samedi 12 février 2011

Hommage à la porn (ou TMI)

Quand j'étais plus jeune, les affaires que j'ai faites pour avoir accès à de la porn, tu peux même pas imaginer. Je me souviens de soirées d'angoisse à faire semblant d'être allé me coucher, à attendre que Bleue Nuit commence, pour l'écouter en cachette sur une petite télé noir et blanc qui était dans la chambre de ma mère, après qu'elle soit partie faire son shift de nuit à Charles-Lemoyne. Je me souviens d'avoir été vraiment excité par la collection de Playboy du père de JP, qu'on avait découverte. Je me souviens de la première fois que j'ai vu Jenny McCarthy en centerfold. Et par le fait même, je me souviens de l'effet que ça m'a fait d'ouvrir un Hustler pour la première fois et me rendre compte que Playboy et Penthouse, c'était pour les fifs. Il me semble, à y repenser maintenant, que j'étais toujours en train d'attendre. Attendre que quelqu'un s'endorme, que quelqu'un sorte de la pièce, que quelqu'un me donne une revue, que quelqu'un me prête une cassette. Je me souviens de façon quoi, vivide, de la première fois où JP et moi on a visionné un des films explicites de son père, qu'on avait finalement trouvé dans le dernier tiroir de la commode en coin dans la chambre des maîtres. C'étaient des films VHS dans des boîtes super grosses, le nôtre s'appelait ROBOFOX. Alors qu'on était habitués à voir du monde danser langoureusement en suit de lycra pendant le sexe, à Télévision Quatre Saisons, alors qu'on était habitué à ne jamais voir de pénis ni rien, juste du pognage full chorégraphié, voilà qu'on se retrouvait devant notre première pénétration et notre première pipe. L'effet a été explosif: on savait maintenant c'était quoi la différence entre "ce film renferme des scènes de nudité" et "ce film renferme des scènes de sexualité". On ne pouvait plus revenir en arrière. Un peu plus tard, j'ai découvert Super Écran, et les angoisses de l'attente, encore l'attente, interminable. Je me souviens de la tristesse, oui, de me rendre compte parfois que ce soir-là, il n'y avait pas de film porno ni sur le F1, ni sur le F2, ni sur le F3, ni sur le F4 de ma manette Vidéoway. Le lendemain, si l'horaire de Super Écran me promettait un film à minuit trente cinq, j'attendais désespérément que mon père arrête d'écouter CNN et reparte dans son bureau pour me partir un enregistrement sur VHS. J'avais préalablement sélectionné Musique Plus comme poste de secours si jamais je l'entendais revenir pour me jaser ça. J'appuyais sur record sur le magnétoscope et j'avais un doigt constamment sur le bouton channel return de la manette. Jusqu'à il n'y a pas si longtemps, j'ai gardé précieusement ces cassettes VHS remplies à ras bord de bout de scènes de dizaines de films porno que j'avais enregistrés au fil de ma looooongue adolescence, que je connaissais pratiquement par cœur, et sur lesquelles une fois de temps en temps on voyait apparaître l'icône du son de la télé qui baissait jusqu'au minimum (quand je pensais avoir entendu mon père) ou qui soudainement, entre deux paires de fesses, switchaient à un clip de Bad Religion qui passait à 1-2-3 Punk à ce moment-là (quand j'étais sûr que mon père approchait).  (((((Incidemment, pour les plus jeunes d'entre nous, je rappelle que Réjean Laplanche, à l'époque, était effectivement un dude avec un skateboard à la place de la face.))))) Je me souviens aussi qu'il fallait parfois attendre plusieurs minutes pour qu'une photo de Pamela Anderson à poil devienne claire et non pixelisée sur l'écran de ce qu'on appelait un Pentium. Dans ce temps-là le moteur de recherche que j'utilisais s'appelait Altavista. Parfois, je suis nostalgique de toute cette difficulté quand je me promène sur YouPorn et que je clique là-dessus et là-dessus, et je me demande quel genre d'hommes vont devenir ces jeunes gens qui n'auront pas eu à courir, à planifier, à manœuvrer, à suer, à se sacrifier, pour avoir accès à de la bonne vieille porn, parfois je suis nostalgique, mais vraiment pas tout le temps.               

12 commentaires:

  1. Hahaha! OMG! Que de souvenirs! Que de temps et d'énergie investis là-dedans! C'est vrai que c'est trop facile aujourd'hui. Mais qui vainc sans péril triomphe sans gloire? Duh...

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  2. Ah, le choc de réaliser qu'une caméra pouvait voir et montrer ces choses-là. Humpf. La mémoire de nos transgressions à nous, oui, mais combien d'autres générations se souviendront d'une manière ou l'autre de la bite Tim Horton's — celle qui fourre — de Ron Jeremy? De cette merveille en sérieuse voie d'extinction (pour ce qui est de sa représentation à l'écran, et par conséquent, hélas, de sa présence dans la vie) du pubis féminin? ...

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  3. wow. moi je me rappelle de Climax 2000. J'avais un ami qui l'avait chez lui. On a déjà écouté quelques extraits de ce fameux film ensemble. J'étais assise sur ses genoux, on faisait rien, mais cibole que j'avais chaud. Pis god (quel bon mot à utiliser ici) que ça me démangeait de reproduire les scènes du film, live, avec ce gars-là...

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  4. ps: pis cette manie de s'habiller en métallique pis penser que, ça y est, ça fait la job, on est dans le futur... pfff!

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  5. @Tattoo: Ah, c'était le bon temps. On prenait ça au sérieux en esti en tous cas.

    @Anonyme: C'mon, laisser un commentaire si élaboré, bourré de références juteuses, et ne pas se nommer, c'est hooonnntteux!

    @Ma mère: Sur ses genoux?! Pis il était pas bandé comme un chfal?
    Mais Robofox n'était pas dans le futur, elle VENAIT du futur, il me semble. C'est... euh... différent...

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  6. ben oui, il était bandé comme un chfal!
    mais bon, on étaient jeunes et prudes ça l'air (méga soupir de remords)

    j'me suis reprises une couple d'années après ;)

    écoute, je me rappelle plus de l'histoire de Climax 2000, j'essayais juste de me concentrer pour pas perdre connaissance devant tant d'émoi... chfalesque! :P

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  7. Mettons que, anonyme, je le resterai sitôt qu'il sera question de parler de c** dans ton blogue ou les autres (de toutes façons, je suis le même), parce que, euh, les images parlent tellement plus fort que les mots?

    @Ma mère: chaude en-dedans devant un porno, rencontre manquée avec un mec (décrit ailleurs) comme bâti comme tu les aimes (c'est bien toi, ça?); c'est bien dans les blogues qu'on s'aperçoit avec soulagement que l'excitation visuelle n'est pas qu'un phénomène propre à la concupiscence masculine. Déjà, je me sens comme déjà plus autorisé à m'émerveiller sans vergogne à la montée d'une croupe callypige dans un escalier roulant.

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  8. * déjà, je me sens comme plus...
    * m'émerveiller sans vergogne de la montée...

    moult zexcuses

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  9. @Clarence: je me souviens d'avoir regardé, lors d'un pyjama party en secondaire 1, un film porno "embrouillé" sur SuperÉcran et les autres filles qui s'esclaffaient lorsqu'apparaissait à l'écran quelque chose qui ressemblait à une bite ou à une plotte. Parce que quand on parle de porno, on peut pas dire pénis ou vagin; faut dire bite, plotte, queue, boules, etc.

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  10. Add: le mot de vérification que blogspot vient de me demander de taper pour vérifier si je suis une humaine: "piquant". Comme s'il avait deviné de quoi on parlait...

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  11. @Catherine: OUI! J'avais oublié les films pornos sur les postes embrouillés de Pay Par View, quand on essayait de comprendre ce qui se passait! Merci, quel beau souvenir tu me rappelles là!

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  12. Hahahah Mon Dieu....j'aime ca

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