Ça fait longtemps que j'ai envie de parler de musique brésilienne ici, mais on dirait que j'ai jamais le temps d'élaborer un panorama cohérent et une présentation conséquente et je n'ai pas envie de botcher non plus.
Ce soir je me lance.
Et je récidiverai probablement dans les prochaines semaines.
Je vais tenter d'y aller une chanson à la fois, pour le plaisir de l'écouter pour vrai, en dehors de ce qu'elle signifie à l'intérieur d'un "corpus" ou d'une "tradition". Au lieu de parler des compositeurs, des chanteurs et des chanteuses, de leur œuvre et de leur signification historique, ça peut être intéressant de se concentrer sur quelques minutes durant quelques minutes.
FIRST INSTALLMENT:
Le mot SAMBA est masculin en portugais, on fait DU samba, UN samba. Et le nombre de samba qui parle de faire un samba, de faire le meilleur samba, le plus triste samba, le plus mélancolique samba, le plus entraînant samba, est incalculable. Sans parler du fait qu'il existe plusieurs types de samba, du carnaval au bar de quartier, on ne le chante pas du tout de la même façon, de Rio à Salvador, il y a un monde, même si le rythme est toujours reconnaissable, en 2/4, souvent avec tambourins, cuíca (le son qui a l'air d'un couinement), guitare ou cavaquinho.
J'ai choisi, comme première chanson, une de mes pièces préférées qui incluent le mot SAMBA dans le titre, et qui n'est pas faite pour danser nécessairement, mais plutôt pour groover mélancoliquement, taper le rythme du bout des doigts sur la table, devant un whisky: SAMBA EM PRELÚDIO.
Écrite par le grand Vinícius de Moraes (vers 1962) et composée par son ami Baden Powell, c'est bien sûr un classique de la Bossa Nova, un genre en soi qui a lui-même donné plusieurs classiques internationaux, et dont je reparlerai plus tard.
J'en mets ici deux versions, la première est "l'originale", interprétée par Vinícius lui-même, accompagnée de Maria Bethânia (sur un vidéo Youtube que j'aime, la personne a simplement filmé le vinyle en train de jouer) et qui présente bien le très beau canon entre les chanteurs qui se répondent.
La seconde chantée seulement à la guitare par Baden Powell (sans lien avec le fondateur des scouts), lors d'un enregistrement pour des spéciaux musicaux à la télé, vers la fin de sa vie. Son et image presque parfaits.
Dans la deuxième version, comme il est seul à la guitare et que c'est une chanson qui se chante à deux, un homme et une femme se répondant dans le texte, Powell remplace vers la fin "mon amour" par le nom du poète pour lui rendre hommage, ainsi le texte devient admiratif et plein de nostalgie, et non plus simplement amoureux:
Sem você meu amor eu não sou ninguém/Sans toi mon amour je ne suis personne
qui devient
Sem você meu Vinícius eu não sou ninguém/Sans toi mon Vinícius je ne suis personne
Très bien... La prise de son, avec l'écho de chambre de la première pièce, évoque particulièrement; tout comme les quasi-ratés de la seconde dans l'élocution, à la limite de la parole parlée, bref une bossa complètement dépouillée.
RépondreSupprimerÇa méritait bien au moins un commentaire.
Bonjour, je suis fan de musique brésilienne depuis des lunes. La chanteuse du premier clip, c'est Maria Creuza. L'album qui réunit Vinicius, Toquinho et Maria Creuza en "La Fusa" est un classique que je te recommande. La chanson est tirée de cet album. Bonne écoute !
RépondreSupprimerMaria Creuza, vous dites. Hum. J'étais certain que c'était la Bethânia. Mas... faz sentido, faz sentido. Obrigado pela precisão!
RépondreSupprimerC'est sûr que je me procure cet album le plus tôt possible.