclinée comme ça, en quatre points:

1. Vidéotron y t'obligent à couper ton hostie de fil de câb' astheure, ç'parce qu'y veulent le monopole, y veulent rentre chez-vous pis avoir le monopole.

2. Les cols bleus hostie 25 piasses de l'heure tu peux-tu crère à ça? Y les ont suivi pendant huit heures, t'as-tu vu ça d'in news, y les ont suivi su'une job de nid d'poules. Neuf gars tabarnack! Tu sais-tu combien y en ont réparé? Neuf! Neuf trous tabarnack en huit heures câliss! Hostie tu rent' là-dedans les cols bleus s't'une mafia sacraman c'est la mafia c'te syndicat-là. Travailles pas trop câliss parce qu'on va te sortir.

3. Tu t'as acheté une nouvelle lâveuse? T'as-tu pris la garantie?... Ha hostie, tu t'es faite fourrer! M'as t'expliquer de quoi moé mams'elle, les garanties, là, c'est d'l'hostie d'marde! Tu payes pour un an mettons pis... (Ici je suis incapable de retranscrire parce que j'ai rien compris à son explication)

4. Eille, pis les TV plasma hostie. Tu t'es-tu crissé devant? Si ça bouge pas trop ok mais. Mais mettons tu r'gâr une game de hockey là, ben criss les gars y bougent pis l'image a suit pas tu suite, câliss, les chandails des gars sont comme en décalage hostie. Les 3d sortent betôt, hostie achète pas ça une plasma les 3d vont sortir là.


Ça te remet l'universitaire à la bonne place. Disons que je me trouvais pas super viril avec mon BIXI. Après ça on est allé acheter une nouvelle ampoule pour remplacer un des phares de la voiture pis trois gars du Canadienne Tailleur (elle le prononce comme ça, tsé, c'est une fille de Québec) ont été obligés de nous aider.

samedi 28 août 2010

Apparition

Il y a quelques temps, j'ai posté ici un "exercice d'admiration" à propos de Clarice Lispector. En fait c'était le brouillon d'un texte qui sera lu lors d'un événement gratuit et en plein air organisé par le FIL (Festival International de Littérature), où des étudiants en théâtre liront des textes d'étudiants en études littéraires.

Je suis fier de vous y inviter.

Tiré du site officiel du FIL:
Pendant cinq jours, à midi et à 17 h, le public est invité à venir entendre leurs «exercices d’admiration» sur la Place Pasteur, un lieu public situé sur le campus de l'UQAM, qui a été aménagé par des étudiant(e)s en design d’événements. Il faut également mentionner que ce sont des étudiant(e)s en théâtre qui liront, lors de cette manifestation, les textes écrits par leurs collègues des études littéraires.

Les détails sont ici.

vendredi 27 août 2010

Whore dialogue (Dallas)

-Shut up.
-Ahh sweer.
-ShOt Op!
-Ahh tell ya. Clee-chay.
-Year sich a lah-yer.
-Ahh tell ya, man, aynd dayja-vou, too.
-ShOt Op! Dayja-vou?
-French too. All French.
-Ged out o'here.
-Aynd d'ya know whad ilse?
-Whad?
-Why don't we jist take a focking ronday-vou.
-The fuck ya talking 'bout ronday-vou, we already t'gedear.
-No, ahh know. Ahh mean ronday-vou. Ronday-vou's focking French.
-FOck. Off.
-Ahh sweer on mah mother's wounds, man.
-Ged out o'here.
-Ahh know, it's focked op.
-Aynd whad ilse?
-Aynd... lay me think, huh...
-Fomm feotal?
-Ride on! Fomm footahl too.
-Focking frenchies.
-Focking french fries.
-Focking shamm-payn!
-Focking French, ahh gon' tail ya, man, soon dear'll be no mour focking inglish words out dear!

WHORE DIALOGUE (SEATTLE)

WHORE DIALOGUE (PORTLAND)

WHORE DIALOGUE (PITTSBURGH)

WHORE DIALOGUE (BALTIMORE)

WHORE DIALOGUE (MONTRÉAL)

jeudi 26 août 2010

Prises de Bech

Une bande de couples ensemble autour d'une pizza. On discutait de ces AUTRES couples (les absents, ceux qui ont tort) qui ne se chicanent jamais, genre ces deux-là qui sont toujours sur la même longueur d'ondes. Genre ces deux autres-là qui n'ont aucun désaccord, jamais. Les couples qui parlent au ON et qui sont tellement fait l'un pour l'autre. Je sais pas si c'est parce que tout le monde voulait valider sa propre union, et ses propres manières de faire, d'avancer un peu dans le noir, et d'aimer imparfaitement, mais on était tous d'accord spontanément pour dire qu'une bonne engueulade une fois de temps en temps, c'est TRÈS SAIN.

Et le lendemain, je suis tombé sur ce court dialogue de John Updike, que j'ai trouvé comique et très, comme on dirait en anglais, à propos. C'est dans BECH PRESIDES, une des nombreuses nouvelles d'Updike consacrées à son anti-alter-ego, l'écrivain Henry Bech.

"Isaiah and I thought you two were perfect for each other. Lately she has dropped to him one or two hints that we were wrong."
"Being perfect for each other is in itself an imperfection, don't you think, in the murky sexual arena? I mean, sadomasochism has to have some room to exercise. How do you and Izzy handle perfection, may I ask?"

mercredi 25 août 2010

Powème gentrifié pour Saint-Henri


Il y a un Superclub Vidéotron qui a ouvert sur Notre-Dame.

Juste en face il y a un Pizza Domino's en train d'ouvrir les vannes.

Au coin d'Atwater, il y a maintenant un Thaï Express.

Juste en face du McDonald's qui était déjà là quand j'ai ramené mes fesses.


Les bourgeois s'installent sur le Canal mais on n'a toujours pas de Bixi.

Au marché Atwater, la file la plus longue est toujours au Première Moisson.

Le IGA et le Super C sont plus gros que ta mère enfin réunie.

Mais au moins au Green Spot pis chez Joe, c'est toujours aussi bon.

mardi 24 août 2010

Dispersion bis bis bis bis bis bis bis bis

Là-bas, le monde prend le temps de réfléchir. Neuvième fragment qui commence comme ça:

ET EN BOUT DE LIGNE Thomas Calder s’asseyait sur le métal de la voie ferrée et il réfléchissait au sort et au destin et aux multiples fantômes dans les placards de sa famille américaine longue comme la ligne Mason & Dixon. Quand le rail se mettait à vibrer il se levait tranquillement et s’installait en retrait, un brin d’herbe dans la bouche et l’air d’avoir à la fois 10 ans et d’en avoir 67.

Ça continue...

Mélodies

Peu importe le nombre de patentes underground que je m'achète et que j'écoute, je finis toujours par revenir à des génies comme Neko Case. C'est tellement la rencontre parfaite du pop mainstream et du cool raffiné.



Well I'm a man, man, man,

Man, man, man eater


But still you're surprized,


Prized, prized,


When I eat you






Notes are hung so effortless

With the rise and fall of sparrow's breast

It's a drowning dive and back to the chorus

Faut que je travaille là-dessus

Des fois, manquer le métro, ça m'apparaît vraiment comme la fin du monde.

Pis je suis trop pas depress dans la vie, c'est pas ça la question.

C'est juste, fuck, voir le métro partir, fermer ses portes juste avant que je puisse entrer, des fois ça s'approche dans ma tête de thon d'une mauvaise nouvelle genre t'as pas eu tes bourses.

Hier, j'étais particulièrement de mauvaise humeur, sans raison particulière, après ma sieste, pis y fallait que j'aille à l'UQAM porter mes deeveedees de FRIENDS pis un esti de film français pourri des années 80 avec Adjani pis Michel Serrault qu'on a arrêté après une demie-heure de monologues bizarres pis d'apartés pseudo-intellos, pis en arrivant à Place Saint-Henri, j'ai évidemment entendu le métro s'approcher pis j'aurais eu full le temps de l'attraper si ç'avait pas été de deux esties de bonnes femmes qui avaient décidé qu'elles allaient le manquer alors à quoi bon let's just get side by side in the damn escalier roulant histoire de bloquer le passage à tout le monde.

Quand le métro me part dans la face, j'en veux comme à quelqu'un. J'en veux au chauffeur, personnellement. Je suis tellement pas depress, dans la vie, mais je suis tellement pas zen non plus. Pis si tu me dis de relaxer, ça me stress vraiment plus. C'est comme quand j'étais jeune pis que j'étais fâché contre Laurent pis son seul argument c'était "ben là, arrête de crier là!"... Pis là, oh ben tabarnack, c'est sûr que la réplique ça ressemblait à "JE CRIAIS PAS!! LÀ JE CRIE!!!"

En tous cas. Hier on aurait dit que tout le monde était dans mon chemin de toute façon. J'étais pas de bonne humeur, après ma sieste, pis y fallait que je me tape huit stations pour aller rapporter à l'université un esti de film pseudo expérimental de Claude Miller qu'en le regardant je me suis dit ah! c'est ça que ça voulait dire quand les gens disaient "le maudit cinéma français", dans le temps, pis évidemment en voulant sortir à Berri le monde s'est crissé devant les portes en pensant que les flèches jaunes par terre ça leur indique, how convenient, exactement où se crisser, pis juste après, juste à l'entrée de l'UQAM y a deux filles qui ont décidé de s'arrêter juste en face de moi en plein dans les portes coulissantes qui ont été enlevées, histoire de regarder ensemble je sais pas quoi, un bibelot ou une photo d'animal.

Pis le gars de l'audiovidéothèque, il me gosse parce qu'il est comme trop zélé. Même si tout est simple, même si t'as tout fait comme il faut, même si ça fait dix ans que t'empruntes des films, c'est pas grave, il tient quand même à t'expliquer quelque chose dans le fonctionnement de l'audiovidéothèque ou du système de catalogage, genre ah oui, là tu as deux dévédés de la première saison de FRIENDS que tu retournes, et tu en empruntes deux autres, eh bien ça, ça compte pour deux locations, donc tu peux emprunter un autre document, et à ce que je vois, oui, tu empruntes également le premier dévédé de GENERATION KILL, qui compte pour un document, je te dis ça, c'est juste qu'avec les séries télés, c'est complexe, parfois c'est un, parfois c'est deux, on a plusieurs systèmes de classement, tsé, donc c'est du cas pas cas tu vois, mais là, ici, troisième dévédé de la saison un de FRIENDS, plus quatrième dévédé de la saison un de FRIENDS, ça ça compte pour deux... pis toi tu peux juste dire comme ah ouais, cool, pis merci quand il finit par te donner tes estis de documents.

En plus, mon Ipod était à shuffle pis je skippais toutes les tounes les unes après les autres, toutes mes tounes étaient plates.

lundi 23 août 2010

Flawless


Une des pires choses que tu peux me demander de faire, c'est t'aider à peinturer ton appart. Ou scraper un meuble. Mettre du vernis. J'ai hâte qu'ils m'appellent pour participer à CANADA'S WORST HANDYMAN, même si je suis un esti de frog. Quand j'étais dans les scouts, j'ai fait un seul projet personnel, je me rappelle plus comment ils appelaient ça, des réalisations, des B.A., des trucs chrétiens slash algonquiens, j'ai fait un bateau en legos, en suivant super bien les instructions. Quand j'ai besoin de brancher quelque chose dans la prise de courant derrière un meuble, je ne déplace pas le meuble, je me contorsionne le bras et le cou et la langue jusqu'à ce que je poigne le bon trou à quoi, à tâtons. Quand je veux changer une ampoule, j'appelle les six gars de la joke, les huit gars, je me rappelle plus de la joke, une joke de newfies qu'on faisait dans le temps, combien ça prend de newfies pour changer une ampoule, je me rappelle plus, mais moi j'appelle ces gars-là. Quand j'étais jeune, la chose que ma mère m'a répété le plus, c'est "force pas", chaque fois qu'elle me voyait gosser avec un Transformer quoi? Récalcitrant. Force pas, tu vas le briser. Pis c'était solide un Transformers dans le temps, c'était tout en métal. Si tu jouais avec trop longtemps, tes doigts sentaient et goûtaient le métal. Quand j'étais petit, j'étais vraiment sûr et certain à cent pour cent qu'une piscine hors-terre c'était une piscine ortère, un genre de classe à part de piscine, ou un genre d'échelle de riche-terre des piscines. Pis même aujourd'hui, entre plat-de-bande pis plate-bande, je suis fucking pas sûr. Poteau-rose ou pot-aux-roses.

J'ai demandé à MH, pro'a'b'ment la millième personne à qui je demande ça, pis c'est confirmé on dirait, on dirait que c'est comme confirmé, je suis vraiment la seule personne au monde à avoir passé son enfance à prononcer bien distinctement: GAUCHEMAR, avec un G bien pointé.

vendredi 20 août 2010

Slice of life

I was working at this church on Ste-Catherine, in a booth, you know, answering people’s questions, accepting money for the poor, things like that. It was the perfect job for a student like me: I could read my notebooks all day long, I could study. I could watch ordinary old folks turn into inspired men and women in front of an altar that said nothing to me. I had respect for them, though. I mean, I am a respectful person, all in all. Nobody had asked me if I believed in God or what, or if I belonged to a congregation. I had landed this job like a dream.

***

My goal in life was certainly not to fall at first sight and get hurt and rejected and everything. I don’t really know if I had a goal in life, but, you know, it was definitely not that. She came in one day and there was nobody else. At the sound of the door, and then at the sound of her footsteps, I lifted my eyes from the novel I was reading, NOUS AVONS TOUS DÉCOUVERT L'AMÉRIQUE, by Francine Noël, and watched her back move slowly toward the front of the silent room. She was touching the pews with her fingers as she walked. Caressing them with the tips of her fingers. I noticed that.

***

She was learning French at a CEGEP in ville St-Laurent. Paid to learn it, by the government. She was receiving a weekly cheque, a symbolic amount, something like a hundred dollars, something like a small welfare.

I was learning French at the university, very slowly and very painfully.

My parents were Irish; I had green clothes, my hair was, you know.

Before knowing her, I always thought that Portuguese was basically a dull kind of Spanish. The kind of language they spoke only in Portugal and Brasil. Obviously I didn’t know how many people actually lived in Brasil, thinking that the country was so completely surrounded by the Amazon that few people would want to live there. You know, a couple of nice towns, not even cities, drowned between the rainforest and a beach.

I was the kind of guy who thought things like that, and at the same time could have very strong opinions on world politics.

I was also the kind of guy who was just beginning to overcome a shitty break-up with a separatist Québécoise who had very strong opinions on domestic politics.

***

From my point of view, in the booth, I could see her nice curly hair, dark and crisp. She was dressed in designer’s clothes. It was the beginning of September, the weather was nice outside. No coat needed, no boots. Just a nice long white blouse with a belt over it. Very fashionable. I fell in love when she turned around.

And I started whistling The girl from Ipanema.

jeudi 19 août 2010

Espace alloué sur Saint-Henri


Comme Simon "Soubresaut" Brousseau a décidé de se retirer officiellement de la blogosphère, mais qu'il est accroc au blogue en tant que médium d'hier et d'aujourd'hui, je suis tout-à-fait ouvert à l'idée de lui louer un espace, aux frontières floues, certes, mais somme toute accueillant afin qu'il puisse étancher sa soif de créer de l'éphémère et de l'instantané.

Le fil de commentaires de ce billet est donc propriété exclusive de Simon "S." Brousseau, esquire scrutateur. Si vous vous ennuyez déjà de sa plume, c'est l'endroit idéal pour la retrouver, aussi officieusement que temporairement.

(Les commentaires sont évidemment les bienvenus, en autant qu'ils soient dithyrambiques.)

En trois lignes

Simon était le genre de gars qui était tanné d'écrire son blogue mais qui était tellement accroc qu'il s'est mis à se commenter lui-même à l'infini pis finalement ben ça a fini dans une grosse fosse en abyme.

mercredi 18 août 2010

Divagation contrôlée

Comme l'estie de rat slash geek slash myope slash astigmate slash hypermétrope littéraire que je suis, j'aime ça me planter devant ma bibliothèque et regarder les tranches de romans et me rappeler, comme vaguement, comme si j'avais rien d'autre à faire de plus urgent, non pas tant de l'histoire d'un livre que de son ambiance, de l'ambiance qui s'en dégageait, du mood que j'avais pendant que je le lisais. Je regarde CENT ANS DE SOLITUDE et je me prononce dans la tête
Aureliano Buendia
avec mon meilleur accent colombien et j'ai toute une atmosphère qui me revient comme le ressac, pleine de fantômes et de bananes et de générations emberlificotées les unes dans les autres. J'adore relire, il n'y a pas de plus grand plaisir selon moi que celui de savoir comment ça finit, pour mieux me concentrer sur les détails, sur la manière dont cette fin a été accrochée à ce début, dont cette fin était déjà incluse en puissance dans ce début. Recommencer un livre que t'as aimé, c'est comme goûter ton plat préféré une fois que t'as finalement arrêté de fumer. Je regarde LOLITA et je me prononce dans la tête
Le bout de la langue fait trois petits bonds le long du palais pour venir, à trois, cogner contre les dents: LO-LI-TA
et je le fais, je les fais avec ma langue, les trois petits bonds, juste pour le fun de me confirmer encore une fois que ça marche, et je me souviens de l'explosion de possibilités que l'écriture de Nabokov avait créée en moi, à l'adolescence. Tous ces textes écrits dans une prose un peu pompeuse et tellement érudite, cette prose que j'avais l'impression, la certitude, de si bien manier, une prose remplie d'images plus fortes que ton père et le mien réunis dans un combat à mort parce qu'on les a finalement convaincus de l'importance de régler la question une bonne fois pour toute. On était tanné de s'obstiner sur le bord de la chaîne de trottoir à l'arrêt de la 484. Je t'ai laissé là, comme planté, pis je suis parti avertir mon père que c'était le moment ou jamais. T'as sorti ton cell que j'étais fucking jaloux de, pis t'as appelé ton père pour l'avertir qu'il fallait qu'il vienne laver les mains de son honneur. Je suis revenu avec mon père qui portait une cravatte, avec juste un t, mais fuck, je le savais pas dans ce temps-là. On a attendu un peu pis ton père est arrivé dans une Coccinelle de fif genre hybride. Il portait des bras de chemise pis des Reebok bleu foncé que j'ai été jaloux de, parce que je les avais spotté au Foot Locker des Promenades St-Bruno. Mon père a regardé ton père pis il a vu dans lui un adversaire d'une taille correcte. Il s'est penché jusqu'à mon oreille pis sa cravatte touchait à terre pis il m'a dit j'ai toujours trouvé ça un peu fif une beetle jaune de même, j'ai rien contre les fifs, pis toi non plus, c'est pas ça la question, mais c'est juste que j'ai comme vraiment zéro peur en ce moment. Il a dit ça dans mon oreille juste assez fort pour que ton père l'entend, l'entendre, l'en, pour que ton père peuve l'entendre, pis il s'est relevé. Ton père s'est approché de toi pis il t'a mis la main sur l'épaule comme un portrait de famille où t'aurais été ta mère genre, pis il a compris que c'était pas une joke. Mon père était sérieux comme l'an 40 pis son regard était noir comme la sphalte dans la rue. Ton père t'a flatté les cheveux. Mon père m'a crissé une bine pis j'ai juste ri. Ton père t'a demandé de lui donner ton cell pis il a composé le 911 pour appeler les coches pis c'est là que mon père lui a sauté dessus en lui arrachant le cell pis en le crissant à terre. Toutes les batteries pis le flap pis les touches de fif avec toutes les émoticons inclus ont revolé dans les airs. Ton père a fait une face dangereuse un peu comme un lion qui baille pis ils ont commencé à se battre full pin full féroce pendant que toi pis moi on est allé s'acheter un deux boules de dure au Palmier Glacé, juste en face de la poly.

mardi 17 août 2010

Auto Bar Mitzvah

L'idée c'était d'attendre que quelqu'un m'en parle, de façon naturelle, sans rien brusquer, que quelqu'un me pose la question, en toute innocence. Quelqu'un qui ne me connaissait pas. J'ai commencé par utiliser de plus en plus les mots en yiddish qui m'étaient familiers. Au lieu de traiter quelqu'un d'épais je le traitais de schmuck, de putz, de meshugah. Quand quelqu'un faisait un bon coup je lui disais qu'il était mensch. Je plaçais des mazel tov un peu partout, je les distribuais à quoi, à vau l'eau, entre deux bagels.
C'était juste pour me mettre dans l'ambiance. À mon anniversaire, quand j'ai organisé un souper smoked meat, personne n'a rien dit. J'étais un peu déçu, mais j'ai quand même tenu à dire à qui voulait m'entendre que tout était bien kasher, des pickles à la salade de chou. Anne-Marie a eu un petit gloussement. C'est la seule qui a réagi. J'ai voulu la traiter de shiksa, mais son yutz de chum était juste à côté et il avait amené son poing américain. Bon.
Je n'ai pas abandonné, je voulais qu'un goy me démasque. Je me suis dit que l'idéal, c'était de me pointer à la fête de Christine, dans un resto grec sur Duluth, avec des boules de matzoh et un yarmulke bien épinglé et de distribuer mes verbes de façon bizarre dans mes phrases, du genre, ah! grande elle est maintenant, bubbellah! Un gars que je ne connaissais pas s'est retourné vers moi durant le repas et je me suis dit ça y est: Hannukah! Reconnaissance! Aliyah! Et il m'a demandé si j'étais d'origine allemande. Je lui ai déversé mon shpiel jusqu'à ce que ma blonde m'attrape le poignet. J'ai dit Feh! Chazzer! Allemand Shmallemand, ouais! Tu fais pas la différence entre une pomme et une orange toi! Après ça on est restés muets, lui et moi. On se regardait en chiens de fusil. J'étais un peu reconnaissant à ma galchick de m'avoir arrêté à temps, parce que j'aurais tout gâché par pur esprit de macher, de klutz, juste pour faire l'intéressant, oi!.
Mais je sentais les changements en moi. C'était plus qu'un jeu. En quelques semaines seulement, ma relation avec ma mère s'était altérée du tout au tout. Elle m'appelait sans arrêt, voulait savoir si je mangeais bien, voulait savoir si ma blonde s'occupait bien de moi, voulait savoir si j'étais capable de pisser debout maintenant. Je commençais à rêver d'elle presque toute les nuits. En sortant de chez Shwartz, j'avais eu une crise d'angoisse hyper existentielle et ma relation avec Dieu était soudainement au tu et à toi. Je brandissais mon poing vers le ciel bien plus souvent qu'avant et je criais des trucs comme Oh, putz! Yahvé, ganef, si seulement tu existais, je te ferais la peau! Je m'étais mis aussi à subtilement enlever les voyelles dans ce que je disais. J'enjambais toujours sept craques de trottoir avant de marcher sur la huitième. J'étais capable de lire Isaac Bashevis Singer dans le texte.
Un mois après le début de ma transformation je suis entré dans la synagogue. Le jeune rabbin s'est approché de moi et il m'a reconnu tout de suite. Shalom. Je me suis senti à ma place. Il m'a souri et a parlé hébreux un moment. J'ai fait semblant de comprendre et j'ai répondu en portugais. Il m'a servi des latkes et on a ri ensemble, il a même trouvé vraiment drôle ma blague à propos de ses favoris. C'était silencieux et beau. Un immense menorah flambait derrière nous juste à côté du parchemin de la Torah et j'ai décidé d'aller me faire circoncire a.s.a.p.

lundi 16 août 2010

Début de semaine

J'ai tellement un inside avec ma chatte qui va durer toute la vie j'espère. Quand je passe à côté d'elle qui est couchéeétendueallongéeeffouarée sur le plancher, ses pattes d'en arrière étirées comme celles d'un ouaouaron, je lui mets le bout des orteils sur le ventre et elle miaule, un petit miaulement sec de reconnaissance pis de fuck dérange-moi donc pas en même temps. C'est déjà rendu un automatisme, si j'oublie de le faire je reviens sur mes pas. Esti, j'me tannerai pas.

D'un autre côté je me dis c'est bizarre comme positionnement politique être conservateur. Il me semble que c'est limite intenable. Il me semble que cette société parfaite dans laquelle tu vis, quand t'es conservateur, qu'il ne faut pas changer, qui ne doit pas bouger, qui est si stable et que fuck les estis de gauchistes chialent donc ben pour rien, cette belle et solide société, si tu retournes dans le passé, à un certain moment tu es obligé de constater qu'elle s'est construite avec des têtes coupées et des barricades dans les rues. Si tu peux être conservateur aujourd'hui, c'est uniquement parce que des estis d'écervelés se sont mis à faire sauter des bombes pis à mitrailler du monde. C'est fou pareil.

Pis d'un autre côté je me dis fuck, les gens qui aiment donc ben ça aller en Europe pour voir des châteaux pis des cathédrales pis c'était donc ben beau ce que les humains ont réalisé à l'époque alors qu'aujourd'hui on construit juste des condos de riches sur le bord du canal Lachine. Ces gens qui ont tendance à oublier un peu facilement que toute la beauté architecturale, toute la grandeur des perspectives et des arches et des monuments, toute cette beauté elle existe uniquement parce que des millions de gens ont été exploités sans scrupules par la vision débile d'autres gens auto-élus. Fuck, promène-toi dans Paris pis essaie juste d'imaginer le nombre de personnes qui ont été "expropriées" quand Georges Haussmann est arrivé avec ses briques pis son fanal. Et si maintenant le maire de Montréal veut faire changer les fenêtres de l'hôtel de ville, on crie au gaspillage de fonds publics.

Bon, je vais retourner mettre un pied sur le ventre de Gertrude.

Afuckrisque

Fuck man, pis des fois je me dis tsé c'est tellement moi le petit pot qui a le meilleur onguent dedans.

dimanche 15 août 2010

Dispersion bis bis bis bis bis bis bis

Ailleurs, j'écris des phrases complètes:

LA MORT DE SIMON M’A PERTURBÉ, bien entendu. Ça ne me servirait à rien de prétendre le contraire. Si les premiers envois de Thomas Calder n’avaient pas coïncidés avec la nouvelle de son agression, j’aurais peut-être réagi autrement. J’étais fragile et je le suis resté. J’ai les mains moites depuis des lustres et ce n’est pas faute d’avoir tenté d’écoper de vieilles angoisses que je traîne. Ce que j’ai perdu dans tout ça, finalement, c’est tout ce qui entoure les angoisses en les protégeant: le sens de celles-ci, leur justification et leur raison-d’être, toutes puériles soient-elles.

Faut vivre

Hier, elle et moi on a marché le long de Ste-Catherine jusqu'au Chapter's parce que j'avais vaguement en tête de m'acheter un livre. Rendus au deuxième étage, on a commencé à fouiller, à fouiner, moi dans les bouquins (j'ai trouvé celui que je cherchais en deux secondes) et elle dans les fonctions et les options de son nouvel appareil photo. Elle s'est assise sur un banc de bois près de l'escalier roulant et je suis allé la rejoindre avec une superbe édition complète des nouvelles de Katherine Anne Porter, à 50 piasses dans la Library of America. On a discuté:

-Je l'achète-tu?
-Est-ce que c'est bon?
-Ché pas, jamais lu Katherine Anne Porter. Je sais que c'est une grande nouvelliste.
-C'est combien?
-50 piasses.
-50?
-Tchèque ça comment qu'y est beau.
-C'est vrai qu'il est beau.

(Vous remarquerez qu'elle s'exprime mieux que moi, je déforme moins la graphie des mots quand je retranscris ses paroles à elle)

-Montre-moi la couverture, sous la jaquette.
-Tiens.
-Humm. C'est beau. Un beau vert foncé comme ça c'est beau.
-C'est élégant.
-Qu'est-ce que tu vas faire?
-Combien y t'a coûté, ton kodak?
-Pourquoi?
-Ben, tu m'as dit que c'était une folie de l'acheter? Genre full en dehors de ton budget?
-Oui, vraiment. Disons que ça aide pas ma marge de crédit. Elle a coûté 150, avec un méga gros rabais.
-Elle?
-Ben, LA caméra.
-Ah.
-Oui.
-Ok. Tu sais quoi? Qu'est-ce je vais faire? Je vais m'acheter pour 150 piasses de livres comme ça tu te sentiras pas mal d'avoir fucké ton budget du mois.
-Faut vivre.
-Faut vivre.
-Estie qu'on est wild.
-Mets-en. Tchèque-moi ben mettre ça sur visa.
-Grrr.
-Grrrr.

J'ai donc recommencé à fouiner plus sérieusement, avec détermination, des noms et des œuvres circulant dans ma mémoire, m'appelant ici et là à travers les étalages de livres, pendant qu'elle me suivait et me fonçait dedans quand j'arrêtais trop rapidement parce qu'elle avait le nez dans le menu interactif de sa caméra.

Je sais que ça n'intéresse pas grand monde, mais voici mes achats. En tous cas, ça va peut-être intéresser Sara, c'est déjà ça.


1.John Brandon, CITRUS COUNTY, McSweeney's, 2010 (C'est le livre que je cherchais au départ).





2. Katherine Anne Porter, COLLECTED STORIES AND OTHER WRITINGS, Library of America, 2008 (C'est le livre à 50$).




3. Joan Didion, WE TELL OURSELVES STORIES IN ORDER TO LIVE; COLLECTED NONFICTION, Everyman's Library, 2006 (1122 pages qui incluent TOUS les reportages signés et publiés par Joan Didion depuis 1968).




4. Joyce Carol Oates, A GARDEN OF EARTHLY DELIGHTS, Modern Library Classics, 2006 [1967] (Le premier roman du quartet Wonderland, dont j'ai déjà lu et adoré et recommandé à plein de gens THEM et EXPENSIVE PEOPLE).





5. Richard Wright, BLACK BOY, Harper Perennial Modern Classics, 2005 [1945] (Les mémoires de Wright, l'auteur de NATIVE SON, dans une très belle édition commémorant son 100e anniversaire de naissance).

samedi 14 août 2010

Songs Brownie Scouts Sing

Je viens d'apprendre une vieille comptine algonquienne.

La pie niche haut
L'oie niche bas


Mais où l'hibou niche?


L'hibou niche

Ni haut ni bas


(MH, jeanette, Rivière-du-Loup, circa 1994)

En trois lignes

Will était le genre de gars qui s'était inscrit dans un atelier du syndicat de la construction histoire de se faire des muscles pendant l'été et qui te parlait toujours de cette expérience en lien avec un estie de gros livre de David Foster Wallace.

Première phrase d'un roman, inspirée par Charles Bukowski


Je l'ai décrochée de la corde en passant un bras autour de ses fesses pendant que j'agrandissais le nœud et son poids mort m'est tombé dessus si brusquement que j'en ai roté en renversant presque ma Miller High Life en téton.

vendredi 13 août 2010

(...)

Je sais pas, j'ai essayé de l'expliquer à Will, c'est super visuel, c'est une image très précise, qui me suit depuis longtemps, dans le fond de ma tête. C'est un peu puéril et irrépressible en même temps. C'est moi avec une fille dans mon dos, que je transporte en marchant ou en courant, qui s'accroche à mon cou, et on sourit, on est crampé. Jusqu'à maintenant la fille était générique, une image floue dont j'étais amoureux, un peu comme dans un rêve, un peu comme dans un fantasme d'intimité, de réelle communion sans mots, un cliché gros comme ça. C'était juste moi et une fille. Mais là elle vient de prendre forme, de prendre visage, de prendre parole, elle vient de descendre, je sais à quoi elle ressemble.

jeudi 12 août 2010

Dispersion bis bis bis bis bis bis

Ça commence à ressembler à un gars gossant qui fait un pseudo bruit d'abeille mon affaire. Septième fragment qui commence comme ça:

L’INSPECTEUR SE LAISSE PRENDRE à ce jeu sérieux. Il n’a jamais écrit une ligne de sa vie mais, non, c’est faux, il a écrit toute sa vie, mais maintenant c’est différent, maintenant qu’il a commencé il s’échine, s’épuise, s’émèche, s’emporte et son poignet gauche est en compote. C’est la chose la plus importante qu’il ait jamais entreprise: c’est s’investir dans l’autre pour éviter de revenir à soi, c’est l’autre comme rempart à soi, même s’il sait que Calder et lui, jusqu’à un certain point, géographique, cardinal, c’est la même chose.

Grand Dossier

À Global, avant-hier, ils annonçaient un Grand Dossier sur les punaises. Je me suis retourné vers elle et, non, elle était dans le bureau, je me suis retourné sur ma plaie de lit, sur le sofa, et j'ai crié, Eille, viens voir, viens, eille, tu vas manquer ça, eille, viens. Elle est arrivée et elle a vu la dernière mini fraction de seconde qui disait TOMORROW AT 5H30, avec le anchorman les bras croisés pis un peu de profil comme une vedette de Grey's Anatomy ou de House tenant une des boules de CTV pendant que le dude dit C-T et là il attend mille ans avant de dire VEEEEEE. Je suis pas vraiment capable de l'imiter. Je l'entends parfait, mais ça sort pas exactement pareil. En tous cas elle a juste vu la dernière seconde mais quand même elle a compris que ça allait être intéressant, un dossier sur les punaises, parce que comprendra qui pourra, tsé, ça m'intéresse en esti tout ce que je peux trouver là-dessus même si en même temps je suis fucking tanné d'en entendre parler. Faque le lendemain on est allé prendre une marche, elle et moi, j'ai frotté ma plaie de lit, on a marché dans le Vieux pis on a remonté McGill pis la côte du Beaver Hall pis la crème Nuxe était pas chère au La Baie faque on s'est garroché dessus pis on a même discuté un peu avec la madame des cosmétiques sauf que je me suis rendu compte qu'il était quasiment FIVE THIRTY pis je m'étais promis de pas manquer le Grand Dossier de Global, criss je pogne juste six postes, faut ben que je les écoute un peu, faque on s'est dit bye parce qu'elle allait travailler pis j'ai pris le métro vers Saint-Henri. Je suis arrivé flush, il était FIVE THIRTY flush quand je me suis installé devant la télé pis j'étais content parce que c'était un autre reportage donc j'étais sûr de pas avoir manqué le mien, pis le anchorman parlait avec une journaliste, dans un autre studio, qui finissait toujours ses interventions par "Kevin", à la mode anglophone, avec une mini trace de point d'interrogation à la fin, comme pour dire, "Kevin? Back to you Kevin, are you there Kevin? Back to you Kevin." Pis tout de suite après le Grand Dossier a commencé pis j'étais prêt à recevoir des informations ultra pertinentes que j'avais pas déjà lu sur Internet genre sur le site de JE pis je suis comme resté sur ma faim, on dirait ça, ouais, en ajoutant quand même un comme avant pour se garder une petite distance ironique, parce qu'on dit pas ça des expressions de même. Pis fuck, c'était un reportage de trois minutes avec des perles de rhétorique anglophone du genre They bite, they proliferate, and they're here to stay... What are they? Mother-in-laws? No... BEDBUGS!

Même pas d'entrevue avec une madame qui peut même plus regarder des films de guerre tellement ça lui gratte. (0:46)

mercredi 11 août 2010

Les blogues

Et maintenant, Dominique Maingueneau à propos de nous, communauté de blogueurs/liseurs/écriveurs et de la démocratisation de la littérature grâce aux nouvelles technologies:

"Internet offre même à ses plus ordinaires usagers certains pouvoirs de l'espace littéraire traditionnel. Dans l'ancien régime de la littérature, l'accès à la production d'énoncés offerts à un public était drastiquement limité: avec le Web des populations considérables peuvent participer des deux espaces, passer chaque jour des heures à communiquer selon des modes qui ne ressortissent pas à l'interaction usuelle, orale ou écrite, celle où des individus socialement identifiés communiquaient dans des espaces soumis aux contraintes du temps et de l'espace. Comme en littérature, où l'énoncé impose lui-même son contexte, l'énoncé envoyé sur le Web définit lui-même l'identité de son locuteur, le lieu et le moment de sa propre émission: il n'y a plus d'accès à un contexte qui serait donné mais à une énonciation qui institue ses propres coordonnées. La possibilité d'avoir une identité d'auteur, des pseudonymes, de disposer de sa page personnelle, d'envoyer des messages à un public inconnu est à la portée d'un nombre considérable de gens.
Va dans le même sens de la généralisation de l'activité d'écriture, son immersion de plus en plus grande dans les pratiques de sociabilité. Phénomène qui n'est pas sans évoquer les pratiques d'écriture des salons d'antan. On n'est plus ici dans l'orbite d'une littérature où un artiste solitaire pouvait se mettre en position d'auteur en majesté. Il se produit ainsi une sorte de laïcisation de la création, qui se dissémine dans une "créativité" où il entre dans des proportions variables un part d'expression de soi et une part d'intégration dans un groupe.
Ce brouillage de la frontière en public et écrivains, converge avec un autre, celui qui rapproche écrivains et éditeurs. La littérature depuis le XVIe siècle supposait une coupure entre le manuscrit que produisait l'écrivain et le produit de sa transformation, offert à un public: le livre. Il se produit aujourd'hui un rétrécissement considérable de la chaîne qui sépare l'éditeur et l'auteur. On peut cumuler les fonctions d'auteur, d'éditeur, d'imprimeur, dans la mesure où il est relativement facile de produire des textes dont la présentation soit d'une qualité voisine de celle que peut proposer un éditeur. L'écrivain peut même se faire diffuseur, pour peu qu'il sache gérer un site sur Internet.
La combinaison de ces phénomènes contribue à brouiller la ligne de partage entre le monde de la création et le monde de la consommation littéraire. La dissémination, à des titres divers, des activités d'écriture, d'une part, la concentration de la chaîne de production et de diffusion dans les mains du seul "auteur" ou son intégration dans un collectif technique, d'autre part, contribue à faire proliférer des textes pour lesquels on hésite à parler de publications, des "occurrences" légères qui peuvent difficilement accéder au statut d'événement. Ce qui provoque en retour une sacralisation des formes antérieures de littérature, qui diffèrent de plus en plus de l'ordinaire de la production."

(C'est moi qui souligne.)

Je suis d'accord avec ce passage, je trouve qu'il résume bien mon impression, en tant que "blogueur qui aurait toujours souhaité publier un roman", d'être entré dans une communauté où les pôles traditionnels de la littérature (auteur vs lecteur), n'avaient plus le même sens. Cette idée d'une hiérarchie qui n'a plus lieu d'être est fondamentale puisque dans la blogosphère, tout se passe comme si l'auteur n'avait pour lecteurs que d'autres auteurs pour qui il servira ensuite de lecteur. C'est une communauté d'écrivants (je ne parlerai pas d'écrivains, on va se garder une petite gêne) qui interagissent simultanément dans leur deux rôles de producteur et de consommateur.

Cette idée aussi de "sacraliser" encore plus les formes traditionnelles est fascinante. Prenons un exemple, j'ai déjà écrit ici sur les stratégies utilisées par LE BLOGUE DU PARFAIT SALAUD afin de s'attirer en même temps la sympathie et le mépris de ses lecteurs. Luc-Pierre, comme il signe, est le représentant parfait de ce type de phénomène nouveau dans son besoin de nous livrer le fuit de ses frustrantes démarches auprès d'éditeurs montréalais afin de faire publier un recueil de ses nouvelles. Or, le lectorat de Luc-Pierre sur son blogue doit friser les 200 personnes chaque jour, une infime fraction desquelles pourraient devenir de potentiels lecteurs d'un livre qui lui apporterait quand même un immense sentiment de légitimité. Le blogue, pour lui, reste un simple jouet qui ne doit pas mettre en péril sa véritable démarche et son entrée dans le milieu institutionnalisé et officiel de la littérature.
Je crois que je réagirais de la même façon que lui: même si j'avais 2 millions de lecteurs, je me sentirais frustré de ne pas être un "auteur publié" à travers les réseaux consacrés du livre et de l'édition. C'est la même chose pour Mélodie Nelson, qui vient de publier un récit autobiographique qui se vend très bien, mais dont le nombre de lecteurs n'arrivera jamais à la cheville des quelques 2500 entrées que son blogue enregistre par jour.

Appréciation objectivée

LE DISCOURS LITTÉRAIRE, de Dominique Maingueneau, fait partie de ce nouveau Panthéon des études littéraires qui se construit tranquillement sur les ruines de ce qu'on se plaît à appeler le "moment structuraliste" qu'il est maintenant possible d'observer et d'analyser comme un objet. Avec des lecteurs/interprètes comme Maingueneau, Jérôme Meizoz, Antoine Compagnon, Jean-François Hamel, on cherche à dépasser les éternelles querelles dichotomiques entre "texte" et "contexte", les vieilles équations binaires entre "écrivain" et "énonciateur", etc.
Pour quelqu'un comme moi, qui s'intéresse de près au renouveau de l'histoire littéraire et aux croisements disciplinaires, ce nouvel élan de la théorie est incontournable, et je ne peux pas faire sans la parole de ces théoriciens dans la mesure où ils viennent conforter ma propre lecture académique et personnelle et légitimer ma distanciation instinctive du formalisme et de l'autotélisme.

Maingueneau est accessible, didactique et à la limite un peu scolaire, mais il a l'avantage d'être clair. Il y a chez lui une dimension inclusive et englobante que je ne peux pas écarter. Dans sa construction des notions de "paratopie", et de "scène d'énontiation", Maingueneau explique fort bien que la légitimation d'un texte passe, à travers sa lecture, par un cadre herméneutique que l'interprète embrasse inconsciemment et dont il ne peut faire abstraction:

"Le texte n'est pas un énoncé autosuffisant qui s'adjoindrait de manière contingente un interprète, il n'est tel que pris dans un cadre herméneutique qui vient garantir que tel texte doit être interprété; cela implique:
-que ce texte est digne d'intérêt, qu'il est singulier, extraordinaire: par lui, une Source transcendante délivre un message;
-que ce message traite de questions sur les fondements;
-que ce message est nécessairement caché;
-qu'il faut une exégèse, une "lecture" non immédiate du texte pour le déchiffrer [...]"

Ce cadre herméneutique est donc à la fois inclut dans l'œuvre comme acte d'énonciation et refusé à elle jusqu'à ce que l'institution (en l'occurrence une série d'interprètes) la légitime.
C'est une des nombreuses conditions paradoxales de l'avènement d'une œuvre, qui n'existe qu'en tant qu'on l'interprète et qu'on tente d'épuiser son mystère et qui n'a de sens qu'à partir du moment où ce mystère est inépuisable et cette interprétation ne l'explique pas. Tout ça, on le sait déjà, instinctivement, mais c'est important de bien l'encadrer et c'est chez Maingueneau que je trouve le meilleur cadre épistémologique: la rencontre de la linguistique, de la sociologie et de l'histoire des idées.

De façon plus prosaïque, ce qui est perturbant, dans LE DISCOURS LITTÉRAIRE, en tant que partie prenante du "discours constituant" qu'est l'ensemble de la bibliothèque des études littéraires, en tant que manuel d'instruction qui explique éloquemment ce qu'est le principe fondamental de "transgression" en littérature, ce qui est perturbant, donc, c'est que la notion de cadre herméneutique peut facilement s'appliquer à ce livre (l'objet lui-même) qui se voit à la fois légitimé par un lectorat grandissant et déligitimé par un contrat de lecture brisé sans cesse.

Brisé par quoi?

Par des coquilles! Par une mauvaise relecture éditoriale qui laisse des traces du brouillon, comme si le texte appelait sa propre lecture génétique. J'en suis à la moitié du bouquin et j'en trouve environ une à chaque dix pages. Publié chez Armand Colin, à Paris, en 2004, LE DISCOURS LITTÉRAIRE est un exemple, inédit pour moi, d'un travail bâclé de révision. Deux ou trois exemples:

"[...] qui se développe à partir des années 1960 et qui fait écho au "dialogisme" de bakhtinien."

"[...] l'attraction d'une "topie" d'un autre ordre: l'espoir trouver sa place dans quelque Panthéon, dans quelque Mémoire, d'être pleinement reconnu."

"La prédilection pour les oeuvres littéraires s'est également s'appuyée sur les pratiques des facultés de lettres [...]"

(sic)

(sic)

(sic)

Maingueneau n'utilise pas vraiment le terme "paradoxal", lui préférant de loin des concepts comme "l'intenable" et "la double-contrainte". Qu'à cela ne tienne, je trouve un peu fascinant que ses idées sur la transgression et le cadre institutionnel soient physiquement relayés et confirmés "paradoxalement" par des erreurs typographiques grossières qui positionnent son argumentaire en un lieu "intenable" entre le "légitimant" et le "déligitimant". En tant qu'interprète de son "discours constituant", je suis sans cesse ramené à l'extérieur du discours, en dehors de mon horizon d'attente, en quelque sorte, ce qui me permet de visualiser de façon encore plus claire et limpide ce qu'il cherche à m'expliquer.

mardi 10 août 2010

Anecdote alléchante à propos du Cat Penis Pines Inn sur Twist'n'serve

Pour ceux et celles qui s'intéressent à l'archéologie du savoir de Michel Foucault, allez faire un tour sur Twist'n'serve, où un jeune homme mal-pris s'emmerde dans le lobby du déjà fameux CAT PENIS PINES INN.

C'est savoureux.


Y'a plein de références aussi à Deleuze et à euh... Rohinston Mistry.

George Caldwell to his Wife, Marge Burnett Caldwell


Pour Messire William

Lincoln, New Hampshire Colony, 15th of May of the Year of our Lord 1678.

[...]

T'was Heaven, Margie, with what Humbleness must I tell! No words exist that could plainly describe what a Good and Devoted Puritan like me felt upon reaching these Elegant and quasi Ecclesiastic Shores. Extatic, I fell on the floorboard, and my companions ran to check on my Health. I laughed in their faces, Margie, their beautiful Man faces! I was feeling that Resplenishing sense of pure Grace that a sole Pure Christian can experience in regard of the Amazing Completeness, Roundness and Smoothness of the Lord's Creation! Let me put it simply: I was Jeezing! All my Vivid Pulp was coming out, reaching for a Way to Exit my contingent Body!

Finally, our modest embarcation came upon Land. We accosted and some Beautiful Natives extended their Brown Hands to Welcome us Ashore. T'was sublime, Margie! This Welcoming Commitee, for all its Deep Browness and Profound Blackness, appeared to me as Vividly and Innocently Godlike as You and His Majesty and I forthwith reached for the Gold that they were Defferently Offering us in Plain Sight. Soon, we were the Best of Friends, laughing and touching and giving Each Other friendly Flasks and Slaps and Clap.


The Woods, Margie! Those Woods were Luminous and Dense! All the Grandiose Trees were, it seemed, Looking down on us as a Divine Reminder of the Power and Glory of Christ Redemptor! As you can easily fathom, my Initial Response to them was Awe, and I knew at Once that they would be Mine, Thine, Ours to Enjoy in All Eternity! But Wait! Let me try to describe them a bit more for your Greater Edification, my lovely darling...


What I envisioned in them was no less than A Marvelous Future for our Brethren, the Grand and Admirable Utopian Community of an Empassioned Covenant! The Woods circonvulvating me were already Named in the Turgid Eye of my Burning Mind: Cat Penis Pines!


You frown, I assume, but really, Margie, there is no Way around it, and at a Certain Point one must call a dog a dog... By gosh, these here trees reminded me of Giant Cat Penises.
There! I said It!

[...]

dimanche 8 août 2010

Bonheur à crédit


Qui était au courant que Louis-Ferdinand Céline a passé quelques jours à Montréal en mai 1938?

Pas moi.

Savez-vous où il est allé?

Je viens de l'apprendre: à une grande assemblée du PNSC.

Du quoi?

Du PNSC: le Parti National Social Chrétien.

Dekessé?

Le parti politique fasco-nazi d'Adrien Arcand.

À cette époque, Céline venait de publier BAGATELLES POUR UN MASSACRE.

Un de ses pamphlets antisémites.

Le cas Céline est fascinant parce que tout le monde sait qu'il était un être humain exécrable, mais que veux-tu il a quand même écrit quelques-unes des pages les plus importantes de blablabla.

On dit toujours ça quand on parle de Céline: on parle en dichotomies.

Il était ci, mais il était ça.

Il était ça, et pourtant il était ci.

Je crois qu'on dit toujours ça parce qu'on les a jamais lu, ses fameux pamphlets.

Ils sont interdits de publication depuis la fin de la guerre.

On lit seulement VOYAGE AU BOUT DE LA NUIT, et MORT À CRÉDIT... et après ça... on lit... des trois points... à l'infini... putain... des phrases... tronquées... merdouille... les enculés... y m'ont fauché...

Voici donc un extrait de BAGATELLES POUR UN MASSACRE, monument édifié et moment édifiant de la littérature mondiale:

Les Juifs sont nos maîtres - ici, là-bas, en Russie, en Angleterre, en Amérique, partout!... Faites le clown, l'insurgé, l'intrépide, l'anti-bourgeois, l'enragé redresseur de torts... Le Juif s'en fout! Divertissements... Babillages! Mais ne touchez pas à la question juive, ou bien il va vous en cuire... Raide comme une balle, on vous fera calancher d'une manière ou d'une autre... Le Juif est le roi de l'or, de la banque et de la Justice... Par homme de paille ou carrément. Il possède tout... Presse... Théâtre... Radio... Chambre... Sénat... Police... ici ou là-bas...

Hum... et ça continue comme ça sur des pages et des pages.

Wow.

En tous cas, tout ça pour dire que cette fameuse grande assemblée fasciste montréalaise à laquelle Arcand présidait et Céline assistait, ben c'était dans Saint-Henri.

Fuck.

Tu parles d'une affaire.

Gabrielle Roy observait le quartier d'en haut depuis sa chambrette dans Westmount pis Louis-Ferdinand Céline venait entendre des esties de nazis s'époumoner pis postillonner dans des locaux sur la rue St-Jacques.

So much for my proletarian neighborhood.

samedi 7 août 2010

Vocation vs talent

Encore du Clarice Lispector, dans ma traduction, prends en bonne note:

La vocation ce n'est pas la même chose que le talent. C'est possible d'avoir une vocation sans avoir de talent, c'est-à-dire, c'est possible d'être appelé et ne pas savoir où aller.

Vocação é diferente de talento. Pode-se ter vocação e não ter talento, isto é, pode-se ser chamado e não saber como ir.

Et ouais.

Indagação genuína

Há tanto tempo que não escrevo em português que perdi a noção. Não tenho mais certeza porra nenhuma. Tô todo errado. Que que faz uma frase, que que se faz uma frase, que que se faz numa, duma frase, que que se faz para uma frase existir e viver e subir e vencer, que que se faz para que uma frase possa ficar completa, sem carência, sem falta, para que uma frase seja uma frase? Como se fala uma coisa, como que se fala duma coisa, como, porra, que que se fala de quê, de quem, o que que como quer dizer, no final, e como dizer o que que se fala, como exprimir, como soltar, como enfrentar o rumo torto da fala que se diz frase? O que que quero de verdade, da verdade? Na verdade nem sei, nem sequer sei se quero falar direito. Quero falar direito, certo, claro que quero, claro que sim, claro, caralho, claro.

Chega.


LA TRADUCTION EN ANGLAIS-GERTRUDE-STEINIEN DE GOOGLE TRANSLATOR:

There is so much time not writing in Portuguese who lost track. I'm not sure shit. I'm all wrong. What makes a sentence that you make a sentence that what is done in one, a phrase that it makes for a phrase there and live and rise and overcome, that it makes for a sentence can be complete without grace, without fail, that a sentence is a sentence? As we speak one thing, as if speaking of something, like, damn, that there is talk of what, from whom, and what that means in the end, and how to say what they talk about, how to express, as drop, how to face the crooked path of speech that is said phrase? What they really want the truth? Actually I do not know, do not even know if I want to talk right. I want to talk right, right, of course you want, yes, of course, fucking of course.

Enough.


***

J'adore.

vendredi 6 août 2010

Dispersion bis bis bis bis bis

Ça commence à vivre. Sixième fragment qui commence comme ça:

TROIS ANNÉES SUR QUATRE, Thomas Calder n’existait pas. Il devenait transparent, il devenait un calcul erroné, redressé, une clause débattue âprement dans une chambre fermée de la Royal Society il y a des siècles des siècles. Il était à peine assez haut pour regarder le calendrier que son existence était niée sans aucune explication par des astronomes et des scientifiques portant des perruques poudrées au talc.


CLIQUE.

Rabid "I" Moment

Parfois, quand je me réveille, j'ai le souffle épique de GUERRE ET PAIX qui me soulève et m'assomme en même temps. Il y a un extraordinaire roman en moi quelque part que j'ai essayé d'extirper à 18 ans et ensuite à 21 ans et plus tard à 25 ans, que j'ai traité avec mépris et arrogance et que j'ai fui mille fois en tombant dans l'enfer de la drogue.

Ouais.

Il y a cette perle en moi que je cherche à polir depuis tant d'années sans lui porter la moindre attention sérieuse, il y a cette décharge littéraire d'un pathétique consommé qui veille au grain, pendant que je me frotte les plaies vives et que je me traite de génie incompris comme si c'était une insulte et un mécanisme de défense à la fois.

Man.

Je suis tellement immortel par moment qu'il n'y a pratiquement plus de temps ni d'espace pour faire des jokes à propos de ma place dans ton horizon d'attente. J'ai l'ego mesuré au centimètre cube près. Ça passe juste juste juste.

Fuck.

Si tu savais. J'ai écrit tellement de chefs-d'œuvres trilingues qui se lisent entre les lignes pendant mon REM.

mercredi 4 août 2010

Dispersion bis bis bis bis

Je sais pas combien il va y avoir de "bis", mais j'y prends goût. Un cinquième fragment qui commence comme ça:

C’EST DIFFICILE DE NE PAS écrire des prologues à l’infini. À jamais décrire l’avant-scène, cette strate en soubassement où des musiciens s’accordent pour dire que le rideau devrait se lever incessamment. Je m’installe à cette table quinze fois par jour, un cendrier et une pomme à côté, histoire de peser sans cesse le pour et le contre des mauvaises habitudes. J’ai un début prêt d’avance, que l’on m’a offert, avec tout ce que ça comporte d’effets d’étrangeté et de pudeur implosée, mais il me résiste, de la même manière que les souvenirs résistent à l’oubli, dans la même antichambre de la parole.

CLIQUE POUR LA SUITE.

La fois où j'ai mangé dix gommes Thrive d'un coup

La fois où j'ai mangé dix gommes Thrive d'un coup c'était juste pour t'impressionner étant donné que parce que quand je te regardais de même dans cet angle-là je voyais l'origine du monde pis Vénus pis le kit au complet pis j'ai comme perdu les pédales je me suis levé vraiment vite pis j'ai vu noir pendant deux secondes pis j'avais tellement le goût de te plaire pis de fumer une clope en même temps que tout s'est mélangé dans ma tête pis je me suis garroché sur le paquet de gommes à 4mg pis j'en ai enfourné dix de même d'affilé comme si c'étaient des pupussas super bonnes à 2,50$ dans un resto salvadorien de Villeray pis je sais pas à quoi j'ai pensé mais je me suis crissé dix gommes dans yeule pis j'ai commencé à mâcher pis ma salive est comme devenue autre chose un autre produit un autre fluide pis mes dents se sont mis se sont mises ouais mes dents se sont mises à brûler pis ma langue avec jusque dans le fond de la gorge pis t'étais là couchée dans mon sofa pis j'ai comme tout confondu pendant un instant tout le langage j'ai pensé à appeler le vétérinaire j'ai dit appelle de quoi appelle de quoi j'ai dit fait quelqu'un fuck fait quelqu'un fuck je vais m'emprisonner j'en ai clenché dix d'affilé dix dix dix gommes Thrive que j'en prends une pis si tu me frenches c'est genre dangereux pour toi pis pendant ce temps-là je continuais à mâcher parce qu'en même temps je voulais te prouver que j'étais tough de même le genre de tough qui se fait payer lui-même ses erreurs qui assume qui se dit tu fais des niaiseries de même à cause de l'origine du monde ben assume asteure.

mardi 3 août 2010

Exercice d'admiration (brouillon)


La première fois que j'ai entendu parler de Clarice Lispector, c'était dans un bar du Village, devant un pichet de sangria improvisé avec deux de mes étudiants de français, après une visite éducative à la Prison des Patriotes. À cette époque j'étais un peu amoureux d'une fille de Rio de Janeiro que je ne connaissais pas, mais qui m'avait tapé dans l'œil grave, et quand Marcia, une des étudiantes avec qui je buvais le pichet de sangria (elle aussi brésilienne), m'avait parlé de quelques grands écrivains de son pays, au lieu de l'écouter poliment et d'oublier tout de suite après parce que je ne lis jamais sur recommandations, j'avais noté sur une napkin:

Machado de Assis

Clarice Lispector

C'est son nom qui m'a attiré d'abord, cette impression de l'avoir déjà entendu, étrangement mélangé dans ma tête avec celui de la détective pour enfants Carmen Sandiego, peut-être à cause de la proximité phonétique de Lispector avec l'anglais Inspector. Un nom qu'elle s'est fait reproché au départ, tant il sonnait pseudonymique, improbable, et si peu brésilien. C'est un nom qu'elle s'est amusée à décortiquer aussi, le disant à la fois dur, froid comme un diamant, et fragile comme un lys dans la poitrine: Lys/Pector. Elle a déjà répondu laconiquement à un critique qui avait été particulièrement dur avec son dernier roman, monsieur, tout cela est bien beau, mais sachez que Clarice s'écrit avec un C et non avec deux S... et il me semble que ça voulait tout dire.

Je suis donc allé emprunter un roman de Clarice Lispector le lendemain, surtout parce que je me disais qu'il s'agirait d'un bon sujet de discussion potentiel avec cette fille que je ne connaissais pas mais qui m'avait tapé dans l'œil grave. J'avais, comme vous pouvez l'imaginer, une soudaine envie d'approfondir mes connaissances sur la culture brésilienne.

J'ai lu PRÈS DU COEUR SAUVAGE, son premier roman, en quelques jours, et la deuxième chose qui m'a frappé, après son nom, c'est l'âge auquel elle l'a écrit. Âge qui change un peu selon les biographies et selon les sources plus ou moins officielles, qui oscille entre 17 et 19 ans, mais qu'importe, il m'impressionnait quand même. Je crois que la précocité est une des choses qui nous fascine le plus. Mozart, Rimbaud. Les jeunes génies. En vieillissant ça nous fascine encore plus. Qui sont ces gens qui ont écrit, composé, fait des choses tellement plus grandioses que nous, et qui ont tout abandonné, qui ont tout arrêté, avant même d'avoir notre âge. Quand les Beatles se sont séparés, Paul avait 24 ans. Et moi j'en ai 30 maintenant. À 19 ans, Clarice Lispector avait publié cette œuvre étrange, idiosyncratique, à la fois difficile d'accès et lumineuse, cet objet qui était si parfait qu'il semblait prêt, à tout moment, à chaque ligne, à craquer, à se fissurer.

Et je n'avais pas encore vu sa photo.

Gregory Rabassa, un grand traducteur américain de l'espagnol et du portugais, a déjà dit de Clarice Lispector qu'elle écrivait comme Virginia Woolf et qu'elle ressemblait à Marlene Dietrich. C'est un peu puéril peut-être d'insister là-dessus, mais jusqu'à un certain point je crois que sa beauté a eu une énorme influence sur son écriture, et je crois aussi que le rapport amoureux que la plupart des lecteurs et lectrices entretiennent avec elle vient un peu de cette tension qui existe dans ses yeux et dans ses lèvres. Lispector était d'un côté une écrivaine extrêmement dense et hermétique et de l'autre une personne extrêmement mondaine et féminine. Un bon exemple de cette dualité fondamentale chez elle se trouve dans un court texte (une des fameuses chroniques journalistiques pour le Jornal do Brasil) publié en 1972 dans lequel elle écrit: "Se parfumer est une sagesse instinctive. Et comme tout art, cela exige un minimum de connaissance de soi. J'utilise un parfum dont je tais le nom: c'est le mien, c'est moi. Deux amies m'en ont demandé le nom, je leur ai dit, elles l'ont acheté. Et elles me l'ont redonné: elles n'étaient simplement pas elles-mêmes. Je tais le nom aussi pour le garder secret: c'est bon de se parfumer en secret."

Je ne connais aucun lecteur de Clarice Lispector qui n'est pas jusqu'à un certain point tombé amoureux d'elle, de ce qu'elle a été et de ce qu'elle a écrit. Parlez-en à Hélène Cixous, à Chico Buarque, à Benjamin Moser, à Claire Varin, une des grandes spécialistes de son œuvre. Parlez-en aux milliers de garçons et filles qui font partie de son "fan-club" sur Orkut, le réseau social le plus populaire au Brésil, bien plus que Facebook. Au Brésil, elle est ce qu'on appelle un Monstro Sagrado, un monstre sacré. On l'utilise à toutes les sauces, elle est autant célébrée sur les forums de discussions ésotériques que discutée dans des dizaines de thèses de doctorat.

Elle aimait rappeler aux gens cette anecdote à propos de ses livres et de ses lecteurs: un jour un docteur en littérature, éminent professeur, lui confie qu'après cinq lectures de LA PASSION SELON G.H., il n'y comprend toujours rien; elle lui montre alors une lettre d'une jeune femme de 17 ans lui écrivant que c'est son livre de chevet et qu'elle a changé sa vie.

Moi, la première fois que j'ai lu Clarice Lispector j'ai décidé d'apprendre le portugais parce qu'il fallait que je la lise dans le texte, c'était une évidence. De dire qu'elle a changé ma vie, c'est un peu fort, mais elle est sans doute l'écrivaine qui m'a le plus, comment dire, chamboulé. Rarement j'ai eu l'impression aussi forte de comprendre un écrivain, sans nécessairement être en mesure de l'expliquer, de l'analyser, ou de le disséquer.

Bon, je voulais cruiser la fille qui m'avait tapé dans l'œil grave dans sa propre langue aussi, mais ça c'est une autre histoire. Elle, elle est partie depuis longtemps, Clarice non.

lundi 2 août 2010

Think Tank no 3: The Brain Storm


:C'est full la mode au Japon.
:Ça pogne en sale là-bas.
:La question c'est c'est-tu importable?
:D'aplomb. En Scandinavie ils sont forts aussi.
:Pis y a pas TQS qui.
:V.
:Pis y a pas V qui fait un truc où le monde bouffe des choses dégueu pis essaye de répondre avec des épingles à linge sur les lèvres?
:Je vous le dis, Humiliation is the new Black.
:Faudrait que ça soit meilleur que V.
:Pis si le monde se faisait pitcher les cervelles dessus par des vrais Japonais pis des vrais Scandinaves, en suit pis toute?
:En suit de quoi?
:En suit de leur pays.
:Je l'ai: The Brain Storm.
:Trop malade.
:Questions-réponses rapides. Un timer en forme d'Einstein, ou quelque chose. Faut réussir à rentrer Einstein quelque part.
:Einstein ça pourrait être l'animateur. Quand tu réponds mal, il te fait une grimace en gros plan, caméra 1, estie de whack, pis c'est là que les Japonais arrivent pour te pitcher dessus un cerveau de grand homme.
:Y pourrait y avoir un nom associé à chaque cerveau.
:Genre tiens mon esti, v'là Anatole France.
:Tiens mon sale, v'là Charles Darwin.
:La finale c'est une vraie tempête.
:On te crisse dans un vacuum pis on start le mécanisme.
:Les cervelles se mettent à bourdonner autour de toi.
:Rafale de questions.
:Réponses à développement.
:T'évites du mieux que tu peux.
:Pis t'essayes de pas watcher le timer parce qu'y te reste encore un bon quinze secondes.
:Tu lâches pas.
:Qu'est-ce que tu gagnes?
:Du cash.
:Y'a plus personne qui veut des électroménagers.

Think Tank no 2

Think Tank no 1

dimanche 1 août 2010

Dispersion bis bis bis

Quatrième fragment, qui commence comme ça:

L’INSPECTEUR A PERDU DU POIDS depuis les derniers mois. Émacié, il a perdu des livres. Ses mains avant ne tremblaient pas, elles avaient autre chose à faire, mais maintenant qu’il est seul ici à réfléchir devant un miroir en pieds poussiéreux, elles le font, elles tremblent.

Clique dessus.

Témoin privilégié

La semaine dernière, j'ai vu des choses fascinantes.

Comme un jeune emo lichant un popscicle mauve grimpé sur la petite marche à l'arrière de la chaise-roulante électrique de son ami paralysé cérébralement. Il se faisait traîner de même pas stressé et son eyeliner ne coulait pas mais son pops oui faque il faisait attention, le coude levé, le bracelet en studs bien accroché au poignet, couvrant les marques de sa tentative de suicide. Les deux ne se parlaient pas. L'handicapé portait du Boca et du Ocean Pacific et une fine moustache molle et il était tellement hipster dans un sens que j'étais comme jaloux.

Comme un gars rentrer avec son char de plein fouet dans une colonne de béton armé à environ 80 km/heure dans une rue passante de l'arrondissement Sud-Ouest. On ne craint pas pour sa vie, mais quand tu claquais des doigts à côté de son oreille juste après l'accident, il se réveillait et s'endormait en alternance. Moi je le regardais d'en haut de la rambarde du viaduc, j'essayais de convaincre le gars du 911 que c'était grave et je me demandais comment ça se peut que le CD gravé qui traîne en arrière du char proche de la fenêtre soit encore là alors que son pare-brise est complètement défoncé, qu'il y a de la fumée qui s'échappe du moteur et qu'il y a une estie de longue flaque d'huile qui coule dans la rue. Au téléphone avec le gars du 911, c'était la première fois que j'utilisais le mot "citoyen". -Est-ce qu'il y a des secours sur place? -Ben il y déjà du monde, là. -Est-ce que ce sont des secouristes? -Non, c'est du monde, c'est des gens ordinaires, je sais pas, c'est des citoyens. Même dans ce contexte là, j'ai eu de la misère à ne pas mettre les italiques.

Comme mon père être sans arrêt en train de tourner la tête pour zieuter les jolies filles pendant qu'on faisait notre tour de bicycle l'autre jour, dans le coin des écluses à Ste-Catherine pis après ça dans le Vieux-Port, où on a pris une bière. C'est pas la première fois que cette attitude me frappe chez lui, mais c'était la première fois qu'il ne se gênait pas pour commenter. Hum, la grand-mère est encore plus belle que la mère, qu'il disait en zientant deux femmes poussant un landau. Hum, je vais donner plus de tip à la serveuse parce qu'elle est cute, hum, c'est pas vraiment juste, en fait, je devrais peut-être lui en donner moins, hum, c'est compliqué parce que ces filles-là elles ont tout dans la vie, on devrait en garder pour les pichous, mais en même temps si tout le monde pensait comme ça, la pauvre fille serait vraiment pauvre. Hum. Il faisait hum sans arrêt avec des petits hochements de tête d'appréciation. Moi je regardais même pas, pfff, qu'est-ce tu penses, j'ai une blonde.

Comme moi en train d'engloutir un sac complet de Lay's nature devant un film d'ados en buvant un 2 litres de Dr Pepper juste parce que ça faisait full longtemps que j'avais pas fait ça pis c'est vraiment une assez bonne raison quand tu es le genre de personne qui résonne comme moi. J'écoutais YOUTH IN REVOLT avec Micheal Cera et je trouvais ça très drôle et je gloussais en me lichant le bout des doigts et en me disant fuck esti que c'est salé j'arrête ok j'arrête je vais aller me laver les mains pis je vais en profiter pour aller tchéker mon Facebook. Demain matin j'irai faire du jogging. Ou j'en parlerai sur Saint-Henri, histoire de me déculpabiliser.