mercredi 19 janvier 2011

Digression académique

Ma thèse va se lire comme une histoire et une typologie (une typologie historique? une histoire typologique?) du romancier américain à travers ses représentations dans les romans. Ses différentes incarnations fictives, si on veut.
Il n'y en a pas eu tant que ça, des romanciers fictifs, dans la littérature des États-Unis, depuis le Pierre Glendinning de Melville (1852) jusqu'au fameux Nathan Zuckerman de Philip Roth (première apparition en 1979, exit en 2007) j'en ai recensé un peu plus d'une vingtaine. L'idée c'est d'analyser les textes dans lesquels ces romanciers sont mis en scène afin de mieux comprendre les postures intellectuelles et artistiques assumées par les romanciers réels auxquels ils font écho, pas dans une optique autobiographique (du genre le romancier fictif = alter ego de son créateur), mais dans une optique de réseaux créé à travers les époques et les discours.
Par exemple, le personnage de Josephine (Jo), dans le roman de Louisa May Alcott LITTLE WOMEN (qu'on connaît sous le nom des 4 filles du Dr March), en sa qualité d'écrivaine à la fois libre et empêchée de la seconde moitié du XIXe siècle, permet d'éclairer d'une façon inédite des postures aussi éloignées temporellement que celles de Sylvia Plath ou Edith Wharton.
Par exemple.
En tous cas, tout ça pour dire que je me suis souvenu la semaine dernière que le personnage principal de MISERY, de Stephen King, c'est un romancier célèbre qui se fait "sauver/kidnapper" par une fan complètement folle après un accident de voiture. Je suis donc plongé pour la première fois de ma vie dans un gros roman de King et, ma foi, j'aime bien. Je ne pense pas l'ajouter à mon corpus principal, mais c'est certain que le roman va figurer dans ma bibliographie.  J'ai déjà souligner plusieurs passages marquants sur le monde de l'écriture et de la création littéraire.
Et en plus, dans THE SHINING, c'était pas pour écrire un roman, ou du moins un bouquin, que Jack Torrance prenait la job à l'hôtel The Overlook?
Wow, y aurait-il deux romanciers chez Stephen King?        

6 commentaires:

  1. Faudrait aussi, peut-être, lire la nouvelle "The Body" de King qui a inspiré le film "Stand By Me" de Rob Reiner: le personnage narrateur est un écrivain (romancier? sais pas) et il est dépeint comme n'étant jamais à court d'inspiration pour des histoires. On se souviendra d'ailleurs de l'histoire qu'il raconte à ses amis, autour d'un feu: la vengeance du souffre-douleur d'un village impliquant un concours de mangeage de tartes et du vomi à grandeur.

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  2. Dans Secret Window, film tiré de Secret Window, Secret Garden de Stephen King, le personnage est écrivain.

    Ta thèse, je veux tellement absolument la lire là... Est-ce que je pourrais?

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  3. Nice, c'est vraiment cool!

    Je me sens interpellée par ta question entre parenthèse (typologie historique?) Connais-tu un peu les méthos en histoire? Je te pose la question juste de même, mais des fois, ça aide. Faire de l'histoire, comme tu le sais, ça va pas de soi "il était une fois" (je prêche pour ma formation ;))et la typologie est, disons, une métho historique intéressante, mais peut-être pas la plus intéressante pour ce que je comprends (hum, humblement, ce que je crois comprendre) de ce que tu veux faire...À moins que tu n'utilises le mot histoire simplement comme synonyme de chronologie (là c'est une autre histoire ;))...

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  4. À mon avis, les meilleures oeuvres de Stephen King sont celles où y a aucun surnaturel. Misery, Rita Hayworth and Shawshank Redemption, Cujo, etc.

    Pour un autre écrivain dans un récit de King: The Dark Half.

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  5. Bon bon bon, vous me faites me rendre compte que l'écrivain chez King est une thèse en soi (qui existe sûrement déjà quelque part)... je n'aurai pas le choix de consacrer une partie de ma réflexion à son oeuvre. D'autant plus qu'en lisant Misery, je suis subjugué par l'importance thématique de certains des trucs problématisés dans ma thèse, comme l'écrivain déchiré entre la popularité et la reconnaissance institutionnelle, le phénomène de l'anti-intellectualisme dans la culture américaine, etc.
    Fascinant.

    @Patty: je ne suis pas historien, loin de là, mais je crois commencer à comprendre pas mal comment fonctionne l'histoire littéraire, ou du moins comment "devrait fonctionner" une bonne histoire littéraire, à mon sens. Et c'est ce que je veux faire (pas seulement dans la thèse, dans ma carrière, dans ma vie académique en général): raconter l'imaginaire américain, sa construction, ses transformations, son évolution, "à travers" sa littérature, à l'aide d'outils d'analyse propres aux études littéraires.
    Pour moi, la typologie vient accentuer la possibilité de flouer la pure chronologie, justement en créant l'effet réseautique dont je parlais, entre les œuvres et entre les époques et les discours. J'utilise une typologie parce que ce que j'analyse, au fond, ce sont des "figures" de romanciers qui sont des archétypes en quelques sorte. Par exemple, je me penche sur la figure du "romancier exilé" dans l'œuvre de Thomas Wolfe parce que le personnage du romancier George Weber est celui, en tant que type, qui me permet le mieux de me lancer dans un parcours historique allant de Washington Irving à Henry Miller, en passant par Henry James ou même T. S. Elliot, les grands écrivains américains expatriés. La thèse sera donc une "histoire" littéraire, au sens d'une chronologie dans l'analyse des romans du corpus principal, analyses qui donneront elles-mêmes lieu à des détournements éhontés (et jouissifs) du mouvement historique afin de faire dialoguer des écrivains d'une manière originale.
    T'en demandais pas tant, je sais. Excuse-là. Je réfléchis à voix haute pis j'aime ça jaser avec toi.

    @Cannelle: Quiconque démontrera de l'intérêt sera invité à lire. Wow. Je sonne comme un vieux décret poussiéreux. T'achèteras mon livre, quand il va sortir, je te promets que ça va être ben plus le fun à lire.

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  6. Oui oui, j'en demandais tant l'inpect! Je veux dire, c'est vraiment intéressant pour moi de lire toute ta démarche!!!

    Je comprends l'idée du parcours historique comme présentation chronologique des oeuvres littéraires et comment leur analyse crée en même temps un effet de réseau, c'est très clair et très intéressant! :D

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