dimanche 29 mai 2011
jeudi 26 mai 2011
Le charme discret du café filtre, d'Amélie Panneton
Je viens de lire avec beaucoup de plaisir le premier recueil de nouvelles d'Amélie Panneton, LE CHARME DISCRET DU CAFÉ FILTRE, qui paraît aux éditions de la Bagnole. Je suis content parce que ça ressemble à ce à quoi je m'attendais: des histoires en apparences banales, des vies en apparences ordinaires, qui se croisent, se rencontrent, des amours et des amitiés qui se font et se défont, mais surtout une atmosphère, une écriture et un contrôle de la métaphore juste qui est enviable. Le prétexte de base est simple et efficace: faire cohabiter dans un même recueil tous les habitants d'un bloc à appartements du quartier St-Roch, à Québec. Les faire cohabiter sur quelques 160 pages dans une série de textes assez courts dont ils seront chacun, les uns après les autres, les protagonistes et/ou narrateurs. L'auteure leur donne tour à tour la parole, ou comme on dit, voix au chapitre. On en apprend peu sur eux, au fond, mais le but n'est pas là, le but c'est de les accompagner un moment, souvent le temps d'une réflexion, le temps d'un souvenir, le temps d'une conversation. Ça commence au premier, avec une bande de colocs dans un 6 1/2 et ça se termine au troisième, avec une mère monoparentale qui se lève è 3h du matin pour aller travailler dans une boulangerie.
J'ai commencé le livre lundi dernier, à Québec, en plein quartier St-Roch, en buvant un expresso à la brûlerie sur St-Joseph et j'ai tout de suite été séduit par la chorale de voix autant masculines que féminines, et par les monologues intérieurs autant que par les changements de pronoms personnels narratifs. Souvent l'auteure écrit au Je, entrant dans la tête d'un personnage, mais elle se permet quelque fois un Vous, ou un Tu, qui complexifie le rapport du lecteur à l'univers qui se déploie devant ses yeux.
Le style est éminemment impressionniste, au sens où la mise en situation, les indices de repérages, sont souvent délaissés au profit de l'ambiance, ou plus précisément au profit du ton. Un ton qui frise parfois l'abstrait, dans certains passages, mais qui ne sonne jamais faux, ni emprunté, ni alambiqué, ni cryptique.
C'est une lecture très agréable, c'est humble, on est loin des délires mégalomanes de certains. C'est d'une finesse parfois exemplaire, et ça parle extrêmement bien des petites douleurs et joies du quotidien, des peines d'amour en devenir, des automatismes et des routines qui tuent, des difficultés de dire et de parler et de communiquer en général.
Mon seul bémol vient de cette mauvaise décision éditoriale d'après-moi de comparer le livre d'Amélie avec LA VIE MODE D'EMPLOI de Georges Perec, juste parce qu'elle le cite en exergue et que ça se passe dans un immeuble. Ça n'a pas de sens, car évidemment les deux œuvres n'ont rien à voir, ni au plan structural, ni au plan émotionnel, ni au plan stylistique. Donner au lecteur l'impression qu'il va plonger dans un projet aussi grandiose et aussi vaste et aussi ambitieux que le "romans" de Perec, c'est un peu le leurrer. Ça n'enlève rien à la qualité du livre d'Amélie, c'est juste que ça met une barre un peu haute, dont on n'a absolument pas besoin.
*
En passant, je le répète, pour ceux et celles qui ne seraient pas encore au courant, Amélie, c'est aussi une blogueuse, et son blogue est ici.
J'ai commencé le livre lundi dernier, à Québec, en plein quartier St-Roch, en buvant un expresso à la brûlerie sur St-Joseph et j'ai tout de suite été séduit par la chorale de voix autant masculines que féminines, et par les monologues intérieurs autant que par les changements de pronoms personnels narratifs. Souvent l'auteure écrit au Je, entrant dans la tête d'un personnage, mais elle se permet quelque fois un Vous, ou un Tu, qui complexifie le rapport du lecteur à l'univers qui se déploie devant ses yeux.
Le style est éminemment impressionniste, au sens où la mise en situation, les indices de repérages, sont souvent délaissés au profit de l'ambiance, ou plus précisément au profit du ton. Un ton qui frise parfois l'abstrait, dans certains passages, mais qui ne sonne jamais faux, ni emprunté, ni alambiqué, ni cryptique.
C'est une lecture très agréable, c'est humble, on est loin des délires mégalomanes de certains. C'est d'une finesse parfois exemplaire, et ça parle extrêmement bien des petites douleurs et joies du quotidien, des peines d'amour en devenir, des automatismes et des routines qui tuent, des difficultés de dire et de parler et de communiquer en général.
Mon seul bémol vient de cette mauvaise décision éditoriale d'après-moi de comparer le livre d'Amélie avec LA VIE MODE D'EMPLOI de Georges Perec, juste parce qu'elle le cite en exergue et que ça se passe dans un immeuble. Ça n'a pas de sens, car évidemment les deux œuvres n'ont rien à voir, ni au plan structural, ni au plan émotionnel, ni au plan stylistique. Donner au lecteur l'impression qu'il va plonger dans un projet aussi grandiose et aussi vaste et aussi ambitieux que le "romans" de Perec, c'est un peu le leurrer. Ça n'enlève rien à la qualité du livre d'Amélie, c'est juste que ça met une barre un peu haute, dont on n'a absolument pas besoin.
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En passant, je le répète, pour ceux et celles qui ne seraient pas encore au courant, Amélie, c'est aussi une blogueuse, et son blogue est ici.
mercredi 25 mai 2011
Douchebag (une nouvelle série inspirée des conseils de Caro, spécialiste de la cruise de la web téléréalité UNYK) - II
UNYK, saison 1 épisode 2, le conseil de Carol-Ann, mannequin (3:53 à 4:06): Soignez votre apparence, sans nécessairement avoir l'air d'un doutchebag (clin d'œil sulfureux accompagné d'un bruit de bouche complice). Et n'oubliez pas: un gars légèrement bronzé et en santé est toujours plus attirant qu'un gars blanc, qui a l'air malade et contagieux.J'me suis fait dire que la Distillerie sur Mont-Royal c'était out, trop bourré de fifs pis de hipters de trente ans faque on est allés boire des pots massons sur Masson à place. On a réussis à parquer la Civic sur la 3e avenue pis ça regardait ben parce qu'y avait un line up pis des filles sur les hautes parce qu'y faisait un peu frette, mais c'est sûr que je vais pas y retourner, fuck, y avait juste des estis de rockabillys pis du monde qui tripe sur Betty Boop pis des affaires de même. J'avais mis mon nouveau t-shirt Ed Hardy que je venais de recevoir par le gars de UPS, pis j'ai pas pu m'empêcher de lui demander, crisse, le gros, c'est quoi ta marque de créatine, à cause que quand il m'a donné mon paquet j'ai vu son bicep se contracter pis j'ai comme été jaloux deux secondes. On a jasé un peu dans mon portique pis le soleil m'a rappelé qu'y fallait que je passe au salon pour un quinze, fuck, je sortais à soir. Toute le long du trajet j'ai fait cracher les speakers avec le CD que Kaven-Kyle m'a burné avec toutes les tounes de Jersey Shore pis on groovait en tabarnack en traversant Champlain, m'a t'dire. C'était une soirée pas pire dans le fond, mais j'ai zéro scoré pis en plus y a un esti de dude en bretelles qui m'a renversé son cocktail sur le bras pis je me suis dis câliss ça aurait pas été grave si j'aurais mis ma nouvelle camisole Karv, pis tout de suite après y a une fille écœurante avec le rack le plus tight en ville qui est passée super proche pis quand à m'a frôlé j'ai eu comme soudainement envie d'atchoumer. J'y ai sparklé ça en plein dans le v-neck. A glowait en-dessous des spots. Fuck, ça se contrôle pas, quesse-tu veux que je fasse, je me suis excusé cinquante fois mais ça a rien donné, pis j'ai vu ma blonde crampée accotée sur le bar avec un esti de gros drink bleu poudre qu'a tenait à deux mains. Ça a été une soirée pas si pire dans le fond, mais on va pas revenir, on est écœurés de Montréal, y a jamais de parking, pis en plus on a entendu dire que de l'autre côté de la rivière, sur la rive nord, c'est comme un paradis, paraît qu'à partir de Terrebonne, c'est comme débile mental, tu te peux juste pu, t'es comme juste pu tenable, pis les filles se frenchent si tu leur demande comme du monde.
jeudi 19 mai 2011
Douchebag (une nouvelle série inspirée des conseils de Caro, spécialiste de la cruise de la web téléréalité UNYK) - I
Hier soir on est allés se saouler à la Distillerie, celle au coin de Mont-Royal pis De Lorimier. C'était ben l'fun, sauf que y avait l'estie de coloc fif fatiguant de ma blonde qui arrêtait pas de me pousser des craques sur le fait que je devrais avoir plus d'entregent pis que je devrais être plus avenant pis d'autres mots que je sais pas trop c'est quoi qu'y voulait dire. Le dude a une face de gonorrhée mélangé avec le fait d'être un fucking sodomisé, je veux dire, tu peux pas être plus gay que lui, avec ses cols bateaux qui y arrivent jusqu'au milieu des pecs pis quand c'est pas ça c'est des v necks quasiment jusqu'au nombril pis un esti de toupet qui y arrive din yeux qu'y souffle dessus sans arrêt pour le tasser. Y arrêtait pas de me toucher le bras pis de me regarder les coudes pis de refuser de me donner des clopes juste parce que ma blonde veut pas que je fume. Y me fixait en bougeant son doigt de fille devant ma face pis en faisant tsk tsk tsk avec ses lèvres de tapette, genre non non non tu peux pas fumer c'est pas bon pour toi. On a juste eu la paix quand on l'a daré d'aller pogner le nom pis le numéro de téléphone d'un cave encore plus fif que lui, comme les gars font dans mon émission préféré, UNYK, avec Caro qui donne des conseils que je suis à la lettre depuis trois quatre semaines pis fuck j'ai jamais pogné autant. Ma blonde s'en crisse, de toute façon est de plus en plus lesbo avec son amie Kar pis à m'a dit qu'une bonne fois, ça serait cool d'essayer carrément de swinger.
mercredi 18 mai 2011
Paulo Coelho sort de ce corps
Or arriva le jour où il ne resta plus qu'un seul arbre sur toute la Terre. Il fallut en avertir les gens. On le coupa pour imprimer la triste notice.
mardi 17 mai 2011
Café filtre, bagnole et blogue
Je ne me souviens plus vraiment comment je suis tombé sur le blogue d'Amélie, CRAYON D'ARDOISE & PATTES DE MOUCHES, mais je n'ai jamais cessé de le lire depuis. C'est un petit lieu charmant, où elle nous parle de Moscou, de Toulouse et de Québec. Un endroit un peu mélancolique, un peu serein, rempli de belles images et de perluètes. Elle n'écrit pas souvent, et maintenant on comprend un peu pourquoi:
Elle avait un livre à écrire, qui sort cette semaine en librairie. Je suis persuadé que ça sera une lecture extrêmement agréable, un recueil de nouvelles comme je les aime, qui lient des destins et des vies en histoires plutôt qu'en chapitres. L'hommage à Buñuel annonce déjà le ton, et ceux qui la lisent savent à quel point elle est capable de créer une ambiance.
Aux Éditions de La Bagnole, donc, disponible dès le 19 mai.
Elle avait un livre à écrire, qui sort cette semaine en librairie. Je suis persuadé que ça sera une lecture extrêmement agréable, un recueil de nouvelles comme je les aime, qui lient des destins et des vies en histoires plutôt qu'en chapitres. L'hommage à Buñuel annonce déjà le ton, et ceux qui la lisent savent à quel point elle est capable de créer une ambiance.
Aux Éditions de La Bagnole, donc, disponible dès le 19 mai.
lundi 16 mai 2011
Mathilde en dernier (XIV)
Quand j’étais plus jeune, j’étais persuadé que les gens qui parlaient des tripes ne comprenaient rien à l’intelligence humaine. Sous-estimaient les pouvoirs et les grandeurs et les abysses du cerveau. Je trouvais que n’être qu’une machine pensante était quelque chose de poétique et de spirituel en soi. J’étais encore tout près de cette manière de penser aujourd’hui, la différence résidait dans mon besoin de passer outre, dans mon besoin radical de trouver une strate cachée dans mon esprit, un déclic qui me permettrait de vivre sans me regarder vivre.
Maintenant que Mathilde n’existait plus, je pouvais me plonger en elle et regretter sincèrement de ne pas l’avoir fait avant. Je pouvais lui rendre cet hommage posthume autrement plus beau et moins sinistre que l’autre. Je me sentais déchiré entre deux émotions pures et non rationnelles, pures et ancrées dans le réel, des émotions que je ne contrôlais pas : une haine intangible, lisse, comme inodore, et un amour inutile qui se jetait dans le vide.
Victor m’a accompagné jusqu’au rez-de-chaussée et n’a pas pu s’empêcher de coller son nez dans la vitre givrée du bureau de son père. On n’a plus dit un mot et j’ai poussé dans la porte en sachant que ce qu’il voulait me dire en dernier c’était de prendre le métro, espèce d’épais, en faisant rimer mon nom avec câliss ou avec criss. En inspirant, je suis sorti et les poils de mon nez ont immédiatement gelé. La station Laurier était tout près et j’ai marché vite, avec le fusil dans ma poche.
Tout ce que je savais de Mathilde, je l’avais appris par elle, par sa mère, par sa sœur et un peu aussi par Noël, son jeune frère. Durant les nombreuses années qu’on avait passées ensemble, j’avais emmagasiné tellement d’informations que je ne savais plus par où commencer. À New York, où elle avait passé trois ans, dans un appartement de Chelsea que sa mère avait obtenu grâce à des contacts dans le domaine de l’édition, elle avait étrangement appris à parler un anglais presque british. Elle était revenue pour finir son secondaire dans une polyvalente de la Rive-Sud et plusieurs d’entre nous la considéraient secrètement, de loin, comme une princesse, un peu comme une princesse ou une fille de diplomate russe, ou une héritière indienne. On s’inventait des histoires pour l’expliquer. On cherchait à expliquer cette jolie fille qui se posait une tuque tricotée sur la tête avec une attitude désengagée et désinvolte, qui semblait se foutre éperdument de ne pas posséder de souliers Nike et de jeans Miss Sixty. On se disait que seule une personne vraiment riche pouvait se foutre de ces choses-là.
Évidemment on savait tous que Mathilde était loin d’être riche, mais pendant deux ou trois semaines, les légendes sur son compte se sont multipliées à un point tel qu’elle est presque devenue lesbienne, elle est presque devenue une noire à la peau blanche, elle est presque devenue la fille illégitime du président d'un état totalitaire qui changeait chaque jour.
Tout ce qu'on savait, c'était qu'après son enfance à Saint-Hubert, Mathilde était partie un jour avec toute sa famille, trois filles et un garçon, sans père, sans homme identifiable, et qu'elle était maintenant de retour. Nous on s’amusait à lui inventer des vies, à lui refaire des périples étranges et un peu puérils. Je me promenais à côté d’elle avec mon profil ingrat qui me hantait, et je voulais qu’elle me remarque, même si les deux cents et quelques autres adolescents qui nous entouraient étaient beaucoup plus bruyants et beaucoup plus visibles que moi.
Ça faisait presque un an que j’étais plus ou moins en amour avec elle. J’en avais parlé à Victor et à Raymond, à personne d’autre.
J'ai échappé mes livres, elle a claqué la porte de métal, m’a souri en face, et s’est poussée pour rejoindre ses amies qui l'attendaient dehors. Elle a presque couru, deux nattes, deux tresses qui tombaient sur ses épaules, non, une queue de cheval sur une épaule seulement. Je l’ai suivie sans bouger, juste avec mon pouvoir de séduction invisible, jusqu’à ce qu’elle disparaisse sous la lumière des néons de l’entrée des élèves, au bout de cette grande place pleine de bancs de pierre qu’on appelait la « place de l’amitié ».
J’avais repris mes livres et je les tenais contre ma poitrine, serrés entre mes bras croisés, et j’aurais pu me mettre à les tenir d’une seule main en me mettant à jouer dans mes cheveux avec l’autre, tout en faisant des ballounes avec ma gomme. Je me suis rendu compte que j’avais l’air d’une fille. Je me suis rendu compte que j’avais un peu incliné la tête d’un côté et que je souriais comme dans de la graisse de bine, et étonnamment ça m’a plu, ça m’a comme enfoncé dans ma contemplation lointaine. Raymond m’a cogné sur le biceps, en avançant le majeur un peu comme une pointe de flèche et ça m’a réveillé.
En fait ça a fait extrêmement mal et j’ai froncé les sourcils en me tournant vers lui, vers sa face débonnaire et complètement amicale et inexplicablement aimable. Raymond pouvait te foutre un coup de poing sans aucun avertissement et juste en étant tellement charmant en faire un sujet de discussion au coin du feu, comme un beau souvenir. Il te sacrait une volée et ça devenait un beau moment que vous aviez partagé. Instantanément. J’ai voulu être fâché, mais sa face me donnait le goût de rire et de faire comme si le fait d’avoir mal au bras, d’être élancé et enflammé, c’était quelque chose de positif, dont on aurait été stupide de se priver, dans la vie.
Mathilde avait depuis longtemps disparu derrière les immenses portes en vitre et j’étais conscient que je ne la reverrais plus pour au moins trois semaines, puisque les vacances de Noël commençaient là, maintenant, à quatre heures de l’après-midi, et autour de moi s’écriaient des jeunes gens contents et excités et j’ai eu une intense impression de tourbillon et de vertige quand Raymond a poussé, avec sa voix comique et belle en même temps:
-C’est ton jour de chance mon esti de gros criss. J’ai parlé à Mélodie, qui a demandé à Charlotte, qui en a comme, quoi, glissé un mot à Anne-Marie, qui est venue, ce matin, à matin (il pointait le sol avec son doigt, comme pour dire que ici et maintenant c’était la même chose), me finir la loop et-
-T’as son numéro de téléphone.
-J’ai son numéro, pis en plus j’ai la confirmation qu’elle t’a spotté depuis, devine quoi.
-Longtemps.
-Mieux.
-Toujours.
-Wôô, relax.
-Euh... Un bout?
-Non: Belle lurette.
-Belle lurette.
-Ça veut dire-
-Je sais ce que ça veut dire.
-Ça veut dire que Mathilde t’a spotté depuis peut-être un an ou même un an et demi pis que t’es trop téteux pour faire un move pis qu’on est obligé de faire des moves pour toi. Faque j’ai son numéro de téléphone pis la confirmation par Anne-Marie qu’elle te trouve de son goût. Appelle-la.
-Appelle-la?
-Là. Là, à soir. Tu vas peut-être passer Noël avec elle pis Noël.
-T’es malade, je serai jamais capable.
Raymond me testait, il savait que j’en chiais dans mes culottes juste à penser que j’aurais pu appeler Mathilde et discuter avec elle au téléphone. Il riait sans bruit, en avalant l’air dans sa gorge, un rire qui était un rire contrôlé, qui me parlait plus qu’il ne me communiquait d’euphorie. J’ai fait la même chose, le même son d’avaler un rire au fond de ma gorge et d'un coup j’étais rouge et picoté dans les joues comme un enfant qui se présente pour la première fois à la porte de ses voisins pour leur vendre une barre de chocolat et qui prend sa respiration avant de faire couler un discours préparé d’avance, sans aucune ponctuation, du genre bonjour monsieur je m’appelle Fabrice Langlois je vend des barres de chocolat aux noisettes pour financer la session d’été de mon camp scout et nous sommes en train de planifier pour aller au camp Mariste dans le coin de Rawdon et où on va faire des activités de plein air comme du tir à l’arc et des parcours d'ébéniste et je me demandais si vous voudriez m’en acheter une ou deux c’est trois dollars pour une et cinq dollars pour deux ce qui économise un dollar sur la deuxième et j’en ai au chocolat noir et j’en ai aux noisettes.
Ça me picotait dans les joues comme si j’étais déjà en train de décrocher le combiné, dans la noirceur prématurée et hivernale de ma chambre.
Raymond m’a dit de crisser mes livres dans mon casier et de me grouiller sinon on allait manquer notre autobus. J’avais posé les yeux sur Mathilde pour la première fois deux ans auparavant, quand elle avait franchi la porte de l’école à la manière d’une nouvelle élève qui ne comprend rien au fonctionnement simple d’une poignée, mais qui a déjà le look de quelqu’un qui va s’adapter plus vite que son ombre, tu vas voir. Après deux semaines, tout le monde était après elle, ses anciennes amies se mettaient à la reconnaître, malgré ses nouveaux seins et sa soudaine absence de taches de rousseur. Les garçons lui tenaient la porte, les filles formaient des cercles autour d’elle. J’observais en retrait, jamais très loin, jamais très près, et maintenant Raymond me révélait que cette fille qui m’obsédait depuis qu’elle avait croisé mon regard était entichée de moi. De moi. De ce jeune homme de seize ans que j’étais qui portait des lunettes et qui mangeait en face d’elle et de sa bande, à la cafétéria. Je n’étais pas particulièrement beau, mais soudainement je trouvais que j’étais irrésistible parce que Mathilde m’avait spotté.
On est restés presque dix ans ensemble, après ce coup de téléphone que je me suis finalement décidé à lui passer. Elle est morte peu après m’avoir dit une phrase qui me trottait dans la tête comme un bulldozer avec une grosse boule en plomb se fracassant sur les parois de mon crâne. Elle est morte quelques semaines seulement après avoir rompu avec moi parce que, m’a-t-elle dit, je ne t’aime plus.
Je ne savais pas pourquoi, mais pour moi ça sonnait exactement comme je ne t’ai jamais aimé, ou encore je ne peux plus t’aimer pour une raison précise et horrible et terriblement inavouable.
mercredi 11 mai 2011
Quartier chaud
Le 20 mai prochain, c'est la sortie officielle du documentaire réalisé par Shannon Walsh À ST-HENRI LE 26 AOÛT, dans lequel une équipe de 16 cinéastes s'est promenée durant 24 heures, caméra et micro en main, dans le quartier, afin d'en capturer la vie au quotidien. Je suis très excité par ce projet depuis que j'en connais l'existence et j'ai très hâte de voir le résultat, qui vient de recevoir les éloges des critiques torontois lors du festival Hotdocs.
Il s'agit bien sûr d'un hommage au film À SAINT-HENRI LE CINQ SEPTEMBRE, de Hubert Aquin, qui date de 1962, un petit chef-d'œuvre du cinéma montréalais. La grosse différence, si j'ai bien compris, c'est que là où le doc original s'appuyait sur la narration de Jacques Godbout d'un texte hyper poético-social d'Aquin, la reprise de Shannon Walsh est beaucoup plus sobre en termes de commentaire et laisse plutôt parler les gens du quartier, à travers une série d'entrevues et de portraits.
Fudge, veux-tu ben me dire j'étais où, moi, le 26 août dernier, quand ils ont tourné ça? J'ai rien remarqué pantoute. J'aurions aimé ça en titi me faire demander c'est où la meilleure patate à Saint-Henri.
Moi je vais aller voir ça au Clap, à Québec, avec mon amoureuse. Jette un œil au preview, ça donne le goût d'habiter ici... Hmmmm, pis la musique de Pat Watson en plus.
mardi 10 mai 2011
Grande dame
Je pensais à Björk, ce matin, à la jolie Björk de mon adolescence, avec nostalgie et affection. Je pensais à l'époque où elle m'inspirait énormément et je disais à qui voulait bien l'entendre qu'elle était pour moi, avec Tom Waits, la définition même de l'artiste avec un a majuscule. Pas qu'elle soit nulle maintenant, mais je sais pas, depuis quelques années, on dirait qu'elle me laisse froid. Depuis VESPERTINE en fait, c'est dire. J'ai continué à acheter ses albums, à me plonger dedans, mais quelque chose accroche. Quand j'ai entendu "Declare Independence" pour la première fois, je me suis dit avec bonheur qu'elle nous refaisait un "Pluto", mais non, ce n'était pas tout à fait ça. Ça ne le sera plus jamais.
Une chose me frappe aussi, quand je l'écoute parler, en entrevue. Je ne sais pas si vous avez remarqué, mais son accent islandais est beaucoup plus fort qu'au début de sa carrière. Elle roule ses r comme dans la farine alors que dans les années 90, elle s'exprimait dans un accent londonien presque parfait, avec des pointes exotiques par-ci par-là. Il me semble que c'est symptomatique de ses choix esthétiques et éthiques. Il me semble que c'est le genre de Björk, oublier délibérément comment parler anglais.
Une entrevue en 1995, à l'époque de POST (et la belle époque des vidéos aussi, qu'elle a définitivement marquée):
Et une autre, plus récente, où elle discute environnement et développement durable :
C'est vrai que dans les années 90, elle vivait en Angleterre alors que maintenant elle vit en Islande depuis plusieurs années. J'imagine qu'un accent ça se perd, mais en même temps, j'aime croire qu'elle sait très bien ce qu'elle fait.
Une chose me frappe aussi, quand je l'écoute parler, en entrevue. Je ne sais pas si vous avez remarqué, mais son accent islandais est beaucoup plus fort qu'au début de sa carrière. Elle roule ses r comme dans la farine alors que dans les années 90, elle s'exprimait dans un accent londonien presque parfait, avec des pointes exotiques par-ci par-là. Il me semble que c'est symptomatique de ses choix esthétiques et éthiques. Il me semble que c'est le genre de Björk, oublier délibérément comment parler anglais.
Une entrevue en 1995, à l'époque de POST (et la belle époque des vidéos aussi, qu'elle a définitivement marquée):
Et une autre, plus récente, où elle discute environnement et développement durable :
C'est vrai que dans les années 90, elle vivait en Angleterre alors que maintenant elle vit en Islande depuis plusieurs années. J'imagine qu'un accent ça se perd, mais en même temps, j'aime croire qu'elle sait très bien ce qu'elle fait.
lundi 9 mai 2011
Vierge
"Vierge" est le troisième membre turgide de cette triade de billets particulièrement inspirée du 9 septembre, il ne sert à rien, sinon à être lu en fonction des deux autres qui le précèdent et à leur renvoyer les balles. Il est également un vulgaire véhicule promotionnel pour ce vieux projet d'hommage à Queneau qui semble s'essouffler. Il sert à redoubler l'ardeur de ceux et celles qui ont encore envie de participer à ON EST TOUJOURS TROP BON, parce qu'ils le sont et que je le suis.
Verge
Ceci est beaucoup plus intéressant, j'en conviens:
La courbure de la verge est une déformation du pénis qui apparaît au moment de l'érection et rarement en dehors de cet état. La présence de plusieurs nodules de consistance fibreuse dans les corps caverneux du pénis entraîne une déformation de la verge. C'est plus particulièrement l'albuginée (enveloppe) qui présente une infiltration scléreuse (à l'origine de la perte d'élasticité habituelle) qui est à l'origine de l'incurvation du sexe au moment de l'érection.
Le plus souvent la maladie de Lapeyronie, c'est ainsi que l'on dénomme la courbure de la verge, apparaît entre l'âge de 50 à 60 ans. Il s'agit d'une fibrose c'est-à-dire d'une perte d'élasticité de l'enveloppe des corps caverneux du sexe masculin.
Le plus souvent la verge est courbée vers le haut ou latéralement vers la gauche ou vers la droite ce qui peut entraîner un handicap définitif en terme de sexualité. En effet, une courbure trop intense ne va pas permettre une pénétration normale, provoquant également des troubles de l'érection.
Le deuxième type de courbure qui apparaît au moment des premières élections est de type dorsal c'est-à-dire que la verge est courbée vers le bas et ou bien de façon latérale (sur les côtés). Dans ce cas il n'existe pas de problèmes réels d'érection associée et le plus souvent il n'est pas nécessaire de proposer une prise en charge thérapeutique. Néanmoins cette prise en charge est directement dépendants de l'importance de la courbure.
La correction chirurgicale de la maladie Lapeyronie est parfois nécessaires chez certains individus. Elle se fait entre l'âge de 20 ans et 30 ans et occasionne une perte de longueur en érection 1 à 2 cm.
Il s'agit d'une intervention chirurgicale effectuée par un spécialiste médical en urologie ayant les compétences dans le domaine de l'andrologie (spécialiste des maladies masculines) afin d'assurer un résultat idéale. Il peut survenir des complications quand l'intervention chirurgicale se déroule mal entraînant une récidive totale de la courbure.
Source: vulgaris-médical.
La courbure de la verge est une déformation du pénis qui apparaît au moment de l'érection et rarement en dehors de cet état. La présence de plusieurs nodules de consistance fibreuse dans les corps caverneux du pénis entraîne une déformation de la verge. C'est plus particulièrement l'albuginée (enveloppe) qui présente une infiltration scléreuse (à l'origine de la perte d'élasticité habituelle) qui est à l'origine de l'incurvation du sexe au moment de l'érection.
Le plus souvent la maladie de Lapeyronie, c'est ainsi que l'on dénomme la courbure de la verge, apparaît entre l'âge de 50 à 60 ans. Il s'agit d'une fibrose c'est-à-dire d'une perte d'élasticité de l'enveloppe des corps caverneux du sexe masculin.
Le plus souvent la verge est courbée vers le haut ou latéralement vers la gauche ou vers la droite ce qui peut entraîner un handicap définitif en terme de sexualité. En effet, une courbure trop intense ne va pas permettre une pénétration normale, provoquant également des troubles de l'érection.
Le deuxième type de courbure qui apparaît au moment des premières élections est de type dorsal c'est-à-dire que la verge est courbée vers le bas et ou bien de façon latérale (sur les côtés). Dans ce cas il n'existe pas de problèmes réels d'érection associée et le plus souvent il n'est pas nécessaire de proposer une prise en charge thérapeutique. Néanmoins cette prise en charge est directement dépendants de l'importance de la courbure.
La correction chirurgicale de la maladie Lapeyronie est parfois nécessaires chez certains individus. Elle se fait entre l'âge de 20 ans et 30 ans et occasionne une perte de longueur en érection 1 à 2 cm.
Il s'agit d'une intervention chirurgicale effectuée par un spécialiste médical en urologie ayant les compétences dans le domaine de l'andrologie (spécialiste des maladies masculines) afin d'assurer un résultat idéale. Il peut survenir des complications quand l'intervention chirurgicale se déroule mal entraînant une récidive totale de la courbure.
Source: vulgaris-médical.
Verve
À l'époque, quand on se présentait à la foule, après avoir brigué et obtenu un poste d'importance, on commençait son discours en se dépréciant, humble, à l'aide d'un procédé rhétorique appelé par-ci par-là un chleuasme. J'essaie d'imaginer une situation où l'imbécile heureux élu, l'éloquence même, se retrouverait devant une foule pas très versée dans les subtilités de l'art oratoire, qui le prendrait au mot et le lyncherait (ok, ça va faire là) après l'avoir entendu répéter et répéter à quel point il n'était pas digne de remplir ses fonctions afférentes.
vendredi 6 mai 2011
Ensemble
Moi et mon inculture légendaire, on était passé à côté de ça:
Ça y est, j'adore Philippe Katerine.
Ça y est, j'adore Philippe Katerine.
jeudi 5 mai 2011
La fois où j'ai grimpé din rideaux
La fois où j'ai grimpé din rideaux c'était pas parce que tu venais de manger ta troisième petite saucisse enroulée de bacon que mon oncle calcule toujours qu'il en fait toujours pas plus que deux par invité, c'était pas non plus parce que t'avais un morceau de pain de viande pogné dans les palettes toute la soirée pendant que tu parlais avec mon grand-père en répétant vraiment trop fort chaque phrase comme si y était sourd, c'était pas non plus parce que chaque fois que ma mère s'approchait de toi par hasard tu faisais semblant de lui renverser ta coupe de mousseux dessus en riant avec des sons de gorge comme un pélican ou je sais pas, un martin-pêcheur, pis que tu te retournais vers toute ma famille, vers mon cousin, vers mes tantes, pour quêter leur approbation en te mettant la main devant la bouche toujours juste après avoir postillonné, oups, c'était pas parce que t'étais un peu grosse pis un peu laide pis que je me demandais un peu veux-tu ben me dire pourquoi que je t'avais invitée au réveillon, non, c'était pas pour ça, tout ça j'étais capable de vivre avec, mais criss, quand j'ai déballé mon cadeau pis j'ai vu que tu m'avais acheté un énième agenda avec des chats dessus pour me faire oublier que Fiston s'était fait écraser, ben là, fuck, j'ai pété ma coche pis je t'ai crié après J'EN VOUDRAI PU JAMAIS DE CHAT, TAS-TU COMPRIS, Y A PERSONNE QUI VA REMPLACER FISTON, T'AS-TU COMPRIS, pis, ben, j'm'excuse.
mardi 3 mai 2011
Questionnaire (redux)
À la place de parler politique, en cet étrange mardi post-électoral, j'ai décidé de ruminer, au sens bovin du terme, et d'utiliser un de mes plusieurs estomacs afin de ré-gurgiter un texte datant de 2009, à l'époque où j'avais un lecteur et demi et un gouvernement minoritaire.
*
Je me souviens que quand j'étais petit, j'avais toujours envie de chier quand je revenais à la maison. C'était un peu comme d'entrer à l'intérieur d'un périmètre de sécurité. L'école était à un ou deux kilomètres de chez nous et cette pression familière dans les intestins se faisait sentir automatiquement à partir du moment où je tournais le coin de la rue Pelletier. Si j'étais tout seul j'avais envie de chier, si j'étais avec un ami j'avais envie de chier pareil. Ça m'arrivait tout le temps, régulier comme ta soeur. Ce n'étaient jamais de simple pets, alors je me retenais en marchant un peu vite, les fesses bien serrées et la crampe bien en place. Je me souviens clairement d'un pet mouillé en particulier, qu'on appelait un "beetlejuice", qui m'avait laissé une trace de break, qui m'avait laissé muet parce que même à neuf ou dix ans on connaît la honte.
Il se trouve que mon ami Laurent n'habitait pas loin, sur Pelletier lui aussi, juste après le boulevard Rome. Il était tellement mon ami que mon périmètre de sécurité s'est finalement agrandi. Illico, quand j'arrivais près de chez Laurent, disons à la hauteur du Perrette, je sentais surgir les gargouillements familiers, le malaise physique si facilement remédiable et si innommable à la fois. Et c'était insupportable parce qu'une fois rendu au secondaire, j'ai commencé à fréquenter une polyvalente qui se trouvait encore un peu plus loin sur la rue Pelletier, ce qui m'obligeait à passer devant chez Laurent sur le chemin du retour. Les crampes arrivaient donc beaucoup plus tôt, alors que je passais à travers le faux périmètre que représentait pour moi sa maison. Je me mettais à courir, manchot, la main déjà en train de défaire mon zipper une fois sur la pelouse devant chez moi.
Il se trouve que mon ami Laurent n'habitait pas loin, sur Pelletier lui aussi, juste après le boulevard Rome. Il était tellement mon ami que mon périmètre de sécurité s'est finalement agrandi. Illico, quand j'arrivais près de chez Laurent, disons à la hauteur du Perrette, je sentais surgir les gargouillements familiers, le malaise physique si facilement remédiable et si innommable à la fois. Et c'était insupportable parce qu'une fois rendu au secondaire, j'ai commencé à fréquenter une polyvalente qui se trouvait encore un peu plus loin sur la rue Pelletier, ce qui m'obligeait à passer devant chez Laurent sur le chemin du retour. Les crampes arrivaient donc beaucoup plus tôt, alors que je passais à travers le faux périmètre que représentait pour moi sa maison. Je me mettais à courir, manchot, la main déjà en train de défaire mon zipper une fois sur la pelouse devant chez moi.
On a vieilli.
Or, il se trouve qu'un jour, je suis arrivé chez Laurent et Ginette, sa mère, m'a accueilli à la porte avec un grand sourire de R roulés et m'a dit Clarence, j'ai quelque chose à te montrer tu vas être bien content. Elle m'a dit André et moi on a patanté quelque chose qui va te faire plaisir. Elle m'a guidé à travers la maison jusqu'à la petite salle de bain attenante à la salle de lavage. J'étais anxieux et j'avais envie de chier. Derrière la toilette resplendissait, sur le mur du fond, une série de tablettes sur lesquelles ils avaient placé des dizaines de livres, de briques, de tomes, de volumes, des Folios, des Points, des BQ, des Babels, un arsenal complet, alléchant, Rushdie côtoyant Rulfo, Atwood coincée entre Beauchemin et Cendrars. Ginette m'a dit tiens on a pensé à toi. J'étais ébloui. Elle m'a laissé seul, en recueillement. J'ai agrippé ma ceinture. J'avais envie de chier et j'ai agrippé BERLIN ALEXANDERPLATZ.
Questionnaire:
1. La première phrase de cette historiette est-elle trompeuse? Pourquoi?
2. L'auteur semble, en certains endroits, vouloir se substituer au narrateur. Qu'elles sont ses motivations?
3. À quelles émotions contradictoires le lecteur est-il confronté dans ce court récit? Sont-elles sereines et/ou malsaines? Justifiez.
4. L'érudition étalée à la fin du récit est-elle un gage d'intelligence?
5. Selon vous, l'usage d'une syntaxe parfois inusitée et d'un lexique familier rend-t-il service à la narration?
6. La provocation du lecteur par l'entremise d'effets stylistiques et langagiers est-elle encore possible dans une société post-industrielle comme la nôtre? Développez.
7. Êtes-vous le "tu" à la sœur duquel ou de laquelle on fait référence dans le texte?
Questionnaire:
1. La première phrase de cette historiette est-elle trompeuse? Pourquoi?
2. L'auteur semble, en certains endroits, vouloir se substituer au narrateur. Qu'elles sont ses motivations?
3. À quelles émotions contradictoires le lecteur est-il confronté dans ce court récit? Sont-elles sereines et/ou malsaines? Justifiez.
4. L'érudition étalée à la fin du récit est-elle un gage d'intelligence?
5. Selon vous, l'usage d'une syntaxe parfois inusitée et d'un lexique familier rend-t-il service à la narration?
6. La provocation du lecteur par l'entremise d'effets stylistiques et langagiers est-elle encore possible dans une société post-industrielle comme la nôtre? Développez.
7. Êtes-vous le "tu" à la sœur duquel ou de laquelle on fait référence dans le texte?
8. En quoi le passage des années depuis la première publication de ce texte influence-t-il son énonciation en tant que speech act chomskien?
dimanche 1 mai 2011
Toujours les mêmes
Des fois je me dis c'est bien beau toujours les mêmes PoMoMasters, les gros canons...
...mais qui va s'occuper des autres, les obscurs ou les quasi négligés...
... qui va m'en parler?
(Et en faisant cette liste, ça me saute aux yeux: Je te pose la question, Tom LeClair (et à toi aussi, Larry McCaffery) : c'est-tu une affaire de gars, la grosse brique PoMo compliquée?)
((Hmmm, le lien que j'ai trouvé pour "illustrer" qui était Larry McCaffery est à consulter, pour ceux qui aiment les listes))
Pynchon,
Coover,
Gass,
Barth,
Barthelme,
Gaddis,
DeLillo,
Foster Wallace,
...mais qui va s'occuper des autres, les obscurs ou les quasi négligés...
Joseph McElroy, et son WOMEN AND MEN, qui fait presque 1200 pages bien tassées chez Dalkey Archive, et qui est la définition même d'un livre "exigeant"?
Gilbert Sorrentino, et son GOLD FOOLS, raconté intégralement et exclusivement en phrases interrogatives?
John Hawkes, et son ADVENTURES IN THE ALASKAN SKIN TRADE, ou n'importe quel autre, tous plus complexe narrativement les uns que les autres?
David Markson, et son WITTGENSTEIN'S MISTRESS?
William T. Vollman, et son THE RIFLES?
E. L. Doctorow, et son CITY OF GOD?
Ishmael Reed, et son MUMBO JUMBO?
Etc.
... qui va m'en parler?
(Et en faisant cette liste, ça me saute aux yeux: Je te pose la question, Tom LeClair (et à toi aussi, Larry McCaffery) : c'est-tu une affaire de gars, la grosse brique PoMo compliquée?)
((Hmmm, le lien que j'ai trouvé pour "illustrer" qui était Larry McCaffery est à consulter, pour ceux qui aiment les listes))
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