mardi 8 février 2011

Herstory

Il y a deux points rapides que je ne veux pas développer cet après-midi, que je lance sur Saint-Henri sans les élaborer, mais auxquels j'ai souvent pensé dans ma vie.

1- Ça m'énerve un peu, en tant qu'homme, qu'on parle de certaines auteures comme des écrivaines féminines, qui ont une écriture féminine, en les dissociant ainsi d'un féminisme militant, plus politisé. Je trouve que ça m'écarte, ça me met à part, comme si je n'avais pas accès à la vérité profonde de l'œuvre. Quand je lis Clarice Lispector, ou Virginia Woolf, je n'ai pas envie de me faire rappeler sans arrêt pas Hélène Cixous et consœurs que je ne suis qu'un homme.

2-J'ai lancé souvent à la blague, avec Will entre autres, que ça pourrait être tellement bien d'écrire une histoire littéraire qui serait basée exclusivement sur les auteures, sur les écrivaines, les poètes, les romancières. Pas d'hommes, pas besoin. C'est con, mais ça me traverse l'esprit chaque fois que je lis un roman écrit par une femme (mon dernier en date : SHIP OF FOOLS, de Katherine Anne Porter, 1962, tellement bon, tu peux même pas imaginer, pis c'est rien à côté de ses nouvelles...), et que je me retrouve à être flabbergasté par la qualité de l'écriture et le bonheur intense de lecture que je ressens. Les influences seraient d'autres femmes. Sûrement que ça existe déjà, mais bon, ça commencerait avec genre Mme de Stäel pis ça continuerait comme ça, avec des centaines de grandes écrivaines que j'aime. Ha! C'est n'importe quoi, mais j'aime ça y penser.

3-Je sais que ça a l'air contradictoire, mais... non.

8 commentaires:

  1. Je commenterai le point 1:

    j'ai eu de grandes conversations là-dessus avec une amie en maîtrise qui ne jurait (ou à peu près) que par des femmes en littérature. Et on s'est accrochées là-dessus parce que cet "entre-nous" m'énervait vraiment: cette façon de mettre les hommes à part et les faire sentir comme abstrait d'une vérité que seules les femmes peuvent connaître. ÇA M'ÉNERVE! Pas capable... (je pense que je vais déverser mon fiel sur mon blogue tiens d'Ailleurs!) merci pour l'inspiration!

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  2. "abstraits" ou "soustraits"...je sais pas trop (en tk tu comprends j'imagine?)

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  3. Oui, je comprends tout à fait. C'est exactement ce que je voulais exprimer.

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  4. Je suis vraiment d'accord avec ton point 1. Quand j'ai suggéré à quelqu'un que je connais (non littéraire, presque analphabète à dire vrai) de lire mes chroniques, j'ai vraiment bouillonné quand il m'a dit: "c'est bon, mais ton écriture est vraiment féminine et ça me rejoint pas." On peut-y arrêter de faire cette distinction, sivouplait?

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  5. Du un: Katherine Anne Porter, yesssss.

    De deux: J'ai jamais vraiment compris quelles caractéristiques on veut mettre en évidence quand on parle d'écriture 'féminine' -- la douceur? un souci d'esthétique plus poussé? des thèmes 'féminins'? quoi? Je comprends pas. Je trouve juste que c'est une façon réductrice & stéréotypée (le mot que je cherche ce serait plus unimaginative, je pense) d'essayer de parler d'auteurs qui sont entre autres des femmes -- c'est écrit par une femme, ah, ça remplit quelques critères identifiés comme, je sais pas, 'propres aux femmes', ah, c'est une écriture féminine. (..& les autres auteures qui écrivent pas comme ça sont, tsé, pas féminines. Je sais pas ce qu'elles sont.)

    & tsé. Virginia Woolf. Me semble qu'il y a une certaine universalité là-dedans.

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  6. 1 - Tout à fait d'accord
    2 - L'a pô vraiment compris
    3 - Non plus, par le fait
    4 - Quand j'aime un récit, je ne me demande pas s'il a été écrit par une femme ou un homme. Sinon, cela aurait pour effet d'influencer ma lecture ou mon jugement apostériorique, et qui suis-je pour cela ?

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  7. Je crois que de dire que quelque chose ne serait qu'accessible par les femmes est une bien mauvaise manière pour une femme de tenter de se donner du pouvoir. Mais j'aime bien dire que certaines choses sont féminines ou masculines, je suis une féministe bien peu politisée ;) Je crois en la féminité (et en la belle masculinité!) et je tente de la vivre à fond, cette féminité! Mais je ne crois pas, mais alors là pas du tout, qu'elle soit accessible uniquement par les femmes, au contraire... Il y a une nuance!

    J'avais envie de dire ça...

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  8. En fait, pour renchérir, je crois même que les hommes sont souvent plus en mesure de la voir et de l'apprécier, cette féminité!

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