jeudi 28 juillet 2011

Mon déménagement en 60 étapes faciles.

1. Un des gars de la première équipe est obligé de partir après 15 minutes parce qu'il n'en peut plus: trop allergique aux chats.

2. On attend 3 quarts d'heures l'arrivée de deux gars pour remplacer l'autre.

3. Je propose au gars restant, Bernard, d'en faire un peu ensemble, histoire d'avancer, parce que là, même si je suis pas chargé pendant qu'on attend, la fille qui emménage chez nous est déjà arrivée et est en train d'accumuler son stock dans la rue.

4. Ils arrivent, 3 finalement, Mario, René, et Roger, le superviseur.

5. On reprend. Je vois Roger crier après ses gars: c'est pas de même qu'on sort un frigidaire! Sacraman! Y me font travailler avec des twits, des innocents. Y vont te le scraper, tchèke ben ça. T'es t'assuré, c'pas grave, y vont te le remplacer.

6. Presque tout est dans le camion quand Roger me demande, tout bonnement: faque là, tu m'as dit, chez ta blonde c'est yien qu'une laveuse pis une sécheuse qu'on s'en va chercher.

7. Je le regarde: non, j'ai jamais dit ça. J'ai spécifié qu'y avait 2 adresses, 2 déménagements. Ma blonde a des meubles, une table, des chaises, des boîtes. C'est pas un gros logement, mais c'est un déménagement complet quand même.

8. Il me dit, grave: Ben là, ça rentrera jamais dans le truck.

9. Mario propose qu'on aille déloader le truck à la nouvelle adresse, qu'on retourne chez ma blonde pour loader son stock à elle, pis qu'on revienne déloader à l'autre adresse à la fin.

10. Je dis: Ben non, ça va me coûter 10 fois plus cher, deux loadages pis deux déloadages, oublies ça.

11. Je les envois là-bas, remplir le camion au maximum, en disant: concentrez-vous sur les meubles, pis si jamais y reste des boîtes, ben on retournera nous autres mêmes les chercher avec des voitures. Qu'est-ce tu veux que je te dise.

12. Ils partent rejoindre ma blonde chez elle, loin sur le Plateau, alors que je m'en vais à ma nouvelle adresse à pied, c'est juste à côté, quelques minutes de marche, pour les attendre. Je vais en profiter pour faire un peu de ménage avec mes beaux-parents.

13. Ma blonde m'appelle entre-temps plusieurs fois pour me demander comment ça se passe: Pis, sont-tu partis, y s'en viennent-tu? Oui oui, y partent là. Y vient de partir le moteur du truck. Y s'en viennent là.

14. On fait du ménage, on commence la peinture. C'est sale. La cuisine est rouge et verte, couleurs LA CELLULOSE (0:15). Il y a un effort pour donner une couche de primer qui a été abandonné en plein milieu d'un coup de pinceau. Ça sent le pipi de chat pis la cigarette. Mais il y a un crisse de beau mur de brique qui fait 3 pièces de long.

15. Je reçois un coup téléphone de ma blonde: Écoute finalement c'est sûr que ça rentrera pas toute dans le camion, pis en plus ils veulent pas sortir laveuse-sécheuse parce qu'ils disent que c'est trop dans un racoin, pis là ben comme c'est de leur faute, pour le camion, ben on a appelé Suzanne, la fille avec qui on avait fait la réservation, pis à nous envoie une autre équipe avec un autre camion, qui va finir ici pendant qu'eux autres s'en vont à la nouvelle adresse pour commencer à vider le premier camion.

16. Dans les longues minutes suivantes, c'est mon tour d'appeler ma blonde sans arrêt: Pis, sont-tu partis, y s'en viennent-tu? Oui oui, y partent là. Y vient de partir le moteur du truck. Y s'en viennent là.

17. Je les vois arriver d'une fenêtre qui donne sur la rue. Je descends. Ils parquent le truck. Sortent la rampe qu'ils appuient dans l'escalier en face. Je remonte, pour ouvrir grand les portes, etc.

18. Je redescends: Mario est assis dans les marches, René fume à côté du truck, Roger est parti. Pourquoi? Y en pouvait pu, y est brûlé. Ça fait 15 jours en ligne qu'y travaille. Quand y a vu ton escalier, ben y est parti.

19. Je parle à Mario: Pis vous deux, qu'est-ce que vous faites? Il me répond: On attend les autres. On peut pas faire ça à deux. Pis de toute façon, je veux pas travailler avec René. Y est pas assez fort. C'est trop dangereux. Je remonte pour appeler la compagnie: on me dit qu'un boss s'en vient, il est sur la route.

20. Il est déjà rendu 4h30-5h. Je paye en théorie 195 $ de l'heure. Je dis "en théorie", parce qu'à ce moment-là, dans ma tête, commence déjà à mûrir l'idée que fuck le tarif horaire, la compagnie va me dealer de quoi.

21. Ça ressemble à un break syndical en face de chez-nous et pendant ce temps-là, j'essaie de m'activer et de faire un peu de ménage, mais je suis trop stressé. Je me dis: tchèke ben ça, l'autre équipe, sont même pas au courant qu'ils sont supposés venir "aider" ici.

22. J'appelle ma blonde et je lui demande de me passer un de ses gars: Oui allo, je suis le chum de, quoi? Oh, you don't speak French at all. Oh. So, I'm her boyfriend, yes, I just wanted to make sure that you were aware that the 2 guys here aren't working. They're waiting for you guys to start again.

23. Il me dit, avec un accent russe: What guys, what waiting? I don't know what you are talking about. We load the truck here. We unload the truck there, that's all. We not helping nobody.

24. Euh. Je raccroche. Je retourne voir Mario: Ils s'en viennent pas vous aider, ils m'ont dit qu'ils étaient pas au courant pantoute. René fume et fait une face en levant les bras au ciel: je le savais estie, je te l'avais dit que ça marchait pas ton affaire.

25. Mario se fait rassurant: Inquiète-toi pas, y auront pas le choix. Pis à 4 ça va se faire super bien, ça va être super rapide, tu vas voir, tu vas être satisfait.

26. Je dis: comment ça 4, vous allez être 5, ils sont 3 là-bas. Ah, non, moi je travaille pu, je fais pas ce déménagement-là. J'ai plein de raisons. J'aizai expliqués à Suzanne t'a l'heure. M'a rester pour superviser, mais c'est toute.

27. Personne n'arrive. C'est long. Ça prend un temps fou. Il est 6h. Rien ne se perd. Rien ne se crée. Rien ne se transforme.

28. Finalement on distingue le truck au loin. Quand il s'approche, je vois la face des 3 gars changer: ils ont les yeux rivés sur l'autre truck en face d'eux, plein à craquer. Dans leurs yeux, un immense WTF. Ma blonde est arrivée avant eux, partie de son ancien appart en métro.

29. Aucun francophone: un Russe (à qui j'ai parlé au téléphone), qui n'arrête pas de me demander : who's gonna sign the time sheet? Who's in charge? What's going on? Un Kasakh qui a l'air d'un Colombien mais qui parle russe avec l'autre Russe, et un anglophone qui se la joue sympa, relax: ok, let's talk, everybody calm down, so, hi, oh! you're the client! Thought you were one of ours! Ok, so let's talk.

30. J'ai déjà commencé ma rengaine d'insatisfaction. Ils me brandissent des feuilles de temps, des factures, et je répète: non, vous comprenez pas, oubliez les feuilles de temps, je vais m'arranger, je m'en fous que vous soyez sur deux contrats différents, c'est moi qui ai fait affaire avec la compagnie qui vous emploie, et tout ce que je veux, c'est que mes affaires soient en haut le plus vite possible so let's start this shit.

31. J'ai probablement pas dit le mot "shit".

32. Entre temps, le boss arrive: c'est Mike, qui ne parle pas français, et dont l'anglais est pour le moins imaginatif. Il parle aux gars vraiment doucement, comme un père: Ok. Let's do this guys. Don't worry. Everybody's going to get paid. I'm going to talk to him.

33. Il me prend à part et on se met en mode négociations. Je suis pompé et gonflé à bloc. Je suis prêt à faire valoir mes droits de consommateur lésé et mal servi. Dans ma tête: 3h maximum. Je paye 3h et datsite.

34. Il me dit: ok, on va régler ça, je vais te faire une proposition. Je suis en mode fuck off dude avec tes propositions, c'est toi qui va m'écouter. Je répète: insatisfaction du client, incompétence, erreurs multiples, etc. Chaque fois qu'il commence à dire quelque chose, j'ai un petit rire et je hoche la tête, du genre: tu me prends vraiment pour un cave, hein?

35. Il me dit: What you talking about client satisfaction? What you saying? I got 5 guys working here. 5 guys! 5 guys and 2 trucks working for you! On the first of july! For you alone, 5 guys and 2 trucks!

36. But I never asked for 5 guys and 2 trucks! It was your error from the start, the truck was too small! I'm not gonna pay more than 3 hours, I'm completely unsatisfied!

37. Stop saying that word! What you talking about! He talk to me about satisfaction. Hey guys! Do you hear that? He talk to me about client satisfation! I got 5 of you working for him and he talk about satisfaction! Ok. Stop it. Stop the moving. Close the truck! Guys, stop everything, close the truck, we go to the storage!

38. Il me tient par les couilles.

39. Je dis: ok. Ok. C'est bon, c'est quoi ta proposition? Oui, ok, c'est bon, j'écoute, là. Qu'est-ce que tu proposes?

40. Finalement, on s'entend sur 6h plus 1h de déplacement. Cette fameuse heure des compagnies de déménagement qui est chargée de façon standard et que je ne comprendrai probablement jamais. Je répète: 195 $ de l'heure.

41. Ma blonde sort et me demande: Pis comment ça se passe. Je lui décris le deal en précisant de ne surtout pas aller en parler à son père, qui peinture la chambre de bain, parce que je le connais: je sais qu'il va sortir pour engueuler le boss et notre stock va se ramasser au storage.

43. On ferme nos gueule, on assume. Le déménagement recommence. le rythme est lent, malgré qu'ils soient 5. Il fait fucking chaud. On sort des bouteilles d'eau, on fait la tournée.

44. Mike s'installe en indien sur la galerie en arrière pour faire la facture, avec ses papiers, son Iphone, sa gogosse des années 30 pour imprimer des cartes crédits sur du papier-carbone.

45. Le soleil commence à se coucher, les gars crissent toute dans le salon, parce qu'il faut que ça finisse, pis on va pas commencer à leur dire, hum, la petite table, oui, non pas ici, dans le boudoir, merci.

46. Mario (qui est resté finalement, qui aide so-so) me dit que des escaliers comme les miens, croches de même, ça devrait être un extra, mais on est cool, on va pas te charger. Mario me dit que le sommier passera jamais dans le cadre, va falloir le monter par le balcon, que ça devrait être un extra, mais qu'on va pas te charger, parce qu'on est de même, nous autres, on est des gars de même.

47. Mike gosse avec sa "machine à carte" pis son Iphone pour le numéro de VISA.

48. Je ne compte même pas les nombre de mini bris et de pucks sur mes meubles et mes boîtes. On est ailleurs là, dans une autre ligue.

49. Il reste presque plus rien. Le russe, en bas, me dit, en me donnant la grande strap pour monter le sommier: go upstairs, on balcony, and throw this to me. Je me dis ok, why not? Je monte avec la strap, je vais sur le balcon, on se regarde, je lui lance le bon bout de strap. Je me dis ok, il va me dire d'attendre, que les gars s'en viennent pour tirer.

50. Il me crie: OK, NOW PULL!

51. Quoi? Moi? Je tire. Je tire mon propre sommier sur mon propre balcon, manque de me tuer 2 ou 3 fois. J'ai un mantra dans la tête 195 de l'heure, 195 de l'heure, 195 de l'heure.

52. Je parviens à hisser l'immense sommier queen sur le balcon, à le rentrer à l'intérieur. Mario arrive et me dit: ah, t'aurais dû m'attendre.

53. Ben oui.

54. On s'occupe des factures avec Mike, ma blonde et moi. On va séparer ça en deux, c'est beau? Yes, no problem. How much tip? What, tip? Yes, you should go tell the guys that you will give them a good tip, it's very dificult job, it's first of july, everybody is exhausted. You should give each at least 20 dollars.

55. 20 piasses chacun? Fois 5? 100 piasses de tip en plus? Tabarnack.

56. Pendant que ma blonde paie sa partie, je vais voir les gars, qui ont presque finis. Je leur dis: ok, je vous donne 20 piasses chaque, c'est le mieux que je peux faire, c'est vraiment beaucoup d'argent dans mon budget. Je peux pas faire mieux que ça. C'est bon?

57. Ils réagissent tous bien.

58. Sauf Mario, qui me dit, à l'écart, comme philosophe: Tu veux-tu mon avis? Ça vaut plus que ça. Je pense que ça vaut plus. En tous cas. Penses-y comme faut.

59. J'ai chaud. Il est tard. Je me câlisse de tout. Je veux juste que ça finisse. Je retourne voir Mike. On fait ma partie de la facture. Finalement j'arrondis ma part à 900 $, alors que ma blonde a payé 850 $, ce qui fait qu'en tout on a laissé 170 $ de tip: 30 piasses chacun plus 20 piasses pour Roger, parce que Mike m'a répété que ça faisait 15 jours en ligne qu'il travaillait.

60. La nuit est tombée, on fume une dernière clope, on boit une dernière bouteille d'eau. Mario me demande en quoi j'étudie. Tout le monde est claqué. Je distribue le cash. Ils se séparent ça. Et ils s'en vont, finalement, après avoir démanché le stopper de ma porte d'entrée en la reposant dans son frame.

***
 
PS: S'il-vous-plaît, ne m'écrivez pas en commentaire: Ben là, pourquoi t'as pas demandé à tes amis de t'aider à la place de faire affaire avec une compagnie? Pis pourquoi t'as pas loué un truck?

PPS: Ah, pis en passant, j'en ai pas parlé encore, mais les petits points blancs et brillants qu'on voit sur ma nouvelle photo d'en-tête, c'était notre comité d'accueil le soir-même. Sur le toit de notre bloc, vu de notre balcon d'en avant: un super chill raton qui, un bras/patte pendant dans le vide, regardait la rue en bas, comme si c'était son hood. On l'a photographié, c'est ça que ça a donné.

mercredi 27 juillet 2011

(...)

Demain, j'écris un billet. Je le jure.

Demain. C'est promis.

vendredi 22 juillet 2011

Re: E-mail à Clarence L'inspecteur



(En réponse au e-mail de Will, publié récemment sur Twist 'n Serve)

Salut William,

Désolé de ne pas t'avoir répondu avant: j'étais super occupé, à cause de ma fête, et tout. Je veux pas que tu penses que je t'oublies, ou que je te néglige, c'est juste que j'avais des dossiers à régler. Pis y a la chaleur aussi. 31 ans sous 31 degrés, ça se fête.

Je suis vraiment content, d'abord que tu aies commencé le Richard Ford, et ensuite que tu te dises agréablement surpris par son écriture.

Tu sais, j'en ai parlé souvent, pour moi il représente un peu ce que la littérature peut faire de mieux, malgré (ou à cause de, justement) son aspect "low profile" et toujours à la limite du banal. Dans le cadre d'un séminaire sur l'imaginaire politique, avec J-F Hamel, j'avais présenté un travail sur l'univers de INDEPENDENCE DAY et sa réception critique en France, que j'avais intitulé "La profondeur du premier degré". J'essayais d'expliquer pourquoi une certaine frange de la critique française (et européenne en général, soyons honnête), ne sera jamais capable de saisir correctement l'Amérique telle que représentée chez quelqu'un comme Richard Ford. Pour ces critiques, l'Amérique ne peut pas être autre chose qu'une expérience toujours "sur le point d'échouer", de s'écrouler, un château de carte déliquescent qui menace de s'effondrer à tout moment. Ils lisent dans INDEPENDENCE DAY une critique acerbe des valeurs, des idées, des motels, des voitures américaines, etc. Ils voient, dans l'attitude et la philosophie du narrateur Frank, de l'ironie, du sarcasme. Ils voient du second degré partout.

Alors que pour moi, c'est ça la beauté de l'écriture de Ford: la reconnaissance profonde et sincère qu'il n'y a pas toujours lieu de creuser et gratter pour trouver les bibittes, qu'il n'est pas toujours nécessaire de relier l'expérience qu'on a des choses et des évènements à des termes comme "surface", "apparence", "superficialité" qui s'opposent obligatoirement à la sacro-sainte "profondeur" de la littérature. D'ailleurs, comme Frank l'explique bien, s'il a lui-même arrêté d'écrire, c'est qu'il n'était plus capable de soutenir cette espèce de force négative qu'entraîne tout effort de création: dire non à la vie en analysant sans cesse à quel point elle est insupportable, sous toutes ses coutures. Il écrit:

What I did […] was become more and more grave – over my literary voice, my sentences and their construction, […] and my themes, which became darker and darker. My characters generally embodied the attitude that life is always going to be a damn nasty and probably baffling business, but somebody has to go on slogging through it. This, of course, can eventually lead to terrible cynicism, since I knew life wasn’t like that at all – but was a lot more interesting – only I couldn’t write about it that way. Though before that could happen, I lost heart in stringing such things together, became distracted, and quit.

J'adore cette idée de la peur du cynisme et du "becoming distracted", distrait par la vraie vie "bien plus intéressante", jusqu'à arrêter d'écrire. Et ce que j'aime encore plus, évidemment, c'est l'attitude non pas de Frank, qui abandonne l'écriture, mais bien celle de Ford, qui lui continue à écrire, me permettant d'accéder aux réflexions, à la belle psychologie de Frank, de ce qu'il me raconte.

(D'ailleurs, pour un roman si "réaliste", si "traditionnel", il y aurait un travail intéressant à faire sur la voix de Frank - d'où provient-elle, à qui s'adresse-t-elle? alors qu'aucune "mise en scène" de l'acte d'écrire n'est présentée: le temps du récit est on ne peut plus clair, le temps de l'écrit, lui, est on ne peut plus flou. À qui parle Frank? Quand parle-il?)

Ce que Ford tente de créer, d’après-moi, à travers la narration de Frank Bascombe, s’apparente d’abord à une critique de la facilité. Je veux dire par là qu’il est facile de démolir par l’exagération, par la déformation, par l’absurde, un système imparfait et poreux. Il est facile de trouver et d’exploiter les failles d’une vie qui nous semble, à nous universitaires, intellectuels ou artistes, complètement dégénérée et superficielle.

Ford n’est pas pour autant un écrivain léger, et il est loin d'être un écrivain manichéen. Au contraire, sa pensée limpide, sa plume claire, me rappellent constamment à quel point la littérature américaine est encore capable de se réinventer et de se plonger sérieusement dans une étude sociale et comportementale complexe.

Moi, je dis aux gens, quand je le recommande: man, quand t'auras fait une overdose de Chuck Palaniuk, lis Richard Ford, ça risque de frapper fort.

Bref, tout ça pour te dire que je suis content que tu aimes le livre pour l'instant et que j'espère que tu vas le savourer jusqu'à la fin, pour qu'on puisse en parler encore.

Appelle-moi quand vous aurez replié la tente!

Clarence

lundi 18 juillet 2011

Un détective sauvage tout de brun vêtu

Pour ceux qui se demandent à quoi je ressemble, un ami vient de me le révéler. Il m'a dit, contrit, qu'il comprenait que j'aie été offusqué la fois où ils m'avaient tous dit à l'unisson que je ressemblais à Bernard Adamus.



Mais il a ajouté que je ne saurais l'être quand il m'apprendrait qu'en fait, je ressemble à Roberto Bolaño.


Et, comme de fait, il me l'a apprit.

*

EDIT: Ce qui a fait bondir un auteur d'épopée (que j'ai récemment traduit du cantonnais): "Ah! Mais oui, il me semblait que vous aviez tous les deux un petit quelque chose de Charles Aznavour.


*

RE-EDIT: Nous nous sommes entre-regardés, eux et moi, nous tous, et nous sommes dit qu'en les enchaînant les uns aux autres, ainsi, on arriverait peut-être à ce vrai moi, qui n'est jamais bien loin, ni le matin, ni le soir, d'un jeune et désinvolte Woody Allen.

mardi 12 juillet 2011

La fois où j'ai arrêté de pisser debout

La fois où j'ai arrêté de pisser debout parce que j'étais tanné de recevoir des petites gouttes comme en ricochet sur les tibias je suis allé te rejoindre tout excité dans le salon où tu lisais le LOULOU que "ton amie t'avais prêté" pis je t'ai dit que plus jamais, plus jamais tu ne recevrais toi non plus de gouttes sur les mollets, sur les talons, sur la rotule, pendant que tu te brosses les dents, que plus jamais je n'aurais à me pencher pour essuyer une éclaboussure sur la céramique blanche, super évidente et super brillante à cause de l'ampoule 100 watts, que plus jamais tu n'aurais à décider de mettre autre chose qu'une jolie jupe avant de venir me rejoindre dans la toilette où je pisse pour te gosser dans la face autour d'un point noir récalcitrant devant le miroir, je t'ai dit que plus jamais je n'aurais à me placer le prépuce correctement pour éviter un double jet incontrôlable, que plus jamais je n'aurais à essuyer le bol avec un kleenex avant de flusher, et tu étais quand même contente, jusqu'à un certain point, je veux dire, j'ai lu dans tes yeux que tu étais quand même contente.     

jeudi 7 juillet 2011

Du vécu


Le livre que je lis en ce moment a été emprunté pour la première fois à la bibliothèque de l'Université McGill le 25 octobre 1926.

Je sais pas. Ça me fait de quoi.