jeudi 30 septembre 2010

Dostalgie enrhubée

Comme je suis balade aujourd'hui, j'ai une étrange compulsion d'aller boir des bieux bidéos de gédériques de bes ébissions d'enfance préférées. Je suis ébu.

J'ai cobbencé abec LE BETIT CASTOR.



Son dégueulasse et busique un beu fausse en arrière, bais ça rabbelle de beaux soubenirs. Et la toune de la fin était braiment triste.

 J'ai boursuibi abec LA FORÊT BERTE.



J'aibais beaucoup ça, cette ébission-là. Quand on boit le Grand Ours pêcher des poissons dans la ribière, j'ai eu un flashback assez gool.

Ensuite, j'ai écouté BELLE ET SÉBASTIEN.



C'est très bon, la guitare-clabier en trois temps, derrière, un beu funky.

Bais la beilleure toune de début c'est sans conteste celle de RÉBY.



Juste wow. On dirait le début d'une toune de rap français. Pis le gars qui chante a tellebent l'air de tripper.

Je be debande bourquoi les Japonais étaient si obsédés par les histoires d'orphelins. Et bourquoi on s'est bas tous suicidés abrès aboir écouté ça bendant des addées.

***

Ah berde... j'abais oublié LES BYSTÉRIEUSES CITÉS D'OR.



Fuck RÉBY, LES BYSTÉRIEUSES CITÉS D'OR, c'est imbattable, indébassable.

mercredi 29 septembre 2010

Fail

1. Wow. Ma narine gauche vient de débloquer.

2. Je me demande qu'est-ce qui arriverait si le gars du Ashton décidait d'ouvrir une franchise à Montréal. Est-ce qu'il se ferait genre lyncher par le monde de Québec?

3. Je viens de prendre une bière avec Tristan Malavoy-Racine et Louise Bombardier. Talk about being the guy nobody knows.

4. Thank god pour les cookies de mon ordi. J'ai aucune idée de la moitié des estis mots de passe que j'ai choisi pour toutes les niaiseries auxquelles je participe.

6. Entendu dans le bus 80: "Who drinks white wine anymore? I mean, it's so last year."

5. Ma narine vient de se rebloquer.

lundi 27 septembre 2010

A slightly altered version of ourselves in the morning

Elle: Pis Clodine, est-ce qu'elle est MILF?
Moi: Clodine? Des Saisons de Clodine?
Elle: Clodine, de Tout simplement Clodine.
Moi: Définitivement.
Elle: Ah ouais?
Moi: Full soccer mom.
Elle: Hum.
Moi: Y a pas grand monde qui y ferait mal à elle.
Elle: Ça veut dire quoi ça?
Moi: Ben.
Elle: Hum.
Moi: En tous cas moi j'y ferais pas mal.
Elle: Pourrais-tu trouver une autre expression? Je trouve ça moyen "pas faire mal" à une femme.
Moi: Je... Ok. Je... Non. Il faut vraiment une litote.
Elle: Pourquoi?
Moi: Pour exprimer le sentiment correct ici.
Elle: Genre, Clodine, elle est pas laide.
Moi: J'y ferais pas mal.
Elle: Hum. Fait que tu voulais qu'on vérifie quoi déjà?
Moi: Ouais. Je voulais que tu lises avec moi mon état de la question pour mon examen doctoral. J'ai pas mal fait le tour je pense: une ou deux références hip à B. Gervais, un survol du dernier article de S. Archibald. J'ai aussi réussi à ploguer Angenot et Popovic dans la même phrase, à propos de l'imaginaire social. Je pense que ça a pas mal d'allure.
Elle: Ok. Montre-moi ça.
Moi: Viens.
Elle: C'est-tu ben long?
Moi: Non, non. Genre quatre pages.
Elle: Ok.
Moi: Parlant de MILF, t'as-tu déjà vu des photos de Nathalie Baye?
Elle: Qui?
Moi: Tcheck ça.
Elle: Hum.
Moi: Hmmm.

Liste noire

Ok, on va se parler dans le blanc des yeux. Moi, j'adore lire. Je suis, comme qui dirait, un boulimique de lecture. J'aime les livres longs. J'aime les livres exigeants. J'aime les livres difficiles. J'abandonne rarement un roman. Faut qu'il soit vraiment mauvais. Mais soyons honnête. Il m'est arrivé d'abandonner des romans pour une raison qu'en tant qu'universitaire on n'aime pas trop s'avouer: ils étaient VRAIMENT compliqués. Je ne comprenais VRAIMENT rien. Des trucs TELLEMENT intellectuels ou expérimentaux que, malgré tout le pseudo bagage que j'aurais pu accumuler au cours de mes études, je n'arrivais pas à suivre. Voici ma liste honteuse et défaitiste, non exhaustive.

1. ULYSSES, de James Joyce. (Abandonné au moins trois fois)

2. WOMEN AND MEN, de Joseph McElroy. (Un livre que j'arrive à peine à soulever tellement il est lourd et confus)

3. YOU BRIGHT AND RISEN ANGEL, de William T. Vollmann. (Stoppé à la page 250, me convainquant que c'est peut-être mauvais signe quand ça fait au moins 50 pages que, littéralement, tu ne comprends rien ni de qui parle, ni de la situation narrative, ni des lieux, etc.)

4. LE CHANTIER, de Juan Carlos Onetti. (Ce n'est pas simplement une question d'anglais défaillant...)

5. THE LIME TWIG, de John Hawkes (Euh.. what?)

6. THE GEOGRAPHICAL HISTORY OF AMERICA, de Gertrude Stein. (Eh oui, Stein, qui est pourtant une de mes écrivaines favorites. La moitié du temps JE COMPRENDS RIEN DE CE QU'ELLE RACONTE!!!)

Et je ne parle pas ici de tous les essais et traités et monographies et articles abstrus et abscons de théorie littéraire et de poststructuralisme et de sémio et de postmodernisme que je me suis avalé sans RIEN catcher durant toutes ces fameuses années d'études. 

J'attends votre liste.

dimanche 26 septembre 2010

Les exercices de style (update IV)

Vous êtes invités à aller lire les nouvelles versions complétées de notre "ongoing" hommage à Raymond Queneau et ses EXERCICES DE STYLE.

Les filles se sont décidées à participer, alors que Sardine au soleil nous offre une réflexion aux relents existentialistes avec HÉSITATIONS et que Mélanie Jannard ajoute détail par-dessus détail dans PRÉCISIONS.

Raymond Bock signe LE CÔTÉ SUBJECTIF, auquel je réponds illico avec UNE AUTRE SUBJECTIVITÉ.

L'infatigable Bock néologise allègrement dans COMPOSITION DE MOTS, tandis que j'explore les impossibles avec NÉGATIVITÉS.

Finalement, mais non moindrement, Madrigal s'amuse à s'angoisser en proposant ANIMISME.

(Pour ceux et celles qui le connaissent, Sébastien Roldan, qui n'est pas un blogueur, mais en qui j'ai confiance, va se charger d'écrire RÉCIT)

Le cinq à sept du début de session

Pendant qu'Élaine et Sophie essayaient de disséquer sans hémorragie la différence épistémologique entre une science et une pseudo-science, je parlais de transformer un pug en ossobuco avec Julien et Laurance. Fouille-moi pourquoi, mais son nom s'écrivait avec deux A, et ça ne faisait aucune différence sur le coup, mais ça en fait une ici et maintenant. Julien parlait avec un accent étrange de français expatrié mélangé avec un beauceron effarouché. Il m'expliquait à quel point c'était grotesque un pug, et que quand il avait entendu parler de cette soirée concept de chiens déguisés pour les propriétaires de pugs, il avait proposé de déguiser celui de Vicky et Sophie en ossobuco. La terrasse de l'Abreuvoir était chauffée et on fumait des cigarettes normales et des cigarettes étranges comme des Ultra Slims de Benson & Hedges. Sébastien et sa blonde que je ne connais pas on commencé à s'obstiner en riant à propos du pourcentage de leur utilisation respective de la cuisine. Elle a dit 95% moi et 5% lui. Sébastien n'était pas d'accord, mais elle a répondu que même si le pourcentage était un peu exagéré, un dessert (sa spécialité à elle) comptait bien plus que des pâtes (sa spécialité à lui). Au fond, c'est-à-dire loin de moi et de mes opinions et ma subjectivité, Francis discutait avec un gars que je n'avais jamais vu, mais qui ressemblait un peu à une porn star des années 70. Il portait un béret de poète, mais en cuir. J'ai demandé à Rosemarie, un peu loin de moi, si elle avait lu le dernier courriel du département, elle m'a dit oui, et c'est ça. Laurance distribuait des coupons de bière gratuite et je me sentais très mal-à-l'aise parce que je n'avais pas de monnaie sur moi pour le tip. J'ai été obligé de demander à Élaine de me payer mon tip et plus tard à Julien de me refiler un dollars. Quand ma deuxième pinte est arrivée, j'ai commencé à parler avec Élaine de son roadtrip aux States, en Yaris, et on en est arrivé à se demander comment s'appelle en français la science des experts CSI, parce qu'elle m'expliquait qu'en roulant 16 000 km dans sa Yaris, elle avait écouté des livres audios, bonne idée, et qu'un de ceux-ci était un Sherlock Holmes. Elle avait écouté le premier roman de Sherlock Holmes, UNE ÉTUDE EN ROUGE, qui se déroule en partie en Utah, à Salt Lake City, dans une communauté de Mormons. Elle me racontait que c'était très étrange pour elle de découvrir que Conan Doyle avait écrit ce premier roman de Sherlock Holmes en situant une grande partie de l'intrigue aux États-Unis et qu'elle avait adoré la figure de Sherlock lui-même, qu'elle avait trouvé très proche du portrait qu'en fait Guy Ritchie dans son film. Et elle m'a expliqué qu'il était présenté dans le livre un peu comme un savant fou (le sujet de thèse d'Élaine) complètement mes-adapté, qui invente littéralement la science de. La science de tu sais. Tu sais comme les gens de CSI. On a cherché longtemps et j'ai finalement trouvé le nom anglais "forensic" et Marie-Pierre a proposé anthropologie judiciaire en disant que non, ça c'est plus BONES que CSI. Julien a attrapé le iphone de Laurance et s'est lancé sur Wiki. On a dû en bout de ligne se contenter de "médecine légale", mais personne n'était satisfait. Après ça j'ai fait une de ces jokes qui fait que tout le monde boit une gorgée de bière en même temps, en regardant vers le haut et je suis parti pas longtemps après.                

samedi 25 septembre 2010

Équitation

Hier soir on est allé au lancement du livre de Will, dans ce Vieux-Montréal que les habitants de Québec ne peuvent s'empêcher de commenter et de comparer et éventuellement de condamner, comme si il y avait déjà eu un Montréalais pour prétendre que c'est plus beau que là-bas. Ça se passait dans une galerie d'art de la rue Saint-Paul. Amandine et moi on est sorti pour quêter une cigarette et une calèche s'est arrêtée devant elle. Je ne sais pas si c'est parce qu'elle est française ou si c'est parce qu'elle est française, mais le cocher lui a proposé de monter. Pas dans sa calèche. Sur le cheval. Dans sa calèche il y avait deux couples de petits vieux qui faisaient une ballade. Le cocher a fait grimper Amandine et il a dit à ses clients attendez-moi je reviens et il s'est précipité dans la galerie d'art. Là, j'avais devant moi une image un peu étrange: Amandine avec une jument entre les jambes, stationnaire, immobile, arrêtée comme à un feu rouge, et ces quatre personnes âgées avec des châles de plastique sur la tête parce qu'il bruinait un peu, se demandant mais où était donc Carnior. Le temps était comme figé. Une ou deux minutes plus tard, le cocher est ressorti du lancement à Will avec cinq ou six petits sandwichs au salami et un verre de vin qu'il a offert à l'itinérant qui traînait sur le pas de la porte. Il a fait descendre Amandine et il est reparti vers le boulevard Saint-Laurent, avec son équipage. Quand on a quitté la galerie, Will s'est attardé un peu à l'intérieur et en l'attendant on a jasé avec l'itinérant qui traînait encore sur le pas de la porte. J'ai vécu un autre moment étrange quand je me suis rendu compte que ce langage qu'il parlait, c'était le mien, le mien à moi tout seul, alors qu'Amandine la Française et Guillaume l'Américain essayaient péniblement de déchiffrer ses syllabes visqueuses et éthyliques. On est parti au moment où il commençait à nous expliquer comment fumer la pipe.  

vendredi 24 septembre 2010

Clarence dit:

Deux billets de suite sur des problèmes intestinaux et anaux. Bon. Ailleurs, je parle pas de ça:

UN DES DÉTAILS QU’ON DOIT CONNAÎTRE tout de suite, à propos de la vie Thomas Calder, c’est celui-ci: il est né durant une année bissextile. Ça ne veut rien dire pour nous, lecteurs, mais ça voulait dire bien des choses pour lui, durant son enfance. C’est important de prendre en considération ici ce genre de détail, pas pour le relier à nous en quoi que ce soit, pas pour s’en inspirer, mais parce qu’il a eu un poids dans sa vie et dans sa vision du monde.

Acontecimentinho IX (secondaire 3)


Man tu veux juste pas que ça t'arrive fuck tu veux juste pas je veux dire j'étais aucunement en train de faire chier personne j'étais super chill tout seul dans mon coin assis à terre en train de placer mes cartes Dofu en ordre de stamina pis mon PSP était ouvert à côté de moi avec ma game de God of War sur pause pis le gros criss de Simon Gervais a pilé dessus en marchant sans regarder comme un wack pis ça a fait power pis ma game était pas savée fallait que je repasse le boss de l'Olympe faque je me suis levé pis j'y ai dit criss de gros cave Gervais t'as effacé ma game pis y m'a regardé avec sa face full acnée de gros tas pis j'étais vraiment en criss pis j'étais vraiment comme décidé à me battre sauf que fuck j'avais mangé de la piz à midi pis mon intolérance au lactose a full kické d'un coup pis j'ai eu une crampe mon gars tellement forte j'ai eu tellement envie de chier que ça a toute sorti d'un coup quand Gervais m'a comme juste poussé sur l'épaule une petite bine de fif sauf que mes yeux sont devenus full ronds pis j'ai senti ça dans mes culottes pis j'ai échappé mes cartes Dofu pis je pouvais pu bouger man tu veux juste pas que ça t'arrive j'ai demandé à ma mère pour changer d'école mais oublie ça c'est soit ça ou le privé man.       

jeudi 23 septembre 2010

Fable

Ma mère travaillait dans une Pharmacie. Elle était pharmacienne, ma mère. Son téléphone sonnait souvent et elle écoutait toujours les questions des clients avec patience et elle répondait toujours à leurs besoins avec diligence. Avec tact aussi. Ce matin-là son comptoir était particulièrement achalandé et elle ne savait plus où donner de la tête quand son téléphone a sonné. Elle a poliment demandé à M. Grenier de bien vouloir patienter une petite minute pour sa prescription de patches Nicorette, et elle a répondu. À l'autre bout du fil, la voix de Mme Tanguay a explosé. Ma mère a dit bonjour Mme Tanguay par-dessus l'explosion.

-Qu'est-ce que je peux faire pour vous ce matin?
-DR DUQUETTE M'A PRESCRIT DES SUTTOSIPOIRES.
-Hum, hum, Dr Duquette, oui.
-PARCE J'AI UN GROS RHUME DE ÇARVEAU.

Mme Tanguay roulait tellement ses R que ma mère avait l'impression d'être quelque part sur l'échelle de Richter.  

-Hum, hum, continuez Mme Tanguay.
-Y MANQUE QUEK CHOSE DANS BOÎTE.
-Hum, hum, il manque quoi?
-C'EST MARQUÉ QU'ILS DISENT D'INSÉRER LE SUTTOSIPOIRE DANS LE RECTUM.
-Hum, hum. Puis?
-BEN J'AI TOUTE ERVIRÉ LA BOÎTE DE BORD PIS DE CÔTÉ PIS Y A PAS DE RECTUM.
-Pardon?
-Y ONT PAS MIS LE RECTUM DANS BOÎTE.
-Quoi?
-Y PAS DE RECTUM PANTOUTE. Y ONT PAS MIS LE RECTUM DANS BOÎTE.  

mardi 21 septembre 2010

Métagrunge

J'étais Clarence mais en même temps j'étais le chanteur de Cake. Il était Simon mais en même temps il était Eddie Vedder. C'était nous mais en même temps non. On marchait dans le corridor du métro vers les tourniquets mais en même temps on nous demandait de signer des poitrines ou des cuisses avec de l'encre indélébile. Il y avait un gars qui jouait du Bach sur son violoncelle mais en même temps il chantait une toune de Vitalogy. L'employée au guichet était grosse et brune mais en même temps elle était Pamela Anderson/slash/Brigitte bardot. Les néons du corridor étaient faibles mais en même temps ils m'aveuglaient comme des spots. Sur le quai il y avait une foule impassible mais en même temps toute l'attention était dirigée vers nous. On était des gars ordinaires mais en même temps on rockait la place. Quand le métro est arrivé on s'est dépêché d'embarquer mais en même temps il nous attendait. Un homme anonyme s'est glissé de justesse à l'intérieur mais en même temps il crowdsurfait avec élégance. Sa cravate s'est coincée dans les portes mais en même temps il tenait un micro de MC. Tout le monde s'en foutait mais en même temps tout le monde riait de ses jokes. Simon était l'humilité en personne mais en même temps ses raybans brillaient comme du bling bling. J'étais full timoré mais en même temps j'avais une dent en or et un anneau dans le nombril. Une fille juste devant moi nous reconnaissait pas mais en même temps connaissait toutes nos tounes par coeur. Elle fixait le gars à la cravate en riant mais en même temps elle me faisait de l'oeil avec un chandail bédaine. Le gars est sorti à Sherbrooke mais en même il a fini sa gig et il y avait pas d'autres premières parties. On était Clarence et Simon en route vers chez William mais en même temps on était un reunion tour méga band genre style le side project de Slash avec des membres de Cake et des membres de Pearl Jam et même Dave Grohl aux drums. On était debout et nos talons faisaient mal mais en même temps on suait de l'énergie et des bonnes vieilles vibes grunges. On est descendu à Henri-Bourassa sans la groupie mais en même temps Simon se faisait piper par elle dans la loge juste devant moi. William nous attendait mais en même temps il nous apportait la poudre. Il nous a fait visiter son appart mais en même temps on entendait Anne-Marie se piquer dans les coulisses. Je pouvais pas rester longtemps mais en même temps je glissais une enveloppe de cash dans la poche d'un policier en lui disant de se changer et de revenir. Je suis retourné au centre-ville sans Simon mais en même temps on crissait le feu au sofa. Je suis entré à la Bibliothèque Nationale mais en même temps je mangeais ma gérante en enculant mon attachée de presse. Le gars du métro était là mais en même temps il essayait de remanger aussitôt la fumée de joint qu'il rejetait dans l'air. Son téléphone a sonné mais en même temps je me foutais tellement de lui et de son band qu'on avait invité juste parce que le guitariste connaissait personnellement ma soeur. Une femme quelconque passait justement derrière lui à ce moment-là mais en même temps elle était Yoko sur la photo d'Annie Leibovitz. Elle lui en a crissé une bonne derrière la tête mais en même temps on chantait tous vraiment fort KISS KISS KISS, KISS ME LOVE! avec des voix de feluettes.

Les exercices de style (update III)

Allez lire les dernières versions/contraintes/moutures des EXERCICES DE STYLE, REMIX:

La sixième, SURPRISES, est enfin arrivée, composée par nul autre que Flash Gordon.

La onzième, LOGO-RALLYE, qui consiste à raconter l'anecdote en utilisant des mots choisis au préalable, est toute fraîche, composée par William Messier.

Un scoop: j'ai su, entre les lignes, entre les branches, qu'on allait peut-être recevoir l'appui et la plume de Bertrand Gervais.

Sweet.

(En passant, les filles, faudrait s'impliquer un peu...)

Prochaines versions disponibles:

  • 12. Hésitations
  • 13. Précisions
  • 14. Le côté subjectif
  • 15. Autre subjectivité
  • 16. Récit
  • 17. Composition de mots

lundi 20 septembre 2010

Remplissage

Fausse impression de journée bien remplie. Parti à 10h heures ce matin de Saint-Henri vers Bonaventure. Pris un Bixi vers la rue Drummond. Entré au centre de service du CAA pour faire prendre une photo de visa. Disent qu'ils ne garantissent pas les photos de visa. Sont spécialisés dans les photos de passeport. Me suggèrent d'aller dans un studio-photo. Parti en quête d'un studio-photo. Trouvé un juste à côté sur Peel. Entré pour faire prendre une photo de visa. Attendu beaucoup trop longtemps que la femme comprenne comment marchait sa propre machine interac. Suis sorti avec une photo. Monté vers Maisonneuve pour chopper un Bixi vers Atwater. Choppé un Bixi vers Atwater. Finalement trouvé la Tour 1 du Westmount Square. Monté l'ascenseur jusqu'au 17e étage. Entré au Consulat Brésilien de Montréal. Parlé en frantugais avec un commis. M'a dit que mon chèque personnel ne pouvait être accepté. M'a pointé une affiche qui disait chèque certifié seulement. M'a redonné mes documents. M'a dit que sinon tout est beau. M'a dit de revenir avec un chèque certifié. Parti un peu dépité. Descendu au rez-de-chaussée. Marché sur Sainte-Catherine. Entré dans la place Alexis-Nihon. Pris le métro vers Lionel-Groulx. Marché vers Notre-Dame. Entré dans la Caisse Pop au coin d'Atwater. Attendu en ligne. Me suis fait dire que la caisse ne peut me faire de chèque certifié parce que ma succursale est à Brossard. Soupiré. Mais me suit fait dire qu'un mandat poste c'est ok par exemple parce que c'est inter-succursale. Dit que je ne me rappelais plus si un mandat poste c'était ok avec le consulat. Me suis fait dire de ne pas prendre de chance. Été d'accord. Soupiré. Sorti de la caisse et marché sur Notre-Dame vers l'ouest. Allé faire une sieste à la maison.

Reparti vers McGill pour emprunter des livres importants. Souvenu en arrivant que la session est commencée et que ma carte crépuq est probablement échue. Comme ma carte UQAM d'ailleurs. Pris une chance pareil. Trouvé mes livres. Descendu l'ascenseur et passé la carte dans le lecteur de prêts automatique. Accès refusé. Soupiré et sacré. Allé au comptoir de prêts. Me suis fait dire que la carte était bonne jusqu'en octobre. Vu le gars gosser sur son ordi et débloquer mon affaire. Soupiré de soulagement. Parti en marchant vers l'UQAM sur Sherbrooke. Choppé un Bixi en passant. Descendu Berri à toute vitesse mais sur les freins. Rentré au pavillon DS pour refaire ma carte UQAM. Attendu en ligne. Reparti vers la bibliothèque pour emprunter des DVD importants. Profité de l'occasion pour demander une autorisation crépuq. Attendu en ligne pas longtemps. Sorti de la bibliothèque pour aller prendre les ascenseurs du Judith-Jasmin. Monté au quatrième. Fait une ou deux jokes de littéraire dans les couloirs du département avec personne en particulier. Installé mon cul sur la chaise dans le bureau devant le fucking mac et constaté que le clavier était différent. Tout sale. Vu un message à l'écran disant que le clavier sans fil était presque sans piles. Vu que le clavier sans fil était effectivement sur le côté du bureau et que quelqu'un avait rebranché l'ancien clavier au lieu de changer les piles. Ouvert Safari et checké mes courriels. Ouvert une connexion sur Blogger et écrit ce post un peu pour tuer le temps pis ça a marché en criss parce que là faut que je me pousse: c'est l'hommage littéraire à Raymond Carver de mon ami Simon qui commence à la Place Pasteur dans quinze minutes.

dimanche 19 septembre 2010

Think Tank no 6: Battons le fer quand il est chaud



:Ça s'ouvre sur l'Internationale.
:L'Internat Cional.
:Où sont formés les Damnés de la Terre.
:Orphelins mais Travailleurs.
:Mais un internat c'est pas juste pour les orphelins.
:L'Orphelinational d'abord.
:Où sont formés les Forçats de la Faim.
:Ils sont jeunes, ils sont abandonnés, ils n'étaient rien mais ils seront tout!
:Mais l'Orphelinational ça sonne nazi sur les bords.
:Où ils furent gazés mais ils le furent debout! Debout!
:C'est cynique.
:Cynicism is the new Black.
:On peut leur lancer de la bouffe.
:Par les ouvertures en meurtrières.
:On peut les sauver.
:On est une souris, en POV, la caméra s'infiltre dans les tuyaux de la chambre à gaz.
:Ok. Je l'ai.
:Moi avec.
:C'est une comédie dramatique avec un jeune Ixe-13 qui se sauve de l'Orphelinational et ouvre l'Internat Cional avec l'argent de ses enquêtes.
:Ça s'appelle "Ixe-13 te désanschlusse".
:Ça s'appelle "Ixe-13 est rebaptisé Cional pour aucune bonne raison pis esti que ça a pas rapport", ouais.
:Faudrait parler à Jacques Godbout.
:Je te mets là-dessus, même si on vient de te dire quand même assez subtilement j'avoue que ça tient pas debout ton affaire.
:Le moins connu c'était vraiment Marcel Saint-Germain, genre what the fuck happened to him?
:Wiki me dit qu'il est mort.
:Ça pourrait commencer avec la voix un peu robotique de "Où sont passées nos idoles". Je veux dire, au moins on aurait quelque chose pour commencer.
:La voix de robot qui chante l'Internationale.
:Pis là y a une fille.
:Qui arrive.
:À moins que ça soit quelque chose du genre "Où sont passés nos bonshommes bizarres de pub préférées quand on était petit".
:Elle tient quelque chose.
:Parce que je pense comme genre soudainement à tsé l'esti de robot qui disait moi je peux remettre mon bras pas toi. Toi pas. Toi pas?
:On se demande qu'est-ce qu'elle tient.
:Parce que je l'ai cherchée souvent sur Youtube c't'estie de pub-là, pis je l'ai jamais trouvée.
:Zoom sur sa poitrine.
:Sur son cœur.
:Whatever.
:Elle sera le Genre Humain.
:C'est tu moi ou t'as prononcé le S quand t'as dit "des bonshommes"?

samedi 18 septembre 2010

Les exercices de style (update II)

Petit rappel aux blogueurs qui ont manifesté de l'intérêt pour le projet de réécriture des EXERCICES DE STYLE: ne soyez pas timide et n'hésitez pas à m'écrire pour réserver une version/contrainte. Vous n'êtes pas obligé d'en faire juste une, non plus. C'est pas comme si il y avait des règles bien définies et tout.

Jusqu'ici c'est vraiment bien. Je me suis fourré en écrivant des métonymies au lieu des métaphores, mais c'est pas la fin du monde (Raymond, est-ce que c'est la fin du monde?). Et William Messier vient de nous offrir une cool version "retrograde".

Je m'adresse ici particulièrement à :

Stéphane.

Mélanie.

Flash.

Claustrophobe.

Sébastien.

William.

Simon.

Raymond.

Si vous avez une petite demi-heure de libre pour faire un exercice de style à l'écran, lâchez-vous lousse.

vendredi 17 septembre 2010

La fois où j'ai passé le doigt à Karine Gélinas dans le fond du bus de l'école

La fois où j'ai passé le doigt à Karine Gélinas dans le fond du bus de l'école, c'était juste avant qu'on soit suspendu toute la gang parce que le chauffeur était plus capable de nous sentir. J'avais apporté une boite de Saran Wrap ce matin-là parce que je savais comment ça marchait. Philippe Desgroseillers m'avait tout expliqué, il l'avait fait full souvent, avec full filles, à son ancienne école, pis au camp de jour. Il m'avait tout expliqué pis il m'avait fait claquer son sling shot sur la cuisse juste après. Il faisait tout le temps ça. Il m'avait tout expliqué faque j'avais apporté du Saran Wrap dans mon sac-à-dos pis je suis allé m'assoir dans le fond à côté de Karine Gélinas pis j'ai même pas eu besoin de parler, on savait full comment faire les deux, on était tellement fucking déniaisés dans ce temps-là, mon année, toute la gang. Le chauffeur du bus arrêtait pas de faire des stops brusques pis il disait je repars pas tant que tout le monde est pas assis. Pis tout le monde s'assoyait pis dès qu'il repartait tout le monde se levait sur son banc pis se garrochait des effaces pis des Roulés aux Fruits tout lichés. Moi je passais le doigt à Karine Gélinas pis je savais que j'allais pas attraper aucune MTS même si Karine c'était un peu une slotte. Après ça quand on est arrivé à l'école le chauffeur est descendu avant tout le monde pis il est allé se plaindre à la directrice pis on a été obligé de faire du piquet pendant une semaine de récréation. Toute la gang du bus en train de regarder le mur de l'école chaque récré. Philippe Desgroseillers s'était fait confisquer son sling shot, mais moi j'avais encore mon Saran Wrap, il m'en restait genre cent-cinquante mètres. Je passais full le doigt à Karine Gélinas, même dans la classe, pis après ça la cloche a sonné pis c'était la fin de semaine.

jeudi 16 septembre 2010

Passagem comprada

Ce matin j'ai finalement acheté mon billet d'avion. Je pars pour le Brésil le mois prochain. Deux semaines à São Paulo, immense mégalopole de 19 millions d'habitants, avec peut-être un petit détour vers Rio de Janeiro, la baie paradisiaque des premiers explorateurs portugais. Je dois faire faire mon visa de tourisme au consulat. Je devrais idéalement me faire vacciner contre la fièvre jaune. J'ai un itinéraire absurde, mais bon, c'était la seule façon de payer en bas de mille dollars..............................................

(ils font des travaux dans la rue à côté de chez-moi depuis 7h ce matin, le son est délirant, je suis allé vérifier c'était quoi: c'est comme une grande grue qui essaie de percer dans le sol en laissant tomber un immense poids sur un immense clou de métal. À chaque trois ou quatre secondes, ça fait POUM! POum! (le deuxième, c'est le rebond). Au début je pensais que c'était un train qui passait sur une barre de fer, wagon après wagon, mais non, c'est un gigantesque marteau industriel qui cloue la rue Notre-Dame)

...........................................................J'ai un itinéraire absurde, mais bon, c'était la seule façon de payer en bas de mille dollars. Mon vol d'aller dure vingt-et-une heure, en comptant mon escale de plus de dix heures à Chicago. Je me demande si l'aéroport est loin du centre-ville, je pourrais en profiter pour aller jeter un coup d'œil. Si les douaniers me laissent sortir. Chicago, ça fait longtemps que j'y pense. Mon vol de retour, lui, passe par Newark ET Chicago. J'ai donc deux connexions, dont une qui m'éloigne en criss de la maison, pour ensuite m'y ramener. Et moi qui déteste voler! En ce moment, je suis en train de me patenter un plan qui me permettrait d'échapper à mon vol de Newark à Chicago, et de me payer un billet d'autobus pour Montréal. Mais là, les douaniers me laisseront jamais sortir. Je m'imagine en train d'essayer de leur expliquer que ça me tente juste pas de prendre mon prochain vol. Oui, oui, je vous le promets, c'est juste pour aller prendre un bus que je veux sortir! Je ne resterai pas aux États-Unis, je vous le jure! Si tu me crois pas, viens avec moi, dude!

***

Ah! Moi aussi je veux faire les percussions avec une boîtes d'allumettes:

mercredi 15 septembre 2010

Ça va passer

J'ai eu une étrange pensée de TOC tout à l'heure. Je regardais mon byke, cadenassé sur le balcon, souffrant seul sous les éléments, et je me suis rendu compte qu'il avait un flat. À la roue d'en arrière. Pendant une fraction de seconde, j'ai pensé que je devrais peut-être crever le pneu d'en avant, comme pour rétablir la symétrie. Ça a duré seulement une fraction de seconde et je suis rentré dans l'appart. J'ai mis un épisode de FRIENDS et quand ils se sont mis à niaiser Monica sur ses problèmes de compulsive, j'ai ri en remettant mes manettes de télé et de dvd à angle droit par rapport au coin de la table du salon.

Les exercices de style (update)

Je suis fier d'annoncer la création d'un espace bloguèsque consacré uniquement à ce projet onirique qui pour l'instant ne m'a attiré que des encouragements et aucune foudre.

Voici le blogue ON EST TOUJOURS TROP BON, dédié à la version remixée 2010 des EXERCICES DE STYLES de Raymond Queneau.

L'idée est donc de choisir une version/contrainte encore disponible, si ça vous intéresse, et de la réclamer à moi, en laissant un commentaire sur le blogue ou en m'écrivant un courriel (clarencelinspecteur@yahoo.ca). Vous en publiez ensuite le texte sur votre propre blogue et je m'occuperai de le faire apparaître ensuite sur ON EST TOUJOURS TROP BON.

Pour l'instant, on va s'occuper des versions/contraintes "officielles", c'est-à-dire celles de Queneau lui-même. Mais si ça fonctionne, si les gens embarquent, on peut continuer jusqu'à l'infini... Des contraintes, des façons de raconter, des versions d'un même récit, il n'en manquera jamais.

J'imagine déjà la version Facebook...

mardi 14 septembre 2010

Les exercices de style


J'ai rêvé que j'organisais une chaîne de blogues pour rendre hommage à Raymond Queneau et ses fameux EXERCICES DE STYLE, et en me réveillant j'ai trouvé que c'était une idée cool, mais il me faudrait 99 blogueurs pour mener à bien le projet. Je me suis dit que je pourrais le faire tout seul aussi, mais ça serait pas aussi le fun.

Remarque, ça pourrait commencer avec seulement deux ou trois tatas littéraires dévoués qui prendraient en charge la ou les déclinaison(s) X, Y et/ou Z de l'histoire suivante, que j'invente subito-presto en m'inspirant du modèle original:

1. NOTATIONS (étant le premier exercice du livre de Queneau)

Dans le métro à l'heure de pointe. Station Berri-Uqam. Ligne orange, direction Montmorency. Un homme entre en courant dans le wagon juste au moment où les portes se referment. Il porte une veste marron et des souliers sports blancs comme la Vierge Marie. En se retournant pour reprendre son équilibre sa cravate se prend entre les portes.
Une jeune fille assise sur le banc juste à côté ne peut s'empêcher de pouffer de rire. L'homme se fâche. Il tente de la sermonner, mais sa cravate prisonnière des portes lui enlève toute crédibilité. Il descend à Sherbrooke et la fille lève le son de son ipod en murmurant les paroles de sa chanson du bout des lèvres.
Deux heures plus tard je croise l'homme à la cravate à la Bibliothèque Nationale. Il est en train de lire Le Monde Diplomatique et son téléphone cellulaire sonne brusquement. Une femme asiatique qui passait derrière lui à cet instant précis lui donne une claque derrière la tête.

***

Et ça pourrait continuer comme dans mon rêve. Il me semble que ça serait une cool utilisation de la blogosphère.

2. EN PARTIE DOUBLE

3. LITOTES

4. MÉTAPHORIQUEMENT

5. RÉTROGRADE


Etc. etc. etc.

Ah, oui, c'est vrai, et faut que je rédige mon examen doctoral, à travers tout ça...

lundi 13 septembre 2010

Domingo no parque

Ainda não, hein... Ai que triste! Mas, não te preocupa não, cê vai conseguir um dia, logo, com certeza. Vai publicar o livro, tá tudo certinho. O que é que faço? Agora, quer dizer? Escrevo pequenos contos. Contos curtos. Chamo de "contos relâmpagos". Zmmm. Sabe? ZMMMM. Passam como relâmp... O quê? Não. Não sou não. Sou "contista". Como? Não. Não tô não. Tô falando sério: faço um monte de grana com isso. As companhias de celular pagam muito bem por esse tipo de coisinha, claro. É simplíssimo: cê escreve quatro, cinco frases, as vezes umas mais, cê acha um moral bem fácil de se entender, e manda pra companhia. Eles pagam. Eles adoram. Eu faço um monte de grana, digo. O quê? Não. Não pode não. O teu manuscrito tem quinhentas páginas, porra. Dividir? Como dividir? Não vai dividir nada, nem vale a pena. Cara, deixa disso hein. EU sou o contista, entendeu? EU. Você é romancista não publicado, entendeu? Foi o que você sempre quis. Cada um na sua, hein. Oh! sshh! ouviu? O som do meu telefone. Ding! O som duma nova história minha publicada! Adoro esse som! Olha. Olha aí, escrevi aquela na semana passada, se chama "O encontro amigável". Legal, né?

La hanche

L'autre fois on s'est fait déranger par une hanche à deux heures et demi du matin. On s'est fait déranger par une hanche parce que le party de crémaillère de la meilleure amie de mon ex avait lieu chez la voisine de ma blonde qui se trouve à être cette même meilleure amie de mon ex que dont de laquelle je viens de parler. Elle a emménagé en juillet dernier et je le savais pas et ma blonde vient d'emménager dans l'appartement voisin. Elles sont voisines de portes la meilleure amie de mon ex et ma blonde et je l'ai appris par hasard parce que la journée où ma blonde a déménagé je montais la télé et je suis tombé face-à-face avec la meilleure amie de mon ex. Elle s'en allait travailler et on s'est comme pas reconnus tout-de-suite tellement le monde était petit comme un peu trop ce matin-là. Elle m'a genre quoi toisé ça se dit ça? et moi j'ai dit son nom avec un gros point d'interrogation qui voulait dire c'est-tu toi et qu'est-ce tu fais là en même temps. Ben ça s'adonne qu'elle habite là avec son chum depuis juillet et je me suis dit une chance que je m'entends bien avec mon ex et que je me suis toujours bien entendu avec sa meilleure amie parce que ç'aurait été chiant en estie de l'avoir à côté de chez ma blonde tout le temps. Elle nous a invité à son party de pendaison et deux semaines plus tard on allait dire bonjour à ce party-là et jaser avec mon ex de l'absurdité et de la petitesse du monde en général et de Montréal en particulier et de Québec on n'en parle même pas. On est pas resté longtemps parce qu'on revenait d'un souper chez mes parents pour la fête de ma mère qui nous avait épuisé pas ma mère le souper. Mon père avait voulu qu'on regarde les extraits enregistrés à RDS de mon frère qui coachait le volley au Jeux du Québec et que dont laquelle l'équipe de lui a gagné la médaille d'or. Mon frère passait devant la caméra une couple de fois et mon père et ma sœur insistaient chaque fois genre oh check check check c'est Jubby là juste là. Et mon père fastforwardait avec la manette d'express vue jusqu'au prochain check check check v'là Jubby qui fait un high five à son joueur. On était épuisé faque on est pas resté longtemps juste le temps de dire allo à mon ex et à sa meilleure amie et de visiter l'appart et de se rendre compte que c'était la même affaire mais dans l'autre sens. Et on est allé se coucher pas trop tard moi avec des images du super couscous que mon père avait cuisiné et elle avec des images de je sais pas quoi parce qu'on en a pas parlé. Le son du party était pas si pire on entendait mais comme sourd comme si il y avait un club pas loin. C'était complètement possible de dormir pareil faque on s'est endormi. On s'est fait réveiller par la sonnette vers deux heures et demi et la sonnette chez ma blonde c'est genre la toune des polyvalentes en tous cas de ma polyvalente genre tou dou dou dou... tou dou dou douuuuu. Mais là c'était comme si quelqu'un nous faisait une joke parce que ça sonnait comme un remix infini genre tou dou... tou dou dou... tou... toud... toudou dou dou... tou dou dou... tou... tou... tou dou... et ça arrêtait pas de recommencer et de plus finir faque j'ai été obligé de me lever et d'enfiler mes pants et de mettre mes lunettes et de puer de la yeule en me frottant les yeux. Je suis allé vers la porte de l'appart et je l'ai ouverte parce que le complément d'objet direct est placé avant le verbe en l'occurrence le L apostrophe qui remplace la porte. En bas de l'escalier il y avait une couple de personnes qui parlaient relax et la porte d'entrée principale était ouverte aussi et c'était une fille qui jasait comme accotée sur la sonnette. J'ai dit en plissant les yeux pour voir mieux parce que mes lunettes et la lumière ensemble c'était pas débile peux-tu t'enlever la hanche de la sonnette c'est comme vraiment gossant. Gossant avec deux S évidemment.

samedi 11 septembre 2010

Y tu mamá también

Le jour ou je vais comprendre que j'ai pas besoin de parler de smegma, pas du mien, du tien, pour me rendre intéressant, je vais acquérir une profondeur certaine. Le jour où je vais acquérir une profondeur certaine, loin des platitudes mondaines, je vais devenir à la fois mystérieux et fascinant. Le jour où je vais devenir mystérieux et fascinant, obscurci dans un coin de la trame, je vais m'inscrire dans un courant littéraire. Le jour où je vais m'inscrire dans un courant littéraire, j'espère que ta mère sera sur place et qu'elle prendra les noms assise derrière une table de pique-nique, de pic-nique, de piquenique, voilée sous une nappe en plastique.

vendredi 10 septembre 2010

Finnegans, WAKE!

C'est l'histoire de ma vie, j'étais à deux doigts de faire un pas de plus quand elle m'a arrêté, net dans mon élan, une main sur mon cœur, son majeur a craqué, tu fais quoi, t'as pas pensé que, oh non, je voulais pas te donner l'impression de, je suis désolée, je pensais pas que tu. J'ai jamais été très bon pour lire les signes féminins de flirt ou pas, alors je me suis toujours, toute ma vie, tenu bien tranquille dans mon coin, studieux, en attendant de recevoir un message gros comme le bras du genre eille ti-cas', tu-vas-tu finir par m'embrasser avant 2012 ou ben va falloir que je te viole à la pointe de gun? Et là je pouvais foncer, lumière verte vraiment aveuglante et tout. Mais cette fois-là, je sais pas, ses yeux étaient si enveloppants autour de ma tête en feu et de mes idées croches que j'ai perdu tout mon orgueil et ma dignité et je me suis avancé vers elle lèvres offertes. Notre conversation avait pourtant été agréable, sans cesse à la limite, à la frontière, à quoi, à l'orée d'un deuxième degré, d'un sixième sens, sans arrêts, sans cahots et sans malaises, pleine de rires et de lapsus et de gaffes innocentes. Elle mangeait ses frites tellement lentement que c'en était absurde, elle en coupait une en trois et, en déposant les morceaux sur une napkin, elle approchait et déplaçait le cup de mayo. Elle buvait sa bière tellement lentement que c'en était absurde, elle prenait une gorgée pour cinq des miennes, me saoulant. Elle me saoulait. Ses intentions étaient clairsemées. La manière dont elle s'essuyait les doigts sur le coin de la napkin, en gardant le petit doigt relevé, tout en gardant ses yeux fixés sur moi, attentive. La manière aussi qu'elle avait de se replacer les cheveux en attrapant les mèches d'en avant d'une main et en faisant un ample mouvement vers l'arrière, avec deux petites remontées en vagues sur la nuque, pour le volume. Je trouvais que c'étaient tous des bons signes. Je les lisais, je me disais, correctement, je les lisais correct, je n'étais pas fou, elle venait de me frôler le mollet avec son pied. Je n'étais pas cave non plus, elle venait de faire un jeu de mots avec baiser. J'avais bu deux pintes et elle finissait la moitié de sa première quand on a décidé de partir. Il était tard. On était arrivé très tard. On avait pris rendez-vous tard. Ça aussi c'était un bon signe, je me disais. Il était quasiment deux heures du matin maintenant et on est sorti sur la rue St-Denis et je lui ai proposé de la raccompagner chez elle. Mes blagues continuaient à fonctionner, elle n'avait pas l'air de se forcer à en rire, ni sur Saint-Denis, ni quand on a tourné sur Sherbrooke, ni non plus quand elle nous a fait passer par une petite ruelle sombre entre Hôtel-de-Ville et de Bullion. Elle avait les bras croisés sous un beau châle noir, mais c'est parce qu'il faisait quand même frisquet, je me disais. Ses bottes de cuir lui arrivaient au genoux. Ça ne voulait rien dire, c'était juste beau. En face de chez elle elle a dit bye et j'ai pensé que. J'ai avancé. Ses bras étaient toujours croisés en-dessous du châle et ses longs cheveux blonds tombaient sur ses épaules et il n'y avait pas encore de buée qui sortait de nos bouches parce que c'était juste un peu frisquet. C'est l'histoire de ma vie, j'étais à deux doigts de faire un pas de plus quand elle m'a arrêté, net dans mon élan, une main sur mon cœur, son majeur a craqué, tu fais quoi, t'as pas pensé que, oh non, je voulais pas te donner l'impression de, je suis désolée, je pensais pas que tu. J'ai jamais été très bon pour lire les signes féminins de flirt ou pas, alors je me suis toujours, toute ma vie, tenu bien tranquille dans mon coin, studieux, en attendant de recevoir un message gros comme le bras du genre eille ti-cas', tu-vas-tu finir par m'embrasser avant 2012 ou ben va falloir que je te viole à la pointe de gun? Et là je pouvais foncer, lumière verte et tout. Mais cette fois-là, je sais pas, ses yeux étaient si enveloppants autour de ma tête en feu et de mes idées croches que j'ai perdu tout mon orgueil et ma dignité et je me suis avancé vers elle lèvres offertes. Notre conversation avait pourtant été agréable, sans cesse à la limite, à la frontière, à quoi, à l'orée du deuxième degré, du sixième sens, sans arrêts et sans malaises, pleine de rires et de lapsus et de gaffes innocentes. Elle mangeait ses frites tellement lentement que c'en était absurde, elle en coupait une en trois et, en déposant les morceaux sur une napkin, elle approchait et déplaçait le cup de mayo. Elle buvait sa bière tellement lentement que c'en était absurde, elle prenait une gorgée pour cinq des miennes, me saoulant. Elle me saoulait. Ses intentions étaient clairsemées. La manière dont elle s'essuyait les doigts sur le coin de la napkin, en gardant le petit doigt relevé, tout en gardant ses yeux fixés sur moi, attentive. La manière aussi qu'elle avait de se replacer les cheveux en attrapant les mèches d'en avant d'une main et en faisant un ample mouvement vers l'arrière, avec deux petites remontées en vagues sur la nuque. Je trouvais que c'étaient tous des bons signes. Je les lisais, je me disais, correctement, je les lisais correct, je n'étais pas fou, elle venait de me frôler le mollet avec son pied. Je n'étais pas cave non plus, elle venait de faire un jeu de mots avec baiser. J'avais bu deux pintes et elle finissait la moitié de sa première quand on a décidé de partir. Il était tard. On était arrivé très tard. On avait pris rendez-vous tard. Ça aussi c'était un bon signe, je me disais. Il était quasiment deux heures du matin maintenant et on est sorti sur la rue St-Denis et je lui ai proposé de la raccompagner chez elle. Mes blagues continuaient à fonctionner, elle n'avait pas l'air de se forcer à en rire, ni sur Saint-Denis, ni quand on a tourné sur Sherbrooke, ni non plus quand elle nous a fait passé par une petite ruelle sombre entre Hôtel-de-Ville et de Bullion. Elle avait les bras croisés sous un beau châle noir, mais c'est parce qu'il faisait quand même frisquet, je me disais. Ses bottes de cuir lui arrivaient au genoux. Ça ne voulait rien dire, c'était juste beau. En face de chez elle elle a dit bye et j'ai pensé que. J'ai avancé. Ses bras étaient toujours croisés en-dessous du châle et ses longs cheveux blonds tombaient sur ses épaules et il n'y avait pas encore de buée qui sortait de nos bouches parce que c'était juste un peu frisquet.

jeudi 9 septembre 2010

Des charognes et des hommes au salon double

Grâce aux bons soins de mon ami Simon Spruce Brousseau, qui connaît bien les filières et les réseaux d'un certain laboratoire "ènnetédeu", je publie aujourd'hui, sous pseudonyme, sur le site du salon double, une "lecture" du roman de William S. Messier, Épique. Une analyse presque exempte de tout jargon universitaire mais pas aussi exsangue qu'une carcasse de raton-laveur.

C'est par ici.

***

Simon, c'est lui:


Les deux autres, je les connais pas.

mardi 7 septembre 2010

Monomaniaque

Perso, j'ai juste un tour dans mon sac.

Pleure pas

Un autre exemple d'à quel point je suis grincheux et soupe-au-lait: quand je vais au H&M, celui au coin de Ste-Cat et Peel, ça m'énerve vraiment qu'ils aient arrangé les escaliers roulants pour t'obliger à faire le tour du magasin. Pour monter ou descendre deux étages, tu dois aller de l'autre côté complètement parce que l'escalier juste à côté de toi va dans l'autre direction. Je suis vraiment Larry David, par moments. J'aimerais plus être Paulo Coelho, mais qu'est-ce que tu veux. Des fois je me fais penser aussi à un Mordecai Richler en quoi? En devenir. Ça serait plus le fun, ou en tous cas plus sain, d'être le Dr Oz, mais bon. La semaine dernière il parlait des "feces". "Your feces" par-ci, "your stool" par là. Ça doit être cool en esti être toujours en santé pis positif de même, tight dans ton suit d'infirmier, du Just For Men plein les cheveux. Pis le Dr Phil avec sa femme main dans la main à chaque fin d'émission. "Robyn always says", "Robyn and I, we". Robyn elle est comme MILF, mais juste à moitié. Remarque, je m'en criss, c'est pas comme si j'étais pas marié pis toute. Reste que ça doit être cool être le Dr Phil. Le Dr Phil, lui, il est pas frustré quand le métro lui part dans la face, surtout à l'hostie de station Lionel-Groulx quand ton transfert est juste-là, devant, on dirait qu'il attend que les métros se croisent, se rencontrent, mais non, il ferme ses portes juste au moment où les tiennes s'ouvrent. Fuck. Je me dis. Fuck. C'est probablement le billet le plus inutile que j'ai jamais écrit. J'aimerais ça être Krishnamurti, pis j'aimerais ça avoir lu The Secret, mais fuck, je suis juste le gars qui se pogne le prépuce dans son zipper une fois de temps en temps.

Ouch.

samedi 4 septembre 2010

Romancinho

Fuck, j'ai encore essayé de m'auto-fictionner hier soir, pis là j'ai full mal au cou pis aux côtes pis aux vertèbres pis en arrière des cuisses parce que je tirais sur mes poils avec mes mains en me contorsionnant. J'ai pas encore réussi à me sizer comme il faut, faut croire.

vendredi 3 septembre 2010

Tag: 1990 en photo



Sur la plage de Wells, Maine, été 1990, je pose fièrement devant ma sœur (toute aussi fière) avec dans les mains un cadavre de raie que j'ai virilement trainé sur environ un kilomètre pour le montrer à la famille réunie et dans l'espoir confus que ma mère me dise ah! quelle belle trouvaille, ramène-la donc au chalet!

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(Je suis le premier à participer à la tag d'Anne, j'espère que ça va donner envie à d'autres de se lancer)

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EDIT:

Celle de Patty

Celle(s) de Sébastien

Celle d'Anne (?)


jeudi 2 septembre 2010

Entendu dans Saint-Henri

-Pis c'est quoi le rapport?
-Ben le rapport c'est que c'est full complexe pis les enjeux sont super importants.
-Mais je comprends pas pareil.
-Qu'est-ce tu comprends pas?
-Rien.
-Tu comprends rien?
-Je comprends rien de ce que t'as dis.
-Quand ça?
-Ben là. Juste là.
-Qu'est-ce tu comprends pas là-dedans?
-Toute.
-Tu veux que je recommence? Du début?
-Non, c'est beau, j'ai compris.
-Quoi?
-Tu me prends-tu pour un cave?
-Quoi?
-Ton p'tit ton là.
-Quel p'tit ton?
-Ton p'tit ton méprisant.
-Quel p'tit ton méprisant?
-Fuck arrête.
-De quoi?
-Arrête de m'parler de même.
-Comment?
-Ben de même.
-De même?
-Esti qu't'es snob man ç'a comme pas de sens.
-Quoi?
-Tu t'en rends même pas compte.
-Man, je comprends pas de quoi tu parles.
-Fais pas l'innocent.
-Hein?
-Hein?
-Tu m'imites?
-Tu m'imites?
-Fuck, man.
-Fuck, man.
-Ok, c'est beau, j'ai compris le principe j'pense.
-Ok, c'est beau, j'ai compris le principe j'pense.
-Ayoye.
-Esti qu't'es whack.
-...
-...

mercredi 1 septembre 2010

This is a Mad Men's World


L'autre jour, j'ai rencontré une fille qui m'a dit que MAD MEN, elle trouvait ça bof. Elle a dit je trouve ça bof. C'est pas mauvais, c'est juste bof. Je savais pas quoi dire, tellement j'étais subjugué. J'avais envie de lui crier des superlatifs par la tête, une série sans fin de superlatifs hyperboliques qui auraient été des arguments juste à cause de leur poids en décibels. C'est fou. Je sais que les goûts ça se discute pas, et ça, c'était une preuve de plus, flagrante. Je veux dire, moi, MOI, quand je m'installe devant un épisode de MAD MEN, n'importe lequel, il y a au moins deux ou trois moments - et par "moment" j'entends un jeu de comédien, une ligne de dialogue, un choix de plan de caméra, etc. - deux ou trois moments, donc, où je suis obligé de reculer dans ma chaise en me disant ça, c'est génial. GÉNIAL. Dans la retenue, la minutie, la lenteur, la pesanteur, la fumée, l'alcool. Mes deux moments du dernier épisode:
-Pete Campbell qui reçoit les félicitations de Peggy pour la grossesse de sa femme et qui se relève de son siège, un peu timoré, et on voit ses pantalons remontés presque par-dessus ses bas.
-Don Draper en train d'expliquer à la nouvelle fille du bureau qu'il s'ennuie de ses enfants mais que dès qu'il sont avec lui il pense au moment où il va pouvoir les ramener à leur mère.