C'est vrai que dans le fond, quand tu y penses, les États-Unis, ce ne sont, ce n'est pas, c'est... l'Amérique, ce n'est pas un pays jeune. À la limite, c'est presque le plus vieux pays du monde occidental moderne dans sa version démocrate, avec sa constitution qui date de quasiment 225 ans. Tous les "vieux" pays d'Europe sont bien plus "jeunes" en comparaison. Je veux dire, la France est rendue à quoi, à la 5e République, qui date de la fin des années cinquante, l'Italie moderne est "née" vers la fin du 19e siècle et la république date de 1946. Sans parler de la Russie, de l'Allemagne et de la Pologne. Il me semble que c'est une des raisons pour lesquelles c'est si difficile d'effectuer des changements en profondeur au sein de la société américaine, qui se comporte parfois bien plus comme un vieillard sclérosé que comme un gaillard névrosé.
(ce dernier adjectif est à accepter ou à laisser tomber, c'est selon. il faisait une belle rime. j'y ai réfléchi.)
N. B. : Merci à H.L. Mencken pour l'impulsion de cette idée et à Wikipédia pour l'exactitude de ces chiffres.

Je serais presque tentée de te dire que tu réfléchis en comptable :P
RépondreSupprimerC'est vrai que la société américaine est lente à bouger, à se réformer. La Constitution Américaine est un texte de loi fascinant, tellement bien pensé\écrit qu'il est extrêmement difficile de l'amender. La séparation des pouvoirs a été établie de manière très stricte pour assurer aux citoyens le respect des libertés individuelles. Parallèlement à cette rigidité, le système des poids et contrepoids, censé renforcer le respect des libertés, invalide d'une certaine façon la séparation en permettant aux autres pouvoirs d'intervenir à l'extérieur de leur sphère respective. De plus, la société américaine a la particularité d'être des plus hétéroclites, regroupant sous un même gouvernement des valeurs opposées, contradictoires. Le consensus étant inatteignable, le jeu politique prend rapidement le dessus et les réformes deviennent tellement laborieuses, quasi impossibles.
Mais Marie, il me semble qu'on dit à peu près la même chose... non? Ou plutôt tu confirmes ce que je dit avec ton langage de science politique.
RépondreSupprimerL'idée reste sensiblement la même, fascinante, de la "contradiction" entre la jeunesse des États-Unis sur le plan de l'histoire occidentale et sa vieillesse sur le plan de l'histoire de la modernité.
Je suis totalement d'accord avec tes propos sur la Constitution. J'ajoute qu'elle est aussi, d'abord et avant tout, au sens le plus pur du terme, une "constitution", celle d'une nation naissante qui doit à la fois légitimer la Révolution qui vient d'avoir lieu et contenir (c-à-d décourager) toute velléité révolutionnaire qui pourrait traîner dans le discours social et menacer l'ordre qu'on essaie de (re)mettre en place. Son génie et sa pérennité viennent entre autre de cette double-contrainte qui y est inscrite et qui la rend en effet très difficile à modifier.
moi je dis merci à Jasper Johns pour sa vision tautologique des États-Unis.
RépondreSupprimerouan.
Oui, on dit la même chose d'où le "c'est vrai que". Je voulais juste faire de l'étalement de connaissances tsé :p
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